par ti'hamo » dim. 24 janv. 2010, 0:26
> Je ne comprends pas bien les propos et la démarche de "3e type" :
en somme, vous voulez expliquer ou démontrer qu'on ne peut connaître Dieu que par "la foi", et que rien d'autre ne peut mener à Dieu ?
M'est avis que rien que cette affirmation rencontre tout de suite de grosses objections :
. Qu'est-ce au juste que vous appelez "la foi" ?
. Il me semble qu'on ne "connaît" pas Dieu par la foi, mais par la révélation. La foi, c'est croire en Dieu - donc, il faut déjà connaître un peu de choses sur Dieu pour dire que l'on croit en Dieu. Sinon, c'est une affirmation qui n'a pas de sens, donc une foi vide.
La foi, donc, présuppose une certaine connaissance de ce que recouvre l'idée de "Dieu".
Une fois que l'on pose "je crois", sans doute qu'effectivement, s'ouvrant ainsi à Dieu, on reçoit alors une connaissance toute nouvelle au sujet de Dieu. Mais dans ce cas, à nouveau, ce n'est pas "par la foi" que l'on connaît Dieu, c'est la foi qui est un préalable à cette connaissance de Dieu.
Un peu de la même manière que, pour déclarer qu'une personne est mon ami, il me faut déjà la connaître un peu, et qu'une fois que je l'ai déclaré mon ami, et que j'entre avec cette personne dans une relation d'amitié, je m'ouvre ainsi à une connaissance nouvelle de cette personne, encore plus vraie, plus profonde, plus vaste, plus immense, que la petite connaissance que j'en avais avant.
Cependant, il me fallait bien un peu connaître cette personne pour en faire mon ami.
. Enfin, objection de taille : la confrontation aux faits : de fait, il existe des personnes qui sont venues à la foi, par la raison. Où à l'idée de Dieu, par la raison.
On a cité plus haut C.S.Lewis : il est bien venu à la fois par la raison. De même St Augustin. Ou Jacques Maritain.
On pourrait objecter que ces personnes croient être venues à la foi par la raison, mais qu'il n'en est rien : dans ce cas, ces personnes se trompent quand elles décrivent ce qu'elles croient avoir vécu, et donc en fait n'ont pas la foi ?
De la même façon, quand on voit un Socrate ou un Platon arriver à l'idée de Beau-en-soi ou de Bien-en-soi par le seul raisonnement, on ne peut que reconnaître qu'ils approchent là de Dieu, et qu'ils connaissent ainsi une partie de Dieu.
Il est vrai que chaque fois, la raison n'est pas seule en cause : il y a chaque fois une capacité d'émerveillement, un sens du beau, qui s'allie à la raison et fait entrevoir l'idée de Dieu.
Mais, donc, si cela débouche sur une acceptation de la foi, nous sommes bien d'accord que vient alors une connaissance toute nouvelle de Dieu, par le préalable de la foi, bien plus grande et plus personnelle, que la connaissance donnée par la seule raison.
Un peu de la même sorte que la différence entre connaître l'existence d'un lieu (les chutes du Niagara, la forêt amazonienne, l'Himalaya, un joli coin de campagne) et y être physiquement et pouvoir l'admirer de ses propres yeux : connaître ce lieu par sa description, sa localisation, c'est déjà connaître ce lieu.
Mais c'est une autre sorte de connaissance que de s'y rendre physiquement et de le voir et de l'admirer de soi-même.
. Finalement, je dirais qu'on aboutit déjà à ce point : qu'il y a une source d'erreur dès le point de départ de a discussion. En effet, si quelqu'un dit "on peut connaître Dieu par la raison", et un autre "non, on ne peut connaître Dieu que par la foi",
alors la question suivante ne doit pas être du tout de défendre chacun son point de vue, mais plutôt de se demander : qu'appelons-nous "connaître" ?
Car m'est avis que, tout simplement, on peut effectivement connaître Dieu et par la raison, et par la foi, ou venir à l'un par l'autre, mais qu'il s'agit de deux sortes différentes de connaissance.
C'est, il me semble, le problème dans cette discussion : il faut bien distinguer différentes sortes et degrés de connaissance. Si on se représente "la connaissance" comme un tout, comme un acte unique et homogène, alors on fait erreur. Il y a plusieurs sortes de connaissances ; de laquelle est-il question ?
. Note : on ne peut pas se prétendre scientifique et nier tout sentiment d'émerveillement et de révérence devant les faits de la nature et de l'univers.
Un organisme vivant, une nébuleuse, une formule mathématique, une démonstration simple et élégante, une réaction chimique, une étoile,.. tout cela est beau. Les scientifiques même athées en conviennent et le ressentent.
> Je ne comprends pas bien les propos et la démarche de "3e type" :
en somme, vous voulez expliquer ou démontrer qu'on ne peut connaître Dieu que par "la foi", et que rien d'autre ne peut mener à Dieu ?
M'est avis que rien que cette affirmation rencontre tout de suite de grosses objections :
. Qu'est-ce au juste que vous appelez "la foi" ?
. Il me semble qu'on ne "connaît" pas Dieu par la foi, mais par la révélation. La foi, c'est croire en Dieu - donc, il faut déjà connaître un peu de choses sur Dieu pour dire que l'on croit en Dieu. Sinon, c'est une affirmation qui n'a pas de sens, donc une foi vide.
La foi, donc, présuppose une certaine connaissance de ce que recouvre l'idée de "Dieu".
Une fois que l'on pose "je crois", sans doute qu'effectivement, s'ouvrant ainsi à Dieu, on reçoit alors une connaissance toute nouvelle au sujet de Dieu. Mais dans ce cas, à nouveau, ce n'est pas "par la foi" que l'on connaît Dieu, c'est la foi qui est un préalable à cette connaissance de Dieu.
Un peu de la même manière que, pour déclarer qu'une personne est mon ami, il me faut déjà la connaître un peu, et qu'une fois que je l'ai déclaré mon ami, et que j'entre avec cette personne dans une relation d'amitié, je m'ouvre ainsi à une connaissance nouvelle de cette personne, encore plus vraie, plus profonde, plus vaste, plus immense, que la petite connaissance que j'en avais avant.
Cependant, il me fallait bien un peu connaître cette personne pour en faire mon ami.
. Enfin, objection de taille : la confrontation aux faits : de fait, il existe des personnes qui sont venues à la foi, par la raison. Où à l'idée de Dieu, par la raison.
On a cité plus haut C.S.Lewis : il est bien venu à la fois par la raison. De même St Augustin. Ou Jacques Maritain.
On pourrait objecter que ces personnes [b]croient[/b] être venues à la foi par la raison, mais qu'il n'en est rien : dans ce cas, ces personnes se trompent quand elles décrivent ce qu'elles croient avoir vécu, et donc en fait n'ont pas la foi ?
De la même façon, quand on voit un Socrate ou un Platon arriver à l'idée de Beau-en-soi ou de Bien-en-soi par le seul raisonnement, on ne peut que reconnaître qu'ils approchent là de Dieu, et qu'ils connaissent ainsi une partie de Dieu.
Il est vrai que chaque fois, la raison n'est pas seule en cause : il y a chaque fois une capacité d'émerveillement, un sens du beau, qui s'allie à la raison et fait entrevoir l'idée de Dieu.
Mais, donc, si cela débouche sur une acceptation de la foi, nous sommes bien d'accord que vient alors une connaissance toute nouvelle de Dieu, par le préalable de la foi, bien plus grande et plus personnelle, que la connaissance donnée par la seule raison.
Un peu de la même sorte que la différence entre connaître l'existence d'un lieu (les chutes du Niagara, la forêt amazonienne, l'Himalaya, un joli coin de campagne) et y être physiquement et pouvoir l'admirer de ses propres yeux : connaître ce lieu par sa description, sa localisation, c'est déjà connaître ce lieu.
Mais c'est une autre sorte de connaissance que de s'y rendre physiquement et de le voir et de l'admirer de soi-même.
. Finalement, je dirais qu'on aboutit déjà à ce point : qu'il y a une source d'erreur dès le point de départ de a discussion. En effet, si quelqu'un dit "on peut connaître Dieu par la raison", et un autre "non, on ne peut connaître Dieu que par la foi",
alors la question suivante ne doit pas être du tout de défendre chacun son point de vue, mais plutôt de se demander : qu'appelons-nous "connaître" ?
Car m'est avis que, tout simplement, on peut effectivement connaître Dieu et par la raison, et par la foi, ou venir à l'un par l'autre, mais qu'il s'agit de deux sortes différentes de connaissance.
C'est, il me semble, le problème dans cette discussion : il faut bien distinguer différentes sortes et degrés de connaissance. Si on se représente "la connaissance" comme un tout, comme un acte unique et homogène, alors on fait erreur. Il y a plusieurs sortes de connaissances ; de laquelle est-il question ?
[size=85]. Note : on ne peut pas se prétendre scientifique et nier tout sentiment d'émerveillement et de révérence devant les faits de la nature et de l'univers.
Un organisme vivant, une nébuleuse, une formule mathématique, une démonstration simple et élégante, une réaction chimique, une étoile,.. tout cela est beau. Les scientifiques même athées en conviennent et le ressentent.[/size]