Après moults recherches, j'ai enfin pu trouver une traduction française de cette anaphore qui a fait couler beaucoup d'encre en raison de sa validation par le Saint Siège malgré l'absence de récit de l'Institution.
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- La grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ, et l'amour de Dieu le Père, et la communion de l'Esprit Saint soit avec nous tous,
maintenant et en tout temps, et dans les siècles des siècles !
> Amen
En haut soient vos esprits !
> Ils sont à toi, Dieu d'Abraham et d'Isaac et d'Israël, Roi louable.
L'oblation à Dieu, Seigneur de tous, est offerte !
> Il est juste et digne.
Il est digne de louange par toutes nos bouches,
et de confession par toutes nos langues
le Nom adorable et louable du Père et du Fils et de l'Esprit Saint,
qui a créé le monde par sa grâce,
et ses habitants dans sa piété,
et a sauvé les hommes dans sa clémence,
et a fait une grande grâce aux mortels.
Ta grandeur, Seigneur, adorent mille milliers d'êtres supérieurs et dix mille myriades d'Anges,
les armées d'êtres spirituels, ministres de feu et d'esprit,
avec les Chérubins et les Séraphins saints louent ton Nom
clamant et louant sans cesse et criant l'un à l'autre en disant :
Saint, Saint, Saint est le Seigneur Dieu puissant;
pleins sont le ciel et la terre de ses louanges.
Hosanna dans les hauteurs et hosanna au Fils de David !
Béni soit celui qui vient au Nom du Seigneur.
Hosanna dans les hauteurs !
Et avec ces puissances célestes nous te confessons, Seigneur,
nous aussi, tes serviteurs faibles et infirmes et misérables,
parce que tu nous as fait une grande grâce qui ne peut être payée de retour :
car tu as revêtu notre humanité
pour nous vivifier par ta divinité,
et tu as élevé notre oppression,
et tu as relevé notre chute,
et tu as ressuscité notre mortalité,
et tu as pardonné nos dettes,
et tu as justifié notre condition-de-péché,
et tu as éclairé notre esprit,
et tu as triomphé, ô notre Seigneur et notre Dieu, de nos adversaires,
et tu as fait resplendir la faiblesse de notre nature infirme
par les miséricordes abondantes de ta grâce.
Et pour tous tes secours et tes grâces envers nous,
nous te rendons louange et honneur et confession et adoration,
maintenant et en tout temps, et dans les siècles des siècles.
Toi, Seigneur, dans tes nombreuses miséricordes dont nous n'arrivons pas à parler,
fais mémoire bonne de tous les pères droits et justes qui ont été agréables devant toi
dans la commémoration du corps et du sang de ton Christ,
que nous t'offrons sur l'autel pur et saint comme tu nous l'as enseigné ;
et donne-nous ta tranquillité et ta paix, tous les jours du monde,
afin que tous les habitants de la terre sachent que tu as Dieu, le seul vrai Père,
et que tu as envoyé Notre Seigneur Jésus-Christ, ton Fils bien-aimé ;
et lui-même, notre Seigneur et notre Dieu, nous as enseigné dans son évangile vivifiant
toute la pureté et la sainteté des prophètes et des apôtres,
et des martyrs et des confesseurs,
et des évêques et des prêtres et des ministres,
et de tous les enfants de la sainte Eglise catholique,
qui ont été signés du signe vivant du saint baptême.
Et nous aussi, Seigneur,
tes serviteurs faibles et infirmes et misérables,
qui sommes rassemblés et nous nous tenons devant toi en ce moment,
nous avons reçu dans la tradition la figure qui vient de toi,
car nous nous réjouissons et louons, et exaltons et commémorons et célébrons,
et faisons ce mystère grand et redoutable
de la passion et mort et résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Que vienne, Seigneur, ton Esprit-Saint, et qu'il repose sur cette oblation de tes serviteurs, et qu'il l'a bénisse et la sanctifie,
afin qu'elle soit pour nous, Seigneur, pour l'expiation des dettes et pour la rémission des péchés,
et pour la grande espérance de la résurrection des morts,
et pour la vie nouvelle dans le royaume des cieux,
avec tous ceux qui ont été agréables devant toi.
Et pour toute ton économie admirable envers nous,
nous te confessons et louons sans cesse,
dans ton Eglise rachetée par le sang précieux de ton Christ,
les bouches ouvertes et les visages découverts,
te rendant louange et honneur et confession et adoration
à ton Nom vivant et saint et vivifiant,
maintenant et en tout temps, et dans les siècles des siècles.
> Amen.
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- 3. L'Anaphore de Addai et Mari
La question principale pour l'Eglise catholique en ce qui concerne l'acceptation de la demande, concernait le problème de la validité de l'Eucharistie célébrée avec l'anaphore de Addai et Mari, l'une des trois anaphores traditionnellement en usage dans l'Eglise assyrienne d'Orient. L'anaphore de Addai et Mari est singulière du fait que, depuis des temps immémoriaux, elle est utilisée sans récit de l'Institution. Sachant que l'Eglise catholique considère les paroles de l'Institution eucharistique comme partie intégrante et donc indispensable de l'anaphore ou prière eucharistique, elle a conduit une étude longue et approfondie à propos de l'anaphore de Addai et Mari d'un point de vue historique, liturgique et théologique, au terme de laquelle, le 17 janvier 2001, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi est parvenue à la conclusion que cette anaphore pouvait être considérée comme valide. Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II a approuvé cette décision.
La conclusion en question repose sur trois arguments principaux:
- En premier lieu, l'anaphore de Addai et Mari est l'une des plus anciennes anaphores, remontant aux prémisses de l'Eglise. Elle a été composée et utilisée avec l'intention claire de célébrer l'Eucharistie dans la pleine continuité de la Dernière Cène et selon l'intention de l'Eglise. Sa validité n'a jamais été mise en cause officiellement, ni en Orient, ni dans l'Occident chrétien.
- En second lieu, l'Eglise catholique reconnaît l'Eglise assyrienne d'Orient comme une authentique Eglise particulière fondée sur la foi orthodoxe et sur la succession apostolique. L'Eglise assyrienne d'Orient a également conservé la plénitude de la foi eucharistique en la présence de notre Seigneur sous les espèces du pain et du vin, ainsi que dans le caractère sacrificiel de l'Eucharistie. C'est pourquoi, dans l'Eglise assyrienne d'Orient, bien que celle-ci ne soit pas en pleine communion avec l'Eglise catholique, se trouvent "de vrais sacrements - principalement, en vertu de la succession apostolique: le sacerdoce et l'Eucharistie" (Unitatis redintegratio, n. 15).
- Enfin, les paroles de l'Institution de l'Eucharistie sont de fait présentes dans l'anaphore de Addai et Mari, non pas sous la forme d'une narration cohérente et ad litteram, mais de manière eucologique et disséminée, c'est-à-dire qu'elles sont intégrées aux prières d'action de grâce, de louange et d'intercession qui suivent.
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