La charité
Publié : mer. 13 sept. 2023, 23:11
I - La charité est essentiellement un amour pour Dieu, le vrai Dieu, le Dieu de la foi théologale.
Être chrétien en acte, c’est « aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de tout son esprit, de toute sa force ». C’est accomplir le premier commandement de la Loi.
Ce qu’ici-bas tous doivent faire, mais ne font que les saints, c’est de se ruer sur le Christ, pour l’étreindre de tout notre cœur, afin de nous blottir en son Sacré-Cœur, duquel nous recevons la grâce du salut, la grâce d’aimer Dieu pour Dieu infiniment aimable.
II - L’amour pour le prochain ne relève de la charité qu’autant que le prochain soit aimé en Dieu et pour Dieu.
Aimé en Dieu, en tant que nous n’aimons le prochain de charité qu’en étant nous-mêmes en état de grâce habituelle et sanctifiante, donc en tant qu’aimant Dieu de charité, charité par laquelle nous sommes en Christ et ainsi en Dieu. Aimé pour Dieu, en tant que l’objet-même de l’amour de charité pour le prochain est de le vouloir vivre et mourir en Christ, et ainsi en Dieu, le Père agissant par son Fils en l’Esprit afin qu’en l’Esprit par le Fils tous fassent retour au Père, « de qui tout vient et vers qui nous allons ».
Parce que l’essence-même de la charité est d’aimer Dieu, aimer le prochain de charité est l’aimer ou le vouloir pour Dieu : c’est vouloir qu’il aime Dieu, le vrai Dieu, le Dieu de la foi théologale ; l’aimant d’un amour spécifié par la foi en l’espérant sans relâche.
D’où quatre conséquences.
D’une, que si celui qui n’aime pas son prochain n’aime pas Dieu (cf. I Jn. IV, 20), ce n’est pas qu’il faille aimer le prochain pour aimer Dieu, mais parce qu’on ne peut aimer Dieu sans vouloir que le prochain l’aime, et que là est l’amour de charité pour le prochain.
De deux, que l’amour pour le prochain n’est un amour de charité qu’articulé à l’amour pour Dieu, le vrai Dieu, le Dieu de la foi théologale. Du côté de celui qui aime, pour autant qu’il aime Dieu, et aime le prochain par amour du Christ auquel le prochain s’ordonne, soit comme membre de son Corps mystique, soit comme appelé à l’être.
De trois, qu’en l’ordre de la charité, les œuvres de miséricorde spirituelle priment les œuvres de miséricorde temporelle. Quand le Christ parle de nourrir les affamés, abreuver les assoiffés, vêtir les dénudés, visiter les prisonniers (cf. Mt XXV, 34 sq.), il s’agit d’abord de nourrir, vêtir et visiter les âmes, pour qu’elles aiment Dieu et croissent en cet amour. Cela n’exclut évidemment pas que la charité pour le prochain s’occupe aussi des corps, mais on comprend bien qu’un chartreux dépourvu de bonnes œuvres de miséricorde temporelle mais ayant sanctifié le monde par sa prière enflammée du feu de l’amour divin sera compté au Jour de son jugement parmi les bénis du Père.
De quatre, quant aux œuvres de miséricorde temporelle, que la philanthropie naturelle ne peut aucunement s’assimiler à la charité pour le prochain. Elle ne procède aucunement de l’amour surnaturel pour Dieu, n’étant qu’un amour naturel pour l’homme. Aussi, même si l’acte accomplit est le même par son objet (par exemple donner de l’argent à un pauvre pour le soulager de sa misère), le motif pour lequel l’acte est accompli en change radicalement l’espèce morale. En un cas l’acte est moralement honnête, en l’autre il est surnaturellement méritoire de la vie éternelle.
III - Charité bien ordonnée commence par soi-même.
Tout ce bien spirituel que l’on veut au prochain, il faut d’abord le vouloir pour soi-même. D’abord pour ceci qu’il nous faut vouloir aimer Dieu, et le vouloir toujours plus, plus intensément et plus profondément, en l’espérant du Christ, la mesure d’aimer Dieu étant de L’aimer sans mesure. Ensuite pour ceci qu’à défaut d’aimer Dieu, l’amour pour le prochain ne sera pas un amour de charité, tandis qu’inversement notre charité pour le prochain sera d’autant plus intense que procédant d’un plus intense amour pour Dieu ; c’est pourquoi la grâce est l’âme de tout apostolat, et qu’à l’oublier, on sombre dans l’activisme stérile (cf. Mt. VII, 22-23).
Quant aux autres, l’ordre de la charité est d’abord d’aimer ses proches, les saints dans l’ordre surnaturel, ses parents dans l’ordre naturel, et ensuite ses lointains, selon les exigences de la mission apostolique, la soif du salut des infidèles, qui n’est que la soif de Dieu, du vrai Dieu, afin qu’il soit aimé de ceux qui l’ignorent ou le refusent.
Être chrétien en acte, c’est « aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de tout son esprit, de toute sa force ». C’est accomplir le premier commandement de la Loi.
Ce qu’ici-bas tous doivent faire, mais ne font que les saints, c’est de se ruer sur le Christ, pour l’étreindre de tout notre cœur, afin de nous blottir en son Sacré-Cœur, duquel nous recevons la grâce du salut, la grâce d’aimer Dieu pour Dieu infiniment aimable.
II - L’amour pour le prochain ne relève de la charité qu’autant que le prochain soit aimé en Dieu et pour Dieu.
Aimé en Dieu, en tant que nous n’aimons le prochain de charité qu’en étant nous-mêmes en état de grâce habituelle et sanctifiante, donc en tant qu’aimant Dieu de charité, charité par laquelle nous sommes en Christ et ainsi en Dieu. Aimé pour Dieu, en tant que l’objet-même de l’amour de charité pour le prochain est de le vouloir vivre et mourir en Christ, et ainsi en Dieu, le Père agissant par son Fils en l’Esprit afin qu’en l’Esprit par le Fils tous fassent retour au Père, « de qui tout vient et vers qui nous allons ».
Parce que l’essence-même de la charité est d’aimer Dieu, aimer le prochain de charité est l’aimer ou le vouloir pour Dieu : c’est vouloir qu’il aime Dieu, le vrai Dieu, le Dieu de la foi théologale ; l’aimant d’un amour spécifié par la foi en l’espérant sans relâche.
D’où quatre conséquences.
D’une, que si celui qui n’aime pas son prochain n’aime pas Dieu (cf. I Jn. IV, 20), ce n’est pas qu’il faille aimer le prochain pour aimer Dieu, mais parce qu’on ne peut aimer Dieu sans vouloir que le prochain l’aime, et que là est l’amour de charité pour le prochain.
De deux, que l’amour pour le prochain n’est un amour de charité qu’articulé à l’amour pour Dieu, le vrai Dieu, le Dieu de la foi théologale. Du côté de celui qui aime, pour autant qu’il aime Dieu, et aime le prochain par amour du Christ auquel le prochain s’ordonne, soit comme membre de son Corps mystique, soit comme appelé à l’être.
De trois, qu’en l’ordre de la charité, les œuvres de miséricorde spirituelle priment les œuvres de miséricorde temporelle. Quand le Christ parle de nourrir les affamés, abreuver les assoiffés, vêtir les dénudés, visiter les prisonniers (cf. Mt XXV, 34 sq.), il s’agit d’abord de nourrir, vêtir et visiter les âmes, pour qu’elles aiment Dieu et croissent en cet amour. Cela n’exclut évidemment pas que la charité pour le prochain s’occupe aussi des corps, mais on comprend bien qu’un chartreux dépourvu de bonnes œuvres de miséricorde temporelle mais ayant sanctifié le monde par sa prière enflammée du feu de l’amour divin sera compté au Jour de son jugement parmi les bénis du Père.
De quatre, quant aux œuvres de miséricorde temporelle, que la philanthropie naturelle ne peut aucunement s’assimiler à la charité pour le prochain. Elle ne procède aucunement de l’amour surnaturel pour Dieu, n’étant qu’un amour naturel pour l’homme. Aussi, même si l’acte accomplit est le même par son objet (par exemple donner de l’argent à un pauvre pour le soulager de sa misère), le motif pour lequel l’acte est accompli en change radicalement l’espèce morale. En un cas l’acte est moralement honnête, en l’autre il est surnaturellement méritoire de la vie éternelle.
III - Charité bien ordonnée commence par soi-même.
Tout ce bien spirituel que l’on veut au prochain, il faut d’abord le vouloir pour soi-même. D’abord pour ceci qu’il nous faut vouloir aimer Dieu, et le vouloir toujours plus, plus intensément et plus profondément, en l’espérant du Christ, la mesure d’aimer Dieu étant de L’aimer sans mesure. Ensuite pour ceci qu’à défaut d’aimer Dieu, l’amour pour le prochain ne sera pas un amour de charité, tandis qu’inversement notre charité pour le prochain sera d’autant plus intense que procédant d’un plus intense amour pour Dieu ; c’est pourquoi la grâce est l’âme de tout apostolat, et qu’à l’oublier, on sombre dans l’activisme stérile (cf. Mt. VII, 22-23).
Quant aux autres, l’ordre de la charité est d’abord d’aimer ses proches, les saints dans l’ordre surnaturel, ses parents dans l’ordre naturel, et ensuite ses lointains, selon les exigences de la mission apostolique, la soif du salut des infidèles, qui n’est que la soif de Dieu, du vrai Dieu, afin qu’il soit aimé de ceux qui l’ignorent ou le refusent.