Bonsoir Raistlin,
Mais vous ne faites pas la preuve que cette affirmation est moins idéologique. Vous le prétendez mais ne le prouvez pas.
En tout cas je vous ai donné des éléments de preuve, auxquels vous n'avez rien répondu... :
"Ensuite, je maintiens que c'est moins idéologique, pour la raison suivante : l'affirmation "l'Univers est la seule réalité" est une affirmation métaphysique, qui exclue d'emblée toute possibilité qu'une autre réalité existe ; en revanche, l'affirmation "l'Univers est la seule réalité connaissable" est une affirmation épistémologique. Elle porte moins sur le réel que sur notre capacité à l'appréhender. Philosophiquement, c'est une position moins forte, qui n'exclue pas l'existence du surnaturel, etc. Par ailleurs, on sait que notre esprit possède certaines limites (contrairement à ce que pensait Gödel). Il ne semble pas être en mesure de penser en dehors des catégories de l'espace et du temps. Ou du moins, quand il s'y essaye, il aboutit à des apories."
Qu'est-ce qui ne vous convainc pas précisément dans ma prose ?
Donc pour le moment, je suis assez bien fondé à rester sur mes positions et je ne sais plus trop quoi vous dire d'autre sur le sujet... à part que si vous voulez absolument croire que je n'ai rien prouvé : libre à vous bien entendu ! Mais vous comprendrez que je ne m'estime pas tenu de lâcher mes arguments tant qu'on ne leur aura pas présenté d'objection...
Certes mais je ne vois pas où vous voulez en venir. Mon propos était de dire que les capacités de la raison humaine étaient plus vastes que le simple monde matériel et qu’en conséquence, il était sans fondement de la juger incapable de saisir d’autres pans du réel que celui-ci.
Justement, les mathématiques relèvent de l'idéel, pas nécessairement du réel. Que la raison humaine puisse explorer l'idéel n'implique pas qu'elle puisse explorer un hypothétique "réel immatériel".
Mais la Science (au sens moderne) du terme n’est pas le seul mode de connaissance de l’Homme, navré de devoir vous le dire.
La science n'est certes pas le seul mode de connaissance de l'homme, mais c'est celui qui produit les connaissances sur le réel les plus sûres, quoique son domaine d'application soit plus limité. A l'inverse, le témoignage possède un domaine d'application plus large, mais les connaissances qu'il produit sont beaucoup moins sûres. Accueillez-vous les témoignages d'OVNIs, de réincarnation ou de contacts avec des défunts avec autant de bienveillance que les témoignages de miracles eucharistiques ? Si oui, alors vous allez devoir croire aux OVNIs, à la réincarnation et au spiritisme. Sinon, alors expliquez-moi pourquoi vous rejetez ces témoignages ?
Au demeurant, le témoignage a son rôle dans des sciences autres que les sciences dites dures (l’Histoire par exemple). Faut-il conclure qu’il ne s’agit pas là de sciences ?
En tout cas, ce n'est pas une science dure, c'est-à-dire nomothétique (celles que j'avais à l'esprit). C'est à la limite une science dite "molle" ou plus méliorativement idiographique. Si un résultat de cette science contredit néanmoins les sciences nomothétiques, alors ce n'est plus de la science du tout, c'est de la pseudoscience. A mon sens, les sciences idiographiques doivent toujours être cadrées/guidées par les sciences nomothétiques. Pourquoi ? Parce que, justement, on sait que le témoignage humain est beaucoup plus faillible que l'expérience scientifique.
Si par aporie on entend la difficulté à trancher entre deux affirmations, la Science me semble en être pleine, surtout avec l'avènement de la physique quantique. Par exemple le fait que la lumière soit à la fois ondulatoire et corpusculaire. C’est une contradiction qui est pourtant constatée expérimentalement.
Il ne faut pas confondre la physique quantique avec ses interprétations. Les résultats de la physique quantique sont souvent difficiles à se représenter en imagination, mais d'un point de vue conceptuel, ils ne comportent aucune contradiction. Alors qu'un problème métaphysique comme celui du continu et du discontinu comporte une véritable contradiction logique.
Par contre, si par aporie vous entendez un problème insoluble et inévitable alors en voici un : ce qui se passe au-delà du mur de Planck. Aussi le fait qu'on ne puisse connaître à la fois la position et la vitesse d'une particule.
Les interrogations sur ce qui se passe au-delà du mur de Planck (si tant est qu'il s'y passe qqch) relèvent à mon sens de la métaphysique, et non de la science, puisque la méthode expérimentale n'est plus utilisable. Pour ce qui est de votre second point : le problème vient d'une limite technique me semble-t-il (mais s'il y a des spécialistes en physique, je serais ravi de les entendre sur ce point).
J'en ai d'autres si vous voulez : par exemple le fait que la Science ne saura jamais véritablement comment l'Homme est apparu. Oh, elle peut échaffauder des hypothèses (dont la théorie de l'évolution fait partie) mais jamais elle ne pourra les vérifier expérimentalement ni surtout conclure que c'est bien ce qui s'est passé.
C'est plus une question d'histoire (histoire naturelle certes) que de science (nomothétique).
Vous ne pouvez nier que la raison humaine, en métaphysique, est arrivée à des vérités indiscutables.
Si, je le nie, et pour la simple et bonne raison que 2500 ans après l'invention de la métaphysique, on en discute encore, de ses prétendues vérités indiscutables... et que je ne suis pas assez suspicieux pour penser qu'il existe un gigantesque complot satanico-athéistico-fidéistico-libertin pour semer le trouble dans les esprits...
Le problème ce n'est pas qu'il y a des ombres et des incertitudes, c'est qu'il y a des quasi-certitudes dans l'autre sens. Ainsi, l'observation des corrélations entre les dégradations de l'état cérébral et les dégradations de l'état mental rend fortement probable la thèse suivante : si le cerveau est entièrement détruit, alors l'esprit est entièrement détruit (vous noterez que je n'ai même pas besoin de faire une hypothèse moniste pour faire cette conjecture très plausible). Bien sûr, ce n'est pas une certitude. Mais c'est très hautement probable (scientifiquement parlant).
Les « quasi certitudes » dont vous parlez ne prouvent rien de ce que voulez qu’elles prouvent. Il ne s’agit que de votre interprétation fort discutable.
Quels sont vos arguments ?
D’ailleurs, je trouve assez confusant que vous parliez de « quasi certitude » au début pour ensuite dire qu'il s'agit d’une chose seulement « probable », et finir par reconnaître ce n’est assurément pas une certitude.
Si c'est une quasi-certitude, c'est donc que ce n'est pas une certitude. Je ne vois pas où est le problème. Et puis je n'ai pas dit que c'était seulement probable, j'ai dit que c'était très hautement probable, ce qui revient à dire que c'est une quasi-certitude (mais je n'aime pas faire trop de répétitions donc je varie mon vocabulaire).
Bref, dans le cas que vous soulevez, la seule certitude est d’ordre expérimental : la dégradation du cerveau a des conséquences sur le psychisme et l’intelligence. Soit, c’est un fait irrécusable.
Et c'est déjà pas si mal, non ? On se base sur l'expérience, non seulement en science, mais dans la vie de tous les jours. Vous prendrait-il l'idée, en voyant un platane au bord d'une route, de spéculer qu'en fait non, ce n'est pas un platane, mais un extraterrestre d'une civilisation si avancée qu'elle maîtrise parfaitement l'art du camouflage en platane ? Non, si quelque chose ressemble fortement à un platane, vous en conclurez que c'est un platane, jusqu'à preuve du contraire. De même, s'il semble bien que l'esprit est détruit lorsque le cerveau est détruit, il faut en conclure que l'esprit est bel et bien détruit lorsque le cerveau est détruit, jusqu'à preuve du contraire.
Est-ce que cela vous autorise à conclure que l’âme n’existe pas ?
Cela m'autorise à conclure provisoirement et avec humilité.
Hé bien non. Il serait facile de multiplier les analogies pour vous montrer que votre conclusion n'est en aucun cas celle qui s'impose.
De même, on pourrait multiplier les analogies pour vous montrer que votre conclusion "ceci est un platane", en pointant du doigt quelque chose qui ressemble à un platane, n'est en aucun cas celle qui s'impose.
Vous commettez une double erreur. Premièrement en disant que vous reconnaissez sans peine que l’explication d’un phénomène puisse être surnaturelle (vous avez déjà fait la preuve sur ce forum que vous acceptiez toutes les explications d’un phénomène SAUF celle du surnaturel).
Vous confondez la métaphysique et l'épistémologie. Si une dimension spirituelle existe, et si cette dimension intervient dans le cours des choses matérielles, pour mettons faire apparaître une rose, alors l'explication
réelle de la présence de cette rose sera bien une explication surnaturelle. Cela n'implique pas que cette explication me soit accessible. Et c'est pourquoi, pour un phénomène particulier, je n'accepte pas les explications surnaturelles : pas parce que ces explications seraient métaphysiquement fausses, mais parce qu'elles sont épistémologiquement infécondes et non-inférables du phénomène considéré.
Deuxièmement en disant que la méthode scientifique sera à jamais incapable de le savoir. Car par méthode scientifique, vous entendez la méthode expérimentale propre aux sciences dites « dures » ce qui est une limite que vous posez vous-même à la science et au vaste de champ de la connaissance humaine. Sauf que, comme je le disais plus haut, il existe d’autres sciences dont la méthode se fonde sur le témoignage. Ainsi, le témoignage est parfaitement accessible à la connaissance rationnelle et scientifique.
Voir plus haut.
Prenons un exemple pour étayer mon propos : le miracle de Calanda. Voilà un jeune homme dont la jambe fut amputée, et qui 3 ans plus tard la recouvra. Durant ces 3 années, des milliers de personnes – dont les médecins ayant pratiqué l’amputation, sa famille, ses amis, les personnes de son village, de parfaits étrangers, etc. – purent savoir avec certitude que ce jeune homme avait bien perdu sa jambe. Une fois le phénomène extraordinaire s’étant produit, ce sont alors autant de personnes qui purent témoigner qu’il s’agissait bien du même homme et qu’il y a encore peu, il était amputé d’une de ses jambes. Sachant de façon certaine qu’aucune jambe humaine ne saurait repousser, et encore moins être rattachée à son propriétaire 3 ans après l’amputation, et sachant également que la masse absolument concordante des témoignages ne laisse échapper aucun son discordant, on est en droit de conclure d’une façon tout à fait rationnelle (et scientifique, même si ce n’est pas au sens des sciences dures) que le phénomène est non seulement avéré mais aussi inexplicable selon la Science et donc miraculeux.
Combien a-t-on de sources différentes, indépendantes et de première main, à l'appui de ce "miracle" ?
Bien cordialement,
Mikaël