Signification de l'Offertoire / Offrande

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philémon.siclone
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Signification de l'Offertoire / Offrande

Message non lu par philémon.siclone »

Bonjour,

Je reprends ici un sujet qui me tient à coeur depuis bien longtemps, et que j'avais évoqué dans un précédent post : le déroulement de l'Offertoire. Deux points en particulier : 1. L'étonnant contraste entre l'ancien et le nouveau missel. Je crois que c'est la partie qui a subi le plus grand remaniement. Avec une question : le sens de l'offertoire a-t-il changé ? 2. Le problème de la quête, qui me paraît abusivement associée au rite d'offertoire, et qui se pratique aussi bien dans les deux formes en France actuellement.

En fait, c'est surtout le 2e point qui me tient à coeur. J'ai toujours trouvé ça choquant d'intégrer dans l'action rituelle un geste aussi trivial que de fouiller le fond de sa poche pour en extraire un porte-monnaie. Ne peut-on pas faire ça à un autre moment (entrée ou sortie) ? Suis-je donc le seul à ressentir ce malaise ? L'Offertoire se résume-t-il donc, comme chez les protestants, à ce geste d'offrande somme toute assez païen ? On verse un tribut matériel au Dieu pour l'apaiser ? J'ai vu certains recourir au terme : "offrande", avec le discours très moralisant (style pensée bourgeoise du 19e s.) : c'est bien que le fidèle participe à l'offrande à ce moment-là. Or, le mot "Offrande" est justement celui que préfèrent les luthériens, par opposition au mot "Offertoire" typique de la liturgie catholique.

Donc une question : faites-vous une distinction entre Offrande et Offertoire ? L'Offertoire catholique ne revêt-il pas un sens bien plus spirituel et lié à la célébration du "mystère", donc au Sacrement ? Qu'est-ce que l'argent vient faire là-dedans ?

Que se passe-t-il donc pendant l'Offertoire ? Qu'est-ce qui se trouve offert sur l'autel ? Comment le fidèle peut-il se sentir concerné ?

Certains disaient, dans un topic précédent, que le don d'argent s'est institué très tôt dans les communautés chrétiennes. D'accord, on en voit même l'illustration dans les actes des apôtres, au moment où St Pierre collecte les dons faits à l'Eglise. Y a-t-il un lien direct avec l'offetoire de la messe ? Est-ce qu'on ne confond pas deux choses bien distinctes ? Ce que les fidèles offraient, durant la messe, n'était-ce pas plutôt du pain, et non de l'argent ?

Enfin, la pratique actuelle ne s'est-elle pas imposée au moment de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, qui prive depuis les paroisses de ressources publiques ? Comment faisait-on jusqu'alors ?

Et de là, on peut remonter au 1er point : dans la nouvelle forme de la messe, le point le plus fragile me semble bien être l'Offertoire. N'avez-vous pas remarqué que c'est le moment où tout le monde se distrait ? On dirait une sorte d'entr'acte au milieu de la messe. Le prêtre marmonne un truc dans son coin, l'orgue joue, certains discutent, la quête passe entre les rangs, et tout le monde s'endort. Bref, on dirait qu'il ne se passe rien de particulier pendant ce temps-là. C'est simplement un temps mort avant de se lancer dans la Préface. On supprimerait carrément l'Offertoire tout entier (je veux dire, ce qui se passe à l'autel) qu'on ne verrait pas la différence. N'est-ce pas finalement la partie liturgique dont on comprend le moins la signification ? Pourquoi le missel Paul VI a-t-il escamoté à ce point le rituel d'Offertoire ?
Anima nostra sicut passer erepta est de laqueo venantium
Laqueus contritus est, et nos liberati sumus

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steph
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Re: Signification de l'Offertoire / Offrande

Message non lu par steph »

L'offertoire ou l'offrande, je crois qu'en effet les deux termes se valent (il suffit de voir comment le missel grégorien parle de chant d'offrande pour ce que le Graduale Romanum continue d'appeler offertorium (c'est-à-dire le chant accompagnant l'offrande des dons)).
Il me semble qu'il y a double offrande: d'une part, les oblats eux-mêmes qui dès ce moment reçoivent une dignité propre qui achève leur préparation en vue de la Consécration, d'autre part le peuple chrétien et l'humanité tout entière offerte (consacrée, préféreront certains) au Seigneur afin qu’Il œuvre en elle, la sanctifie et en fasse son tabernacle selon les desseins de son cœur (Ps LXVII, 19)…
Ca me semble un moment opportun pour les « mémoires » des vivants et des morts que l’on présente à Dieu comme faisant partie de la même Eglise (alors que lors de la prière eucharistique, on offre le sacrifice « pour »).
Certes, ce moment peut paraître « vide », mais s’il le paraît, c’est tant dans la FORM que dans la FERM… Et dans la FERM, il a le « désavantage » (si c’est un moment vide, c’est un avantage pour le priant !) d’être plus long… Il faut donc que les fidèles soient sensibles à l’importance de ce moment et se disposent de telle sorte qu’ils s’offrent spirituellement (à la sainte Trinité) comme ils offrent matériellement (à l’Eglise (+/-) locale pour les soins qu’elle prend)… Il ne faut donc pas séparer l’offrande spirituelle de l’offrande matérielle, car, la liturgie étant toujours pédagogique, celle-ci éveille, par son caractère sensible et bien concret, à celle-là qui est moins vite perceptible… Mais, afin qu’on n’ait pas à chercher en dernière minute une petite pièce rousse « histoire de mettre quelque chose », il me semble que le fidèle peut s’y préparer avant la Messe… Et si c’est si dérangeant de toucher le perfide argent pendant la messe, on peut toujours le mettre dans un tronc à un autre moment…
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Columbanus
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Re: Signification de l'Offertoire / Offrande

Message non lu par Columbanus »

steph a écrit :...Il faut donc que les fidèles soient sensibles à l’importance de ce moment et se disposent de telle sorte qu’ils s’offrent spirituellement (à la sainte Trinité) comme ils offrent matériellement (à l’Eglise (+/-) locale pour les soins qu’elle prend)… Il ne faut donc pas séparer l’offrande spirituelle de l’offrande matérielle, car, la liturgie étant toujours pédagogique, celle-ci éveille, par son caractère sensible et bien concret, à celle-là qui est moins vite perceptible… Mais, afin qu’on n’ait pas à chercher en dernière minute une petite pièce rousse « histoire de mettre quelque chose », il me semble que le fidèle peut s’y préparer avant la Messe… Et si c’est si dérangeant de toucher le perfide argent pendant la messe, on peut toujours le mettre dans un tronc à un autre moment…
Idem. Vivre ce moment par la prière et surtout comprendre que le matériel et le spirituel ne font qu'un. Personnellement, j'anticipe toujours avant mon départ pour la messe : une ou deux pièces (voire un billet) dans la poche de ma chemise. Lorsque la sébile passe à proximité, un petit geste facile et voilà!

Sinon, voici ce que j'avais enregistré dans un de mes fichiers : "La quête qui se fait à l'offertoire est un souvenir de l'ancienne offrande, où les fidèles apportaient non seulement le pain et le vin du sacrifice, mais également toute sorte d'objets qui devaient servir à l'entretien du culte et du clergé, ou bien des pauvres."

Bon week-end à vous,

Columbanus.
« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue... »
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