Je viens vers vous car je suis pauvre. Matériellement parlant. Je ne m'en fais pas un titre de gloire mais je n'en suis pas moins malheureuse, du moins, le croyais-je jusqu'à il y a peu.
Ça n'a pas toujours été le cas mais je ne regrette rien. A titre personnel je me fiche d'avoir et de vivre de très peu, je n'en apprécie que mieux les "jolies choses" de la vie.
Il n'en est malheureusement pas de même en ce qui concerne le regard que peuvent porter les personnes extérieures (famille, ami, etc) sur ma situation matérielle: tant et si bien que je ne reçois personne à la maison. Je crains le regard d'autrui et celui de mes proches encore plus.
Je trouve cette situation quelque peu ambigüe chez moi car d'un côté je me réjouis de cette pauvreté puisqu'elle m'apporte une certaine sérénité (se contenter de peu, aimer la simplicité, se concentrer sur l'essentiel) mais en même temps je me sens mal à l'idée de "subir" le regard empli de pitié/de jugement que pourrait porter n'importe qui sur ma situation matérielle. Comme si la pauvreté était un fardeau, une honte et qu'elle était digne de mépris. En réalité je ne supporterais pas de lire dans le regard des gens la condescendance, le mépris, la pitié.
Je n'arrive pas à me défaire de l'idée que les gens sont attachés aux apparences extérieures (je ne parle pas forcément de tenue vestimentaire) qu'ils jugent beaucoup en fonction des apparences matérielles et l'idée de devoir me "justifier" m'est très pénible. Je n'en ai pas envie.
J'aime l'idée du dépouillement mais comment faire comprendre que je me fiche pas mal de ne pas avoir de voiture (même si le fait de ne pas en avoir rend le quotidien plus compliqué), de ne pas avoir de box, de ne pas avoir le dernier portable à la mode ou de vivre dans le quasi dénuement tout en ne suscitant pas la pitié? Comme si la pauvreté était une faute.
La vérité est que j'hésite à annoncer à ma famille la date de mon baptême/mariage parce que je sais que je ne pourrai ni la loger, ni lui offrir les nuitées d'hôtel. Cette hésitation est aussi alimentée par mon goût immodéré (?) pour la simplicité. Peut-être est-ce aussi une tendance liée à la paresse (après tout, je n'ai pas du tout envie de " m'ennuyer" à tout organiser-les choses sont déjà assez compliquées pour moi en terme matériels)?
Marie.





