par nelly emont » lun. 13 févr. 2006, 18:11
GNOSTICISME : le gnosticisme manifeste un sentiment de rébellion contre la création qui se situe dans les premiers siècles de notre ère. On le trouve exprimé dans le judaïsme et dans le christianisme ainsi que dans d'autres religions.
Le gnostique part d'une expérience : une expérience du tragique de la condition humaine. Le monde est mauvais. Au lieu de considérer le cosmos comme un "ordre" (comme les grecs), et un ordre harmonieux et divins, le gnostique le voit comme un joug insupportable. Le firmament, les corps célestes président au destin, à la fatalité. Ce sont des êtres mauvais.
Le monde est une prison autour duquel règnent les Archontes, entités mauvaises qui veulent réduire l'homme à l'esclavage.
L'homme est malheureux. Il se sent divisé. En lui-même d'abord où se battent le corps et l'esprit. Le gnostique perçoit des tiraillement terribles entre le poids et les exigences d'un corps que l'on ne peut maîtriser, et les aspirations d'une âme qui semble lui tenir un autre langage.
Le temps est la pire des catastrophes à laquelle l'homme soit confronté : ce temps est celui de la dégénérescence, de la souillure, de l'angoisse; il est le résultat d'une déchéance. La naissance et le devenir sont dominés par le Destin, implacable. L'histoire n'a pas de sens, elle n'est que le temps de l'angoisse.
L'homme n'est donc, dans un premier temps, que souffrance, souffrance qui est un mal.
Pourquoi en est-il ainsi ? C'est là que se développe le mythe gnostique. Ce monde n'a pas été créé par Dieu. Plusieurs scénarios très compliqués racontent que la création tout entière est le résultat d'un drame. AU départ un dieu bon, mais qui, pour différentes raisons, se divise, et laisse se déployer des réalités mauvaises et parmi elles Celui qui est le Dieu de l'Ancien Testament. C'est lui le responsable d'une création mauvaise et où toutes choses sont mauvaises. (je résume ici des scenarii extrêmement longs et complexes).
Alors que faire ? En même temps qu'il souffre, le gnostique sent qu'il a conscience de sa souffrance, donc que quelque chose en lui peut y échapper. Et il se persuade dès lors, que s'il est dans le monde, il n'est pas de ce monde. Le scénario des origines lui dit de plus qu'il a en lui une part divine (une parcelle de lumière qui lors de la création qui l'a emprisonnédans un corps, a pu être sauvé) et que seule cette part divine est digne d'existence et capable de le sauver. Par cette lumière, il peut "connaître" (gnose= connaissance) qui il est réellement, et par elle il peut accéder à la connaissance totale, celle du dieu des origines. Par rapport au "corps prison", les gnostiques dont développé deux sortes d'attitude : l'ascétisme et l'orgie. Pour le premier on comprend facilement, pour la seconde, il faut saisir que par les débordements en tous genres, les gnostiques pensaient "épuiser" le mal qui est en eux.
Quel rapport avec les textes cités plus haut par Etrigan : l'idée que l'homme est étincelle divine, qu'il n'a pas besoin d'être sauvé par un dieu, qu'il a accès à la connaissance directement (puisqu'une part de lui est divine et de même nature que le dieu bon des origines), que cette connaissance est réservée aux élus (les gnostiques faisaient déjà la différence entre les hommes grossiers qui ne s'en sortiraient pas et l'élite), qu'elle seule (la connaissance) peut le sauver. D'où la tentation permanente de chercher le "secret" des choses, ce qui est "derrière" le réel et qui seul peut être vrai. Et la volonté d'affirmer un enseignement secret du Christ, de faire de l'Evangile de Jean un Evangile codé dont la connaissance serait réservée à cette élite, de nier tout ce qui a trait au corps et d'exalter l'esprit, de valoriser les évangiles "gnostiques" comme porteurs des secrets etc....
GNOSTICISME : le gnosticisme manifeste un sentiment de rébellion contre la création qui se situe dans les premiers siècles de notre ère. On le trouve exprimé dans le judaïsme et dans le christianisme ainsi que dans d'autres religions.
Le gnostique part d'une expérience : une expérience du tragique de la condition humaine. Le monde est mauvais. Au lieu de considérer le cosmos comme un "ordre" (comme les grecs), et un ordre harmonieux et divins, le gnostique le voit comme un joug insupportable. Le firmament, les corps célestes président au destin, à la fatalité. Ce sont des êtres mauvais.
Le monde est une prison autour duquel règnent les Archontes, entités mauvaises qui veulent réduire l'homme à l'esclavage.
L'homme est malheureux. Il se sent divisé. En lui-même d'abord où se battent le corps et l'esprit. Le gnostique perçoit des tiraillement terribles entre le poids et les exigences d'un corps que l'on ne peut maîtriser, et les aspirations d'une âme qui semble lui tenir un autre langage.
Le temps est la pire des catastrophes à laquelle l'homme soit confronté : ce temps est celui de la dégénérescence, de la souillure, de l'angoisse; il est le résultat d'une déchéance. La naissance et le devenir sont dominés par le Destin, implacable. L'histoire n'a pas de sens, elle n'est que le temps de l'angoisse.
L'homme n'est donc, dans un premier temps, que souffrance, souffrance qui est un mal.
Pourquoi en est-il ainsi ? C'est là que se développe le mythe gnostique. Ce monde n'a pas été créé par Dieu. Plusieurs scénarios très compliqués racontent que la création tout entière est le résultat d'un drame. AU départ un dieu bon, mais qui, pour différentes raisons, se divise, et laisse se déployer des réalités mauvaises et parmi elles Celui qui est le Dieu de l'Ancien Testament. C'est lui le responsable d'une création mauvaise et où toutes choses sont mauvaises. (je résume ici des scenarii extrêmement longs et complexes).
Alors que faire ? En même temps qu'il souffre, le gnostique sent qu'il a conscience de sa souffrance, donc que quelque chose en lui peut y échapper. Et il se persuade dès lors, que s'il est dans le monde, il n'est pas de ce monde. Le scénario des origines lui dit de plus qu'il a en lui une part divine (une parcelle de lumière qui lors de la création qui l'a emprisonnédans un corps, a pu être sauvé) et que seule cette part divine est digne d'existence et capable de le sauver. Par cette lumière, il peut "connaître" (gnose= connaissance) qui il est réellement, et par elle il peut accéder à la connaissance totale, celle du dieu des origines. Par rapport au "corps prison", les gnostiques dont développé deux sortes d'attitude : l'ascétisme et l'orgie. Pour le premier on comprend facilement, pour la seconde, il faut saisir que par les débordements en tous genres, les gnostiques pensaient "épuiser" le mal qui est en eux.
Quel rapport avec les textes cités plus haut par Etrigan : l'idée que l'homme est étincelle divine, qu'il n'a pas besoin d'être sauvé par un dieu, qu'il a accès à la connaissance directement (puisqu'une part de lui est divine et de même nature que le dieu bon des origines), que cette connaissance est réservée aux élus (les gnostiques faisaient déjà la différence entre les hommes grossiers qui ne s'en sortiraient pas et l'élite), qu'elle seule (la connaissance) peut le sauver. D'où la tentation permanente de chercher le "secret" des choses, ce qui est "derrière" le réel et qui seul peut être vrai. Et la volonté d'affirmer un enseignement secret du Christ, de faire de l'Evangile de Jean un Evangile codé dont la connaissance serait réservée à cette élite, de nier tout ce qui a trait au corps et d'exalter l'esprit, de valoriser les évangiles "gnostiques" comme porteurs des secrets etc....