par jean_droit » jeu. 27 janv. 2011, 10:20
Puisque la Tunisie est d'actualité c'est le moment d'essayer de faire le point sur cette Eglise.
Commentaires personnels :
On voit que, comme dans bien des pays, les catholiques sont minoritaires parmi les chrétiens.
La Constitution de la Tunisie est claire dans son article 1 : "La Tunisie est un état musulman".
Donc il s'agit d'un laïcisme "musulman".
Il est curieux que l'attentat islamiste de la synagogue de Djerba n'ait pas été évoqué.
Amusant la phrase "l'Eglise catholique n'est pas tunisienne".
Alors qu'en Algérie on aime proclamer "L'Eglise catholique est algérienne".
On peut commencer par ce que dit l'AED :
http://www.aed-france.org/observatoire/pays/tunisie/
APPARTENANCE RELIGIEUSE
Musulmans : 98,9 %
Chrétiens : 0,5 %
Autres : 0,6 %
Chrétiens : 50 650
Catholiques baptisés : 20 000
SUPERFICIE
163 610 km2
POPULATION
10 102 000 habitants
RÉFUGIÉS
101
Selon sa Constitution, « la Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain ; sa religion est l’islam » (art. 1). Par ailleurs, la République tunisienne garantit l’inviolabilité de la personne humaine et la liberté de conscience, et protège le libre exercice des cultes, sous réserve qu’il ne trouble pas l’ordre public » (art. 5).
Au moins 99 % des Tunisiens sont donc musulmans, mais il reste dans ce pays une petite communauté juive tunisienne, reliquat d’une présence multiséculaire qui n’a cessé de régresser. Les départs se sont accélérés avec la création d’Israël, en 1948. Alors que les juifs étaient 100 000 au début du XXème siècle, on n’en compte plus que 2 000 aujourd’hui. Ils possèdent leurs lieux de culte. Le tribunal rabbinique a été supprimé en 1957 et remplacé par une Chambre de statut personnel, intégrée dans les juridictions civiles.
Quant à l’Eglise catholique, elle n’est pas tunisienne. Elle comprend 20 000 fidèles sur 10 millions d’habitants. Ils sont donc tous étrangers. Cependant, cette Eglise jouit d’une reconnaissance officielle en vertu d’un Modus Vivendi signé entre le Saint-Siège et le gouvernement tunisien le 9 juillet 1964. Cette convention, aux termes de laquelle l’Eglise « cède définitivement et à titre gratuit » la plupart de ses lieux de culte et autres bâtiments, « protège le libre exercice du culte catholique » et reconnaît sa représentation légale par le prélat de Tunis.
Toutefois, l’Eglise catholique a pu conserver cinq églises, parmi lesquelles la cathédrale de Tunis, dédiée à saint Vincent de Paul. Le Modus Vivendi de 1964 stipulait également qu’en cas de nécessité, pour les fidèles catholiques, d’un lieu de culte approprié, l’autorité ecclésiastique pourrait en faire la demande motivée au gouvernement, demande qui serait examinée avec bienveillance. C’est ainsi qu’en mars 2005, l’archevêque de Tunis, Mgr Fouad Twal, pouvait annoncer la réouverture de l’église Saint-Joseph située à Djerba. Sa démarche avait été motivée par le grand nombre de touristes étrangers catholiques qui séjournent chaque année dans cette île (Zenit, 21 mars 2005).
Quant à la possibilité pour les musulmans de se convertir à une autre religion, la loi ne l’interdit pas et ne la punit pas, la Constitution garantissant la liberté de conscience (cf. art. 5). Cependant, il est extrêmement difficile aux musulmans de changer de religion. Il existe pourtant des conversions au christianisme, le plus souvent dans sa version néo-protestante (évangélique), bien que l’Eglise catholique ne rejette pas les demandes de baptême. Il y a même quelques pasteurs tunisiens. Mais, sans vraiment se cacher, les convertis doivent éviter de se montrer dans les églises. Par ailleurs, ils sont souvent victimes de rejet de la part de leurs familles ou de leur milieu professionnel.
Puisque la Tunisie est d'actualité c'est le moment d'essayer de faire le point sur cette Eglise.
Commentaires personnels :
On voit que, comme dans bien des pays, les catholiques sont minoritaires parmi les chrétiens.
La Constitution de la Tunisie est claire dans son article 1 : "La Tunisie est un état musulman".
Donc il s'agit d'un laïcisme "musulman".
Il est curieux que l'attentat islamiste de la synagogue de Djerba n'ait pas été évoqué.
Amusant la phrase "l'Eglise catholique n'est pas tunisienne".
Alors qu'en Algérie on aime proclamer "L'Eglise catholique est algérienne".
On peut commencer par ce que dit l'AED :
http://www.aed-france.org/observatoire/pays/tunisie/
[quote]APPARTENANCE RELIGIEUSE
Musulmans : 98,9 %
Chrétiens : 0,5 %
Autres : 0,6 %
Chrétiens : 50 650
Catholiques baptisés : 20 000
SUPERFICIE
163 610 km2
POPULATION
10 102 000 habitants
RÉFUGIÉS
101
Selon sa Constitution, « la Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain ; sa religion est l’islam » (art. 1). Par ailleurs, la République tunisienne garantit l’inviolabilité de la personne humaine et la liberté de conscience, et protège le libre exercice des cultes, sous réserve qu’il ne trouble pas l’ordre public » (art. 5).
Au moins 99 % des Tunisiens sont donc musulmans, mais il reste dans ce pays une petite communauté juive tunisienne, reliquat d’une présence multiséculaire qui n’a cessé de régresser. Les départs se sont accélérés avec la création d’Israël, en 1948. Alors que les juifs étaient 100 000 au début du XXème siècle, on n’en compte plus que 2 000 aujourd’hui. Ils possèdent leurs lieux de culte. Le tribunal rabbinique a été supprimé en 1957 et remplacé par une Chambre de statut personnel, intégrée dans les juridictions civiles.
[b]Quant à l’Eglise catholique, elle n’est pas tunisienne.[/b] Elle comprend 20 000 fidèles sur 10 millions d’habitants. Ils sont donc tous étrangers. Cependant, cette Eglise jouit d’une reconnaissance officielle en vertu d’un Modus Vivendi signé entre le Saint-Siège et le gouvernement tunisien le 9 juillet 1964. Cette convention, aux termes de laquelle l’Eglise « cède définitivement et à titre gratuit » la plupart de ses lieux de culte et autres bâtiments, « protège le libre exercice du culte catholique » et reconnaît sa représentation légale par le prélat de Tunis.
Toutefois, l’Eglise catholique a pu conserver cinq églises, parmi lesquelles la cathédrale de Tunis, dédiée à saint Vincent de Paul. Le Modus Vivendi de 1964 stipulait également qu’en cas de nécessité, pour les fidèles catholiques, d’un lieu de culte approprié, l’autorité ecclésiastique pourrait en faire la demande motivée au gouvernement, demande qui serait examinée avec bienveillance. C’est ainsi qu’en mars 2005, l’archevêque de Tunis, Mgr Fouad Twal, pouvait annoncer la réouverture de l’église Saint-Joseph située à Djerba. Sa démarche avait été motivée par le grand nombre de touristes étrangers catholiques qui séjournent chaque année dans cette île (Zenit, 21 mars 2005).
Quant à la possibilité pour les musulmans de se convertir à une autre religion, la loi ne l’interdit pas et ne la punit pas, la Constitution garantissant la liberté de conscience (cf. art. 5). Cependant, il est extrêmement difficile aux musulmans de changer de religion.[b] Il existe pourtant des conversions au christianisme, le plus souvent dans sa version néo-protestante (évangélique), bien que l’Eglise catholique ne rejette pas les demandes de baptême. Il y a même quelques pasteurs tunisiens.[/b] Mais, sans vraiment se cacher, les convertis doivent éviter de se montrer dans les églises. Par ailleurs, ils sont souvent victimes de rejet de la part de leurs familles ou de leur milieu professionnel.[/quote]