par archi » sam. 16 avr. 2011, 7:06
Eriluc a écrit :archi a écrit : Maintenant, ne placez pas vous-même les "règles de fonctionnement" de l'Eglise au-dessus de la Tradition de l'Eglise ?
Ce sont les règles de fonctionnement hiérarchiques et collégiales de notre Sainte Mère l'Eglise qui ont constitué pendant 20 siècles la tradition. (Re)lisez l'Enchiridion Symbolorum, (Denzinger) pour vous en convaincre.
Les règles de fonctionnement hiérarchiques ne sont tout de même pas la Tradition avec un grand 'T'! Même si certaines choses de base en font évidemment partie: autorité du Pape, autorité des évêques réunis.
Ceci dit, ce dont on parle ici, c'est l'autorité du Pape, puisque toutes les réformes liturgiques récentes sujettes à caution, et les 2 plus grosses en particulier (1955, 1969), ont été imposées par la seule autorité des Papes (ne parlons pas de Vatican II puisque ce que ce Concile a ordonné n'a pas été respecté). Cette autorité fait certes partie de la Tradition avec un 'T'... mais elle n'est pas au-dessus! Vatican I l'a clairement enseigné... elle est à son service pour la conserver.
En ce qui concerne les rites liturgiques, donc vous reconnaissez plus bas qu'ils constituent une source de la Foi, ils font partie de la Tradition avec un 'T', ils ont évolué au cours du temps de façon organique, sans changements spectaculaires, même s'il y a eu des points plus importants comme l'hybridation du rite romain avec des éléments du rite des Gaules aux VIII/IXe Siècles (ce qu'on a appelé le rite "romano-franc" qui est très proche du missel de St Pie V). Au contraire, quand un Pape se permet d'interdire du jour au lendemain ce qui était sacré la veille, pour y substituer une liturgie largement réinventée sur le moment, c'est un peu comme si les doctrines enseignées avec autorité la veille devenaient interdites. C'est une Eglise qui se coupe de son passé. C'est pourquoi on ne peut en aucun cas considérer de tels changements comme légitimes, même signés par un Pape.
archi a écrit : Les véritables changements, dans une liturgie "vivante", se font comme dans un organisme vivant: lentement et très progressivement, surtout quand la liturgie est arrivée à ce qu'on peut appeler la maturité. Ainsi se transmet la foi de l'Eglise.
Au contraire, quand on se rend compte à quel point les réformateurs de la période 55-69 ont tout réécrit en fonction de leur sensibilité théologique propre (et parfois suspecte d'ailleurs), on ne peut que conclure que la liturgie romaine moderne est une liturgie aseptisée, édulcorée, qui ne représente que la théologie d'une époque (qui n'est pas une époque de foi particulièrement grande, qui plus est!) et pas celle des 20 siècles précédents et elle-même fondée sur la liturgie de l'Ancienne Alliance.
Pure conjecture et opinions sans fondement.
Mon opinion sur la liturgie "vivante" est entre autres celle exprimée par le Cardinal Ratzinger dans ses ouvrages, l'Esprit de la Liturgie notamment. Mon opinion sur les réformes de 1955 à 69... il suffit de swe renseigner sur ce qui a été fait et sur les justifications mêmes qu'en ont donné les réformateurs. Renseignez-vous si vous en doutez. Pour la réforme de 1955, j'ai donné les liens tout récemment, j'en redonne un ici:
http://disputationes.over-blog.com/arti ... 64895.html
archi a écrit : Chercher à revenir à ce qui a été perdu, à en retrouver le sens, c'est plus "restaurateur" que "conservateur", c'est aussi revenir à la source. Tout le contraire d'une attitude figée et rigide...
Ce qui a été perdu dans toutes ces controverses liturgiques est sa finalité : la prière.
Peut-être. Mais certain quand on voit ce que certains ont fait de la liturgie réformée, et qui n'a plus rien de priant...
Mais n'est-ce-pas là un argument à charge contre le fait même de la réforme liturgique? Pour le reste, j'aimerais juste qu'on arrête de prétendre qu'on n'a pas le droit de critiquer le missel actuel (comme ça a été dit dans ce fil, pas par vous) ou que la volonté de conserver la liturgie traditionnelle est de la "rigidité"... La pacification n'est pas possible si on n'est pas capable de reconnaître les erreurs et les fautes qui ont été commises et d'en tirer les conséquences pour l'avenir.
In Xto,
archi.
[quote="Eriluc"][quote="archi"] Maintenant, ne placez pas vous-même les "règles de fonctionnement" de l'Eglise au-dessus de la Tradition de l'Eglise ?[/quote] Ce sont les règles de fonctionnement hiérarchiques et collégiales de notre Sainte Mère l'Eglise qui ont constitué pendant 20 siècles la tradition. (Re)lisez l'Enchiridion Symbolorum, (Denzinger) pour vous en convaincre.[/quote]
Les règles de fonctionnement hiérarchiques ne sont tout de même pas la Tradition avec un grand 'T'! Même si certaines choses de base en font évidemment partie: autorité du Pape, autorité des évêques réunis.
Ceci dit, ce dont on parle ici, c'est l'autorité du Pape, puisque toutes les réformes liturgiques récentes sujettes à caution, et les 2 plus grosses en particulier (1955, 1969), ont été imposées par la seule autorité des Papes (ne parlons pas de Vatican II puisque ce que ce Concile a ordonné n'a pas été respecté). Cette autorité fait certes partie de la Tradition avec un 'T'... mais elle n'est pas au-dessus! Vatican I l'a clairement enseigné... elle est à son service pour la conserver.
En ce qui concerne les rites liturgiques, donc vous reconnaissez plus bas qu'ils constituent une source de la Foi, ils font partie de la Tradition avec un 'T', ils ont évolué au cours du temps de façon organique, sans changements spectaculaires, même s'il y a eu des points plus importants comme l'hybridation du rite romain avec des éléments du rite des Gaules aux VIII/IXe Siècles (ce qu'on a appelé le rite "romano-franc" qui est très proche du missel de St Pie V). Au contraire, quand un Pape se permet d'interdire du jour au lendemain ce qui était sacré la veille, pour y substituer une liturgie largement réinventée sur le moment, c'est un peu comme si les doctrines enseignées avec autorité la veille devenaient interdites. C'est une Eglise qui se coupe de son passé. C'est pourquoi on ne peut en aucun cas considérer de tels changements comme légitimes, même signés par un Pape.
[quote][quote="archi"] Les véritables changements, dans une liturgie "vivante", se font comme dans un organisme vivant: lentement et très progressivement, surtout quand la liturgie est arrivée à ce qu'on peut appeler la maturité. Ainsi se transmet la foi de l'Eglise.
Au contraire, quand on se rend compte à quel point les réformateurs de la période 55-69 ont tout réécrit en fonction de leur sensibilité théologique propre (et parfois suspecte d'ailleurs), on ne peut que conclure que la liturgie romaine moderne est une liturgie aseptisée, édulcorée, qui ne représente que la théologie d'une époque (qui n'est pas une époque de foi particulièrement grande, qui plus est!) et pas celle des 20 siècles précédents et elle-même fondée sur la liturgie de l'Ancienne Alliance. [/quote]
Pure conjecture et opinions sans fondement.[/quote]
Mon opinion sur la liturgie "vivante" est entre autres celle exprimée par le Cardinal Ratzinger dans ses ouvrages, l'Esprit de la Liturgie notamment. Mon opinion sur les réformes de 1955 à 69... il suffit de swe renseigner sur ce qui a été fait et sur les justifications mêmes qu'en ont donné les réformateurs. Renseignez-vous si vous en doutez. Pour la réforme de 1955, j'ai donné les liens tout récemment, j'en redonne un ici:
[url]http://disputationes.over-blog.com/article-liturgie-de-la-semaine-sainte-70964895.html[/url]
[quote][quote="archi"] Chercher à revenir à ce qui a été perdu, à en retrouver le sens, c'est plus "restaurateur" que "conservateur", c'est aussi revenir à la source. Tout le contraire d'une attitude figée et rigide...[/quote]
Ce qui a été perdu dans toutes ces controverses liturgiques est sa finalité : la prière.[/quote]
Peut-être. Mais certain quand on voit ce que certains ont fait de la liturgie réformée, et qui n'a plus rien de priant...
Mais n'est-ce-pas là un argument à charge contre le fait même de la réforme liturgique? Pour le reste, j'aimerais juste qu'on arrête de prétendre qu'on n'a pas le droit de critiquer le missel actuel (comme ça a été dit dans ce fil, pas par vous) ou que la volonté de conserver la liturgie traditionnelle est de la "rigidité"... La pacification n'est pas possible si on n'est pas capable de reconnaître les erreurs et les fautes qui ont été commises et d'en tirer les conséquences pour l'avenir.
In Xto,
archi.