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Ce qu'il faut craindre

Publié : ven. 17 oct. 2008, 11:01
par etienne lorant
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,1-7.
Comme la foule s'était rassemblée par dizaines de milliers, au point qu'on s'écrasait, Jésus se mit à dire, en s'adressant d'abord à ses disciples : « Méfiez-vous bien à cause du levain des pharisiens, c'est-à-dire de leur hypocrisie. Tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu. Aussi tout ce que vous aurez dit dans l'ombre sera entendu au grand jour, ce que vous aurez dit à l'oreille dans le fond de la maison sera proclamé sur les toits.

Je vous le dis, à vous mes amis : ne craignez pas ceux qui tuent le corps, et après cela ne peuvent rien faire de plus.
Je vais vous montrer qui vous devez craindre : craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir d'envoyer dans la géhenne. Oui, je vous le dis : c'est celui-là que vous devez craindre. Est-ce qu'on ne vend pas cinq moineaux pour deux sous ? et pas un seul n'est indifférent aux yeux de Dieu.Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés. Soyez sans crainte : vous valez plus que tous les moineaux du monde.

Je me suis permis de taper un retrait de paragraphe entre les deux membres du texte qui m'ont interpelé ce matin. Dans le premier, c'est cette simple mention, dont je ne me souvenais plus, de la popularité de Jésus: "La foule s'était rassemblée par dizaines de milliers, au point qu'on s'écrasait"... Une foule éparse et désordonnée de dizaines de milliers de personnes, a de quoi inquiéter n'importe quelle autorité. De tels rassemblements, lorsque les gens quittent leurs maisons sans prévoir quand ils vont revenir, je n'en ai pas connus, et les plus proches de notre époque auxquels je pense me rapportent aux révolutions - notamment lorsque les Iraniens ont chassé le Shah. De ce fait, il y a de quoi inquiéter Hérode, et les Romains, bien sûr. Même si cette foule n'est pas armée, elle est dangereuse en soi : il suffit d'une bousculade, comme nous en avons connu dans certains stades de football.

La situation de Jésus va rapidement devenir intenable, mais Jésus, devant le danger qui les menace, va s'adresser aux disciples (et à nous aujourd'hui) pour indiquer où est le vrai danger. D'abord, il faut veiller à être intègre et cohérent. Je crois que même si l'on traverse une période de doute et de peine, il faut dire simplement: "je traverse une période de doute et de peine." Chercher à cacher une défaillance, c'est comme éviter de se regarder dans sa glace - c'est infantile, cela n'avance à rien qu'à accumuler les difficultés. Ensuite, concernant les persécutions, il ne faut pas s'en soucier. Il y a un témoignage à porter, et cela seul doit compter.

En réalité, les deux éléments de cette argumentation tiennent ensemble. Le vrai danger, c'est l'hypocrisie, le mensonge et toutes leurs conséquences, car il y a danger pour l'âme. Mais quiconque se réclame de Jésus et cherche, et lutte, pour demeurer cohérent en lui-même et aux yeux de tous, n'a rien à redouter. Je voudrais ajouter simplement:
"A chaque jour suffit sa peine".