Adam et Eve : quelle réalité concrète ?
Publié : mer. 19 août 2009, 13:32
Le monogénisme (nous provenons tous d’un premier couple humain) pose une difficulté concrète évidente.
Il est aisé de considérer qu’Adam a reçu à sa conception (comme le Christ) ou ultérieurement, une marque (physique, génétique ou uniquement spirituelle) lui ayant conféré son humanité (ce qui caractérise l’humain par rapport aux autres être animés de la création), puis qu’il a ensuite transmis cette humanité à sa descendance tant masculine que féminine.
De ce point de vue, par une approche réaliste, ne peut-on penser que le récit de la « côte » de l’humain d’où provient la femme ne serait rien d’autre que le récit d’une relation intime, un exposé légèrement voilé d’un organe saillant dont une semence est prise puis dont la chair se replie, et que l’objet du récit serait d’expliquer que la femme provient d’un homme et non uniquement de la femme (mère) qui lui donne naissance. L’évidence, c’est que tout homme naît d’une femme. Toute femme vient aussi d’un homme.
Mais, si l’humain mâle engendre des filles, cela ne permet en rien de comprendre d’où vient l’humanité de la compagne d’Adam. L’humanité de Eve.
Si Adam ne vient pas de nulle part, mais surgit au terme d’une longue évolution dans une espèce préhumaine, il faut en déduire qu’Adam est né d’une mère et que les parents d’Adam, le premier humain, n’avaient pas encore eux-mêmes la spécificité humaine. Le récit nous dit qu’Adam va quitter ses père et mère. La portée de cette observation s’applique à tout homme, mais le récit l’applique d’abord au premier humain.
Adam n’a-t-il pas rencontré sa compagne parmi les êtres de son espèce d’origine ? Comment est-elle devenue humaine ?
Le récit de la Genèse nous dit que Dieu façonne la femme humaine avec quelque chose qui vient du corps de l’homme. Le mot hébreu tslo qui est traduit en français par « côte » est un mot très rare et de traduction très incertaine.
Il ne semble utilisé ailleurs que pour évoquer des pièces du temple : cf. 1 R 6, 8 ; Ez 41, 5-6 ; Ez 41, 11.
Pas plus qu’Adam, il ne faut penser nécessairement que ce qui complète la « côte » avec laquelle Eve est façonnée arrive de nulle part. A priori, n’est-elle pas sa compagne de la même espèce pré-humaine que les parents naturels d’Adam ? Mais, Dieu va en faire une femme. Humaine.
Le récit nous parle d’un événement qui paraît bref. Une torpeur ou un sommeil mystérieux. Un organe saillant. Il en est pris quelque chose. Au réveil, Adam reconnaît Eve comme sa semblable, mais aussi comme ayant reçu cette similitude de lui : os de mes os, chair de ma chair.
Même os que lui : c’est assez normal s’ils proviennent tous deux de la même espèce pré-humaine, mais le texte semble évoquer un transfert corporel, matériel.
Chair de ma chair : c’est plus large et spécifique, car la chair vise toute la réalité humaine faite certes de matériel comme les autres êtres animés (l’homme … vit de pain), mais aussi de spirituel, de l’image et de la ressemblance de Dieu qui le caractérise (Gn 1, 27) et le définit distinctement (l’humain vit aussi de toute parole qui sort de la bouche de Dieu).
Pour le matériel, nous avons aujourd’hui des éléments de réflexion qui peuvent nous aider. Chacun sait qu’un agent mutagène ou un virus peut atteindre et modifier entièrement une personne par un simple contact.
Pour le spirituel, c’est par la rencontre que l’humain (en hébreu l’adame) devient une femme (isha) et un homme (ish). Avant le récit de l’apparition de la femme, la Genèse ne parle que de l’humain, l’adame (avec un article), mâle et femelle. L’image de Dieu, nommé au pluriel au début de la Genèse, n’est-ce pas une communion dans laquelle chaque personne du Dieu unique se donne aux autres. Dieu ne vit pas seul, même s’il est un. Le père donne la vie au Fils. Le Fils donne sa vie au Père. Par l’Esprit Saint.
Ce n’est qu’après le récit de l’apparition de la femme qu’un autre mot (ish) est utilisé pour désigner un humain mâle et que l’adame devient adam (sans article), devient un nom propre.
Faut-il comprendre du récit de Gn 2, 21-25 que c’est lors de la rencontre d’Adam et Eve, lorsqu’ils s’unissent et s’attachent l’un à l’autre, pour faire une seule chair, que la création de l’humanité s’achève ?
Que faut-il en penser ? Trop audacieux, trop littéral ou trop réaliste ?
Je serais heureux de lire quelques réactions sur ce sujet difficile. Quelqu’un pourrait-il apporter des références à des réflexions sur le même sujet, des nuances, des éléments de contradiction, des approches complémentaires ?
Pour le texte hébreu et une bonne traduction mot à mot, je puis renvoyer le lecteur à l’adresse internet suivante : http://www.lexilogos.com/bible_hebreu_grec.htm
Il est aisé de considérer qu’Adam a reçu à sa conception (comme le Christ) ou ultérieurement, une marque (physique, génétique ou uniquement spirituelle) lui ayant conféré son humanité (ce qui caractérise l’humain par rapport aux autres être animés de la création), puis qu’il a ensuite transmis cette humanité à sa descendance tant masculine que féminine.
De ce point de vue, par une approche réaliste, ne peut-on penser que le récit de la « côte » de l’humain d’où provient la femme ne serait rien d’autre que le récit d’une relation intime, un exposé légèrement voilé d’un organe saillant dont une semence est prise puis dont la chair se replie, et que l’objet du récit serait d’expliquer que la femme provient d’un homme et non uniquement de la femme (mère) qui lui donne naissance. L’évidence, c’est que tout homme naît d’une femme. Toute femme vient aussi d’un homme.
Mais, si l’humain mâle engendre des filles, cela ne permet en rien de comprendre d’où vient l’humanité de la compagne d’Adam. L’humanité de Eve.
Si Adam ne vient pas de nulle part, mais surgit au terme d’une longue évolution dans une espèce préhumaine, il faut en déduire qu’Adam est né d’une mère et que les parents d’Adam, le premier humain, n’avaient pas encore eux-mêmes la spécificité humaine. Le récit nous dit qu’Adam va quitter ses père et mère. La portée de cette observation s’applique à tout homme, mais le récit l’applique d’abord au premier humain.
Adam n’a-t-il pas rencontré sa compagne parmi les êtres de son espèce d’origine ? Comment est-elle devenue humaine ?
Le récit de la Genèse nous dit que Dieu façonne la femme humaine avec quelque chose qui vient du corps de l’homme. Le mot hébreu tslo qui est traduit en français par « côte » est un mot très rare et de traduction très incertaine.
Il ne semble utilisé ailleurs que pour évoquer des pièces du temple : cf. 1 R 6, 8 ; Ez 41, 5-6 ; Ez 41, 11.
Pas plus qu’Adam, il ne faut penser nécessairement que ce qui complète la « côte » avec laquelle Eve est façonnée arrive de nulle part. A priori, n’est-elle pas sa compagne de la même espèce pré-humaine que les parents naturels d’Adam ? Mais, Dieu va en faire une femme. Humaine.
Le récit nous parle d’un événement qui paraît bref. Une torpeur ou un sommeil mystérieux. Un organe saillant. Il en est pris quelque chose. Au réveil, Adam reconnaît Eve comme sa semblable, mais aussi comme ayant reçu cette similitude de lui : os de mes os, chair de ma chair.
Même os que lui : c’est assez normal s’ils proviennent tous deux de la même espèce pré-humaine, mais le texte semble évoquer un transfert corporel, matériel.
Chair de ma chair : c’est plus large et spécifique, car la chair vise toute la réalité humaine faite certes de matériel comme les autres êtres animés (l’homme … vit de pain), mais aussi de spirituel, de l’image et de la ressemblance de Dieu qui le caractérise (Gn 1, 27) et le définit distinctement (l’humain vit aussi de toute parole qui sort de la bouche de Dieu).
Pour le matériel, nous avons aujourd’hui des éléments de réflexion qui peuvent nous aider. Chacun sait qu’un agent mutagène ou un virus peut atteindre et modifier entièrement une personne par un simple contact.
Pour le spirituel, c’est par la rencontre que l’humain (en hébreu l’adame) devient une femme (isha) et un homme (ish). Avant le récit de l’apparition de la femme, la Genèse ne parle que de l’humain, l’adame (avec un article), mâle et femelle. L’image de Dieu, nommé au pluriel au début de la Genèse, n’est-ce pas une communion dans laquelle chaque personne du Dieu unique se donne aux autres. Dieu ne vit pas seul, même s’il est un. Le père donne la vie au Fils. Le Fils donne sa vie au Père. Par l’Esprit Saint.
Ce n’est qu’après le récit de l’apparition de la femme qu’un autre mot (ish) est utilisé pour désigner un humain mâle et que l’adame devient adam (sans article), devient un nom propre.
Faut-il comprendre du récit de Gn 2, 21-25 que c’est lors de la rencontre d’Adam et Eve, lorsqu’ils s’unissent et s’attachent l’un à l’autre, pour faire une seule chair, que la création de l’humanité s’achève ?
Que faut-il en penser ? Trop audacieux, trop littéral ou trop réaliste ?
Je serais heureux de lire quelques réactions sur ce sujet difficile. Quelqu’un pourrait-il apporter des références à des réflexions sur le même sujet, des nuances, des éléments de contradiction, des approches complémentaires ?
Pour le texte hébreu et une bonne traduction mot à mot, je puis renvoyer le lecteur à l’adresse internet suivante : http://www.lexilogos.com/bible_hebreu_grec.htm