ti'hamo a écrit :@ Tonton Touriste
. Vous ne pouvez pas, à partir du constat d'une pluralité de systèmes moraux, ou de leur variabilité, conclure d'emblée que, pour cette raison, le bien et le mal n'existent pas en tant que tel.
Euuuuh non.
J'ai surtout dit que la morale était une démarche subjective, et que par ce fait le "bien" et le "mal" sont subjectifs. Le "bien" et le "mal" est un jugement, et par ce fait en effet, "en tant que tel" (l'expression est un peu étrange, mais pourquoi pas, et je suppose que c'est dans le sens "objectivement") il n'existe pas.
ti'hamo a écrit :
La preuve : il existe plusieurs représentations et explications de l'univers…qui pourtant existe bien, objectivement.
Non, aucune d'entre elle n'est objective. Elles existent oui, mais ce ne sont que des hypothèses, donc un point de vue, encore...
ti'hamo a écrit :
Et je vous l'avais déjà fait remarquer, donc je ne comprends pas bien pourquoi vous reprenez à nouveau ce constat d'une pluralité de systèmes moraux pour en conclure que le bien-en-soi n'existe pas.
Je reprends ce système de pluralité afin de faire comprendre qu'il s'agit d'une opinion, et non d'une objectivité: Deux morales différentes qui fonctionnent et dans le temps à leur façon suffisent à les disqualifier d'"objectives".
Le "bien-en-soi" n'existe pas: ce qui peut sembler bien pour une morale, peut ne pas l'être pour une autre.
Un exemple bateau, qui utilisent une de vos pseudos questions (à laquelle je répondrais un peu plus loin): Massacrer des gens qui ont une opinion différente à notre époque est considéré comme "mal", alors qu'au moyen âge en Europe c'était considéré comme "bien".
ti'hamo a écrit :
. De même, je ne comprends pas bien ce que vous comptez conclure du fait que les notions de bien et de mal ne s'appliqueraient qu'aux humains : et alors ?
Et alors quoi ?
Serait-il possible d'avoir des citations, histoire de resituer le contexte ? Je n'ai pas souvenir d'avoir aborder le sujet (possible que ce soit un autre Touriste) et me suis contenté de parler de la morale de façon générale
ti'hamo a écrit :
Si vous trouvez un animal qui possède une caractéristique que ne possède aucun autre, devrez-vous donc en conclure que cette caractéristique n'existe pas ? Et une caractéristique possédée par seulement 2 espèces ? Ou 10 ?
Ce raisonnement me semble étrange. Sur quel principe le fondez-vous ?
Ouch, c'est alambiqué comme question.
Le rapport m'echappe un petit peu d'ailleurs: la caractéristique en question est observable, je peux donc difficilement nier son existence. Je rejette la morale objective pour la simple et bonne raison que justement je n'en observe pas. C'est logique, me semble-t-il.
Même le "tu ne tueras point" est soumis à la subjectivité puisque visiblement l'Eglise, et les autres comme l'Islam qui reconnaît pourtant l'Ancien Testament (dont fait partie les dix commandements), ne le respectent pas (voir vos exemples "d'hérétiques explosés").
ti'hamo a écrit :
. Je reprends les remarques de Raistlin : si on nie l'existence du bien et du mal, alors on doit nier que quoi que ce soit d'objectif fonde les différents systèmes moraux (à la différence, par exemple, des sciences : bien qu'il existe plusieurs explications de l'univers, leur objet existe objectivement, et par conséquent il existe des systèmes d'explications plus ou moins exacts selon qu'ils décrivent mieux cet univers, de plus ces systèmes peuvent être améliorés vers plus de précision et de connaissance),
Où vous partez là ?
"On" dit simplement que le "bien" et le "mal" ne sont que des notions subjectives.
De plus, si il y a "plusieurs explications de l'univers", il y en a fatalement qui sont fausses. Mais à la différence de la morale, l'une sera vérifiée, éliminant les autres. Mais en l'état, toutes ne sont que des hypothèses. Votre comparaison est à revoir...
ti'hamo a écrit :
en conséquence de quoi n'importe quel système moral, ou principe moral, n'est fondé que sur l'imagination ou le sentiment de son auteur.
Votre comparaison est un peu bancale, il va falloir en trouver une autre: vous comparez des théories scientifiques à de la philosophie
ti'hamo a écrit :
Cela revient donc à dire que la diversité des principes moraux n'est pas du même ordre que, par exemple, la diversité des théories d'explication de l'univers, mais plutôt du même ordre que la diversité des avis sur la glace à la fraise.
Oui, c'est plus de l'ordre du goût que de l'objectivité, en effet, même si votre comparaison est un peu étrange.
ti'hamo a écrit :
Dans ce cas, vous ne pouvez pas porter de jugement moral valable pour quelqu'un d'autre que vous-même, et cela sur quelque acte que ce soit.
Et ben non, en effet. C'est tout le problème de toutes les morales. La société se sert donc du consensus (les lois, qui ont découlé de cette morale) afin de gérer les différents.
L'Eglise a le Droit Cannonique, le Judaisme la Torah, l'Islam la Charia... Et ainsi de suite. C'est ce consensus (lois républicaines découlant de la déclaration des droits de l'homme "morale" humaniste en république française) qui sert de liant.
ti'hamo a écrit :
. Mais, dans ce cas, pourriez-vous s'il vous plaît nous expliquer ce que vous reprochez à ceux qui se font exploser au milieu de la place du marché, ou qui brûlent des hérétiques ?
Aux victimes, moi personnellement rien. Ni la société actuelle d'ailleurs.
Aux bourreaux par contre, Il me semble que l'Eglise (beh oui...) les a "explosé" (c'est de vous), a laissé faire aussi, et est donc concernée en premier chef parce qu'elle a considéré qu'ils ont fait quelque chose de "mal". Comme Giordano Bruno par exemple, vous connaissez ? Il a osé dire tout haut ce que l'Eglise ne voulait pas, et elle a considéré cela comme "mal".
Tiens d'ailleurs, elle n'a pas contrevenu à sa propre morale, au passage

?
Quand aux matérialistes, la question est de savoir qu'est ce que vous leur reprocher sur le coup ? Je suis curieux, pour la peine
ti'hamo a écrit :
Dans une optique matérialiste, il n'est en soi ni bien ni mal, ni louable ni blâmable, de se faire exploser au beau milieu de la place du marché, ou de brûler des hérétiques. Il s'agit ni plus ni moins d'une coutume, d'une pratique culturelle, au même titre que les sacrifices à Huitzilpochtli, ou que les zakouskis, ou que le carnaval de Rio ou les danses yiddish.
Une fois de plus, le "matérialisme", est une délimitation du champ d'action à la science, et n'empêche en aucun cas (quelque soit l'acceptation, même la plus large) d'avoir de l'empathie pour l'espèce humaine, ni d'être "morale"... de son point de vue.
Mais vu la redondance de "l'argument", je suppose que ça ne servira à rien de le répéter
ti'hamo a écrit :
. D'autre part, qu'est-ce qui vous permettrait de prétendre que la "morale humaniste" serait supérieure ou meilleure qu'une autre ?
Qu'est qui vous permet d'affirmer que j'ai supposé la "supériorité" de la morale humaniste ? Il est bon parfois de citer les gens un minimum: c'est une question d'honnêteté intellectuelle: si il y a une phrase qui va dans ce sens, même de façon alambiquée et que vous avez interprétée dans ce sens, il faudrait pouvoir savoir de quoi l'on parle
ti'hamo a écrit :En quoi "Ne fais pas aux autres ce qu'il ne te plairait pas qu'on te fasse" serait meilleur que "chacun pour soi" ou "la loi du plus fort", ou encore "fais aux autres ce qu'il ne te plairais pas qu'on te fasse" ?
Citation recommandée, voir un peu plus haut
ti'hamo a écrit :
Si ces maximes de morale ne se rapportent à rien d'objectif, si elles ne se fondent sur rien d'objectif, alors il n'y en a pas une plus valable qu'une autre.
Certes
ti'hamo a écrit :
. Vous noterez au passage qu'on n'a pas prétendu qu'un matérialiste doive forcément être un tortionnaire ou un violeur. Après tout, s'il n'en a pas envie, ou si cela lui fait du mal, ou lui est désagréable, aucune raison pour lui de s'y mettre.
Par contre, il ne peut porter aucun jugement sur ceux qui réalisent ce type d'acte, car, puisque son propre refus de ces actes n'est fondé que sur ce qu'il en ressent, il ne peut pas appliquer ses conclusions à d'autres - qui ont forcément des sentiments, un ressenti, différents.
En effet.
Mais pas mal de sous entendu, tout de même. L'exemple de l'ours mangeur d'enfant par exemple.
ti'hamo a écrit :
. À moins qu'il y ait des critères matériels mesurables qui puissent fonder un refus du viol, de la torture (ou du fait de se faire exploser sur un marché, ou de brûler des hérétiques).
Pour les hérétiques, le mieux est de demander à l'Eglise. Je doute que les "matérialistes" aient une réponse à donner à ce sujet x)
ti'hamo a écrit :
. Le matérialisme est une option métaphysique. Le matérialisme, c'est d'affirmer que toute existence se réduit à la matière.
Les sciences ne sont pas "matérialistes" : elles étudient la matière et ses lois, voilà tout. Les sciences ne sont pas du "matérialisme", comme la biologie n'est pas du "biologisme" au sens d'un système qui affirmerait que "tout n'est que biologie" (ou la génétique n'est pas du "génétisme" dans le sens d'un principe selon lequel "tout est dans le gène") (ou des mathématiques qui serait du "mathématisme" en affirmant que "tout est nombre").
Il y a une différence entre définir un domaine d'étude, et affirmer que toute la réalité existante se résume à ce seul domaine d'étude.
Le problème étant c'est que la science ne peut examiner que... La matière ! Les esprits et tout le tralalala n'est pas de son ressort, et le rejette par conséquent. Cela ressemble fortement au principe édicté par le matérialisme, non ?
(Et les mathématiques ne sont pas une science:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Math%C3%A9matiques )
D'ailleurs, j'attends toujours la description de la "morale" du matérialisme. Sources appréciées
