Une contradiction chez certains athées ?

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Re: Une contradiction chez certains athées ?

par Sofijka » mar. 18 mai 2010, 2:58

Henriette a écrit :
Sofijka a écrit :C'est normal que la générosité, le sacrifice, l'amour du prochain, le pardon soient des choses qui existent tout autant chez l'athée que le chrétien puisque le chrisitannisme a aporté ces notions pour tout le monde.
Donc avant notre ère ça n'existait pas selon vous ?

Je rejoins DA95, personnellement je connais des athées charitables, généreux, j'en connais aussi des égoïstes, je connais aussi des catholiques généreux, et des égoïstes, preuve s'il en fallait qu'il ne suffit pas d'être catholique pour être charitable, et que athéisme ne rime pas forcément avec égoïsme.

Quand je dit que l'altruisme n'existe pas, ce n'est pas forcément vrai, cela dépend de la définition qu'on lui donne. Bien sûr que l'empathie, la générosité existe, mais il y a toujours un désir conscient ou inconscient, ce peut-être juste le désir "bien" ou de façon "juste". S'il y a un désir, alors l'acte n'est pas totalement désintéressé, il ne l'est qu'en apparence.
Par exemple, le fait de sacrifier sa vie pour sauver plusieurs personnes, c'est une manière d'agir de façon "juste" en considérant le meilleur pour l'ensemble. Même si cela semble désintéressé et généreux ce n'est pas de l'altruisme, selon ma définition (peut être un peu personnelle je le concède)

Ensuite, je ne peux m'empêcher de penser que le chrétien agit parfois de manière généreuse, charitable, pour accéder au paradis.
Probablement parce que vous-mêmes faites les choses par intérêt.
Figurez-vous que le simple fait de reconnaître une valeur immense à l'homme suffit à se sacrifier pour lui. Exemple : passer sa vie à la risquer pour peut-être n'en sauver aucune autre, ou peut-être une seule... c'est ce que fait le grand militant pro-vie. Pourtant, il sait très bien qu'il n'a pas besoin de ça pour aller au Paradis ! (c'est bien pour ça que les plus grands militants sont minoritaires au sein de l'ensemble des pro-vie)
Surtout que s'il faisait ça pour avoir une meilleure place, il sait très bien que ça ne plairait pas au Créateur. :rire:
D'ailleurs il ne pourrait pas se sacrifier pour gagner quoi que ce soit. :roule:

Re: Une contradiction chez certains athées ?

par ti'hamo » ven. 14 mai 2010, 20:48

@ gentil athée
. Ben, s'il ne reste qu'un oiseau, de fait, la classe "oiseaux" n'est pas vide, puisque 1≠0.
. Si par contre il ne reste plus aucun oiseau, alors la classe "oiseaux" est vide. C'est pour cela qu'on parle de la disparition des dinosaures, c'est parce qu'il n'y en a plus.
. Si on recréait un dinosaure, alors la classe des dinosaures serait rouverte.

. Cela n'empêche pas pour autant que l'oiseau ou le dinosaure soient en germe dans l'univers, dans le sens que de grandes tendances orientent en permanence l'évolution vers des formes caractéristiques.



Maintenant, si on imagine des "natures" existantes indépendamment de toute réalité qui les concrétise, la question se pose alors :
. ces natures sont donc indépendantes de tout univers physique existant.
. mais tout, dans l'univers, à une nature particulière.
. donc, même le moindre petit début de particule d'univers, est une nature se concrétisant.
. donc, l'univers est né de ces natures.

. Reste à savoir :
> d'où vient l'impulsion qui fait se concrétiser des natures existant de toute éternité indépendamment de tout univers, temps ou espace.
> d'où vient la matière à travers laquelle (ou par laquelle ? ou dans laquelle ?) se concrétisent ces natures ?
> y a-t-il des natures et d'un coup de la matière qui apparaît et les natures qui s'y concrétisent ? ou la nature de la matière se concrétisant en matière à travers laquelle ensuite les autres natures se concrétiseront ?

Re: Une contradiction chez certains athées ?

par Un gentil athée » ven. 14 mai 2010, 17:58

ti'hamo a écrit :À moins qu'il y ait de toute éternité "quelque chose" qui existe réellement et qui soit la nature humaine en soi, indépendamment de l'existence de tout être humain, c'est à dire y compris hors de tout univers existant (car sinon ce serait l'univers la cause de cette nature et on retomberait sur une nature humaine n'ayant sa source que dans le développement de l'univers matériel, et donc sur la matière source du bien, ce qui, on l'a vu, n'a pas de sens).
Mais dans ce cas, qu'est-ce qu'une "nature" détachée de tout être de cette nature existant ?
C'est précisément là mon point de vue, en effet. Qu'est-ce qu'une nature détachée de tout être de cette nature existant ? Je vais reprendre mon analogie informatique : c'est une classe qui n'instancie aucun objet. Une analogie biologique te parlera peut-être davantage : imaginons que tous les oiseaux disparaissent, puis qu'un jour, dans un laboratoire, un scientifique leur redonne l'existence à partir de cellules. Les oiseaux existeront donc à nouveau. La classe "oiseaux" a-t-elle cessée d'exister entre temps, pour finalement réapparaître, ou était-elle seulement vide durant une certaine période de temps puis s'est-elle remplie à nouveau ? Je préfère la seconde option car elle me semble plus naturelle. Imaginons que tous les oiseaux sauf UN aient disparus, on ne dira pas que la classe "oiseaux" a disparu. Cela dit, je peux comprendre qu'on préfère l'option n°1, mais pour ma part, elle me pose des problèmes beaucoup plus ardus que j'évoquerai peut-être un peu plus tard (car là je suis un peu pressé en fait).

Cordialement,
Mikaël

Re: Une contradiction chez certains athées ?

par LIGO » ven. 14 mai 2010, 14:16

Il y a eu des milliards d'années sans vie dans l'univers (pas plus sur Terre qu'ailleurs car les conditions étaient extrêmes), donc sans "bien " et sans "mal"

Il y a eu des millions d'années sur terre, avec de seuls animaux et végétaux, donc sans "bien" et sans "mal"

Il y aura peut être encore des millions ou des milliards d'années sans hommes, ni sur Terre ni ailleurs (si ceux ci sont capables de s'auto détruire ou si une météorite nous tombe sur la tête)

Le bien et le mal n'auront donc existé que très peu de temps dans l'univers, et seulement quand l'homme en a fait partie

On peut presque en conclure une relation entre les humains et le "bien et le mal"

Pourquoi le "bien" et le "mal", s'ils existaient par eux mêmes, se manifesteraient ils uniquement au niveau humain et pas ailleurs?

Re: Une contradiction chez certains athées ?

par ti'hamo » ven. 14 mai 2010, 13:33

@ gentil athée
Je dirais alors que la question est de savoir ce qui est la source de la nature humaine.

Car si c'est la nature humaine qui est source du bien et raison du bien, il n'y a donc rien à l'œuvre, dans l'univers, qui serait le bien ou qui serait source du bien, toute "source morale" ou "principe moral" n'apparaît donc qu'en même temps que l'apparition de la nature humaine, par le fait même de la nature humaine.
Dans ce cas, il semble bien n'y avoir rien à l'œuvre dans l'univers de "bien" ou de "mal", ou pouvant entraîner l'existence du bien, avant l'apparition de l'être humain. Mais dans ce cas, on retomberait sur le cas d'un univers matériel dont les lois physiques entraînent l'existence de l'être humain... qui lui-même entraîne l'existence objective du bien : alors le bien serait une production de la matière, ce qui n'a pas de sens puisque rien dans les lois strictement matérielles n'explique le bien.

À moins qu'il y ait de toute éternité "quelque chose" qui existe réellement et qui soit la nature humaine en soi, indépendamment de l'existence de tout être humain, c'est à dire y compris hors de tout univers existant (car sinon ce serait l'univers la cause de cette nature et on retomberait sur une nature humaine n'ayant sa source que dans le développement de l'univers matériel, et donc sur la matière source du bien, ce qui, on l'a vu, n'a pas de sens).
Mais dans ce cas, qu'est-ce qu'une "nature" détachée de tout être de cette nature existant ?

Re: Une contradiction chez certains athées ?

par Un gentil athée » ven. 14 mai 2010, 2:13

Ah, et un athée qui dit qu'il y a une finalité à l'existence humaine mais que cette finalité est intrinsèque à la nature humaine* plutôt que programmée par une divinité, et qui affirme que la source du bien est donc la nature humaine* plutôt qu'une divinité, cela renforce quelle idée ?

* Note bien qu'il n'y a là aucun relativisme : il ne s'agit pas de dire que le bien dépend de l'opinion fluctuant des gens ou qu'il est construit par eux, mais que la nature humaine (au sens métaphysique) est la source (par nature) du bien, de même (par analogie) que le mouton est la source de la laine de mouton...

Re: Une contradiction chez certains athées ?

par ti'hamo » mar. 11 mai 2010, 12:02

@ gentil athée
Sauf que la théorie de la lumière explique ce qu'elle est censée expliquer. Ce que je dis, c'est que croire en un système dans lequel rien ne rende compte de l'existence d'un bien et d'un mal objectifs, et pour autant constater l'existence d'un bien et d'un mal objectif, c'est un peu bancal.

Mais je suis bien d'accord sur le fait qu'un athée peut tout à fait reconnaître l'existence d'un bien et d'un mal objectifs : je ne peux pas nier cela, puisque je considère l'existence du bien et du mal comme un fait : je suis donc bien obligé d'admettre que n'importe qui peut prendre conscience de ce fait !

Sauf que l'athée qui dit d'un côté "mais bien sûr que si je suis capable de reconnaître que le bien existe !" et qui de l'autre affirme qu'il n'y pas de source du bien, ni de finalité à l'existence humaine,
cela renforce donc l'idée que l'athée est celui qui ne va pas plus loin dans sa réflexion ou dans son explication de la réalité.
Si vous voulez, c'est à peu près comme de prendre acte des phénomènes lumineux… en en restant là, sans en tirer du tout la théorie onde/particule de la lumière, justement.

Re: Une contradiction chez certains athées ?

par ti'hamo » mar. 11 mai 2010, 12:00

@ Henriette
"
Si vous souhaitez trouvez une limite à la charité athée, elle est toute trouvée. C'est que l'altruisme n'existe pas.
Malheureusement il n'existe pas plus chez les chrétiens que les athées.
En effet, on attend toujours quelque chose de notre charité. "
Pétition de principe. Moi je vous dit que c'est faux. Et maintenant ?
(à noter que "être en accord avec ses principes" n'est pas en soi un "quelque chose" que l'on attend de la charité, puisque c'est tout l'inverse : on choisit de se donner tels principes, parce que l'on sait que, en situation, ils nous aideront à agir selon la voie que l'on a choisie, ici la charité).

Vous dites que s'il y a un désir, l'acte n'est pas totalement désintéressé : mais pourquoi ?
Il me semble que nous avons en nous des désirs contraires, divers - aider mémé à traverser la rue ou la pousser sous les roues du tram parce qu'elle nous a cogné avec son caddie à la caisse du marchéplus l'autre jour je la reconnaît - ; si nous choisissons de retenir tel désir et de rejeter tel autre, de suivre tel élan mais pas tel autre (on rigole pas merci), ce n'est donc pas sous l'impulsion de ces désirs que notre choix s'exerce,
c'est bien notre liberté qui s'exerce. Et l'acte est bien un réel acte soit d'amour, soit d'égoïsme.

Si vous voulez, c'est comme si j'affirmais que je ne suis pas libre d'aller où je veux pour la raison que, où que j'aille, j'irai forcément dans une direction, et que, ne pouvant pas choisir d'avancer dans autre chose qu'une direction, je ne suis pas libre : c'est absurde ! Ou bien c'est comme de dire que je ne suis pas libre de choisir où je veux aller pour la raison qu'il y a un but final à la direction choisie : mais, justement, le choix porte sur ce but final.
Plusieurs directions s'offrent à moi, je suis poussé vers chacune... et je choisis librement d'en choisir une et de m'abstenir des autres. Agir sans but, ce n'est pas de l'altruisme, c'est de l'absurde.

Re: Une contradiction chez certains athées ?

par ti'hamo » mar. 11 mai 2010, 11:42

@ gentil athée
Il me semble que le véritable altruiste, c'est celui qui fait le bien pour le bien... sans se casser la tête à se demander s'il en a envie ou non, sans s'appesantir sur ce qu'il en ressent. :-D

Re: Une contradiction chez certains athées ?

par Un gentil athée » ven. 07 mai 2010, 7:33

Avec Kant, on pourrait penser que le véritable altruiste serait celui qui se forcerait à faire le bien alors qu'il aurait en horreur de le faire, mais par Devoir... encore qu'on pourrait penser qu'il est masochiste ;)

Re: Une contradiction chez certains athées ?

par Henriette » jeu. 06 mai 2010, 17:35

Sofijka a écrit :C'est normal que la générosité, le sacrifice, l'amour du prochain, le pardon soient des choses qui existent tout autant chez l'athée que le chrétien puisque le chrisitannisme a aporté ces notions pour tout le monde.
Donc avant notre ère ça n'existait pas selon vous ?

Je rejoins DA95, personnellement je connais des athées charitables, généreux, j'en connais aussi des égoïstes, je connais aussi des catholiques généreux, et des égoïstes, preuve s'il en fallait qu'il ne suffit pas d'être catholique pour être charitable, et que athéisme ne rime pas forcément avec égoïsme.

Quand je dit que l'altruisme n'existe pas, ce n'est pas forcément vrai, cela dépend de la définition qu'on lui donne. Bien sûr que l'empathie, la générosité existe, mais il y a toujours un désir conscient ou inconscient, ce peut-être juste le désir "bien" ou de façon "juste". S'il y a un désir, alors l'acte n'est pas totalement désintéressé, il ne l'est qu'en apparence.
Par exemple, le fait de sacrifier sa vie pour sauver plusieurs personnes, c'est une manière d'agir de façon "juste" en considérant le meilleur pour l'ensemble. Même si cela semble désintéressé et généreux ce n'est pas de l'altruisme, selon ma définition (peut être un peu personnelle je le concède)

Ensuite, je ne peux m'empêcher de penser que le chrétien agit parfois de manière généreuse, charitable, pour accéder au paradis.

Re: Une contradiction chez certains athées ?

par DA95 » jeu. 06 mai 2010, 11:06

@Sofijka,
Que vous ne connaissiez pas d'athée charitable autour de vous est une chose. Moi j'en connais. Ne généralisons pas, c'est de plus peu courtois.

@Henriette
Si vous souhaitez trouvez une limite à la charité athée, elle est toute trouvée. C'est que l'altruisme n'existe pas.
Malheureusement il n'existe pas plus chez les chrétiens que les athées.
Vous exprimez ici votre vérité, mais ce n'est pas la vérité.
L'altruisme existe, je suis peiné pour vous que vous ne puissiez aimer l'autre gratuitement ou de manière désintéressé si vous préférez.
Bien des chrétiens ont été altruistes, la liste est longue mais je vous donne un seul exemple: le père Maximilien Kolbe. Celui-ci en 1941 : Le 17 février, et quatre autres pères sont arrêtés par la Gestapo et emprisonnés dans le Pawiak de Varsovie. Le 28 mai, dans un train bondé de prisonniers, le père arrive au camp de concentration d'Oswiecim (Auschwitz) et se voit attribuer le matricule 16670.
En juillet-août, en mesure de représailles pour l'évasion d'un prisonnier, une douzaine de détenus, dont le père Maximilien qui a volontairement pris la place de François Gajowniczek, sont enfermés dans le bunker souterrain du bloc 14 et condamnés à mourir de faim et de soif.
Le 14 août, le père, dernier survivant, après avoir assisté ses compagnons dans leur agonie, est achevé par une injection d'acide dans le bras gauche. Le lendemain, 15 août, jour de l'Assomption de Marie, son corps est brûlé dans un des fours crématoires du camp.

Voilà un bel exemple d'altruisme. En fait c'est plus que de l'altruisme, c'est le plus bel amour qui soit: donner sa vie pour autrui.

Bien à vous.

Re: Une contradiction chez certains athées ?

par Sofijka » jeu. 06 mai 2010, 0:10

C'est normal que la générosité, le sacrifice, l'amour du prochain, le pardon soient des choses qui existent tout autant chez l'athée que le chrétien puisque le chrisitannisme a aporté ces notions pour tout le monde. La différence, c'est que le chrétien soucieux de les appliquer tentera toute sa vie de le faire de son mieux dans de grandes choses si possible, sinon obligatoirement dans les petits actes quotidiens.
Dans mon travail, je suis entourée de beaucoup de athées. Et dans le quotidien je ne vois JAMAIS chez eux cette recherche consciente et volontaire de sacrifice, don de soi, charité, pardon, amour du prochain (quant à l'amour de ses ennemis, n'en parlons pas !).
Pourquoi ? Parce qu'ils n'en ont pas vraiment l'utilité, sans doute.

Ce n'est pas un avis, c'est un constat.
Si vous croyez en la théorie de l'observation scientifique, acceptez-là pour vous mêmes, s'il vous plaît.

Re: Une contradiction chez certains athées ?

par Henriette » ven. 23 avr. 2010, 11:29

Sofijka a écrit :J'ai expliqué que ce que je constate autour de moi, une charité limitée, est tout à fait logique, compte tenu de ce qu'un athée n'a aucune raison de sacrifier sa vie, son confort, son argent même, pour quelqu'un ou une catégorie de personnes qu'il ne connait pas.
Donc selon vous la charité de l'athée s'arrête dès que son confort est menacé et qu'il ne connait pas les personnes qu'il souhaite aider ? :sonne:

Dans ce cas comment expliquer-vous qu'un athée puisse partir à l'étranger, par exemple en Afrique, pour soigner des gens ou participer à une action humanitaire ? Comment expliquer qu'un athée s'engage dans l'armée ? Et même, rien que le fait de s'engager dans une association type restos du cœur, c'est déjà sacrifier un peu de son confort (certes bien moins que les deux exemples précédents)

Si vous souhaitez trouvez une limite à la charité athée, elle est toute trouvée. C'est que l'altruisme n'existe pas.
Malheureusement il n'existe pas plus chez les chrétiens que les athées.

En effet, on attend toujours quelque chose de notre charité. Ce peut être une reconnaissance d'autrui, pour expier des péchés, car on n'aime pas voir les autres souffrir, ce peut être uniquement d'être en accord avec nos principes.
Mais il y a toujours une attente, consciente ou inconsciente. Quand quelqu'un d'assez pauvre donne de l'argent pour les haïtiens, souvent il se déculpabilise... Cela n'en reste pas moins généreux, c'est cela l'important.
La générosité, le sacrifice, l'amour du prochain, le pardon, tout cela sont des choses qui existe tout autant chez l'athée que le chrétien.

[Pas d'insultes svp]

Re: Une contradiction chez certains athées ?

par Sofijka » mer. 21 avr. 2010, 20:39

Un gentil athée a écrit :la morale des athées n'est pas forcément limitée en théorie (même si je concède qu'en pratique et statistiquement, le Christianisme confère davantage de force morale).
Je parlais de charité, pas de morale. Voyez comme vous oubliez facilement ce terme chrétien. :>
En théorie, tout le monde, même un enfant, sera capable de dire qu’un athée est capable, en théorie, de charité. Puisqu’en théorie, tout être humain est capable de charité. Dans la réalité, si vous côtoyez suffisamment de gens toute la journée, vous pourrez le constater : le athée n’est jamais celui qui « prend sur lui » les méchancetés de quelqu’un. En général, le athée pour commencer se méfie quand il ne connait pas, mais ensuite, quand il est blessé, il a pour besoin de ne pas se laisser faire et de trouver la reconnaissance.
C’est une notion purement chrétienne par exemple de sacrifier ses propres besoins pour tenir compte d’un manque d’amour chez un ennemi, alors que personne n’en est témoin.
Un gentil athée a écrit :Les athées humanistes évoquent tout autant les notions de bien, de mal, de charité et de pardon. Je parle des vrais athées humanistes, pas nécessairement les athées adhérents du "Concil for Secular Humanism" qui, malheureusement, sont favorables à l'avortement...
C’est clair que ce ne sont pas les Français moyens ou les beaufs du coin qui parlent de charité ou de pardon. Ce ne sont pas non plus les gens qui travaillent à la télé (je songe à des gens chez qui j’ai été employée de maison, et à leurs fréquentations : on retrouve chez eux ce qu’on voit à la télé).
Bien sûr, les philosophes, les écrivains, les instruits, les littéraires, sont plus raffinés, connaissent plus de choses et peuvent évoquer les notions de charité et de pardon. Mais ils les ont trouvées où ? Et ils sont combien par rapport au reste de la population ?
Sofijka a écrit :pour avoir le droit légal d'éliminer un humain, on a tout simplement décidé qu'il n'aurait pas de statut.
Un gentil athée a écrit :Cela n'est pas le fait de l'athéisme, mais plutôt d'un certain relativisme procédurier et consumériste. D'ailleurs, vous remarquerez que certains athées s'opposent à l'avortement, tandis qu'au contraire, il existe des chrétiens qui y sont favorables...
Oui, certains athées s’opposent à l’avortement, mais ils sont si peu nombreux que les catholiques se sont approprié la défense de la vie, à mon grand regret.
Iraient-ils jusqu’à être militants ? Moi-même je ne le suis pas. J’ai participé tout au plus à des marches, jamais je n’ai mis ma vie en péril. Cela veut dire qu’en théorie, tout être, athée ou non, peut devenir militant. Pourtant, dans la réalité, ce qui pousse un croyant à prendre des risques, c’est quand même cette dimension divine. C’est pour ça qu’ils sont les seuls militants.
On ne peut donc pas se contenter de théories mathématiques quand on constate que la réalité a une cause non mathématique.
Sofijka a écrit :On vous explique aussi que même si vous avez quelques notions de bien et de mal, elles vous viennent du christiannisme. Sinon, notre société serait celle de Waterworld ou Mad Max : des rapports de violence et de survie qui sert les pus forts et les moins scrupuleux.
Si cette vision a apparu dans l'esprit d'un cinéaste, c'est qu'il a imaginé la surface de la terre balayée de tout ce qui existe aujourd'hui, y compris des concepts religieux.
Un gentil athée a écrit :Je ne suis pas d'accord. Il s'agit plutôt d'un développement convergent de ces notions, parce qu'elles renvoient à une réalité objective. Newton était chrétien. Ça ne veut pas dire que les lois de la gravité viennent du Christianisme et que quiconque qui se dit athée et qui croit dans les lois de la gravité a une dette envers le Christianisme.
Non, en effet, parce que les lois de la gravité sont compréhensibles en dehors de toute notion de foi ou d’amour. Ce qui n’est pas le cas des rapports humains : les hommes – pour beaucoup sans le savoir – sont imprégnés des concepts chrétiens.
Un gentil athée a écrit :Ce qui contredit votre propos : si Dieu met en chaque individu la capacité à choisir entre le bien et le mal, alors il peut avoir ces notions et les trouver justifiées, même s'il n'a jamais été en contact avec le Christianisme.
Oui, mais sans le savoir, il utilise un don qui lui a été fait. Je ne me contredis pas !
Un gentil athée a écrit :Qui a dit qu'un athée n'écouterait les notions de bien et de mal que sous certaines conditions ?
Oh ils ne le disent pas, il l’appliquent : je parlais des lois de notre pays, qui ne défendent pas les plus faibles et qui ont été créées en dehors de toute charité chrétienne.
Tous ceux qui ont voté pour des gens qui n'étaient pas opposés au crime légal se sont comportés en personnes qui sont d'accord avec le principe de ne laisser vivre un enfant ou un viellard que sous certaines conditions.

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