Si vous assistez à la messe selon le rite romain, c'est le diurnal romain qu'il convient d'utiliser. Si vous assistez à la messe selon le rite bénédictin, c'est le diurnal monastique qu'il convient d'utiliser. Il s'ajoute à cet aspect de cohérence liturgique le fait que le calendrier romain n'est pas identique au calendrier bénédictin et que les différences au sanctoral sont assez nombreuses (s'agissant des dimanches et fêtes d'obligation, il n'y a pas d'écart).
Ce point est intéressant mais, àmha, pas décisif.
J'ai moi-même, fidèle du rite romain Jean XXIII, pratiqué un peu l'office bénédictin (diurnal du Barroux), et non l'office romain, bien que je possédasse un diurnal romain dans sa version anté-conciliaire (anté-Vatican II).
Pourquoi ? Parce que l'office romain a été pas mal bouleversé par saint Pie X, et que les meilleurs commentateurs s'accordent à dire que cette réforme ne fut clairement pas ce qu'il a fait de mieux, tandis que l'office bénédictin a été moins concerné par ces changements.
Je préfère donc le diurnal bénédictin au diurnal romain.
A contrario, la messe selon le rite bénédictin souffre de certains accommodements et dérogations par rapport au missel Jean XXIII, accommodements que je n'apprécie pas. Je suis donc resté fidèle, autant par choix que par nécessité (je n'ai pas de monastère bénédictin à côté de chez moi), à la messe en rite romain.
Il faut quand même garder en tête que l'ordre bénédictin insiste extrêmement sur l'office, mais pas la messe. Il suffit de lire la règle de saint Benoît. Les détails de l'office sont réglés et précisés avec une extrême minutie, mais il n'y a à peu près rien sur la messe.
A contrario, j'ai l'impression que le rite romain s'épanouit davantage dans la messe que dans l'office.
Prendre l'office bénédictin et la messe romaine traditionnelle permet, au prix, certes, d'une discordance de calendrier à quelques occasions, d'avoir le meilleur de chacun des côtés. Et pour le coup je ne vois pas en quoi la subjectivité serait à bannir par principe : un laïc n'est pas tenu de réciter l'office, donc s'il préfère suivre un office qui ne colle pas avec le rite de la messe à laquelle il va, il n'y a nulle faute et c'est méritoire de réciter l'office, quand bien même il ne s'agirait pas du rite en accord avec la messe.