par archi » mar. 01 déc. 2009, 21:38
Il est notoire que Paul VI a repris la formulation de Quo Primum. Néanmoins, il faut voir pourquoi Saint Pie V a imposé son missel (qui a d'ailleurs mis plusieurs siècles à être pratiqué partout!): à son époque, la liturgie avait déjà tendance à partir en vrille, et des formulaires douteux à se répandre. Il lui appartenait donc de mettre fin aux abus. C'est pour ça qu'il a figé une version stable et sûre du Missel, tout en considérant que les rites ayant plus de 200 ans d'usage étaient sûres et gardaient tous leurs droits. Le missel romain lui-même ayant peu changé au cours du Moyen Age.
Au XXe Siècle, le départ en vrille a également eu lieu, probablement beaucoup plus fort. Vatican II a certes demandé des retouches du Missel, mais rien de ce qui a été fait, et surtout pas la proclamation d'un missel nouveau: il convient de remarquer que le missel de Paul VI n'est pas une nouvelle édition typique du Missel romain dont celle de Saint Pie V était la 2e (l'imprimerie était récente), mais la 1ere édition d'un nouveau missel. Qui n'avait aucunement le droit d'interdire l'autre missel, parfaitement orthodoxe et légitimé par des siècles d'existence.
Vu comme ça, il est vrai qu'on se pose la question de la légitimité du nouveau missel, fût-il proclamé par un pape (qui a certainement le droit d'autoriser de nouveaux textes liturgiques). De plus, dans l'histoire, le missel qui a servi de point de référence stable, à l'image du Missel de Saint Pie V, c'est... encore le Missel dit de Saint Pie V, dans son édition typique de 1962. Et pas le nouveau, avec ses options innombrables, ses prières eucharistiques multiples et plus ou moins valables (la Prex III ou IV sont de qualité, mais allez lire un peu les "Prière eucharistique pour les assemblées d'enfants"), et tous les (gros) abus qui le défigurent dans la pratique courante...
Donc soit Paul VI a commis là une action d'une rare maladresse, il aurait mieux fait de ne pas publier son missel, qu'il conviendrait de renvoyer de toute urgence dans les poubelles de l'histoire liturgique... soit le Saint Esprit qui l'assiste a quand même fait son boulot et il y a une bonne raison pour tout ça. J'ai du mal à croire qu'Il soit resté inactif.
Or, justement, en lisant un peu, on se rend compte que la pagaille liturgique avait déjà commencé dans les années 50, et en 1969, le rite romain était déjà très malmené. D'où, toujours, la nécessité d'une référence stable. Je ne peux que constater que le missel de Paul VI a récupéré tous les abus modernistes, et l'édition de 2002 en a repris d'autres (les multiples prières eucharistiques qui circulaient sous des versions inacceptables, lire Louis Bouyer à ce sujet...). Pendant que la référence stable de 1962 s'est révélée.
Finalement, il m'apparaît que le missel réformé, quelles que soient les critiques sévères qu'on peut faire à l'encontre de celui qui a mis en oeuvre la réforme (le P. Bugnini), aura probablement eu ce rôle providentiel.
Bien sûr, ce n'est pas fini, et il faut maintenant que les choses se stabilisent et reviennent petit à petit à une liturgie plus stable et plus traditionnelle, quels que soient les livres utilisés.
Pour en revenir à l'archéologisme, il ne faut quand même pas comparer Saint Pie V qui stabilise une forme liturgique médiévale, et le nouveau missel qui prétend aller chercher (en enlevant ce qui ne convient pas à la mentalité de Bugnini) un rite de l'époque antique, souvent fantasmé, en rejetant tout ce que le vilain Moyen Age (y compris les débuts) a produit.
In Xto,
archi.
Il est notoire que Paul VI a repris la formulation de Quo Primum. Néanmoins, il faut voir pourquoi Saint Pie V a imposé son missel (qui a d'ailleurs mis plusieurs siècles à être pratiqué partout!): à son époque, la liturgie avait déjà tendance à partir en vrille, et des formulaires douteux à se répandre. Il lui appartenait donc de mettre fin aux abus. C'est pour ça qu'il a figé une version stable et sûre du Missel, tout en considérant que les rites ayant plus de 200 ans d'usage étaient sûres et gardaient tous leurs droits. Le missel romain lui-même ayant peu changé au cours du Moyen Age.
Au XXe Siècle, le départ en vrille a également eu lieu, probablement beaucoup plus fort. Vatican II a certes demandé des retouches du Missel, mais rien de ce qui a été fait, et surtout pas la proclamation d'un missel nouveau: il convient de remarquer que le missel de Paul VI n'est pas une nouvelle édition typique du Missel romain dont celle de Saint Pie V était la 2e (l'imprimerie était récente), mais la 1ere édition d'un nouveau missel. Qui n'avait aucunement le droit d'interdire l'autre missel, parfaitement orthodoxe et légitimé par des siècles d'existence.
Vu comme ça, il est vrai qu'on se pose la question de la légitimité du nouveau missel, fût-il proclamé par un pape (qui a certainement le droit d'autoriser de nouveaux textes liturgiques). De plus, dans l'histoire, le missel qui a servi de point de référence stable, à l'image du Missel de Saint Pie V, c'est... encore le Missel dit de Saint Pie V, dans son édition typique de 1962. Et pas le nouveau, avec ses options innombrables, ses prières eucharistiques multiples et plus ou moins valables (la Prex III ou IV sont de qualité, mais allez lire un peu les "Prière eucharistique pour les assemblées d'enfants"), et tous les (gros) abus qui le défigurent dans la pratique courante...
Donc soit Paul VI a commis là une action d'une rare maladresse, il aurait mieux fait de ne pas publier son missel, qu'il conviendrait de renvoyer de toute urgence dans les poubelles de l'histoire liturgique... soit le Saint Esprit qui l'assiste a quand même fait son boulot et il y a une bonne raison pour tout ça. J'ai du mal à croire qu'Il soit resté inactif.
Or, justement, en lisant un peu, on se rend compte que la pagaille liturgique avait déjà commencé dans les années 50, et en 1969, le rite romain était déjà très malmené. D'où, toujours, la nécessité d'une référence stable. Je ne peux que constater que le missel de Paul VI a récupéré tous les abus modernistes, et l'édition de 2002 en a repris d'autres (les multiples prières eucharistiques qui circulaient sous des versions inacceptables, lire Louis Bouyer à ce sujet...). Pendant que la référence stable de 1962 s'est révélée.
Finalement, il m'apparaît que le missel réformé, quelles que soient les critiques sévères qu'on peut faire à l'encontre de celui qui a mis en oeuvre la réforme (le P. Bugnini), aura probablement eu ce rôle providentiel.
Bien sûr, ce n'est pas fini, et il faut maintenant que les choses se stabilisent et reviennent petit à petit à une liturgie plus stable et plus traditionnelle, quels que soient les livres utilisés.
Pour en revenir à l'archéologisme, il ne faut quand même pas comparer Saint Pie V qui stabilise une forme liturgique médiévale, et le nouveau missel qui prétend aller chercher (en enlevant ce qui ne convient pas à la mentalité de Bugnini) un rite de l'époque antique, souvent fantasmé, en rejetant tout ce que le vilain Moyen Age (y compris les débuts) a produit.
In Xto,
archi.