par coeurderoy » ven. 24 sept. 2010, 19:19
Ores, donc, alors que France la douce était en plein essor, spirituel, économique, cuturel, démographique, les moeurs restaient rudes entre ses fils....
2ème épisode : Commune ! Commune !
Notre bon chroniqueur Guibert de Nogent poursuit donc : il raconte comment ni le roi ni l'évêque ne furent consultés pour l'établissement d'une commune... Irrité contre cette "révolution" Gaudry multiplia abus judiciaires, remuements monétaires (afin de continuer à mener grand train...) ce qui ruina paysans et commerçants. Impuissant à adapter ses dépenses à ses ressources, l'évêque ne tarda pas à envisager la suppression de la commune.
Le roi Louis VI voulut alors tirer parti de la situation en se posant arbitre du conflit opposant l'évêque à la population et mit la commune aux enchères. Quoique n'ayant rien à offrir, Gaudry proposa une somme plus forte que les bourgeois et emporta la décision royale. Au matin du Vendredi Saint 1112 le roi s'en fut. Obligé de s'acquitter de sa dette l'évêque Gaudry leva alors un impôt exceptionnel, faisant payer par les habitants de la ville la suppression de la commune !!!
Cette nouvelle campagne d'extorsion poussa l'élite bourgeoise à s'unir en une conjuration. Craignant l'explosion, Gaudry prit part à la procession solennelle de Pâques, entouré de chevaliers, épée sous le manteau. Quelques cris hostiles "Commune ! commune !" résonnèrent sur son passage.
La révolte, loin d'être une explosion populaire incontrôlée, fut bien encadrée. Un groupe d'assaillants se donna pour objectif de se saisir au plus vite de l'évêque. La foule assaillit sa demeure fortifiée.
Oublieux des obligations de son sacerdoce, Gaudry prêtait main forte aux soldats de sa garnison, jetant des pierres et tirant des flèches sur les assaillants. Il dut bientôt s'enfuir déguisé en serviteur et se précipita dans son cellier. Là, grâce à la complicité d'un jeune domestique, il se fit enfermer dans un tonneau. Lancée à ses trousses, une troupe de révoltés se rua dans sa cave et prit le temps d'inspecter chacun des fûts. Gaudry découvert fut alors "tiré par les cheveux et roué de coups", puis trainé dans l'enclos capitulaire où, malgré ses supplications et ses promesses, on lui fendit le crâne d'un coup de hache double. Les citadins déchaînés s'acharnèrent alors sur le cadavre entièrement nu, qui demeura exposé jusqu'au lendemain aux railleries et aux cris de haine, couvert des ordures que l'on vint jeter sur lui.
Au même moment le palais et ses dépendances furent livrés au pillage et à l'incendie.
Décidés à se venger des grands qui les avaient dupés les citadins incendièrent plusieurs demeures fortifiées, le feu se propagea au au chevet de la cathédrale, les ornements et tentures exposés à l'occasion des fêtes de Pâques furent détruist et le bâtiment gravement endommagé. L'incendie se propagea vers l'abbaye royale de Notre-Dame et ravagea trois des églises de l'enclos.
in LAON, la Cathédrale par A. Saint-Denis, Martine Plouvier et Cécile Souchon, Zodiaque. 2002.
Ores, donc, alors que France la douce était en plein essor, spirituel, économique, cuturel, démographique, les moeurs restaient rudes entre ses fils....
2ème épisode : [b]Commune ! Commune ![/b]
Notre bon chroniqueur Guibert de Nogent poursuit donc : il raconte comment ni le roi ni l'évêque ne furent consultés pour l'établissement d'une commune... Irrité contre cette "révolution" Gaudry multiplia abus judiciaires, remuements monétaires (afin de continuer à mener grand train...) ce qui ruina paysans et commerçants. Impuissant à adapter ses dépenses à ses ressources, l'évêque ne tarda pas à envisager la suppression de la commune.
Le roi Louis VI voulut alors tirer parti de la situation en se posant arbitre du conflit opposant l'évêque à la population et mit la commune aux enchères. Quoique n'ayant rien à offrir, Gaudry proposa une somme plus forte que les bourgeois et emporta la décision royale. Au matin du Vendredi Saint 1112 le roi s'en fut. Obligé de s'acquitter de sa dette l'évêque Gaudry leva alors un impôt exceptionnel, faisant payer par les habitants de la ville la suppression de la commune !!!
Cette nouvelle campagne d'extorsion poussa l'élite bourgeoise à s'unir en une conjuration. Craignant l'explosion, Gaudry prit part à la procession solennelle de Pâques, entouré de chevaliers, épée sous le manteau. Quelques cris hostiles "Commune ! commune !" résonnèrent sur son passage.
La révolte, loin d'être une explosion populaire incontrôlée, fut bien encadrée. Un groupe d'assaillants se donna pour objectif de se saisir au plus vite de l'évêque. La foule assaillit sa demeure fortifiée.
Oublieux des obligations de son sacerdoce, Gaudry prêtait main forte aux soldats de sa garnison, jetant des pierres et tirant des flèches sur les assaillants. Il dut bientôt s'enfuir déguisé en serviteur et se précipita dans son cellier. Là, grâce à la complicité d'un jeune domestique, il se fit enfermer dans un tonneau. Lancée à ses trousses, une troupe de révoltés se rua dans sa cave et prit le temps d'inspecter chacun des fûts. Gaudry découvert fut alors "tiré par les cheveux et roué de coups", puis trainé dans l'enclos capitulaire où, malgré ses supplications et ses promesses, on lui fendit le crâne d'un coup de hache double. Les citadins déchaînés s'acharnèrent alors sur le cadavre entièrement nu, qui demeura exposé jusqu'au lendemain aux railleries et aux cris de haine, couvert des ordures que l'on vint jeter sur lui.
Au même moment le palais et ses dépendances furent livrés au pillage et à l'incendie.
Décidés à se venger des grands qui les avaient dupés les citadins incendièrent plusieurs demeures fortifiées, le feu se propagea au au chevet de la cathédrale, les ornements et tentures exposés à l'occasion des fêtes de Pâques furent détruist et le bâtiment gravement endommagé. L'incendie se propagea vers l'abbaye royale de Notre-Dame et ravagea trois des églises de l'enclos.
in [i]LAON, la Cathédrale[/i] par A. Saint-Denis, Martine Plouvier et Cécile Souchon, Zodiaque. 2002.