ademimo a écrit : ↑jeu. 17 août 2023, 17:36
En tant qu'ex pratiquant catholique - et actuellement croyant seulement en Dieu en-dehors de tout cadre religieux - voici ma réflexion sur le sujet :
ademimo a écrit : ↑jeu. 17 août 2023, 17:36
Je ne donne pas ici mon opinion personnelle, bien évidemment, mais je traduis uniquement ce qui me paraît être la position de l’Église. Et je crois que si l'Eglise devait revoir tout cela, ce serait compliqué doctrinalement. Pas impossible cependant. Cela pourrait
Voilà un bel exemple de contradiction : bien sûr que si, vous donnez votre opinion/réflexion personnelle, en « traduisant ce qui vous paraît être » et qui pourrait être fort différent.
La doctrine de l’Eglise affirme par prétérition qu’être « ex pratiquant catholique » c’est se trouver dans l’erreur, et s’il y a des exceptions (par exemple parmi ceux ayant été victimes d’abus sexuels de clercs) cela se vérifie souvent.
Considérer que l’Eglise se trompe quand on se trompe sur l’avis de l’Eglise est un autre grand classique qui relève de ce qui était appelé de façon trop lapidaire et schématique « l’ignorance invincible » : il en résulte qu’on est soi-même dans la vérité, sauf au moins en ce qui concerne la réalité de l’Eglise dont il est bien pratique de se sentir libéré de l’enseignement - mais par la doctrine du for interne, cela est également vrai même quand on y reste/est .
ademimo a écrit : ↑jeu. 17 août 2023, 17:36
Le christianisme fait partie d'un ensemble culturel que l'on qualifie parfois d'abrahamique, où toutes les jouissances terrestres sont réputées éloigner de Dieu. On retrouve d'ailleurs la même chose dans les autres religions.
Voilà typiquement l’exemple d’un a priori fondé par l’exemple donné par de mauvaises compréhensions ou un mauvais enseignement. Sa contradiction est évidente à la base et intente un procès à Dieu, qui a créé et donc voulu la jouissance. Serait-il sadique ? Elle relève du péché contre l’Esprit !
ademimo a écrit : ↑jeu. 17 août 2023, 17:36
Dans le judaïsme, la question est réglée par des rites de purification : pour rendre un culte à Dieu, il suffit d'accomplir ces rites pour être "purifié". La femme y est d'ailleurs elle-même considérée comme vectrice de cette impureté, aussi est-il imposé aux maris de s'éloigner de leurs épouses dans les temps de purification. L'islam revient d'ailleurs à ce système fondé sur la notion de pureté et d'impureté.
Dès que vous illustrez par un exemple votre a priori, la faille se montre. Vous confondez ici la pureté rituelle avec la pureté du cœur. La pureté rituelle touche au sacré, à l’approche de Dieu (offrir un holocauste) qui n’est permise qu’à certaines conditions, et il existe en effet un rituel de purification, pour la même raison : mais il ne convient pas d’extrapoler de cela que nous pouvons nous purifier d’un péché en attendant le soir ou prenant un bain !
C’est bien d’ailleurs ce que vous affirmez ensuite (sans avoir tout compris), mais en laissant entendre un changement qui se moque un tantinet de ce rituel propre au juif et commandé par Dieu, vous créez une tension ou contradiction, une rupture qui n’existe pas :
ademimo a écrit : ↑jeu. 17 août 2023, 17:36
Par contre, dans le christianisme, les rites de purification extérieure sont abolis : la femme n'est plus réputée impure. La notion de purification concerne désormais la vie spirituelle intérieure, dans le droit fil, d'ailleurs, de ce que recommandaient les prophètes.
Vous écrivez ensuite :
ademimo a écrit : ↑jeu. 17 août 2023, 17:36
Le mariage entre l'homme et la femme sont élevés à un niveau moral inédit, au bénéfice de l'amour conjugal. A priori, il s'agit d'un progrès. Mais la sexualité - comme toutes les jouissances terrestres - conserve malgré tout sa nature pécamineuse.
Soyons clairs : est-ce le mariage ou l’homme et la femme qui est/sont élevés ? Le mariage n’existe-t-il pas depuis toujours ? De quel mariage parlez-vous ? du sacrement ? C’est alors tout autre chose… Vous faites ici un raccourci qui ne veut plus rien dire et il n’y a rien à comprendre que votre incompréhension du sujet puisque dans le mariage la sexualité devient sainte et l’acte un acte vertueux. Vous ne faites que prolonger votre a priori sans donner d’argument.
ademimo a écrit : ↑jeu. 17 août 2023, 17:36
Au fond, il est déconseillé aux disciples de contracter mariage, s'ils souhaitent se rapprocher de la perfection. C'est ce qu'annonce Paul très clairement : ceux qui ne peuvent pas s'en passer, qu'ils se marient, et il feront oeuvre sainte dans l'institution du mariage sous la houlette de l'Eglise ; quant aux disciples aspirant à la perfection, c'est-à-dire les religieux, les prêtres, tout le clergé dans son ensemble, par opposition aux "laïcs", qu'ils s'en abstiennent. C'est le point de départ du monachisme chrétien.
Là oui, c’est exact. Mais il s’agit d’un degré d’excellence dans la perfection qui n’est pas proposé à tous ni pour tous, comme l’Eglise l’affirme et déjà Jésus là où il a établi cette vérité dans Mathieu (19 : 12b) .
En revanche, non, ce n’est pas le point de départ du monachisme, qui fut la fin des persécutions et le désir d’éviter les tentations du monde pour progresser mieux et plus (il n’y a pas que la sexualité, dont la « matière » (de tentation) était d’ailleurs une de celles qui restaient dans la solitude des déserts : votre argument ne « tient pas » même en dehors de la réalité historique).
Par conséquent il existe aussi une autre forme de perfection dans le mariage que l’Eglise s’est efforcé de réhabiliter à cause de la tendance à prôner l’exclusivité et la supériorité de la virginité ou continence (la chasteté conjugale existe) qui a quelque chose de devenu trop théorique, puisque c’est une question de vocation et que cela revient à attribuer d’avance et par un a priori (certes oui) les meilleures places au ciel tout en reconnaissant qu’il y a d’autres critères de « réussite ».
ademimo a écrit : ↑jeu. 17 août 2023, 17:36
Mais ce monachisme n'est pas vraiment une nouveauté. Le collège apostolique, le Christ en tête, vivent sans femme (même si Pierre est veuf). Et auparavant, la plupart d'entre eux ont participé au mouvement communautaire de Jean Baptiste, qui lui-même s'inscrivait dans la tradition des prophètes, ce fameux corps religieux parallèle au Temple et qui pratiquait l'ascétisme. Je crois qu'on n'arrive pas à vraiment savoir comment les Esséniens s'articulaient à tout cet ensemble, mais voilà un exemple de monachisme judaïque, contemporain du Christ, et qui s'abstenait de femmes.
C’est un avis personnel qui peut s’entendre, à ceci prés que Pierre ne fut pas veuf sinon plus tard, et que Jésus et ses disciples vivaient bien au milieu de femmes. Qu’il est très incertain encore d’affirmer que « la plupart d’entre eux » appartenaient au mvt de Jean-Baptiste, et que confondre ou associer les esséniens et les prophètes est fallacieux, autant que spéculatif de les associer à Jean-Baptiste : et sans intérêt par rapport à notre sujet. De plus, « la plupart » (pour ne pas dire quasiment tous) des prophètes furent mariés, le mariage étant l’état de vie même des prêtres (évidemment puisque c’était une charge héréditaire !) et présumer que ceux qui comme les esséniens firent entorse à cet état de vie naturel le firent pour répondre à un idéal ascétique de continence (en tout cas axé sur) est douteux.
ademimo a écrit : ↑jeu. 17 août 2023, 17:36
Donc, on peut dire que la sexualité est toujours tenue en haute suspicion, et qu'elle est seulement concédée au laïc considéré comme trop faible spirituellement pour pouvoir s'en passer, mais à condition de la canaliser vers quelque chose d'utile à la société chrétienne qui est l'institution du mariage. Dans ce cadre, et seulement en vue de la procréation - afin de faire droit au commandement divin : "croissez et multipliez" - la sexualité est exceptionnellement considérée comme "bonne", à la seule condition de ne pas la détourner vers un autre objet qui serait la jouissance pour la jouissance.
C’est un cliché, le seul fait que la prêtrise était héréditaire le pourfend. La chasteté en revanche relevait de la purification rituelle avant de servir à l’autel : oui. Mais cela ne jetait aucun discrédit sur la sexualité, loin de là : chaque chose en son temps et à sa place !
Apprécier le bon moment passé ensemble n’offense en rien la procréation, au contraire ! Le « détournement » n’est possible que par une volonté express et qui, à la base, n’a pas de raison d’être : la « gourmandise » en la matière n’était même pas sanctionnée, ce qui l’était, c’était l’adultère – et cela n’a pas changé, même s’il n’y a plus de polygamie (d’ailleurs, côté fréquence, la capacité de l’homme est inférieure à celle de la femme et ne tient qu’à lui, pourvu qu’il tienne ses obligations sociales).
C’est dans ce sens (et qui peut être contesté car « l’appétit vient en mangeant ») que le mariage a pu être tenu selon l’antique formule comme un « remède à la concupiscence ».
ademimo a écrit : ↑jeu. 17 août 2023, 17:36
Vous voyez donc où je veux en venir. Dans l'homosexualité - dans cette perspective - la sexualité ne peut pas être considérée comme orientée à accomplir la volonté divine, à savoir "croître et multiplier", c'est-à-dire faire fructifier l’œuvre de la Création, et faire vivre l'institution du mariage qui lui est liée. La sexualité y est nécessairement recherchée pour elle-même.
Vous pouviez très bien en arriver là par un autre chemin !
ademimo a écrit : ↑jeu. 17 août 2023, 17:36
Il est donc impossible, sur le plan doctrinal, de l'insérer dans l'architecture du plan divin visant à glorifier et faire grandir sa Création.
C’est évidemment tout le contraire : « croissez et multipliez-vous » !
ademimo a écrit : ↑jeu. 17 août 2023, 17:36
Je ne donne pas ici mon opinion personnelle, bien évidemment, mais je traduis uniquement ce qui me paraît être la position de l’Église.
Ben voyons !
ademimo a écrit : ↑jeu. 17 août 2023, 17:36
Et je crois que si l'Eglise devait revoir tout cela, ce serait compliqué doctrinalement.
C’et déjà tout vu tout revu, sauf qu’il y a eu de mauvaises compréhensions de la part de ceux qui voulurent critiquer ce qui les dérangeait, d’où un réflexe de rigidité et de repli qui a entraîné des formulations excessives et abusives qui ont entrainé des réactions diverses (enthousiasme sadique et pervers, ou rejet dégoûté du bébé avec l’eau du bain, pour prendre les 2 extrêmes, lesquels sont trop souvent retenus en montés en épingle par ceux, mais pas forcément les mêmes, qui veulent à nouveau critiquer).
ademimo a écrit : ↑jeu. 17 août 2023, 17:36
Mais je pense qu'il y aura toujours une barrière infranchissable qui sera le sacrement du mariage et l'éducation d'enfants.
Pourquoi pas, mais barrière infranchissable à quoi ? Pas à l’homosexualité en tout cas, car cette « barrière là » est bien en avant, elle est dans le lévitique (voir la première réponse ici donnée et qui reste la meilleure, même si elle oublie de citer le Deutéronome (22 : 3) : « une femme ne portera pas un costume masculin, et un homme ne mettra pas un vêtement de femme : quiconque agit ainsi est en abomination à Yahvé ton Dieu » pour compléter ce sur quoi doit porter la réflexion.
Si nous considérons l’acte par lui-même en ce qu’il permet d’exprimer l’amour des époux, quand cet acte devient homosexuel ce qu’il permet d’échanger ne répond plus au dessein divin sans qu’il soit même besoin de parler de procréation ou d’union légitime. Il faut chercher du côté des énergies et de la psychologie, du narcissisme, etc. Il ne s’agit pas de porter un jugement, mais de constater que le « goût » exprimé n’est pas celui de Dieu notre créateur et de s’interroger : pour notre bien.
Car être dans la règle de ce que l’on doit être est toujours plus sain(t)/confortable.
Je suis désolé de vous contrarier, mais pourquoi faut-il que vous débordiez du sujet pour toujours redonner de l'Eglise une image qui n'est plus ce qu'elle est et à laquelle elle n'a jamais correspondu que dans son imperfection militante !