Divorce et remariage
Publié : lun. 09 mars 2026, 12:08
Bonjour à tous,
étant divorcé-remarié, je me pose beaucoup de question par rapport à cette situation et à la position de l’Église catholique sur le sujet.
Aujourd’hui privé des sacrements, j’accepte la situation puisque j’ai choisi de me remarier en connaissance de cause; et j’ai choisi de vivre aujourd’hui dans l’obéissance malgré la désobéissance première qui m’a placé dans cette situation.
Je voudrais néanmoins faire part de mes incompréhension afin d’obtenir des éclaircissements sur certains points qui me semblent paradoxaux :
Exceptions au divorce
1) l’argument bien connu de l’Évangile selon Saint Matthieu, où Jésus énonce par deux fois une exception à l’interdiction de répudier sa conjointe (Mt 5, 32; Mt 19, 9). Les traductions divergent concernant l’exception : “fornication”, “union illégitime”, “infidélité”. Le mot grec utilisé est “porneia”. L’Église catholique nous dis que ce terme concerne des cas spécifiques, rares et extrêmes où “il n’y a pas de véritable union, notamment le cas d’inceste et d’autres cas d’union irrégulière” (http://www.belgicatho.be/archive/2015/1 ... 94811.html). et qui sont généralement reçus comme des raisons acceptables pour une réponse positive à une reconnaissance de nullité de mariage (le mariage n’est donc pas supprimé ou annulé mais n’a simplement jamais existé). Or le sens du mot porneia est au contraire très vague et englobe à peu près toute inconduite sexuelle ou impudicité et il est utilisé dans ce sens à de nombreuses reprises dans le nouveau testament (https://www.lueur.org/bible/strong/porneia-g4202).
2) autre passage connu en 1 Co 7, 14-15 : “En effet le mari non croyant se trouve sanctifié par sa femme, et la femme non croyante se trouve sanctifiée par son mari croyant. Autrement, vos enfants ne seraient pas purifiés, et en fait ils sont sanctifiés. Mais si le non croyant se sépare, qu’il le fasse : en de telles circonstances, notre frère ou notre sœur n’est pas réellement lié ; c’est pour vivre dans la paix que Dieu vous a appelés.”
Un prêtre me disait que le “non-croyant” signifiait en fait “non-baptisé” et que de fait le mariage était illégitime dans ce cas (et de nouveau, n’a jamais vraiment existé). Mais je pense que si Saint Paul avait voulu parler de personnes non baptisées, il l’aurait exprimé clairement en le disant tel quel. Au contraire, ici le terme qu’il utilise est “apistos” (https://www.lueur.org/bible/strong/apistos-g571) qui signifie “infidèle”, “sans foi”, “incrédule”.
Indissolubilité du mariage
1) concernant l’indissolubilité du mariage, l’Église se base sur les paroles du Christ qui nous dit : “Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas !“ Or, ces paroles du Christ - si elles nous montrent clairement ce qu’il nous ordonne - ne montrent-elles pas aussi que le mariage n’est pas indissoluble puisqu’il nous demande de ne pas séparer ce que Dieu a uni. Le Christ lui-même ne souligne-t-il pas la possibilité de la séparation, tout en la déplorant et en nous ordonnant de ne pas le le faire ? Autrement dit, sans nier aucunement que ce soit une mauvaise chose, ne faut-il pas voir ici qu'il est effectivement possible (et non-souhaitable) de séparer ce que Dieu a uni ?
2) enfin, je note ces paroles de Jésus à la samaritaine : “Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai.” (Jn 4, 17-18). Ce que les paroles de Jésus m’indiquent sur le sujet qui m’occupe, c’est que la samaritaine a été mariée (5 maris), qu’elle vit actuellement avec un homme qui n’est pas son mari, et qu’elle n’est actuellement pas mariée (“Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari”). Or, à moins que ses 5 maris précédents soient tous morts (hautement improbable), on peut légitimement supposer que cette femme était une répudiée. Pourtant, Jésus confirme qu’elle n’est pas mariée et n’a pas de mari.
Refus des sacrements
Je terminerais en disant que même en acceptant que le remariage après divorce soit un péché mortel (ce dont je doute pour les raisons évoquées), je n’arrive pas à concilier la décision de l’Église de refuser les sacrements, avec les propos du Christ qui nous dit explicitement : “Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. “ (Mc 2, 17). Comment comprendre que l’Église - pour la raison que nous serions “trop pécheurs” - nous refuse un Christ qui dit lui-même être venu en premier pour les pécheurs ?
étant divorcé-remarié, je me pose beaucoup de question par rapport à cette situation et à la position de l’Église catholique sur le sujet.
Aujourd’hui privé des sacrements, j’accepte la situation puisque j’ai choisi de me remarier en connaissance de cause; et j’ai choisi de vivre aujourd’hui dans l’obéissance malgré la désobéissance première qui m’a placé dans cette situation.
Je voudrais néanmoins faire part de mes incompréhension afin d’obtenir des éclaircissements sur certains points qui me semblent paradoxaux :
Exceptions au divorce
1) l’argument bien connu de l’Évangile selon Saint Matthieu, où Jésus énonce par deux fois une exception à l’interdiction de répudier sa conjointe (Mt 5, 32; Mt 19, 9). Les traductions divergent concernant l’exception : “fornication”, “union illégitime”, “infidélité”. Le mot grec utilisé est “porneia”. L’Église catholique nous dis que ce terme concerne des cas spécifiques, rares et extrêmes où “il n’y a pas de véritable union, notamment le cas d’inceste et d’autres cas d’union irrégulière” (http://www.belgicatho.be/archive/2015/1 ... 94811.html). et qui sont généralement reçus comme des raisons acceptables pour une réponse positive à une reconnaissance de nullité de mariage (le mariage n’est donc pas supprimé ou annulé mais n’a simplement jamais existé). Or le sens du mot porneia est au contraire très vague et englobe à peu près toute inconduite sexuelle ou impudicité et il est utilisé dans ce sens à de nombreuses reprises dans le nouveau testament (https://www.lueur.org/bible/strong/porneia-g4202).
2) autre passage connu en 1 Co 7, 14-15 : “En effet le mari non croyant se trouve sanctifié par sa femme, et la femme non croyante se trouve sanctifiée par son mari croyant. Autrement, vos enfants ne seraient pas purifiés, et en fait ils sont sanctifiés. Mais si le non croyant se sépare, qu’il le fasse : en de telles circonstances, notre frère ou notre sœur n’est pas réellement lié ; c’est pour vivre dans la paix que Dieu vous a appelés.”
Un prêtre me disait que le “non-croyant” signifiait en fait “non-baptisé” et que de fait le mariage était illégitime dans ce cas (et de nouveau, n’a jamais vraiment existé). Mais je pense que si Saint Paul avait voulu parler de personnes non baptisées, il l’aurait exprimé clairement en le disant tel quel. Au contraire, ici le terme qu’il utilise est “apistos” (https://www.lueur.org/bible/strong/apistos-g571) qui signifie “infidèle”, “sans foi”, “incrédule”.
Indissolubilité du mariage
1) concernant l’indissolubilité du mariage, l’Église se base sur les paroles du Christ qui nous dit : “Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas !“ Or, ces paroles du Christ - si elles nous montrent clairement ce qu’il nous ordonne - ne montrent-elles pas aussi que le mariage n’est pas indissoluble puisqu’il nous demande de ne pas séparer ce que Dieu a uni. Le Christ lui-même ne souligne-t-il pas la possibilité de la séparation, tout en la déplorant et en nous ordonnant de ne pas le le faire ? Autrement dit, sans nier aucunement que ce soit une mauvaise chose, ne faut-il pas voir ici qu'il est effectivement possible (et non-souhaitable) de séparer ce que Dieu a uni ?
2) enfin, je note ces paroles de Jésus à la samaritaine : “Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai.” (Jn 4, 17-18). Ce que les paroles de Jésus m’indiquent sur le sujet qui m’occupe, c’est que la samaritaine a été mariée (5 maris), qu’elle vit actuellement avec un homme qui n’est pas son mari, et qu’elle n’est actuellement pas mariée (“Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari”). Or, à moins que ses 5 maris précédents soient tous morts (hautement improbable), on peut légitimement supposer que cette femme était une répudiée. Pourtant, Jésus confirme qu’elle n’est pas mariée et n’a pas de mari.
Refus des sacrements
Je terminerais en disant que même en acceptant que le remariage après divorce soit un péché mortel (ce dont je doute pour les raisons évoquées), je n’arrive pas à concilier la décision de l’Église de refuser les sacrements, avec les propos du Christ qui nous dit explicitement : “Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. “ (Mc 2, 17). Comment comprendre que l’Église - pour la raison que nous serions “trop pécheurs” - nous refuse un Christ qui dit lui-même être venu en premier pour les pécheurs ?