par coeurderoy » jeu. 21 oct. 2010, 17:22
Ce matin je suis allé à une cérémonie d'adieu (célébration ?) dans un village de l'Oise. C'est mon ancien directeur d'école primaire qu'on enterrait. Je n'avais pas revu cet homme depuis l'âge de 10 ans (il devait avoir la trentaine à l'époque) et cela remonte tout-de-même à 65-67.
J'avais repris contact avec lui (par courriel) voici un an, je recherchais une information précise, liée à un souvenir d'enfance, que lui seul semble-t-il pouvait me donner...
Mon père, éducateur sportif, appréciait beaucoup Daniel et j'en garde le souvenir d'un bel homme au regard clair, franc, joyeux, un de ces instituteurs entièrement dévoués à leurs élèves, conscients de leur apporter, par le biais des leçons de choses, de l'histoire ou du sport, des moments de bonheur que la vie ne leur procurerait peut-être pas...
Eglise bondée ; la famille a fait le choix de chants religieux, l'une des petites filles fait une référence directe à Jésus et Marie, le prêtre bénit le cercueil sur lequel est posé un crucifix : pour moi il est clair qu'on n'est pas foncièrement anticlérical dans cette famille. Cependant il ne s'agit pas d'une messe complète de requiem : pas de consécration ni de communion. Le texte de Martin Gray lu par un membre de la famille rappelle que la mort est une illusion et que la présence des défunts continue de nous accompagner, derrière une mince paroi.
Daniel s'est beaucoup donné aux autres dans sa vie et j'apprends quelques détails de sa biographie : pour moi il demeure cet homme en blouse grise qui m'impressionnait beaucoup malgré son sourire et l'espèce de paix qu'il rayonnait...
Discours de M. le Maire, mots simples, un peu maladroits mais (hélas), voulant bien faire, l'élu insiste sur "l'irremplaçable école, laïque et républicaine, gratuite et obligatoire seul véritable fondement de la démocratie et d'une république fraternelle" (et moi de songer alors à tous mes anciens copains instits qui ont mis leur progéniture dans le privé...). Bref, je suis mi troublé-mi-ironique pendant ce laïus, je songe aux réformes avortées, aux gamins déscolarisés, aux écoles incendiées...Et puis je me revois dans ma petite cour d'école de campagne vers 65 et j'ai soudain le sentiment d'avoir été pratiquement contemporain...du père de Marcel Pagnol !
Repose en paix Daniel, et que le Seigneur t'accueille dans la lumière éternelle !
Ce matin je suis allé à une cérémonie d'adieu (célébration ?) dans un village de l'Oise. C'est mon ancien directeur d'école primaire qu'on enterrait. Je n'avais pas revu cet homme depuis l'âge de 10 ans (il devait avoir la trentaine à l'époque) et cela remonte tout-de-même à 65-67.
J'avais repris contact avec lui (par courriel) voici un an, je recherchais une information précise, liée à un souvenir d'enfance, que lui seul semble-t-il pouvait me donner...
Mon père, éducateur sportif, appréciait beaucoup Daniel et j'en garde le souvenir d'un bel homme au regard clair, franc, joyeux, un de ces instituteurs entièrement dévoués à leurs élèves, conscients de leur apporter, par le biais des leçons de choses, de l'histoire ou du sport, des moments de bonheur que la vie ne leur procurerait peut-être pas...
Eglise bondée ; la famille a fait le choix de chants religieux, l'une des petites filles fait une référence directe à Jésus et Marie, le prêtre bénit le cercueil sur lequel est posé un crucifix : pour moi il est clair qu'on n'est pas foncièrement anticlérical dans cette famille. Cependant il ne s'agit pas d'une messe complète de requiem : pas de consécration ni de communion. Le texte de Martin Gray lu par un membre de la famille rappelle que la mort est une illusion et que la présence des défunts continue de nous accompagner, derrière une mince paroi.
Daniel s'est beaucoup donné aux autres dans sa vie et j'apprends quelques détails de sa biographie : pour moi il demeure cet homme en blouse grise qui m'impressionnait beaucoup malgré son sourire et l'espèce de paix qu'il rayonnait...
Discours de M. le Maire, mots simples, un peu maladroits mais (hélas), voulant bien faire, l'élu insiste sur "l'irremplaçable école, laïque et républicaine, gratuite et obligatoire seul véritable fondement de la démocratie et d'une république fraternelle" (et moi de songer alors à tous mes anciens copains instits qui ont mis leur progéniture dans le privé...). Bref, je suis mi troublé-mi-ironique pendant ce laïus, je songe aux réformes avortées, aux gamins déscolarisés, aux écoles incendiées...Et puis je me revois dans ma petite cour d'école de campagne vers 65 et j'ai soudain le sentiment d'avoir été pratiquement contemporain...du père de Marcel Pagnol !
Repose en paix Daniel, et que le Seigneur t'accueille dans la lumière éternelle !