Un message que j'aurais aimé lire quand j'étais croyante
Publié : lun. 12 déc. 2022, 17:55
[Message déplacé dans la section Témoignage, cordialement, Cgs]
Bonjour,
Je venais voir ce forum auparavant, j’étais toujours très malheureuse et je ne trouvais aucun réconfort dans la religion. Voilà plusieurs années que je ne suis pas venue.
Depuis un ou deux ans, je vais mieux – même si je traverse encore parfois des hauts et des bas.
J’ai rencontré des personnes formidables qui m’ont beaucoup aidée et soutenue, comme je n’avais jamais été soutenue auparavant. Ces personnes sont anarchistes, queer, racisées, neuroatypiques pour une belle partie d’entre elles ; j’ai appris à regarder le monde autrement, à ne plus m’enfermer dans mes peurs de l’autre, de l’inconnu, du changement.
Je suis moi-même queer, racisée, neuroatypique et une femme genderfluid. Je suis tout ce que beaucoup d’entre vous détestent. J’ai appris à m’aimer. Pour cela, j’ai dû cesser de croire en Dieu car la vision que j’avais de Dieu m’opprimait – l’amour absolu avait quelque chose d’écrasant pour moi et de mortifère.
Je pense que ce n’est pas un passage obligé pour toutes les personnes qui sont dans ma situation ; je pense que l’on peut croire en Dieu et s’aimer soi-même, et aimer les autres (les deux vont de pair je crois).
Pour ma part, j’ai dû passer par le rejet de la religion chrétienne, mais je n’ai pas rejeté l’amour pour autant ; on m’a souvent fait croire que rejeter la religion chrétienne, c’était rejeter l’amour : c’est faux. Il y a bien des manières d’aimer ; certaines oppriment, certaines sont condescendantes, certaines permettent même de prendre un pouvoir sur l’autre. L’amour je crois ne suffit pas. Mais il y a des manières d’aimer qui libèrent, qui donnent la place à l’autre, qui lui prêtent une oreille : voilà ce que j’ai recherché toute ma vie, et ce que mon passage à gauche m’a permis de mieux comprendre.
J’envoie ce message pour que les personnes qui se sentent différentes, bizarres, marginales, exclues et qui comme moi à un moment donné fréquenteraient ce forum, n’aient plus peur d’être qui elles sont. Oui, on vous dira de vous fondre dans un moule, que l’individualité est sans importance et on justifiera cela par des citations bibliques. Je ne suis pas une experte théologienne donc à cela je n’aurais pas de réponse.
Je pense simplement qu’il ne faut pas craindre de savoir penser par soi-même tout en respectant les pensées des autres (lorsque celles-ci ne sont pas haineuses). Ce monde est pour moi une grande polyphonie, avec des voix plurielles : n’ayez pas peur de vous aimer, car cela ne vous empêchera pas d’aimer les autres… Au contraire, c’est en ayant votre voix singulière que vous pourrez participer à cette société pour la rendre meilleure.
Je sais bien que ce n’est pas facile de ne plus avoir peur de soi-même quand on a appris pendant toute sa vie à se haïr et à se conformer au regard et attentes des autres. Si j’arrive à apporter un peu de réconfort, même quelques instants, à ne serait-ce qu’une personne je serais heureuse. Le reste, c’est par la vie qu’on l’apprend ; je n’ai pas la prétention de pouvoir résumer des années de rétablissement dans ce message, et de pouvoir communiquer ma joie aux autres.
J’espère que ce message se fera un peu entendre par quelques-uns et quelques unes. A celles et ceux qui seront horrifiés par mes mots, je n’ai rien à dire ; j’écris pour celles et ceux qui comme moi ont connu des souffrances au sein de la religion, pas pour celles et ceux qui se satisfont de leur condition actuelle.
Néanmoins, je me permets de poser à ces derniers une question : que signifie aimer pour vous ?
Je ne viendrai pas lire les réponses à ce message car j’estime avoir passé beaucoup trop de temps sur ce forum dans les moments où j’allais mal, à l’époque où j’étais encore croyante. Je me doute bien malheureusement que mon cheminement sera peu accepté par une grande partie d’entre vous.
J’espère cependant que ce message sera accepté par la modération.
Passez une belle journée,
S.
Bonjour,
Je venais voir ce forum auparavant, j’étais toujours très malheureuse et je ne trouvais aucun réconfort dans la religion. Voilà plusieurs années que je ne suis pas venue.
Depuis un ou deux ans, je vais mieux – même si je traverse encore parfois des hauts et des bas.
J’ai rencontré des personnes formidables qui m’ont beaucoup aidée et soutenue, comme je n’avais jamais été soutenue auparavant. Ces personnes sont anarchistes, queer, racisées, neuroatypiques pour une belle partie d’entre elles ; j’ai appris à regarder le monde autrement, à ne plus m’enfermer dans mes peurs de l’autre, de l’inconnu, du changement.
Je suis moi-même queer, racisée, neuroatypique et une femme genderfluid. Je suis tout ce que beaucoup d’entre vous détestent. J’ai appris à m’aimer. Pour cela, j’ai dû cesser de croire en Dieu car la vision que j’avais de Dieu m’opprimait – l’amour absolu avait quelque chose d’écrasant pour moi et de mortifère.
Je pense que ce n’est pas un passage obligé pour toutes les personnes qui sont dans ma situation ; je pense que l’on peut croire en Dieu et s’aimer soi-même, et aimer les autres (les deux vont de pair je crois).
Pour ma part, j’ai dû passer par le rejet de la religion chrétienne, mais je n’ai pas rejeté l’amour pour autant ; on m’a souvent fait croire que rejeter la religion chrétienne, c’était rejeter l’amour : c’est faux. Il y a bien des manières d’aimer ; certaines oppriment, certaines sont condescendantes, certaines permettent même de prendre un pouvoir sur l’autre. L’amour je crois ne suffit pas. Mais il y a des manières d’aimer qui libèrent, qui donnent la place à l’autre, qui lui prêtent une oreille : voilà ce que j’ai recherché toute ma vie, et ce que mon passage à gauche m’a permis de mieux comprendre.
J’envoie ce message pour que les personnes qui se sentent différentes, bizarres, marginales, exclues et qui comme moi à un moment donné fréquenteraient ce forum, n’aient plus peur d’être qui elles sont. Oui, on vous dira de vous fondre dans un moule, que l’individualité est sans importance et on justifiera cela par des citations bibliques. Je ne suis pas une experte théologienne donc à cela je n’aurais pas de réponse.
Je pense simplement qu’il ne faut pas craindre de savoir penser par soi-même tout en respectant les pensées des autres (lorsque celles-ci ne sont pas haineuses). Ce monde est pour moi une grande polyphonie, avec des voix plurielles : n’ayez pas peur de vous aimer, car cela ne vous empêchera pas d’aimer les autres… Au contraire, c’est en ayant votre voix singulière que vous pourrez participer à cette société pour la rendre meilleure.
Je sais bien que ce n’est pas facile de ne plus avoir peur de soi-même quand on a appris pendant toute sa vie à se haïr et à se conformer au regard et attentes des autres. Si j’arrive à apporter un peu de réconfort, même quelques instants, à ne serait-ce qu’une personne je serais heureuse. Le reste, c’est par la vie qu’on l’apprend ; je n’ai pas la prétention de pouvoir résumer des années de rétablissement dans ce message, et de pouvoir communiquer ma joie aux autres.
J’espère que ce message se fera un peu entendre par quelques-uns et quelques unes. A celles et ceux qui seront horrifiés par mes mots, je n’ai rien à dire ; j’écris pour celles et ceux qui comme moi ont connu des souffrances au sein de la religion, pas pour celles et ceux qui se satisfont de leur condition actuelle.
Néanmoins, je me permets de poser à ces derniers une question : que signifie aimer pour vous ?
Je ne viendrai pas lire les réponses à ce message car j’estime avoir passé beaucoup trop de temps sur ce forum dans les moments où j’allais mal, à l’époque où j’étais encore croyante. Je me doute bien malheureusement que mon cheminement sera peu accepté par une grande partie d’entre vous.
J’espère cependant que ce message sera accepté par la modération.
Passez une belle journée,
S.