
LE RALLIEMENT DE L’ÉGLISE À LA RÉPUBLIQUE PAR LÉON XIII, UN CONTRAT QUI DEVRAIT ÊTRE FRAPPÉ DE RÉSOLUTION (1)
« Même l’Eglise catholique a cessé d’être monarchiste » titre le chapitre 7 de son livre « La Monarchie » Daniel de Montplaisir.
Quel a donc été l’événement déclencheur qui, du jour au lendemain, l’a faite passer dans le camp ennemi anticlérical qui, rappelons-le, avait génocidé les catholiques, fidèles au Roi, pendant la Terreur ?
Une décision de Léon XIII : « après la confirmation de l’échec d’une deuxième restauration, l’Église catholique prépare à partir de 1880 son ralliement à la république. Le pape Léon XIII mesure le risque que les lois laïques font courir à la place tenue en France par le catholicisme. Au terme d’une longue réflexion, il fait délivrer le message du ralliement par le cardinal Lavigerie, archevêque d’Alger, réputé pour ses opinions légitimistes. Recevant, le 12 novembre 1890, l’état-major de l’escadre de la Méditerranée, le cardinal adresse aux officiers surpris une catégorique et inattendue et inattendue profession de foi républicaine. L’événement fait grand bruit. Déconcertés, les catholiques français paraissent devoir se diviser. Léon XIII confirme clairement son choix, par l’encyclique Immortale Dei du 20 février 1892 et ce mot d’ordre aux fidèles : accepter la Constitution républicaine afin de mieux peser sur la législation civile et défendre ainsi les intérêts catholiques. C’est le triomphe du « séparatisme ». Dans un premier temps, la politique du Ralliement semble porter ses fruits : la République adopte une plus grande tolérance envers l’Eglise.» (2)
Mais l’Etat profite d’une conjoncture politique propice à la persécution des catholiques pour reprendre une athécratie (3) de combat.
« La subite remontée des périls –scandale de Panama, attentats anarchistes et, surtout, affaire Dreyfus – réveille l’anticléricalisme et rétablit la république militante. Au début du siècle suivant, les gouvernements de « défense républicaine », où les radicaux exercent une influence prépondérante, mènent contre l’Eglise une guerre qui, sans atteindre les abominations de la Terreur, surprend par sa brutalité. La lutte contre les congrégations, engagée après l’adoption de la loi de 1901 sur les associations, s’achève en 1905 par la loi de séparation de l’Église et de l’État.
Si le Ralliement semble avoir dramatiquement échoué, ajoute Daniel de Montplaisir, cet échec ne vaut qu’au regard de l’objectif initialement poursuivi par l’Église. Il a, en revanche, réussi à détacher les catholiques français de l’idée monarchique. »
Quant à l’Église, elle ne fait malheureusement pas machine arrière en vue de rappeler son ancienne fidélité à la monarchie, et pourtant...
Attendu que le ralliement de Léon XIII s’est fait dans le but d’une plus grande tolérance de la République française vis-à-vis des catholiques et que celle-ci n’a pas exécuté les termes du contrat qu’on pourrait qualifier de « contrat moral » entre les deux parties en présence : l’Eglise et la République française, vu qu’aux alentours de 1894 (date du commencement de l’affaire Dreyfus qui divisa la France entre dreyfusards et antidreyfusards), la République française rompit unilatéralement ledit contrat et profita de ce contexte politique pour reprendre la persécution des catholiques et ne plus jamais la cesser, le Vatican et les catholiques sont juridiquement déliés de leur ralliement à la République française. C’est ce que doivent comprendre les catholiques.
1. résolution n.f. En droit civil, la résolution est l’anéantissement rétroactif d’un contrat pour cause d’inexécution ou de mauvaise exécution, à la différence de la nullité, qui sanctionne un vice existant lors de la formation du contrat.
2. Extraits du livre de Daniel de Montplaisir, « La Monarchie ».
3. athécratie n.f. Dictature de l’athéisme.

