par Pneumatis » sam. 01 juin 2013, 22:50
mike.adoo a écrit :Concernant les nazirs , le rasoir ne doit pas passer sur leur tête . Les nazirs étaient annoncés à leurs parents par des anges . Samson , Samuel , Jean le Baptiste et Jésus sont les plus connus .
Ismaël et Isaac l'étaient certainement car tous deux ont été annoncés .
Bonsoir,
Les nazirs n'étaient pas systématiquement annoncés par des anges : tout homme pouvait faire un voeu de nazirat, pour un mois ou à perpétuité.
Si Jean avait très probablement fait vœu de nazirat, ce ne peut pas être le cas de Jésus. Les trois préceptes du nazir sont que le rasoir ne doit pas passer sur sa tête, qu'il ne doit pas consommer du fruit de la vigne, et n'avoir aucun contact avec un mort.
Lc 7 :
33. « Jean le Baptiste est venu en effet, ne mangeant pas de pain ni ne buvant de vin, et vous dites : «Il est possédé ! »
34. Le Fils de l'homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : «Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! »
On sait que Jésus consommait du vin, et qu'il avait contact avec des corps morts, ne serait-ce que pour les ressusciter. Il aurait donc ainsi automatiquement trahit son vœu. Toutefois on peut se demander si dans la résurrection, il ne transcende pas, en l'accomplissant, le nazirat. En effet, instituant l'eucharistie, il dit : "
car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu'à ce que le Royaume de Dieu soit venu." (Lc 22, 18) Peut-on y voir une forme de vœu de nazirat ? (c'est ainsi qu'il pouvait être formulé). La question est de moi, hein...
Sinon, il est vrai aussi qu'il pouvait y avoir une certaine "symbolique" du nazirat chez Jésus, pour les évangélistes. Nazir était plus ou moins synonyme de saint, et le verset "
Il sera appelé Saint" (Lc 1, 35) aurait été, dans le Proto-Luc hébreu : "
Il sera appelé Nazir" (ce qui expliquerait alors l'étrange citation sur laquelle ont buté tous les exégètes, de Mt 2, 23 : "
Il vint s'établir dans une ville appelée Nazareth ; pour que s'accomplît l'oracle des prophètes : Il sera appelé Nazôréen"). Cf. René Laurentin, Les évangiles de l'enfance du Christ, éd. Desclée et Desclée de Brouwer, 1982, pp. 331-332.
Mais cette histoire de jeu de mot avec Nazareth pose quand même un problème, et devrait alors être purement rédactionnelle, parce que ça ne marche qu'avec le grec. Dans la langue de Jésus et des apôtres, Nazareth s'écrit avec un
tsadé (Na-ts-areth) tandis que nazir s'écrit avec un
zayin. C'est ce qui fait plutôt pencher en faveur de la thèse d'une référence à Is 11, 1, au
nézer, c'est-à-dire
rejeton (de David). Ce qui colle aussi mieux avec la thématique centrale de l'évangile de l'enfance chez Matthieu, qui est la descendance davidique de Jésus.
Le plus probable encore, c'est qu'il y ait un mélange des deux. Bon voilà, ça c'était pour la question du pseudo-nazirat de Jésus. Mais alors après, pour ses cheveux...

[quote="mike.adoo"]Concernant les nazirs , le rasoir ne doit pas passer sur leur tête . Les nazirs étaient annoncés à leurs parents par des anges . Samson , Samuel , Jean le Baptiste et Jésus sont les plus connus .
Ismaël et Isaac l'étaient certainement car tous deux ont été annoncés .[/quote]
Bonsoir,
Les nazirs n'étaient pas systématiquement annoncés par des anges : tout homme pouvait faire un voeu de nazirat, pour un mois ou à perpétuité.
Si Jean avait très probablement fait vœu de nazirat, ce ne peut pas être le cas de Jésus. Les trois préceptes du nazir sont que le rasoir ne doit pas passer sur sa tête, qu'il ne doit pas consommer du fruit de la vigne, et n'avoir aucun contact avec un mort.
[quote]Lc 7 :
33. « Jean le Baptiste est venu en effet, ne mangeant pas de pain ni ne buvant de vin, et vous dites : «Il est possédé ! »
34. Le Fils de l'homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : «Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! »[/quote]
On sait que Jésus consommait du vin, et qu'il avait contact avec des corps morts, ne serait-ce que pour les ressusciter. Il aurait donc ainsi automatiquement trahit son vœu. Toutefois on peut se demander si dans la résurrection, il ne transcende pas, en l'accomplissant, le nazirat. En effet, instituant l'eucharistie, il dit : "[i]car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu'à ce que le Royaume de Dieu soit venu.[/i]" (Lc 22, 18) Peut-on y voir une forme de vœu de nazirat ? (c'est ainsi qu'il pouvait être formulé). La question est de moi, hein...
Sinon, il est vrai aussi qu'il pouvait y avoir une certaine "symbolique" du nazirat chez Jésus, pour les évangélistes. Nazir était plus ou moins synonyme de saint, et le verset "[i]Il sera appelé Saint[/i]" (Lc 1, 35) aurait été, dans le Proto-Luc hébreu : "[i]Il sera appelé Nazir[/i]" (ce qui expliquerait alors l'étrange citation sur laquelle ont buté tous les exégètes, de Mt 2, 23 : "[i]Il vint s'établir dans une ville appelée Nazareth ; pour que s'accomplît l'oracle des prophètes : Il sera appelé Nazôréen[/i]"). Cf. René Laurentin, Les évangiles de l'enfance du Christ, éd. Desclée et Desclée de Brouwer, 1982, pp. 331-332.
Mais cette histoire de jeu de mot avec Nazareth pose quand même un problème, et devrait alors être purement rédactionnelle, parce que ça ne marche qu'avec le grec. Dans la langue de Jésus et des apôtres, Nazareth s'écrit avec un [i]tsadé[/i] (Na-ts-areth) tandis que nazir s'écrit avec un [i]zayin[/i]. C'est ce qui fait plutôt pencher en faveur de la thèse d'une référence à Is 11, 1, au [i]nézer[/i], c'est-à-dire [i]rejeton[/i] (de David). Ce qui colle aussi mieux avec la thématique centrale de l'évangile de l'enfance chez Matthieu, qui est la descendance davidique de Jésus.
Le plus probable encore, c'est qu'il y ait un mélange des deux. Bon voilà, ça c'était pour la question du pseudo-nazirat de Jésus. Mais alors après, pour ses cheveux... :sonne: