par Pneumatis » mer. 30 déc. 2009, 0:24
Bonsoir,
Je n'ai pas le temps d'approfondir, mais je voudrais recoller ici un passage d'un texte de Benoit XVI que j'ai déjà cité :
http://www.vatican.va/holy_father/bened ... na_fr.html
Benoit XVI a écrit :Dans un dialogue à intensifier avec l'Islam, nous devrons garder à l'esprit le fait que le monde musulman se trouve aujourd'hui avec une grande urgence face à une tâche très semblable à celle qui fut imposée aux chrétiens à partir du siècle des Lumières et à laquelle le Concile Vatican II a apporté des solutions concrètes pour l'Eglise catholique au terme d'une longue et difficile recherche. Il s'agit de l'attitude que la communauté des fidèles doit adopter face aux convictions et aux exigences qui s'affirment dans la philosophie des Lumières. D'une part, nous devons nous opposer à la dictature de la raison positiviste, qui exclut Dieu de la vie de la communauté et de l'organisation publique, privant ainsi l'homme de ses critères spécifiques de mesure. D'autre part, il est nécessaire d'accueillir les véritables conquêtes de la philosophie des Lumières, les droits de l'homme et en particulier la liberté de la foi et de son exercice, en y reconnaissant les éléments essentiels également pour l'authenticité de la religion. De même que dans la communauté chrétienne, il y a eu une longue recherche sur la juste place de la foi face à ces convictions - une recherche qui ne sera certainement jamais conclue de façon définitive - ainsi, le monde musulman également, avec sa tradition propre, se trouve face au grand devoir de trouver les solutions adaptées à cet égard. Le contenu du dialogue entre chrétiens et musulmans consistera en ce moment en particulier à se rencontrer dans cet engagement en vue de trouver les solutions appropriées. Nous chrétiens, nous sentons solidaires de tous ceux qui, précisément sur la base de leur conviction religieuse de musulmans, s'engagent contre la violence et pour l'harmonie entre foi et religion, entre religion et liberté. Dans ce sens, les deux dialogues dont j'ai parlé s'interpénètrent.
Pour faire vite et simple, attention à ne pas confondre le fait d'aimer les musulmans et d'aimer l'Islam. Les termes d'islamophobie et d'islamophilie entretiennent facilement cette ambiguité dans l'emploi qu'on en fait. En tant que catholiques, nous n'avons pas à aimer l'Islam qui est contraire à notre foi et s'oppose à la Vérité, mais nous avons à aimer les musulmans et espérer pour eux.
Attention donc aussi à ne pas croire que tout est toujours figé. Ce qu'il y a dans le texte de Benoit XVI que je viens de citer c'est un petit rappel : les catholiques n'ont pas toujours été des modèles de tolérance religieuse, et de paix envers les autres religions. Avant Vatican II on ne peut pas dire que les textes de l'Eglise n'aient pas été maintes fois utilisés pour justifier des violences. D'ailleurs les textes de Vatican II sur la liberté religieuse (Dignitatis Humanae) et sur le rapport avec les autres religions (Notra Aetate) sont encore aujourd'hui au coeur de conflits entre catholiques.
On ne peut donc qu'espérer que les musulmans abordent leur tradition sous un angle qui évolue vers plus de paix et de tolérance, tout comme l'Eglise a évolué dans ce sens. Au contraire, se contenter de dire que de toute façon l'Islam étant une religion de violence, les musulmans ne seraient donc que des terroristes ou des dictateurs en puissance, c'est tout le contraire de l'espérance. C'est enfermer des personnes dans une position en ne leur autorisant l'espoir d'une sortie qu'à la seule manière que nous imaginons pour eux, à savoir une confession radicale et immédiate de la foi en Jésus Christ. Notre Seigneur est bien plus subtil que cela, et il peut faire évoluer les musulmans vers la vérité, les faire venir à lui, en les faisant avancer au départ, au moins, dans le cadre de leur religion, en commençant par appréhender leur tradition religieuse sous un angle qui aspire à plus de paix et de justice.
On n'a pas le droit, je crois, de rejeter cet espoir. Et puis bon, je ne suis pas qualifié sur la question, je me contente de redire bêtement ce que je comprends de l'enseignement du Pape.
Bonsoir,
Je n'ai pas le temps d'approfondir, mais je voudrais recoller ici un passage d'un texte de Benoit XVI que j'ai déjà cité : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2006/december/documents/hf_ben_xvi_spe_20061222_curia-romana_fr.html
[quote="Benoit XVI"]Dans un dialogue à intensifier avec l'Islam, nous devrons garder à l'esprit le fait que le monde musulman se trouve aujourd'hui avec une grande urgence face à une tâche très semblable à celle qui fut imposée aux chrétiens à partir du siècle des Lumières et à laquelle le Concile Vatican II a apporté des solutions concrètes pour l'Eglise catholique au terme d'une longue et difficile recherche. Il s'agit de l'attitude que la communauté des fidèles doit adopter face aux convictions et aux exigences qui s'affirment dans la philosophie des Lumières. D'une part, nous devons nous opposer à la dictature de la raison positiviste, qui exclut Dieu de la vie de la communauté et de l'organisation publique, privant ainsi l'homme de ses critères spécifiques de mesure. D'autre part, il est nécessaire d'accueillir les véritables conquêtes de la philosophie des Lumières, les droits de l'homme et en particulier la liberté de la foi et de son exercice, en y reconnaissant les éléments essentiels également pour l'authenticité de la religion. De même que dans la communauté chrétienne, il y a eu une longue recherche sur la juste place de la foi face à ces convictions - une recherche qui ne sera certainement jamais conclue de façon définitive - ainsi, le monde musulman également, avec sa tradition propre, se trouve face au grand devoir de trouver les solutions adaptées à cet égard. Le contenu du dialogue entre chrétiens et musulmans consistera en ce moment en particulier à se rencontrer dans cet engagement en vue de trouver les solutions appropriées. Nous chrétiens, nous sentons solidaires de tous ceux qui, précisément sur la base de leur conviction religieuse de musulmans, s'engagent contre la violence et pour l'harmonie entre foi et religion, entre religion et liberté. Dans ce sens, les deux dialogues dont j'ai parlé s'interpénètrent. [/quote]
Pour faire vite et simple, attention à ne pas confondre le fait d'aimer les musulmans et d'aimer l'Islam. Les termes d'islamophobie et d'islamophilie entretiennent facilement cette ambiguité dans l'emploi qu'on en fait. En tant que catholiques, nous n'avons pas à aimer l'Islam qui est contraire à notre foi et s'oppose à la Vérité, mais nous avons à aimer les musulmans et espérer pour eux.
Attention donc aussi à ne pas croire que tout est toujours figé. Ce qu'il y a dans le texte de Benoit XVI que je viens de citer c'est un petit rappel : les catholiques n'ont pas toujours été des modèles de tolérance religieuse, et de paix envers les autres religions. Avant Vatican II on ne peut pas dire que les textes de l'Eglise n'aient pas été maintes fois utilisés pour justifier des violences. D'ailleurs les textes de Vatican II sur la liberté religieuse (Dignitatis Humanae) et sur le rapport avec les autres religions (Notra Aetate) sont encore aujourd'hui au coeur de conflits entre catholiques.
On ne peut donc qu'espérer que les musulmans abordent leur tradition sous un angle qui évolue vers plus de paix et de tolérance, tout comme l'Eglise a évolué dans ce sens. Au contraire, se contenter de dire que de toute façon l'Islam étant une religion de violence, les musulmans ne seraient donc que des terroristes ou des dictateurs en puissance, c'est tout le contraire de l'espérance. C'est enfermer des personnes dans une position en ne leur autorisant l'espoir d'une sortie qu'à la seule manière que nous imaginons pour eux, à savoir une confession radicale et immédiate de la foi en Jésus Christ. Notre Seigneur est bien plus subtil que cela, et il peut faire évoluer les musulmans vers la vérité, les faire venir à lui, en les faisant avancer au départ, au moins, dans le cadre de leur religion, en commençant par appréhender leur tradition religieuse sous un angle qui aspire à plus de paix et de justice.
On n'a pas le droit, je crois, de rejeter cet espoir. Et puis bon, je ne suis pas qualifié sur la question, je me contente de redire bêtement ce que je comprends de l'enseignement du Pape.