Page 1 sur 2

Re: Vatican II

Publié : mer. 12 oct. 2022, 18:31
par Gaudens
Ne mélangeons pas Vatican II avec "tous ces fichus calotins" ayant banni le latin.

Voila ce que dit la constitution de Vatican II sur la liturgie (Sacrosanctum Concilium):
"L'usage de la langue latine ,sauf droit particuier,sera conservé dans les rites latins...Toutefois... l'emploi de la langue du pays peut être souvent très utile pour le peuple; on peut lui accorder une plus large place, surtout dans les lectures et les monitions, dans un certain nombre de prières et de chants, conformément aux normes qui sont établies sur cette matière...".

Re: Vatican II

Publié : mer. 12 oct. 2022, 23:10
par Jean-Mic
J'aime beaucoup Brassens, et son talent fait peu de doute. Mais tout grand poète et chanteur qu'il soit, faire sien les mots du bouffeur de curé qu'il revendiquait d'être, et s'en servir comme d'un avis autorisé sur la vie interne de l'Eglise a quelque chose de vraiment déplacé, ... entre contresens et comique.

Qu'un mec, aussi talentueux soit-il, qui n'entrait jamais dans les églises, qui se targuait de n'avoir ni dieu ni maître, chante qu'il n'irait plus jamais à la messe si elle n'était plus dite en latin, c'est son droit. Mais ne voyez-vous donc pas que dans cette tempête dans un bénitier (jolie trouvaille littéraire - voire poétique - entrée depuis dans le langage courant) ce n'est pas de la messe en latin ou pas en latin dont il parle, mais du ridicule d'une Eglise qui se déchire sur des sujets qui ne sont à ses yeux que balivernes et élucubrations dignes du sexe des anges d'un autre temps ?

Oui, on peut aimer Brassens sans en faire un maître à penser.
Et on peut aussi se dispenser de prendre Brassens comme argument à charge contre le Concile de Vatican II !

Re: Vatican II

Publié : mer. 12 oct. 2022, 23:55
par Trinité
Jean-Mic a écrit : mer. 12 oct. 2022, 23:10 J'aime beaucoup Brassens, et son talent fait peu de doute. Mais tout grand poète et chanteur qu'il soit, faire sien les mots du bouffeur de curé qu'il revendiquait d'être, et s'en servir comme d'un avis autorisé sur la vie interne de l'Eglise a quelque chose de vraiment déplacé, ... entre contresens et comique.

Qu'un mec, aussi talentueux soit-il, qui n'entrait jamais dans les églises, qui se targuait de n'avoir ni dieu ni maître, chante qu'il n'irait plus jamais à la messe si elle n'était plus dite en latin, c'est son droit. Mais ne voyez-vous donc pas que dans cette tempête dans un bénitier (jolie trouvaille littéraire - voire poétique - entrée depuis dans le langage courant) ce n'est pas de la messe en latin ou pas en latin dont il parle, mais du ridicule d'une Eglise qui se déchire sur des sujets qui ne sont à ses yeux que balivernes et élucubrations dignes du sexe des anges d'un autre temps ?

Oui, on peut aimer Brassens sans en faire un maître à penser.
Et on peut aussi se dispenser de prendre Brassens comme argument à charge contre le Concile de Vatican II !
Tout à fait Jean - Mic ! :clap:

Re: Vatican II

Publié : jeu. 13 oct. 2022, 10:54
par prodigal
De son propre aveu, Brassens n'a absolument pas voulu entrer dans un débat théologique en écrivant cette chanson, mais seulement faire rire, dans la bonne vieille tradition anticléricale, comme quand on faisait "croâ, croâ" en voyant passer un curé (ceci dit-il encore quelque chose à quelqu'un? ).
Le problème avec cette pochade, si problème il y a, est qu'elle touche parfaitement sa cible, en plein centre. Il est vrai que puisque Brassens se moquait éperdument des conséquences éventuelles de cette chanson sur les âmes, cela lui donnait de facto une totale liberté de parole, un peu comme celle de l'enfant dans le conte d'Andersen qui dit tout haut que l'empereur est tout nu.

Re: Vatican II

Publié : jeu. 13 oct. 2022, 14:04
par nano
Le Concile, la réforme qui l'a suivi et l'application de cette réforme sont trois choses bien distinctes, même si bien évidemment elles se sont suivies dans cet ordre. Cette chanson a été écrite en 1976, clairement, dans cette "3° phase".
[+] Texte masqué
D'ailleurs, sur l'enregistrement que je viens d'écouter (lien), la dernière répétition du refrain ressemble à s'y méprendre à certains "concerts spirituels" de la même époque (Raymond Fau, Danielle Sciaky, les frères Pradelles ...)
D'ailleurs, en nettoyant un peu le texte :
Ils ne savent pas ce qu'ils perdent : sans le latin, la messe nous emmerde.
A la fête liturgique, plus de grandes pompes, plus de mystère magique.
Le rite qui nous envoûte s'avère alors anodin, et les fidèles s'en foutent.
il y a tout de même un constat lucide, je dirais presque prophétique, que bien des fidèles - même parmi ceux se définissant comme "conciliaires"- dressent encore 45 ans après cette chanson.

Re: Vatican II

Publié : jeu. 13 oct. 2022, 17:01
par Jean-Mic
Rendons donc à Brassens ce qui est à Brassens, à commencer par son talent d'auteur. Certes il n'était pas tendre, loin de là, notamment à l'égard des curetons et de la maréchaussée, mais derrière le comique et l'irrévérence, nous lui devons de nombreuses perles et trouvailles poétiques et littéraires. Et parmi celles-ci des textes dignes des paraboles du Christ.

La Chanson pour l'Auvergnat ne fait-elle pas penser à l'histoire du Bon Samaritain ?
https://www.youtube.com/watch?v=df8SYHs4X94
[+] Texte masqué
Elle est à toi, cette chanson,
Toi, l'Auvergnat qui, sans façon,
M'as donné quatre bouts de bois
Quand, dans ma vie, il faisait froid,
Toi qui m'as donné du feu quand
Les croquantes et les croquants,
Tous les gens bien intentionnés,
M'avaient fermé la porte au nez…
Ce n'était rien qu'un feu de bois,
Mais il m'avait chauffé le corps,
Et dans mon âme il brûle encor’
A la manièr' d'un feu de joi’.
Toi, l'Auvergnat quand tu mourras,
Quand le croqu'-mort t'emportera,
Qu'il te conduise, à travers ciel,
Au Père éternel.


Elle est à toi, cette chanson,
Toi, l'hôtesse qui, sans façon,
M'as donné quatre bouts de pain
Quand dans ma vie il faisait faim,
Toi qui m'ouvris ta huche quand
Les croquantes et les croquants,
Tous les gens bien intentionnés,
S'amusaient à me voir jeûner…
Ce n'était rien qu'un peu de pain,
Mais il m'avait chauffé le corps,
Et dans mon âme il brûle encor’
A la manièr' d'un grand festin.
Toi l'hôtesse quand tu mourras,
Quand le croqu'-mort t'emportera,
Qu'il te conduise à travers ciel,
Au Père éternel.


Elle est à toi cette chanson,
Toi, l'Etranger qui, sans façon,
D'un air malheureux m'as souri
Lorsque les gendarmes m'ont pris,
Toi qui n'as pas applaudi quand
Les croquantes et les croquants,
Tous les gens bien intentionnés,
Riaient de me voir emmené…
Ce n'était rien qu'un peu de miel,
Mais il m'avait chauffé le corps,
Et dans mon âme il brûle encore
A la manièr' d'un grand soleil.
Toi l'Etranger quand tu mourras,
Quand le croqu'-mort t'emportera,
Qu'il te conduise, à travers ciel,
Au Père éternel.
Et Les quatre bacheliers (histoire vécue dans sa jeunesse, paraît-il) à celle du Fils prodigue accueilli à son retour par son père ?
https://www.youtube.com/watch?v=w7JGZwLeWeE
[+] Texte masqué
Nous étions quatre bacheliers,
Sans vergogne,
La vraie crème des écoliers,
Des écoliers.

Pour offrir aux filles des fleurs,
Sans vergogne,
Nous nous fîmes un peu voleurs,
Un peu voleurs.

Les sycophantes du pays,
Sans vergogne,
Aux gendarmes nous ont trahis,
Nous ont trahis.

Et l'on vit quatre bacheliers,
Sans vergogne,
Qu'on emmène, les mains liées,
Les mains liées.

On fit venir à la prison,
Sans vergogne,
Les parents des mauvais garçons,
Mauvais garçons.

Les trois premiers pères, les trois,
Sans vergogne,
En perdirent tout leur sang-froid,
Tout leur sang-froid.

Comme un seul ils ont déclaré,
Sans vergogne,
Qu'on les avait déshonorés,
Déshonorés.

Comme un seul ont dit " C'est fini,
Sans vergogne,
Fils indigne, je te renie,
Je te renie. "

Le quatrième des parents,
Sans vergogne,
C'était le plus gros, le plus grand,
Le plus grand.

Quand il vint chercher son voleur
Sans vergogne,
On s'attendait à un malheur,
A un malheur.

Mais il n'a pas déclaré, non,
Sans vergogne,
Que l'on avait sali son nom,
Sali son nom.

Dans le silence on l'entendit,
Sans vergogne,
Qui lui disait : " Bonjour, petit,
Bonjour petit. "

On le vit, on le croirait pas,
Sans vergogne,
Lui tendre sa blague à tabac,
Blague à tabac.

Je ne sais pas s'il eut raison,
Sans vergogne,
D'agir d'une telle façon,
Telle façon.

Mais je sais qu'un enfant perdu,
Sans vergogne,
A de la corde de pendu,
De pendu,

A de la chance quand il a,
Sans vergogne,
Un père de ce tonneau-là,
Ce tonneau-là.

Et si les chrétiens du pays,
Sans vergogne,
Jugent que cet homme a failli,
Homme a failli.

Ça laisse à penser que, pour eux,
Sans vergogne,
L'Evangile, c'est de l'hébreu,
C'est de l'hébreu.

Re: Vatican II

Publié : jeu. 13 oct. 2022, 17:01
par Jean-Mic
Il faudrait aussi mentionner La prière qu'il l'interprétait en public, bien que le texte ne soit pas de lui mais de Francis Jammes. Quoique raccourcie, sa version - cinq couplets alors que la poésie de Jammes compte bien les quinze strophes - n'est-elle pas l'interprétation littérale des mystères du Rosaire ?
https://www.youtube.com/watch?v=Wvlz1_TOYHk
version abrégée interprétée par Gorges Brassens :
[+] Texte masqué
Par le petit garçon qui meurt près de sa mère
Tandis que des enfants s'amusent au parterre ;
Et par l'oiseau blessé qui ne sait pas comment
Son aile tout à coup s'ensanglante et descend
Par la faim et la soif et le délire ardent :
Je vous salue, Marie.

Par les gosses battus par l'ivrogne qui rentre,
Par l'âne qui reçoit des coups de pied au ventre
Et par l'humiliation de l'innocent châtié,
Par la vierge vendue qu'on a déshabillée,
Par le fils dont la mère a été insultée :
Je vous salue, Marie.

Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poids,
S'écrie : "Mon Dieu !" Par le malheureux dont les bras
Ne purent s'appuyer sur une amour humaine
Comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène ;
Par le cheval tombé sous le chariot qu'il traîne :
Je vous salue, Marie.

Par les quatre horizons qui crucifient le Monde,
Par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe,
Par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains,
Par le malade que l'on opère et qui geint
Et par le juste mis au rang des assassins :
Je vous salue, Marie.

Par la mère apprenant que son fils est guéri,
Par l'oiseau rappelant l'oiseau tombé du nid,
Par l'herbe qui a soif et recueille l'ondée,
Par le baiser perdu par l'amour redonné,
Et par le mendiant retrouvant sa monnaie :
Je vous salue, Marie.
version intégrale de Francis Jammes : (avec les intertitres de l'auteur)
[+] Texte masqué
Mystères joyeux.
Annonciation.
Par l’arc-en-ciel sur l’averse des roses blanches,
par le jeune frisson qui court de branche en branche
et qui a fait fleurir la tige de Jessé ;
par les Annonciations riant dans les rosées
et par les cils baissés des graves fiancées :
Je vous salue, Marie.

Visitation.
Par l’exaltation de votre humilité
et par la joie du cœur des humbles visités ;
par le Magnificat qu’entonnent mille nids,
par les lys de vos bras joints vers le Saint-Esprit
et par Elisabeth, treille où frémit un fruit :
Je vous salue, Marie.

Nativité.Par l’âne et par le bœuf, par l’ombre et par la paille,
par la pauvresse à qui l’on dit qu’elle s’en aille,
par les nativités qui n’eurent sur leurs tombes
que les bouquets du givre aux ailes de colombes ;
par la vertu qui lutte et celle qui succombe :
Je vous salue, Marie.

Purification.
Par votre modestie offrant des tourterelles,
par le vieux Siméon pleurant devant l’autel,
par la prophétesse Anne et par votre mère Anne,
par l’obscur charpentier qui, courbé sur sa canne,
suivait avec douceur les petits pas de l’âne :
Je vous salue, Marie.

Invention de Notre Seigneur au Temple.
Par la mère apprenant que son fils est guéri,
par l’oiseau rappelant l’oiseau tombé du nid,
par l’herbe qui a soif et recueille l’ondée,
par le baiser perdu par l’amour redonné,
et par le mendiant retrouvant sa monnaie :
Je vous salue, Marie.


Mystères douloureux.
Agonie.
Par le petit garçon qui meurt près de sa mère
tandis que des enfants s’amusent au parterre ;
et par l’oiseau blessé qui ne sait pas comment
son aile tout à coup s’ensanglante et descend
par la soif et la faim et le délire ardent :
Je vous salue, Marie.

Flagellation.
Par les gosses battus par l’ivrogne qui rentre,
par l’âne qui reçoit des coups de pied au ventre
et par l’humiliation de l’innocent châtié,
par la vierge vendue qu'on a déshabillée,
par le fils dont la mère a été insultée :
Je vous salue, Marie.

Couronnement d’épines.
Par le mendiant qui n’eut jamais d’autre couronne
que le vol des frelons, amis des vergers jaunes,
et d’autre sceptre qu’un bâton contre les chiens ;
par le poète dont saigne le front qui est ceint
des ronces des désirs que jamais il n’atteint :
Je vous salue, Marie.

Portement de Croix.
Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poids,
s'écrie : « Mon Dieu ! » Par le malheureux dont les bras
ne purent s’appuyer sur une amour humaine
comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène ;
par le cheval tombé sous le chariot qu'il traîne :
Je vous salue, Marie.

Crucifiement.
Par les quatre horizons qui crucifient le Monde,
par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe,
par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains,
par le malade que l'on opère et qui geint
et par le juste mis au rang des assassins :
Je vous salue, Marie.


Mystères glorieux.
Résurrection.
Par la nuit qui s’en va et nous fait voir encore
L’églantine qui rit sur le cœur de l’aurore
Par la cloche pascale à la voix en allée
Et qui, le Samedi saint, à toute volée
Couvre d’alleluias la bouche des vallées :
Je vous salue Marie.

Ascension.
Par le gravissement escarpé de l’ermite
Vers les sommets que les perdrix blanches habitent
Par les troupeaux escaladant l’aube du ciel
Pour ne se nourrir plus que de neige et de miel,
Et par l’ascension du glorieux soleil,
Je vous salue Marie.

Pentecôte.
Par les feux pastoraux qui descendent, la nuit,
Sur le front des coteaux, ces apôtres qui prient ;
Par la flamme qui cuit le souper noir du pauvre ;
Par l’éclair dont l’Esprit allume comme un chaume,
Mais pour l’éternité le néant de chaque homme :
Je vous salue Marie.

Assomption.
Par la vieille qui atteint, portant un faix de bois,
Le sommet de la route et l’ombre de la Croix,
Que son plus beau Fils vient aider dans sa peine ;
Par la colombe dont le vol à la lumière
Se fond si bien qu’il n’est bientôt qu’une prière :
Je vous salue Marie.

Couronnement de la Vierge.
Par la Reine qui n’eut jamais d’autre Couronne
Que les astres, trésor d’une ineffable Aumône,
Et d’autre sceptre que le lys d’un vieux jardin ;
Par la Vierge dont penche le front qui est ceint
Des roses des désirs que son amour atteint ;
Je vous salue Marie.

Re: Vatican II

Publié : jeu. 13 oct. 2022, 17:45
par nano
Jean-Mic a écrit : jeu. 13 oct. 2022, 17:01 Rendons donc à Brassens ce qui est à Brassens, à commencer par son talent d'auteur. Certes il n'était pas tendre, loin de là, notamment à l'égard des curetons et de la maréchaussée, mais derrière le comique et l'irrévérence, nous lui devons de nombreuses perles et trouvailles poétiques et littéraires. Et parmi celles-ci des textes dignes des paraboles du Christ.

La Chanson pour l'Auvergnat ne fait-elle pas penser à l'histoire du Bon Samaritain ? [...] Et Les quatre bacheliers (histoire vécue dans sa jeunesse, paraît-il) à celle du Fils prodigue accueilli à son retour par son père ?
je crois me rappeler de je ne sais quelle lecture ou documentaire, qui disait que beaucoup de chansons de Brassens parlaient de son vécu. Ainsi, l'Auvergnat ne serait pas qu'un personnage de parabole ; Jeanne et sa canne, ses amours avec Margot ... Et d'ailleurs, sa page wikipedia relate l'épisode des quatre bacheliers. Au fils prodigue, j'ajouterais un tacle aux pharisiens de son époque ...
Ces perles poignantes qu'on trouve chez Brassens ne sont-elles pas une fenêtre ouverte sur ses blessures, qui expliqueraient par bien des manières son irrévérence envers "les curetons et la maréchaussée", entre autres ?

Re: Vatican II

Publié : jeu. 13 oct. 2022, 18:23
par Jean-Mic
nano a écrit : jeu. 13 oct. 2022, 14:04Il y a tout de même un constat lucide, je dirais presque prophétique, que bien des fidèles - même parmi ceux se définissant comme "conciliaires"- dressent encore 45 ans après cette chanson.
Qu'est-ce qui vous faire dire ça ? De quelle lucidité parlez-vous ? De quels "conciliaires" parlez-vous ? Ne prenez-vous pas vos désirs pour des réalités ? Je crois bien au contraire que la grande majorité des Catholiques se réjouissent que la messe soit dite en langue vernaculaire, c'est à dire dans une langue qu'ils connaissent et comprennent. Dans mon diocèse, j'évaluerais volontiers, et sans exagérer beaucoup, cette proportion à près de 98 % !

Quant à promouvoir Georges Brassens en prophète, c'est tout simplement risible ! Brassens n'a pas quitté l'Eglise à cause de l'abandon du latin. Il n'y allait tout simplement jamais. Il n'avait rien à faire des messes qu'il considérait comme des simagrées d'un autre temps. Avec Tempête dans un bénitier, il se moque des curetons de tout poil qui se divisent entre eux.

Re: Vatican II

Publié : ven. 14 oct. 2022, 9:12
par Gaudens
98% de quoi,Jean-Mic? Des têtes blanches qui sont restées fidèles à la messe dominicale ? Il faudrait savoir quelle était la proportion de tous ceux qui , partis à bas bruit en 50 ans d'appplication bête et méchante de la réforme liturgique, approuvaient le dézingage total du latin et du grégorien en opposition au texte même du Concile .

Re: Vatican II

Publié : ven. 14 oct. 2022, 9:20
par Jean-Mic
Gaudens a écrit : ven. 14 oct. 2022, 9:1298% de quoi, Jean-Mic? Des têtes blanches qui sont restées fidèles à la messe dominicale ?
Pas que ...!
La génération de mes enfants dans sa quasi-totalité n'imagine même pas qu'on puisse dire une messe dans une langue qu'ils ne comprennent pas.

Re: Vatican II

Publié : ven. 14 oct. 2022, 10:23
par prodigal
Jean-Mic a écrit : ven. 14 oct. 2022, 9:20 La génération de mes enfants dans sa quasi-totalité n'imagine même pas qu'on puisse dire une messe dans une langue qu'ils ne comprennent pas.
Cela me paraît excessif, mais bon, si c'est vrai, cela ne rend pas hommage à l'imagination de cette génération nouvelle.
Mais d'autres disent, et non sans raison, que la quasi totalité de cette génération nouvelle n'imagine même pas que l'on puisse croire en la résurrection d'un homme né d'une vierge. Il ne me semble donc pas qu'il y ait là un solide argument.
Si cette génération nouvelle n'imagine pas ce que peut être l'apport d'une langue sacrée, il faut alors l'en instruire.

Re: Vatican II

Publié : ven. 14 oct. 2022, 10:51
par Jean-Mic
prodigal a écrit : ven. 14 oct. 2022, 10:23... une langue sacrée ...
:?: :?: :?: Une langue sacrée ? Comme vous y allez !
Les seules langues que des Chrétiens pourraient à la rigueur tenir pour sacrées, ce seraient l'Araméen et l'Hébreu antique, puisque ce sont celles dans lesquelles Dieu, et le Christ, se sont adressés aux hommes. Mais le vocabulaire serait un peu court, non ? Abba, Alleluia, Amen, Christ, Marana Tha, ..., et peut-être quelques autres qui ne me viennent spontanément à l'esprit. Ces mots sont beaux, ils sont même capitaux au point qu'on les ait importés tels quels dans toutes les langues.
Si l'on admettait, ce à quoi personnellement j'oppose mon Non possumus :saint: , le concept de langue sacrée pour les Chrétiens, nous ne ne devrions pas dire le Notre Père autrement qu'en araméen, puisque c'est précisément dans cette langue que le Christ a appris à ses fidèles à s'adresser à Dieu.

Je vous mets d'ailleurs au défi de présenter les textes magistériels qui, du concile de Trente à nos jours, parleraient du latin comme d'une "langue sacrée". Si le latin porte effectivement une longue et belle tradition chrétienne, il ne l'inclut pas totalement, bien loin de là, ni dans le temps ni dans l'espace. Ce serait un peu vite oublier par exemple que le latin a toujours été (et reste) inconnu par les Chrétiens d'Orient. Ce serait surtout oublier que l'usage du latin dans l'Eglise n'était déjà que la deuxième acculturation linguistique de l'Evangile. Et que celle-ci avait pour but de rendre l'Evangile accessible au monde latin. Cela ne visait pourtant que la moitié du monde méditerranéen, lequel ne représentait que monde dit civilisé, c'est à dire une partie seulement du monde connu. Ne perdons pas de vue que la première acculturation linguistique avait été dès le temps des apôtres le passage au Grec ancien à destination des non-juifs de Palestine puis, aussitôt après de la Province d'Asie, de l'Egypte, et de la Grèce.
Faut-il rappeler ici, bis repetita :saint: , que le Christ annonçait, lui, la Bonne Nouvelle en araméen lorsqu'il était en Galilée, et en Hébreu lorsqu'il montait à Jérusalem.

Nous ne sommes pas des Musulmans pour qui le Coran a été dicté au Prophète et qu'il est interdit de traduire sous peine de le dénaturer.

Re: Vatican II

Publié : ven. 14 oct. 2022, 11:01
par Jean-Mic
prodigal a écrit : ven. 14 oct. 2022, 10:23
Jean-Mic a écrit : ven. 14 oct. 2022, 9:20 La génération de mes enfants dans sa quasi-totalité n'imagine même pas qu'on puisse dire une messe dans une langue qu'ils ne comprennent pas.
... d'autres disent, et non sans raison, que la quasi totalité de cette génération nouvelle n'imagine même pas que l'on puisse croire en la résurrection d'un homme né d'une vierge...
Vous avez raison ! J'aurais dû être plus précis et écrire que je ne parlais ici que de la génération des jeunes catholiques : Les jeunes catholiques de la génération de mes enfants dans leur quasi-totalité n'imaginent même pas ...

prodigal a écrit : ven. 14 oct. 2022, 10:23... si c'est vrai, cela ne rend pas hommage à l'imagination de cette génération nouvelle.
:bomb: Je vous prierais d'être poli et d'avoir un peu plus de respect pour nos enfants et leurs amis qui sont, que vous le vouliez ou non, l'Eglise d'aujourd'hui dans une société profondément sécularisée. La mission à laquelle ils répondent avec ferveur est autrement plus ardue que celle que nous avons tenté de porter. Pour cela, de l'imagination, ils n'en manquent pas ! Au titre de cette mission joyeusement acceptée , ils méritent de nous respect et prière.

Re: Vatican II

Publié : ven. 14 oct. 2022, 11:58
par prodigal
Je ne sais pas pourquoi vous vous énervez. Quand je parle de langue sacrée à propos du latin, cela n'a rien d'une prise de position personnelle. Le latin, comme d'ailleurs d'autres langues en certaines contrées, a été utilisé dans l'Eglise catholique non pas pour faire plaisir à une quelconque communauté de latinophones, mais comme langue liturgique. Par sa fonction, il a été institutionnellement sacralisé. Et ceux qui regrettent l'abandon du latin dans la liturgie n'ont pas les mêmes raisons que, par exemple, ceux qui regrettent la disparition progressive du latin dans l'enseignement. Ce qu'ils regrettent, c'est que la messe soit dite dans une langue commune. Mais quand ils communiquent entre eux, ils ne parlent pas en latin mais dans cette langue commune qui est utilisée à la messe. L'abandon qu'ils déplorent, c'est donc celui d'une hiérarchie entre le temps de la prière collective et le temps de la vie ordinaire. Mais vous savez tout cela. Pourquoi donc vous énerver?
Quand au manque de respect dont je serais coupable à l'égard de la jeune génération, il ne tient qu'à une lecture précipitée de votre part, qui vous a fait sauté le petit mot "si". Je suis bien persuadé que la jeune génération est comme celles qui l'ont précédée, parfaitement capable de comprendre l'intérêt d'une langue sacrée, et bien d'autres choses encore...