Bonjour Ladamné,
Si j'ai été avare en mots c'est pour voir la suite que vous donneriez, développons donc.
Ladamné a écrit : ↑lun. 29 août 2022, 11:04
Comment une personne blasphématrice, oserait-elle s'approcher du Roi des rois...
Peut être parce que Lui s'est approché de nous en premier ? Il s'est même incarné dans notre humanité, Lui le Roi des rois.
De plus, comme on le trouve en Marc 3,28 :
Amen, je vous le dis : Tout sera pardonné aux enfants des hommes : leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés.
Le péché contre l’Esprit Saint ne consiste pas à offenser la troisième personne de la Trinité par des paroles, des pensées ou des insultes. Jésus le dit Lui-même : le blasphème est pardonnable, c'est donc que le péché contre l'Esprit-Saint c'est autre chose.
Comme toute lecture biblique il ne faut pas simplement lire un verset (même de 3 évangélistes, puisqu'on retrouve le passage correspondant en Matthieu 12,31-32 , Marc 3,28-29 , Luc 12,10) de manière littérale, mais de le remettre dans son contexte.
Le contexte de Matthieu et Marc est celui de l’attribution au chef des démons d’un miracle accompli par le Christ.
En bref, c’est le refus de la mise en évidence de l’action divine, la marque d'un cœur endurci qui choisit (acte de la volonté) de s’opposer à l’œuvre de Dieu, de se fermer totalement à Sa grâce agissante. Fermeture sans retour si elle est sans repentance puisqu'il n'y a pas cette possibilité d’ouverture qu'offre le regret et le désir de se réconcilier avec Dieu. C’est la forme achevée de l’endurcissement du cœur, qui se manifeste par le choix délibéré de rejeter Dieu et tout ce qui vient de Lui.
Dans le contexte de Luc, le Christ prévient ses disciples contre l’hypocrisie de ceux (les pharisiens) qui se ferment à Dieu malgré des dehors apparemment religieux. Ils font semblant d’inviter le Christ et de l’approcher, pour mieux le piéger, car dans le secret de leur cœur ils l’ont rejeté. Le contexte est différent mais le schéma est identique : c'est une fermeture de soi à Dieu.
Comme le dit le CEC au paragraphe 1864 :
Il n’y a pas de limites à la miséricorde de Dieu, mais qui refuse délibérément d’accueillir la miséricorde de Dieu par le repentir rejette le pardon de ses péchés et le salut offert par l’Esprit Saint. Un tel endurcissement peut conduire à l’impénitence finale et à la perte éternelle.
Faisons un point sur la base de ce que vous nous communiquez : le péché contre l’Esprit Saint est ...
... le refus de reconnaître le péché en soi , ce n'est pas votre cas vous savez que vous avez péché.
... le refus de pénitence pour le Pardon : vous ne la refusez pas, vous la pensez inutile car votre péché serait irréversible, et c'est faux.
... le refus de Dieu : vous ne refusez pas Dieu puisque vous lui accordez une existence, vous ne souhaiteriez pas le voir non plus.
... la fermeture totale de soi à la grâce divine : si vous vous ouvrez à recevoir le Pardon de Dieu, ce n'est plus un problème.
... la revendication du droit de persévérer dans le mal : vous ne revendiquez pas d'y persévérer, vous ignorez simplement qu'en changeant de mode de vie ce n'est pas foutu ou définitif.
Ce péché est l’unique que Dieu, bien qu’il veuille pardonner, ne le puisse pas,
car la personne qui doit recevoir ce pardon le rejette.
Mais je préfère citer saint jean Paul II qui conclura bien mieux que moi : «
Si Jésus dit que le péché contre l’Esprit Saint ne peut pas être remis ni en ce monde ni dans l’autre, c’est parce que cette “non-rémission” est liée à la “non-pénitence”, c’est-à-dire au refus radical de se convertir et d’accueillir le pardon de Dieu. »