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Bible et Tradition

Publié : jeu. 27 sept. 2007, 18:07
par François-Xavier
Hélène a écrit :Et qu'est-ce que le Magistère et la Tradition sont sinon la Parole du Saint Esprit qui nous fera ressouvenir de tout ce que le Christ nous a enseigné ? Et qui est le Saint Esprit sinon l'Esprit du Père et du Fils ?
Oui exactement, tout à fait entièrement d'accord. Ca me paraît une excellente formulation.

Baptême des adultes ou des enfants ?

Publié : jeu. 27 sept. 2007, 21:10
par Popeye
Bonsoir. :)

Vous avez sérieusement intérêt [sinon je vous dénonce au Grand Inquisiteur :saint: ] à distinguer Tradition constitutive et Tradition continuative

Re: Nouveau membre : David25

Publié : jeu. 27 sept. 2007, 23:49
par François-Xavier
popeye a écrit : Vous avez sérieusement intérêt [sinon je vous dénonce au Grand Inquisiteur :saint: ] à distinguer Tradition constitutive et Tradition continuative
Ah, excellent, Popeye : développez donc, s'il vous plaît !

Re: Nouveau membre : David25

Publié : ven. 28 sept. 2007, 7:49
par Boris
sapin a écrit :Et de plus, Dei Verbum spécifie bien que Tradition et Écriture Sainte doivent être honorées de la même manière parce qu'elles découlent toutes les deux de la même source divine. Donc nous ne pouvons pas accepter l'un et nier l'autre. Les deux doivent recevoir même respect. Et Dei Verbum ne fait que reprendre un décret du Concile de Trente sur les Écritures canoniques (Denz. 783:1501)

Rapports mutuels de la Tradition sacrée et de l'Ecriture Sainte

9. La Tradition sacrée et la Sainte Ecriture possèdent donc d'étroites liaisons et communications entre elles. Toutes deux, en effet, découlant de la même source divine, se réunissent, peut-on dire, en un seul courant, et tendent à la même fin. Car la Sainte Ecriture, c'est la parole de Dieu en tant qu'elle est consignée par écrit sous l'inspiration de l'Esprit divin; quant à la Tradition Sacrée, elle transmet dans son intégrité aux successeurs des Apôtres la parole de Dieu confiée aux Apôtres par le Christ Seigneur et le Saint-Esprit, pour que, sous la lumière resplendissante de l'Esprit de vérité, ces successeurs la gardent fidèlement, l'expliquent et la répandent par la proclamation qu'ils en font; il en résulte que ce n'est pas par la Sainte Ecriture toute seule que l'Eglise puise la certitude qu'elle a sur tout ce qui est révélé. C'est pourquoi l'Ecriture et la Tradition doivent être reçues et vénérées l'une et l'autre avec un égal sentiment de piété, avec un égal respect
Il me semble qu'effectivement la volonté de "Dei Verbum" est de développer ce point. Vous citez un article du Concile de Trente et les pères du 2nd Concile de Vatican l'ont "transformé" en Constitution Dogmatique. Afin de bien renfoncer le clou peut-être et de condamner fermement le "Sola Scriptura" ainsi que le "Sola Traditio" et pour montrer la complémentarité des 2.

Je voudrais tout de même préciser mon point de vue : je parle beaucoup de la Saint Tradition (selon l'expression de Dei Verbum) car beaucoup d'autres parlent déjà largement de la Sainte Ecriture. Mais je cherche à suivre l'enseignement de "Dei Verbum" et donc je ne minimise pas la Sainte Ecriture.

Re: Nouveau membre : David25

Publié : ven. 28 sept. 2007, 16:17
par Charles
David25 a écrit :Le problème avec votre raisonnement est qu'en cas de contradiction, la tradition est préférée à l'original.
L'original des Evangiles est oral. Ce sont des textes conçus à l'oral, conçus pour être appris par coeur selon les procédés mnémotechniques des traditions orales. L'écrit leur est postérieur, les textes écrits ne furent que des copies de textes oraux, des enregistrements d'une parole vivante. La tradition orale est l'original des Evangiles. Le Christianisme se relie à plus l'oralité judaïque qu'à l'écrit et il se définit même en rupture avec l'écrit - avec la loi écrite, ministère de mort. "La lettre tue"...

Dieu ne nous demande pas "Lis !" mais "Ecoute !" comme "Ecoute Israël" (Dt 6, 4)...

"Écoute la voix du Seigneur ton Dieu" (Dt 30, 10)

"Le Seigneur vint se placer près de lui et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. » "(1 S 3, 10)

"Jésus appela la foule et lui dit : « Écoutez et comprenez bien ! » "(Mt 15, 10)

Et l'on pourrait accumuler les citations... Parce que le christianisme se fonde sur une rencontre personnelle, il vit par la parole plus que par l'écrit. L'Eglise est une chaîne de rencontres personnelles, où le Christ est découvert par un homme dans un autre homme qui le lui apporte, et cela depuis la rencontre du Christ et des apôtres.

"Sommes-nous encore en train de nous recommander nous-mêmes ? Ou bien avons-nous besoin pour cela, comme certaines personnes, d'un document écrit qu'il faudrait vous présenter ou vous demander ?

C'est vous-mêmes qui êtes ce document écrit dans nos coeurs, et que tous les hommes peuvent lire et connaître. De toute évidence, vous êtes ce document venant du Christ, confié à notre ministère, écrit non pas avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant, non pas, comme la Loi, sur des tables de pierre, mais dans des coeurs de chair.
" (2 Co 3, 1-3)

L'Evangile n'est pas un document écrit avec de l'encre sur du papier, s'il l'est c'est secondairement. Premièrement, c'est un document qui est constitué des personnes elles-mêmes composant l'Eglise. L'écrit lui-même du Nouveau Testament nous dit que c'est d'abord hors de l'écrit que réside le message du Christ, dans le document vivant de l'Eglise. Le Nouveau Testament ne nous dit pas "sola scriptura" mais le contraire "écrit avec l'Esprit du Dieu vivant dans des coeurs de chair", il nous dit la tradition d'abord, d'homme à homme, de coeur à coeur.

"Philippe s'approcha en courant, et il entendit que l'homme lisait le prophète lsaïe ; alors il lui demanda : « Comprends-tu vraiment ce que tu lis ? » L'autre lui répondit : « Comment pourrais-je comprendre s'il n'y a personne pour me guider ? » Il invita donc Philippe à monter et à s'asseoir à côté de lui. Le passage de l'Écriture qu'il lisait était celui-ci :

Comme une brebis, on l'a conduit à l'abattoir,
comme un agneau muet devant le tondeur,
il n'ouvre pas la bouche.
A cause de son humiliation,
sa condamnation a été levée.
Sa destinée, qui la racontera ?
Car sa vie a été retranchée de la terre.

L'eunuque dit à Philippe : « Dis-moi, je te prie : de qui parle-t-il ? De lui-même, ou bien d'un autre ? » Alors Philippe prit la parole, et, à partir de ce passage de l'Écriture, il lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus." (Ac 8, 30-35)

C'est cela la tradition, c'est-à-dire l'Eglise, le message lui-même du Christ, que le texte ne suffit pas à contenir, qui le déborde largement et n'admet que la relation humaine elle-même comme réceptacle adéquat (l'Eglise, la liturgie, les relations humaines marquées du sceau de la croix et de l'Esprit Saint)...

"La Parole me réveille chaque matin,
chaque matin elle me réveille
pour que j'écoute comme celui qui se laisse instruire." (Is 50, 4)

Derrière "le sola scriptura", la lecture solitaire et l'interprétation individuelle, il y a le refus de se laisser instruire, l'incompréhension de celui qui refuse d'être guidé, rien d'autre au fond que la rupture de l'unité de l'Eglise. L'eunuque et Philippe constituent l'Eglise, le lieu d'une parole vivante échangée entre les hommes, c'est de vive voix que Philippe annonce l'Evangile à l'eunuque, et c'est cela la tradition, c'est-à-dire l'Eglise elle-même. Le "sola scriptura", c'est la solitude et l'erreur de ceux qui ont quitté l'Eglise, ils n'ont rien d'autre que l'écrit et ne peuvent pas justifier de leur foi chrétienne parce que cet écrit lui-même renvoie à la parole qu'il ont refusé, à la relation humaine et ecclésiale qu'ils ont rompue.