ti'hamo a écrit :...Je trouve éclairante de bon sens la remarque de Pneumatis :
au fait, qu'est-ce que St Paul appelle "court" et qu'est-ce qu'il appelle "long" ?
Toute la question est là et on ne se l'est même pas posée...

Il y a eu dans notre Histoire des moments où la féminisation à outrance (cheveux très longs de certains chevaliers "chics" désirant imiter les troubadours les plus en vogue : nattes, frisottis, etc) a été stigmatisée et condamnée par un Bernard de Clairvaux par ex. Il ne visait évidemment pas la coupe "normale" de la plupart des hommes de son temps (cheveux tombant sur la nuque). La plupart des barons féodaux du XIII ème (mais aussi des bourgeois aisés si on en juge par les miniatures) ont la coupe des gisants de Saint-Denis, celle du roi Saint Louis.
Les cheveux très courts sont alors considérés comme refus et abandon du monde, du superflu : tonsure monastique (encore que les ermites devaient ressembler à certains moines de l'Athos...). Le sacrifice de la chevelure chez les femmes (qu'on songe à François d'Assise coupant lui-même les cheveux de Claire) est évidemment sacrifice d'un des plus beaux attributs de la féminité : celle qui se donne à Dieu adopte donc, comme le font (normalement !) nos religieuses, le voile. Ce voile, coiffe ou ornement de tête est par ailleurs l'attribut de la femme mariée et s'oppose aux cheveux libres, et visibles, attribut de la jeune fille (la pucelle au sens propre) ou...de la prostituée...
La chevelure tressée, excentrique, abondamment parfumée ou mise en valeur par tous les artifices et colifichets que l'on sait, est alors stigmatisée comme l'un de ces "hameçons du diable" : les prédicateurs qui avertissent les fidèles du danger songent (je crois...) à toute la sensualité provoquante et épicée de tels...atouts. Et soyons francs, c'est vrai que la beauté de certaines chevelures est très troublante.
Amusant en tout cas de voir combien le milieu intégriste (si souvent monarchiste) juge efféminé le port de cheveux mi-longs chez les hommes et arbore ostensiblement le poil court ou le crâne quasi rasé des clercs (confusion du religieux et du civil...) crâne tondu qui fut infligé aux nobles de l'Ancien Régime comme une vexation ; le désir d'imitation des vertus héroïques de la république romaine met les cheveux courts à la mode sous l'Empire (sauf chez les opposants, les monarchistes, les prêtres catholiques : cf le Curé d'Ars).
Nous avons donc bien des schémas culturels liés à la mode et aux idées d'une société donnée (pour les gens de droite le cheveu long évoque surtout "Hair", 68 et les utopies libertaires non ? Le cheveu court, l'ordre, la propreté, les bonnes manières... Et pour le gauchiste primaire, cheveu très court égale nazisme, fascisme, CRS - SS et tutti quanti...
En tout cas j'aime bien (même si je sais qu'il faut avoir le temps de soigner de telles chevelures) les dames déjà âgées qui portent de superbes chignons : le visage en est plus beau souvent, et les nuques encore plus élégantes !
