Bonjour cher Trinité,
Ce propos cité n'est pas de moi, il est du frère qui s'exprime dans le lien donné par la Samaritaine.
Peut-être est-ce là la teneur du malentendu, car je ne comprends pas bien non plus ce que vous ne comprenez pas.
Je pensais pour ma part que par cette citation, le frère déplorait que son travail d'écoute soit catalogué comme il le dit, comme "une attirance personnelle morbide, etc.".
Je vais donner la citation du paragraphe complet, peut-être cela sera-t-il moins vague:
Du frère Philippe Lefebvre:
Je suis un frère dominicain français, prêtre, professeur d’Ancien Testament à la faculté de théologie de l’Université de Fribourg, en Suisse – c’est une université d’état. Ces quatorze dernières années, j’ai recueilli beaucoup de témoignages de personnes, ayant subi, surtout en France, diverses sortes de violences dans l’Eglise. Je m’étais d’abord engagé dans une affaire précise et bien des gens sont ensuite venus vers moi en disant : « Puisque vous écoutez ce genre d’histoires, puis-je vous raconter la mienne ? ». On m’a parfois demandé pourquoi j’avais reçu ces témoignages ; ma réponse à cela est plutôt une question : pourquoi d’autres ne les ont-ils pas reçus ? Par un étrange retournement, le fait d’être à l’écoute et, autant que faire se peut, d’aider des personnes en détresse dans l’Eglise, passe pour une bizarrerie ou une attirance personnelle morbide, tandis que le fait « de n’avoir jamais entendu ce genre d’histoires » - selon une expression souvent utilisée – semble la norme et le signe de la santé psychologique. Ce qui m’est apparu, c’est que les responsables ecclésiaux étaient peu enclins à écouter, à remédier de manière profonde, humaine, quand ces histoires leur parvenaient. On déplace un prêtre abuseur, on envoie en « repos » une prieure indélicate, on dit quelques bonnes paroles à une victime, on ajoute qu’on l’a entendue, qu’on la croit, qu’on prie pour
elle, mais cela ne débouche bien souvent sur rien de concret.
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Pour ma part, je m'explique ce qui est en souligné comme le ressenti pénible de ce frère, (dont il est par ailleurs vrai que j'extrapole un peu subjectivement que cela lui a été pénible, puisqu'il ne s'en plaint pas vraiment; il semble le dénoncer, peut-être plus..) qu'il décrit.
Je ne me suis moi-même que rarement penché sur le problème, mais je pense plus par lâcheté que pour de saines raisons psychologiques, comme le frère Philippe semble en douter.
Toujours est-il que peut-être est-ce cette lâcheté que vous perceviez de mon propos.
Je ne la conteste pas, elle n'est effectivement pas chrétienne, mais à ma décharge et à la décharge de ce comportement mondain (selon mes termes), il faut tout de même reconnaître que pénétrer dans la vie privée des autres pour y mettre bon ordre semble un peu déplacé.
C'est toujours le prétexte moral en dépit duquel il serait bon de trouver une parade, morale, elle aussi, pour ne pas fermer les yeux avant d'avoir vu ce qu'on n'a pas envie ou peur de voir..
(je parle encore avant tout de ma propre lâcheté, Trinité)