Adopter le dessein de Dieu
Publié : mer. 05 nov. 2008, 15:09
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14,25-33.
De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit :
« Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et soeurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple.
Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple.
Quel est celui d'entre vous qui veut bâtir une tour, et qui ne commence pas par s'asseoir pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi aller jusqu'au bout ? Car, s'il pose les fondations et ne peut pas achever, tous ceux qui le verront se moqueront de lui : 'Voilà un homme qui commence à bâtir et qui ne peut pas achever !' Et quel est le roi qui part en guerre contre un autre roi, et qui ne commence pas par s'asseoir pour voir s'il peut, avec dix mille hommes, affronter l'autre qui vient l'attaquer avec vingt mille ? S'il ne le peut pas, il envoie, pendant que l'autre est encore loin, une délégation pour demander la paix. De même, celui d'entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple.
N'est-il pas extraordinaire d'attirer des foules avec un discours aussi rude ? Comment Jésus peut-il demander cela à un père de famille, à une mère envers ses enfants, à un époux envers sa femme ?
Toutefois, il ne s'agit pas d'abandonner ses enfants et de quitter son conjoint, mais de donner la première place à qui de droit, c'est-à-dire à Dieu. Et que ressort-il du fait de choisir "Dieu premier servi !" dans sa propre famille ? Je réponds: rien que du positif. L'homme et la femme qui sacrifient leurs ambitions individuelles pour éduquer leurs enfants selon les principes chrétiens recevront au contraire beaucoup de grâces et, réciproquement, les enfants qui honoreront leurs parents parvenus dans le grand âge font l'objet de grandes promesses de la part de Dieu.
Donc, il n’y a rien de changé ? Tout au contraire ! Les parents qui choisissent de vivre, non seulement leur vie de couple, mais aussi leur vie de parents en suivant les principes chrétiens, doivent se préparer (comme cet homme qui veut ériger une tour) et bien estimer ce qu'ils veulent y mettre ! Car aussi longtemps qu'on n'a pas tout donné, on a rien donné: il suffira d'avoir voulu se préserver une toute petite chose, une petite chose rien que pour soi, c'est cette petite part, aussi ridicule qu'une passion pour les petits trains électriques (par exemple), qui menacera tôt ou tard de renverser tout l'édifice. L'exigence est donc radicale. Il faudra en outre, tant bien que mal, supporter les regards et les critiques ironiques des autres parents. Dans les pays occidentaux, tant de lois ont été promulguées qui privilégient l'individu au détriment de la famille ! Dans certains cas, pour les parents, c'est devenu une vraie résistance contre le système pour demeurer fidèle projet chrétien. (*)
Le renoncement demandé aux prêtres, ainsi qu'aux religieux, se retrouve donc à tous les niveaux de la vie sociale. Le jeune célibataire laïque n'en est pas du tout exempt, lui qui subit presque constamment l'immense pression des media en faveur de toutes les consommations et les distractions possibles. Il faut bien tout l'idéalisme et la force de la jeunesse pour demeurer pur dans un univers culturel aussi corrupteur que le nôtre.
Quant à l’homme qui est parti en guerre contre son ennemi, deux fois plus fort que lui, qui renonce en cours de route et demande la paix, je le devine assez bien comme le pécheur qui se convertit peu à peu et obtient sa grâce. S’il diffère de l’homme qui a projeté de construire une haute tour, c’est seulement que lui-même a déjà perdu ce rêve et toutes ses illusions. Il a reconnu sa présomption et demander la paix. Dans mon esprit, cette tour représente bien tout ce que l’homme imagine pouvoir construire de par ses propres forces mais qui, dans le concret, tient autant de l’illusion que de l’orgueil.
Le fondement de cet enseignement, c’est qu’il est bon pour l’homme d’adopter le projet de Dieu dès qu’il le peut, car le monde passe, mais le Christ demeure. Accepter et recevoir le dessein de Dieu sur nous, c’est s’assurer le plus grand bonheur possible sur cette terre et posséder en espérance l’héritage de la vie éternelle.
(*) Dans ma prière, je porte continuellement mes amis Elio et Véronique qui en sont arrivés un jour à se séparer officiellement, afin de pouvoir continuer à élever leurs deux enfants de la même façon qu'ils avaient été eux-mêmes élevés. Mais autrefois, c'est-à-dire dans la génération de nos parents, la famille n'était pas pénalisée du point de vue financier pour le fait de vivre à plusieurs sous le même toit. Tandis qu'en 2008, un homme marié qui tombe au chômage est considéré d'office comme "cohabitant" et son indemnité de chômage s'en trouve diminuée d'autant... De fil en aiguille, mon ami Elio, qui n’a pas froid aux yeux, a pris un logement fictif et trouvé, d’abord au noir, puis avec un contrat, un travail très bien rémunéré mais aussi très dangereux. Il s’agit de découper au chalumeau des cuves enfouies dans le sol et de les enlever... les chauffagistes y répugnent car sait-on réellement ce que ces citernes ont contenu et ce que l’on va respirer en attaquant à la flamme le revêtement de la cuve ? Elio y va prudemment, il s’est déjà blessé deux fois, mais il continue car sa fille désire poursuivre des études universitaires.
De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit :
« Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et soeurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple.
Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple.
Quel est celui d'entre vous qui veut bâtir une tour, et qui ne commence pas par s'asseoir pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi aller jusqu'au bout ? Car, s'il pose les fondations et ne peut pas achever, tous ceux qui le verront se moqueront de lui : 'Voilà un homme qui commence à bâtir et qui ne peut pas achever !' Et quel est le roi qui part en guerre contre un autre roi, et qui ne commence pas par s'asseoir pour voir s'il peut, avec dix mille hommes, affronter l'autre qui vient l'attaquer avec vingt mille ? S'il ne le peut pas, il envoie, pendant que l'autre est encore loin, une délégation pour demander la paix. De même, celui d'entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple.
N'est-il pas extraordinaire d'attirer des foules avec un discours aussi rude ? Comment Jésus peut-il demander cela à un père de famille, à une mère envers ses enfants, à un époux envers sa femme ?
Toutefois, il ne s'agit pas d'abandonner ses enfants et de quitter son conjoint, mais de donner la première place à qui de droit, c'est-à-dire à Dieu. Et que ressort-il du fait de choisir "Dieu premier servi !" dans sa propre famille ? Je réponds: rien que du positif. L'homme et la femme qui sacrifient leurs ambitions individuelles pour éduquer leurs enfants selon les principes chrétiens recevront au contraire beaucoup de grâces et, réciproquement, les enfants qui honoreront leurs parents parvenus dans le grand âge font l'objet de grandes promesses de la part de Dieu.
Donc, il n’y a rien de changé ? Tout au contraire ! Les parents qui choisissent de vivre, non seulement leur vie de couple, mais aussi leur vie de parents en suivant les principes chrétiens, doivent se préparer (comme cet homme qui veut ériger une tour) et bien estimer ce qu'ils veulent y mettre ! Car aussi longtemps qu'on n'a pas tout donné, on a rien donné: il suffira d'avoir voulu se préserver une toute petite chose, une petite chose rien que pour soi, c'est cette petite part, aussi ridicule qu'une passion pour les petits trains électriques (par exemple), qui menacera tôt ou tard de renverser tout l'édifice. L'exigence est donc radicale. Il faudra en outre, tant bien que mal, supporter les regards et les critiques ironiques des autres parents. Dans les pays occidentaux, tant de lois ont été promulguées qui privilégient l'individu au détriment de la famille ! Dans certains cas, pour les parents, c'est devenu une vraie résistance contre le système pour demeurer fidèle projet chrétien. (*)
Le renoncement demandé aux prêtres, ainsi qu'aux religieux, se retrouve donc à tous les niveaux de la vie sociale. Le jeune célibataire laïque n'en est pas du tout exempt, lui qui subit presque constamment l'immense pression des media en faveur de toutes les consommations et les distractions possibles. Il faut bien tout l'idéalisme et la force de la jeunesse pour demeurer pur dans un univers culturel aussi corrupteur que le nôtre.
Quant à l’homme qui est parti en guerre contre son ennemi, deux fois plus fort que lui, qui renonce en cours de route et demande la paix, je le devine assez bien comme le pécheur qui se convertit peu à peu et obtient sa grâce. S’il diffère de l’homme qui a projeté de construire une haute tour, c’est seulement que lui-même a déjà perdu ce rêve et toutes ses illusions. Il a reconnu sa présomption et demander la paix. Dans mon esprit, cette tour représente bien tout ce que l’homme imagine pouvoir construire de par ses propres forces mais qui, dans le concret, tient autant de l’illusion que de l’orgueil.
Le fondement de cet enseignement, c’est qu’il est bon pour l’homme d’adopter le projet de Dieu dès qu’il le peut, car le monde passe, mais le Christ demeure. Accepter et recevoir le dessein de Dieu sur nous, c’est s’assurer le plus grand bonheur possible sur cette terre et posséder en espérance l’héritage de la vie éternelle.
(*) Dans ma prière, je porte continuellement mes amis Elio et Véronique qui en sont arrivés un jour à se séparer officiellement, afin de pouvoir continuer à élever leurs deux enfants de la même façon qu'ils avaient été eux-mêmes élevés. Mais autrefois, c'est-à-dire dans la génération de nos parents, la famille n'était pas pénalisée du point de vue financier pour le fait de vivre à plusieurs sous le même toit. Tandis qu'en 2008, un homme marié qui tombe au chômage est considéré d'office comme "cohabitant" et son indemnité de chômage s'en trouve diminuée d'autant... De fil en aiguille, mon ami Elio, qui n’a pas froid aux yeux, a pris un logement fictif et trouvé, d’abord au noir, puis avec un contrat, un travail très bien rémunéré mais aussi très dangereux. Il s’agit de découper au chalumeau des cuves enfouies dans le sol et de les enlever... les chauffagistes y répugnent car sait-on réellement ce que ces citernes ont contenu et ce que l’on va respirer en attaquant à la flamme le revêtement de la cuve ? Elio y va prudemment, il s’est déjà blessé deux fois, mais il continue car sa fille désire poursuivre des études universitaires.