Deux bonnes raisons de surveiller le brûlage des cierges et des bougies dans les églises :
1/ le risque d'incendie, évidemment !
Les exemples d'incendies dus aux cierges et bougies ne manquent pas ! Le risque est d'autant plus grand que les cierges ou les bougies sont nombreux et rapprochés. Plus les cierges et bougies sont proches, plus la chaleur est intense (vous pouvez faire l'expérience avec votre prochain gâteau d'anniversaire !), faisant fondre les cierges les uns sur les autres jusqu'au risque de tomber hors du brûloir. C'est ce qui s'est passé à Lourdes en 2018 (si mes souvenirs sont bons) où le feu est pourtant surveillé en permanence par ceux qu'on appelle les "feutiers" (un mot et un métier qui n'existent qu'à Lourdes) dans l'une des "chapelles de lumière" situées de l'autre côté du Gave face à la Grotte.
On comprend que, dans beaucoup d'église, faute d'un personnel permanent, et encouragé par les commissions de sécurité, les cierges longs ont progressivement disparu au profit des lumignons et autres neuvaines. Pourtant, avec ces bougies basses dans une coque de plastique, le phénomène est le même. Si elles sont trop rapprochées, la chaleur grandissante fait fondre le plastique, avec des risques d'épanchement et de la cire et du plastique fondu !
C'est pourquoi, beaucoup de brûloirs sont prévus pour espacer les sources de chaleur : piques espacées pour les cierges longs, emplacements matérialisés pour les lumignons. (Surtout ne posez jamais un lumignon sur un brûloir à cierges !)
A la basilique de Paray-le-Monial, au-dessus des brûloirs a été installée une hotte à tirage naturel, à la manière d'une cheminée. Résultat : les cierges brûlent un tout petit petit-peu plus vite mais, et c'est capital, sans danger. Pourtant, pour de multiples raisons, on voit mal équiper toutes les églises et tous les sanctuaires de tels dispositifs.
2/ la pollution ! eh oui !
Et ce n'est pas qu'un délire d'écolo ou qu'un argument tordu de je ne sais quel promoteur de la mort de Dieu ! Quoi qu'on fasse, bougies et cierges produisent de la suie et du noir de fumée. Et à raison de milliers de cierges ou de bougies (voire de millions dans certains sanctuaires), avec le temps qui passe, cela a de quoi sérieusement encrasser enduits et peintures. A quoi bon se donner la peine de les restaurer régulièrement si c'est pour les laisser aussitôt neufs à l'agression des fumées ?
Ne rigolez pas ! C'est la raison pour laquelle Paray a fait le choix de la hotte et Lourdes celui des "chapelles de lumière" de l'autre côté du Gave ... Et en regardant dans l'Histoire, c'est une des raisons (il y en a d'autres, mais elles n'ont pas leur place ici) pour laquelle les chanoines du 18e siècle ont fait gratter les peintures murales et briser les vitraux venus du Moyen-Âge. On les comprend : quatre siècles de crasse, de suie, et de noir de fumée, ça ne devait pas être très folichon à regarder...
Le "problème" c'est que brûler un cierge est un geste symboliquement chargé de sens, facilement saisissable pour tout un chacun, et pas seulement pour un Chrétien. Nous, cathos, nous appelons ça un "sacramental". C'est l'un des gestes les plus partagés qui soit avec beaucoup de religions et de cultures.
L'autre "problème", ne soyons ni naïfs ni angéliques, c'est qu'il s'agit d'une manne financière pour les paroisses et les sanctuaires (ce qui, soit dit en passant, n'est là aussi pas une spécificité chrétienne).
En conclusion, et pour répondre (enfin !) à Lentille :

en l'absence de surveillance, il est bien prudent et raisonnable d'éteindre cierges et bougies pour la nuit. Remarquez que nul ne laisserait brûler une bougie dans sa salle à manger ou sa salon tandis qu'il dort dans sa chambre.