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Evangéliser les campagnes

Publié : mer. 09 avr. 2008, 6:33
par jean_droit
Et on en a bien besoin ....

Il me semble qu'il y a quelques campagnes qui sont un quasi désert religieux.

Quand un prêtre est à la tête de 10, 15, 20 paroisses cela veut dire qu'il n'y a pas de prêtre ... ni de religion.

Quand le nombre des participants à la messe dominicale représente 2 % ou moins de la population cela veut dire que l'Eglise devient un groupuscule ou, selon un mot à la mode, une secte.

Il faut d'abord rappeler que la christianisation des campagnes a toujours posé problème.

Déjà du temps de Saint Augustin les campagnes de son diocèse étaient ou peu christianisées ou aux mains de schismatiques.

Au 16ème siècle les ( certaines, bien sûr ) campagnes étaient fortement déchristianisées et il a fallu envoyer des prêtres en "mission".

En 1960 un aumonier, à Limoges, m'a décrit l'état de déchristianisation des campagnes limousines et la perte des valeurs morales chrétiennes.

Je connais très peu les campagnes dans leur ensemble, étant parisien.

Ce que je connais, principalement la Dordogne, n'est guère réjouissant.

Devant ce phénomène on peut ou baisser les bras ou essayer de lutter.

Baisser les bras c'est admettre les faits et se préparer à remplacer les messes par des assemblées dominicales ...

Monseigneur de Poitiers et, maintenant, monseigneur de Nancy sont les promoteurs de cette évolution.

C'est reconnaitre l'échec de leur Eglise.

Grave .... Grave ....

Re: Evangéliser les campagnes

Publié : mer. 09 avr. 2008, 23:36
par Pyo
Bon, et après? On s'agite ou on reste sur des constats pessimistes? :!:

La situation des campagnes, je la connais un peu (je suis originaire du Tarn-et-Garonne et par ma famille, de l'Aveyron), et si effectivement les prêtres manquent et sont tous âgés de plus de 60 ans, il n'y a pas une si grande perte des valeurs chrétiennes ... enfin les régions du Massif-Central ont toujours été profondément chrétiennes, mais si je regarde par exemple, dans le village d'où est ma famille (300 habitants), lorsqu'il y a une fois par mois une messe dominicale, 40% à peu près du village y est présent (d'autant que la population des campagnes françaises est âgée, et de ce fait il lui est moins facile de se déplacer jusqu'à l'église).

Mais les campagnes françaises restent globalement bien plus religieuses que les zones urbaines (cf. une carte de France réalisée par La Vie il y a un an à peu près ...).

En fait le gros problème est plus l'absence de prêtres que la perte des valeurs chrétiennes (pour le moment).

Il faut aussi savoir qu'il y a dans ces campagnes des prêtres chargés de superviser leur doyenné et qui s'érigent en petits tyrans domestiques ... j'en veux pour preuve le village que je citais précédemment, qui depuis le décés de mon oncle (il y a quelques années) n'a plus de messe le dimanche. Un prêtre retraité qui se trouvait à la maison de retraite et y disait une messe a proposé de la dire également à l'église du village. Le prêtre "superviseur" a refusé au motif que "les gens devaient s'habituer à ne plus avoir de prêtre dans leur village". Résultat, une messe tous les mois le samedi soir, et le prêtre qui s'était proposé est décédé il y a quelques jours ...

Re: Evangéliser les campagnes

Publié : jeu. 10 avr. 2008, 8:42
par jean_droit
On s'agite bien sûr !

Constat pessimiste ? Non, réaliste !

Dans ma campagne de Dordogne on en est effectivement à ces 2 %.

Tout le problème est d'essayer de quintupler, je dis bien quintupler, ce chiffre.

Donc, on s'agite !

Re: Evangéliser les campagnes

Publié : jeu. 10 avr. 2008, 22:39
par jean_droit
Ce que j'ai rencontré dans les quelques paroisses que j'ai fréquentées c'est plus le découragement qu'autre chose.

De la bonne volonté mais si peu de moyens.

Il nous faut essayer de faire pousser l'Espérance dans le désert chrétien de nombre de nos campagnes.

Essayons au moins ....

Re: Evangéliser les campagnes

Publié : mar. 20 mai 2008, 2:27
par Arzur
Évangéliser les campagnes …

Un vaste programme … Je ne suis guère optimiste. Les campagnes vont devenir un véritable désert spirituel dans les années à venir. Cela est un fait.

Les campagnes, sont pour la plus part, dans les mains de prêtres qui ont crée leur religion après Vatican II.

Les messes selon la forme ordinaire (Paul VI) ne sont jamais respectées et les messes selon la forme extraordinaire sont bannies.

Mais bon, ce problème est général…



L'Église va logiquement donner la priorité aux ville et leurs périphéries. Cela est logique, car la jeunesse est dans les villes et leurs périphéries.

Les diocèses qui n’ont que peu de jeunes prêtres doivent les placer prioritairement dans les villes. Comment être aumônier scout dans une campagne où les jeunes en règle générale sont peu nombreux et les jeunes catholiques insignifiants ?


Une des solutions pour les campagnes est de crée des communautés de prêtres fidèles à Rome. Style 4 prêtres qui vivent ensemble en communauté pour 3 paroisses. Une paroisse de petite ville avec un curé et un vicaire et deux paroisses limitrophes importantes (30-50 clochers voir plus).

Les prêtres doivent favoriser un lieu de culte fixe pour la grand’messe du dimanche matin et multiplier les lieux de cultes pour les autres messes dominicales (messe anticipée du samedi, messe de 9h).

Les grandes activités peuvent mutualisées dans la petite ville, style créer des scouts (Europe ou SUF), équipe Notre –Dame, etc. Il est important d’avoir un vicaire, car cela donne de l’air aux prêtres. Comme cela les curés peuvent partir en week-end avec les groupes d’où ils sont aumôniers. Le vicaire doit être très présent avec les groupes de jeunes, être souvent avec les scouts (des 3 paroisses).

La situation que je décris peut paraître idéal, mais je parle d’ensembles ecclésiaux importants, qui peuvent comprendre 80 clochers, voir plus, pour seulement 4 prêtres.

Si les prêtres ont chacun 10-15 clochers à gérer en vivant seul dans leur presbytère il ne peuvent pas s’en sortir.

Ils doivent être agir en commun, une même pastorale pour tout le secteur. Les prêtres de la communauté ne doivent pas agir seul, mais bien en relation avec les autres prêtres et les laïcs.

En effet pour gérer de tels territoires, il faut que les prêtres soient assistés de laïcs. Il me parait indispensable d’avoir au moins un laïc embauché à temps plein pour gérer les demandes de sacrement sur l’ensemble des paroisses. Avec l’aide des nouvelles technologies, cela semble réaliste.
L’organisation ecclésiale doit pouvoir bénéficier des nouvelles technologies, notamment de communications (style agenda électronique). De plus tous les prêtres vont diront qu’ils passent beaucoup de temps dans les formalités administratives.

Certaines taches ne pourraient elles pas être délégué à des laïcs. Quand je vais dans un cabinet médical avec plusieurs médecins, les médecins ne gèrent pas directement les rendez-vous, (tout en gardant le contrôle de leur emploi du temps), ils s’occupent de soigner les patients. Ils ne passent pas une parties trop importante de leur journée à remplir des formulaires, les assisant(e)s sont la pour cela.

Comme cela les prêtres, comme les médecins, peuvent dégager plus de temps pour administrer les sacrements et évangéliser le peuple qui leur ait confié. (Encore faut il que les prêtres sachent réellement ce qu’est un sacrement et ce qu’est réellement l’évangélisation. C’est pour cela que je parlais de prêtres fidèles à Rome. D’où l’importance de la formation dans les séminaires et de la formation continue pour les prêtres qui peuvent être sauvé)

80 clochers et plus (donc 80 anciennes paroisses) peuvent bien supporter financièrement le traitement de 4 prêtres et un ou deux laïcs.
Il faut mutualiser les moyens pour agir de manière efficace, ne pas s’éparpiller dans des taches intitules et agir suivant les priorités vitales.

L'Église joue sa survie, Elle ne doit perdre son temps dans des taches non vitales. Il faut concentrer les efforts sur les sacrements (qui sont autant de portes d’entrée dans l'Église), sur l’accompagnement de groupes de fidèles pour leur permettre de vivre leur charisme (Scout, équipe Notre Dame, étudiants (difficile en campagne !), communautés nouvelles, etc.) (d’où l’importance d’avoir un vicaire) et l’évangélisation (convertir des personnes éloignées de l'Église à la Vraie Foi).



La question de Jean Droit porte plus particulièrement sur le troisième point, mais je pense que sans de bases solides le troisième point est une illusion. Or actuellement la majorité de nos compagnes n’ont pas réellement de bases solides au niveau spirituel.



In Christo Rege
Arzur

Re: Evangéliser les campagnes

Publié : mar. 20 mai 2008, 7:29
par jean_droit
Bonjour Arzur,
Bonjour à tous !
Que Dieu nous bénisse !

Merci pour cette contribution. Elle m'est très utile.
En effet, à la fin de l'année, je vais prendre ma retraite en Dordogne et je vais essayer de consacrer le plus clair de mon temps à l'Eglise.

Dès maintenant j'essaye de voir en quoi je peux aider.

Dès cet été, ma femme et moi, allons prendre contact avec le curé du bourg qui est près de chez nous.

C'est un nouveau curé que je ne connais pas.

Espérons qu'il soit à la fois dynamique et rempli de spiritualité.

De toute façon, quel qu'il soit, il faudra nous mettre à sa disposition. Je pense que nous pouvons l'aider matériellement et spirtuellement.

Je vais essayer dans ce fil de faire la liste de toutes nos idées afin que ceux qui veulent bien nous aider puissent le faire.