Bien
... qu'avec le récit nous est suggéré une discussion entre Moïse et Jésus et au sujet de ce qui devrait survenir à Jérusalem dans les jours prochains. Il me semble que la construction même de la scène ruine l'idée d'une sorte de vision a-temporelle. Il y a l'interraction de Jésus en personne et bien en chair avec les deux personnages, et qui, par là, dans le récit, vient nous annuler la question d'une vision comme on le dirait d'un songe, comme on parlerait du songe de la statue chez Daniel en guise de comparaison. Le récit de la Transfiguration pour moi est plutôt du même ordre que l'expérience de Paul à Damas; en réfère comme à un même type d'expérience. La chute du récit se termine comme elle se terminerait dans un récit de miracle, comme avec le cas de la résurrection de la fille de Jaïre : c'est Jésus qui demande aux trois disciples de ne rien dire aux autres de ce qu'ils viennent de vivre et c'est non pas Jésus qui devrait venir leur expliquer le sens de la vision qu'ils auraient eu. En somme, je ne crois pas que les apôtres voient Moïse ou Élie comme on dirait que Jean à Patmos aurait vu cinq cavaliers montant des chevaux de couleurs variées ou bien la grande prostituée et trucs de la sorte, d'après le récit du moins.
Une corporalité
Les Moïse et Élie du récit en ont forcément une. Si Moïse n'a pas la charpente physique qu'il aura dû avoir du temps de Josué et ni non plus une sorte de corps de gloire qu'on anticiperait comme pour le lendemain (Cf. ''le lendemain'' = une manière de parler) du Jugement dernier : c'est bien égal que l'on n'est pas obligé de croire non plus qu'il serait totalement dépourvu, entre-temps, d'une forme de corporalité. C'est ''aussi étrange que la chose puisse nous paraître''.
Pour dénouer un peu l'embrouillamini, faudrait bien se dire que ce que nous avons coutume de nommer ''corps'' ou ''le corps'' et pour nous en référer tout le temps (parce que c'est la seule chose que nous connaissons par expérience propre) rien qu'à un substrat de chair biologique, n'en serait juste pas la clé de voûte pour appréhender la réalité du corps jusque dans toute les dimensions que celui-ci pourrait prendre. Nous faisons par habitude comme une dichotomie entre un aspect matériel du corps que nous connaissons et puis le plan du spirituel. Sauf, ce ne serait rien que là telle qu'une manière défectueuse ou très limitée et à partir duquelle pouvoir espèrer comprendre la véritable nature du corps. Et je pense aussi que l'apôtre Paul se référait lui-même à une telle défectuosité de conception des choses du corps de notre côté, puis quand il se référait à un quelconque corps spirituel.
En revenir à Moïse du récit de la Transfiguration : ma propre façon de concevoir l'affaire me fera dire qu'il serait incorrect d'éviter quand même de parler
résurrection dans son cas.
« ... ils n'ont ni subi de résurrection comme celle de lazare, ni de résurrection glorieuse comme Jésus à Pâques.»
- Enyo32
Oui, mais Moïse a déjà part à la première résurrection. Cf. Heureux ceux qui ont part à la première résurrection, car la seconde mort ne les touchera ...
dixit Jean. Et Moïse est dans ''le ciel de la foi chrétienne'' et puis comme ayant part déjà à la première résurrection. Idem pour Élie. C'est tout ce que je peux voir. Avec l'épisode de la Transfiguration : nos trois futurs colonnes de l'Église seront bénéficiaires d'un
insight ou d'un
input relatif à cette première résurrection. C'est pour cela aussi que le ''tchatte'' entre Moïse et Jésus sur la montagne concerne la Croix finalement. Le rédacteur chrétien qui rédige le texte de l'évangile après-coup, il fera bien ce lien entre Jésus, la Croix et la première résurrection. Ainsi, je comprendrais que dans la tradition de l'enseignement qui est issue de Jean ( l'un des protagonistes qui aura dû initialement s'être trouvé lui-même sur la montagne le soir de la Transfiguration incidemment), en sera-t-il bien question de cette affaire dont je parle aussi soit une 1ère résurrection pour les élus, mais parce que notre fameux Jean aura vécu
ce qu'il aura vécu ce fameux soir; entre autre chose. Pour finir : qu'avoir part à la première résurrection pour un homme n'est pas chose qui pourrait être non plus sans une certaine forme de corporalité or que je répète qu'ainsi la corporalité n'a pas ''grand chose'' à voir avec les glandes, les hormones ou du tissus physico-chimique. Non, l'on ne parle définitivement pas du cas Lazare réanimé; c'est autre chose. Pierre en est un autre qui évoquera la première résurrection. Il était sur la montagne lui aussi lors du cas transfigurant. «... même aux morts aura été annoncé [...]». Il n'est pas un hasard que ce fusse Pierre comme celui-là par lequel aura jamais pu nous être déclamé une chose pareille, et, alors, comme évidemment après la lumière du matin de Pâque.
La sorte de corps dont sont revêtus les élus, dans le cadre de la première résurrection, est plus près de ce corps que nous serions sensés revêtir au dernier Jour
que de cet amas d'opacité chimico-biologique devant composer en premier ce ce que nous nommons par habitude notre corps.
Le récit de la Transfiguration est déjà un indicateur de «la communion des saints de l'Église», et avec Jésus au centre et vers qui sont tournés la Loi et les prophètes; et l'Église, et l'Église ... naturellement.