L'ambiance dans un séminaire en 1972

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Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

par Olivier C » mar. 07 sept. 2010, 22:17

Salut !

Pour ceux qui se trouvent du côté de Lyon et que cela peut intéresser :

Si vous souhaitez connaître le séminaire Saint Irénée de Lyon, contactez-moi, j'organiserais une petite visite. Je souhaite m'y rendre prochainement moi-même car il y a une éternité que je n'y suis pas allé, et je ne connais pas les nouveaux locaux.

En attendant vous pouvez visionner une petite vidéo ici : Séminaire Saint Irénée

Bien à vous

Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

par philémon.siclone » lun. 23 août 2010, 2:00

J'imagine que ça ne doit pas être évident d'être jugé d'après son caractère. C'est vraiment une voie très exigeante.

Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

par Olivier C » dim. 22 août 2010, 21:17

philémon.siclone a écrit :Est-ce que l'aptitude à l'amitié, à la fraternité, et aux bonnes relations, peut recevoir une formation, s'agissant d'une personne adulte pour qui le temps de l'éducation est passé ? Ou bien cette formation ne consiste-t-elle pas plutôt à évaluer le caractère et l'état psychologique des candidats à la prêtrise ?
Les deux : à la fois un discernement préalable, et à la fois une formation.

Il faut penser - notamment en propédeutique - que beaucoup de séminaristes sont encore jeunes : aujourd'hui, on est mature beaucoup plus tard que la génération précédente. Enfin, de ce que j'ai pu en voir, il est évident que les séminaristes ont besoins de se confronter à la vie communautaire. Si les prêtres ne peuvent déjà pas se supporter entre eux en paroisse... les paroissiens remarquent très vite ce genre de choses. Si les prêtres veulent rechercher l'unité du corps du Christ il leur faut d'abord être unis eux-même entre eux.

Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

par philémon.siclone » sam. 21 août 2010, 19:54

Olivier C a écrit :
philémon.siclone a écrit :@Olivier C. Vous disiez que les séminaristes devaient recevoir une "formation affective". De quoi s'agit-il, exactement ?
Essentiellement la culture de l'amitié, de la fraternité et des relations en général.

Mais aussi : la manière de se comporter avec la gente féminine ! Dans le comportement et les gestes (si je met une fille sur mes genoux mon attitude est-elle neutre ?), les lieux appropriés où recevoir une femme pour un prêtre... Ce genre d'enseignements reste rare dans un séminaire, il est plutôt de l'initiative de commautés tel que l'Emmanuel (là encore).
Des adolescents demandèrent un jour à un Père jésuite qui les accompagnaient :

- Mais vous Père, si vous vous trouviez avec Brigitte Bardot dans un lit vous ne feriez rien ?

Le prêtre leur répondit :

- Toute la problématique consiste à ne pas en arriver là !
Est-ce que l'aptitude à l'amitié, à la fraternité, et aux bonnes relations, peut recevoir une formation, s'agissant d'une personne adulte pour qui le temps de l'éducation est passé ? Ou bien cette formation ne consiste-t-elle pas plutôt à évaluer le caractère et l'état psychologique des candidats à la prêtrise ?

Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

par Olivier C » sam. 21 août 2010, 12:48

De même pour les évêques : à quelques exception près, en France, il convenait d'être issu de l'Action Catholique (ou en lien étroit).

Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

par J R » sam. 21 août 2010, 10:27

Bonjour,
Je viens de montrer ce film à un ancien séminariste de cette époque.
Il était lui dans le sud de la France.
A l'époque il a été viré car trop "tradi".
Sa famille était simplement catholique et ne suivait pas Monseigneur Lefebvre.
Il y a avait d'aprés lui des consignes pour éliminer tous les candidats qui n'acceptaient pas la nouvelle réforme.
Il ont été plusieurs à être dégagé.
Cette sélection de candidat n'est pas présentée dans le reportage, comme si tous les séminaristes de l'époque avaient été en accord.
C'est un véritable changement de direction que voulaient faire alors les dirigeant de l'Eglise.
Ils y ont réussi.

Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

par Olivier C » sam. 21 août 2010, 5:38

philémon.siclone a écrit :@Olivier C. Vous disiez que les séminaristes devaient recevoir une "formation affective". De quoi s'agit-il, exactement ?
Essentiellement la culture de l'amitié, de la fraternité et des relations en général.

Mais aussi : la manière de se comporter avec la gente féminine ! Dans le comportement et les gestes (si je met une fille sur mes genoux mon attitude est-elle neutre ?), les lieux appropriés où recevoir une femme pour un prêtre... Ce genre d'enseignements reste rare dans un séminaire, il est plutôt de l'initiative de commautés tel que l'Emmanuel (là encore).
Des adolescents demandèrent un jour à un Père jésuite qui les accompagnaient :

- Mais vous Père, si vous vous trouviez avec Brigitte Bardot dans un lit vous ne feriez rien ?

Le prêtre leur répondit :

- Toute la problématique consiste à ne pas en arriver là !

Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

par Olivier C » sam. 21 août 2010, 5:19

Ok, ok, Steph, je vous comprends. Le comment aussi se doit d'être enseigné, certaines communauté - comme l'Emmanuel - le savent et complètent la formation de leur séminariste en aparté. Mais n'allons pas imaginer non plus que tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes avant Vatican II.

Il est dommage que ma mémoire ne retienne pas les fioreti, si c'était le cas j'aurais pu vous dresser une liste des pratiques aberrantes avant la réforme liturgique (du genre : messe de l'aurore célébrée le soir). À l'occasion peut-être...

Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

par philémon.siclone » sam. 21 août 2010, 1:59

@Olivier C.

Vous disiez que les séminaristes devaient recevoir une "formation affective". De quoi s'agit-il, exactement ?

Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

par steph » sam. 21 août 2010, 0:54

Je vais parler pour la Belgique francophone "avant le déménagement à Namur".

La formation en liturgie pourrait vraiment être plus poussée.
Si je ne m'abuse (donc, si j'ai bien entendu ce qu'on leur disait!), on enseigne aux séminaristes-diacres qu'ils ne doivent pas dire les Heures si le moment de leur récitation ne correspond pas à l'Heure liturgique: il en résulte que: si panne d'oreiller le matin etc. on arrive le soir avec tout l'office "à s'acquitter": on ne dit évidement que les Heures du soir et éventuellement Lectures... Alors que, en suivant dans la PGLH en latin, il me semblait comprendre qu'il fallait 1° s'acquitter de tout l'office, 2° en faisant correspondre autant que possible l'Heure liturgique à l'Heure solaire...

Ensuite, l'usage liturgique du séminaire n'est pas toujours rigoureux (préparation au terrain??!), même si correct et dépourvu d'abus (sauf celui de l'auto-intinction permise, mais bon...)!

On a chanté la Messe du saint-Esprit de Théo Mertens depuis le temps pascal jusqu'au 29 juin! (non respect de paroles, musique bof bof... cause: ?idéologie "pneumatologique" d'un T.Pascal préparant à la Pentecôte et d'un temps ordinaire découlant de celle-ci?)

Point de vue connaissance des rites et des formes du rite romain, peut mieux faire... Genre, lors des (rares, certes) cas de concurrence, on en est réduit à demander "comment on fait? : les Vêpres et la Messe comme d'habitude, ou l'inverse?" alors que la question est réglée d'avance par la PGLH qui, en toute logique, demande que les vêpres du lendemain ne soient pas dites avant la messe du jour...
Soulignons, pour l'année passée, un manque de "solennité" lors des fêtes et sollenités (manquant: cierges, encens, chant de la la Préface).

En fait, la formation en liturgie, tant au séminaire qu'à l'université (si je ne m'abuse), correspond actuellement non plus à la question "comment fait-on?" (rubriques) mais à celle-ci: "Pourquoi célèbre-t-on, que célèbre-t-on?" (mystagogie): bienvenue au XXe s.!!! (le problème, c'est que le "comment" (censé être acquis) est de moins en moins pratiqué (ou même contesté à cause de prétendues "réponses" au "pourquoi"), donc, se poser la question du pourquoi, sans recevoir la pratique léguée et les autres normes, est une démarche limitée; par contre, se poser la question du comment sans se poser celle du pourquoi est, elle, idiote! (sauf le respect de ceux qui pourraient être concernés)).

Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

par Olivier C » ven. 20 août 2010, 17:34

Oui c'est sûr. De mémoire l'improvisation des prières eucharistiques n'a été interdite qu'à partir du IVème-Vème siècle. Mais déjà auparavant on avait commencé à constituer des recueils de prières pour la messe (libelli, l'ancêtre des missels !) afin d'éviter que le célébrant "sèche" lors de l'improvisation : tout le monde ne possède pas un génie à la saint Augustin ! Le tout premier sacramentaire est connu sous le nom impropre de "Sacramentaire léonien".

Pour l'histoire de la liturgie on conseillait aux séminaristes de Bordeaux les quatre volumes de Aimé Georges MARTIMORT (Desclée), l'édition est épuisée (mais j'en ai récupéré une !).

Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

par Théophane » ven. 20 août 2010, 17:15

Olivier C a écrit :Maintenant il faut savoir que la liturgie laisse quand même une grand liberté dans la célébration de la messe. Le missel est loin d'être rigide.
Cela est vrai, et c'est une bonne chose. Néanmoins, il faudrait se contenter des diverses options laissées par le missel au choix du célébrant, et ne pas s'octroyer une liberté que l'on n'a pas. Par exemple, certains prêtres se permettent de changer les paroles des prières eucharistiques, ce qui constitue un abus. Ou encore, les laïcs qui préparent les chants liturgiques optent, sans doute de bonne foi, pour des compositions musicales dont le texte n'est pas celui du missel.

Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

par Olivier C » ven. 20 août 2010, 17:04

Théophane a écrit :On m'avait dit un jour que la formation liturgique des prêtres était insuffisante. J'ignore si cela est vrai, mais je puis dire que j'ai souvent constaté des abus liturgiques dans de nombreuses paroisses. Pourtant, je ne suis qu'un fidèle laïc et je n'ai jamais reçu de formation à proprement parler dans le domaine de la liturgie. Je me contente simplement de lire les documents du Saint-Siège qui portent sur ce sujet. Faut-il avoir pris des cours pour savoir qu'on ne doit pas chanter un Sanctus ou un Agnus Dei dont le texte diffère de la traduction française approuvée par les évêques ?
Et c'est bien justement à cela que l'on voit qu'il ne s'agit pas d'abord (en tout cas pas seulement) d'un problème de formation, mais d'une option fondamentale choisie par le célébrant.

Maintenant il faut savoir que la liturgie laisse quand même une grand liberté dans la célébration de la messe. Le missel est loin d'être rigide.

Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

par Olivier C » ven. 20 août 2010, 16:56

Laurent L. a écrit :Mais pourquoi ne pas allonger leur séminaire, afin qu'ils puissent parfaire leurs connaissance en liturgie, patristique, etc. ?
Et bien justement parce que, comme je le disais plus haut, certains séminaristes ont besoin d'une expérience leur permettant une plus grande maturation sur le plan humain.
Laurent L. a écrit :A propos, quelqu'un sait-il quelle formation est dispensée en liturgie, combien de temps ?
Difficile à dire, celle-ci étant répartie entre plusieurs disciplines (comme les sacrements et l'histoire de l'Église), au cours de la propédeutique et des deux premières années de séminaire il y a une introduction à la liturgie, à la signification de la messe, de la liturgie des heures, aux différents moments de la messe, aux prières eucologiques... un peu d'histoire. Mais l'apprentissage se fait essentiellement par la participation à la liturgie elle-même. Un moment ou un autre peut être pris pour expliciter tel ou tel point, tel ou tel geste...

Re: L'ambiance dans un séminaire en 1972

par Théophane » ven. 20 août 2010, 16:43

Laurent L. a écrit :A propos, quelqu'un sait-il quelle formation est dispensée en liturgie, combien de temps ?
On m'avait dit un jour que la formation liturgique des prêtres était insuffisante. J'ignore si cela est vrai, mais je puis dire que j'ai souvent constaté des abus liturgiques dans de nombreuses paroisses. Pourtant, je ne suis qu'un fidèle laïc et je n'ai jamais reçu de formation à proprement parler dans le domaine de la liturgie. Je me contente simplement de lire les documents du Saint-Siège qui portent sur ce sujet. Faut-il avoir pris des cours pour savoir qu'on ne doit pas chanter un Sanctus ou un Agnus Dei dont le texte diffère de la traduction française approuvée par les évêques ?

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