par Pneumatis » mer. 04 mai 2011, 21:29
A dire vrai, on se fiche qui les a écrit : ce qui est important c'est qui les a composé. La transmission orale étant très fidèle, on se fiche un peu de qui en fut le simple "copiste". Et je suis désolé, mais oui : les apôtres, dont c'était l'un des rôles principaux (Eglise enseignante, premiers évêques) sont les compositeurs des évangiles canoniques.
- Levy, dit Mathieu, ancien publicain et apôtre, sans doute responsable de la transmission de la bonne nouvelle à la communauté qui se formait à Jérusalem, est très vraisemblablement l'auteur de l'évangile qui porte son nom. On est en droit de supposer, compte-tenu de la hiérarchie instituée par Jésus (Pierre, Jacques et Jean avaient sans aucun doute la primauté magistérielle, ils étaient les piliers), que Jacques le majeur a délégué sa pleine autorité à Levy/Mathieu pour cela, avant de partir évangéliser en direction de l'Espagne.
- Marc, proche de Pierre et interprète de l'apôtre, a très vraisemblablement été chargé de fixer le kérygme de Pierre.
- Luc, proche accompagnateur de Paul, et sans doute en partie sa voix ou sa plume (Paul disait être un piètre orateur), a fixé un évangile entre autre constitué d'une composition extrêmement structurée telle que seul un juif parfaitement formé à la composition orale (comme on le faisait à l'école de Gamaliel) pouvait le faire : on y trouve donc le kérygme de Paul. Auquel s'ajoute les compositions de la Sainte Vierge Marie, Mère du Seigneur, sur l'enfance. La question majeure, au niveau de la transmission, ici, c'est de savoir de qui Paul a reçu son enseignement. On suppose très sérieusement qu'il s'absente pendant 3 ans en Arabie, entre son baptême à Damas et son retour à Jérusalem, ce qui correspond au temps de réception de l'évangile (Jésus a enseigné pendant 3 ans) et qui a du lui permettre d'en faire son propre kérygme. On sait également par les Actes des apôtres que son retour à Jérusalem a pour effet de faire valider son kérygme par les piliers : il y rencontre au moins Pierre pour cela. Un des mystère c'est de savoir qui fut le maillon transmettant à Paul l'évangile : Ananias ? Barnabé ? Il n'est pas exclu qu'il l'ait reçu directement par inspiration comme semble l'indiquer le premier chapitre de son épitre aux Galates.
- Jean, la tradition a toujours considéré l'apôtre comme l'auteur de cet évangile, lequel s'articule d'ailleurs merveilleusement avec l'évangile de Marc (de Pierre, donc) en un témoignage à deux voix tel qu'il était pratiqué, et tels que les évangiles nous relatent en filigrane la pratique, notamment par le duo Pierre et Jean.
Je sais que l'exégèse moderne ne va pas dans ce sens, mais l'exégèse moderne dit aussi un bon paquet d'âneries, et on peut remercier Benoit XVI de nous inviter depuis le début de son pontificat à faire du ménage là-dedans. Je vous invite à vous procurer les travaux du Père Frédéric Guigain, invité sur ce forum il y a quelques temps, spécialiste de l'oralité, et ceux de Pierre Perrier sur la transmission des évangiles. Vous y trouverez là, a contrario de l'exégèse moderne, une exégèse qui a du sens, et qui ne considère pas a priori tout l'acquis des pères de l'Eglise, et les antiques traditions (orientale, copte, etc...) comme des inventions de demeurés.
A dire vrai, on se fiche qui les a écrit : ce qui est important c'est qui les a composé. La transmission orale étant très fidèle, on se fiche un peu de qui en fut le simple "copiste". Et je suis désolé, mais oui : les apôtres, dont c'était l'un des rôles principaux (Eglise enseignante, premiers évêques) sont les compositeurs des évangiles canoniques.
- Levy, dit Mathieu, ancien publicain et apôtre, sans doute responsable de la transmission de la bonne nouvelle à la communauté qui se formait à Jérusalem, est très vraisemblablement l'auteur de l'évangile qui porte son nom. On est en droit de supposer, compte-tenu de la hiérarchie instituée par Jésus (Pierre, Jacques et Jean avaient sans aucun doute la primauté magistérielle, ils étaient les piliers), que Jacques le majeur a délégué sa pleine autorité à Levy/Mathieu pour cela, avant de partir évangéliser en direction de l'Espagne.
- Marc, proche de Pierre et interprète de l'apôtre, a très vraisemblablement été chargé de fixer le kérygme de Pierre.
- Luc, proche accompagnateur de Paul, et sans doute en partie sa voix ou sa plume (Paul disait être un piètre orateur), a fixé un évangile entre autre constitué d'une composition extrêmement structurée telle que seul un juif parfaitement formé à la composition orale (comme on le faisait à l'école de Gamaliel) pouvait le faire : on y trouve donc le kérygme de Paul. Auquel s'ajoute les compositions de la Sainte Vierge Marie, Mère du Seigneur, sur l'enfance. La question majeure, au niveau de la transmission, ici, c'est de savoir de qui Paul a reçu son enseignement. On suppose très sérieusement qu'il s'absente pendant 3 ans en Arabie, entre son baptême à Damas et son retour à Jérusalem, ce qui correspond au temps de réception de l'évangile (Jésus a enseigné pendant 3 ans) et qui a du lui permettre d'en faire son propre kérygme. On sait également par les Actes des apôtres que son retour à Jérusalem a pour effet de faire valider son kérygme par les piliers : il y rencontre au moins Pierre pour cela. Un des mystère c'est de savoir qui fut le maillon transmettant à Paul l'évangile : Ananias ? Barnabé ? Il n'est pas exclu qu'il l'ait reçu directement par inspiration comme semble l'indiquer le premier chapitre de son épitre aux Galates.
- Jean, la tradition a toujours considéré l'apôtre comme l'auteur de cet évangile, lequel s'articule d'ailleurs merveilleusement avec l'évangile de Marc (de Pierre, donc) en un témoignage à deux voix tel qu'il était pratiqué, et tels que les évangiles nous relatent en filigrane la pratique, notamment par le duo Pierre et Jean.
Je sais que l'exégèse moderne ne va pas dans ce sens, mais l'exégèse moderne dit aussi un bon paquet d'âneries, et on peut remercier Benoit XVI de nous inviter depuis le début de son pontificat à faire du ménage là-dedans. Je vous invite à vous procurer les travaux du Père Frédéric Guigain, invité sur ce forum il y a quelques temps, spécialiste de l'oralité, et ceux de Pierre Perrier sur la transmission des évangiles. Vous y trouverez là, a contrario de l'exégèse moderne, une exégèse qui a du sens, et qui ne considère pas a priori tout l'acquis des pères de l'Eglise, et les antiques traditions (orientale, copte, etc...) comme des inventions de demeurés.