par steph » jeu. 12 mai 2011, 15:47
Quel débat intéressant!
Je n'ai pas plus d'arguments qu'Archi pour affirmer l'unité du Triduum, mais en le comparant à la "Messe qui prend son temps", vous dépassez, il me semble la pensée d'Archi qui est aussi la mienne et que j'ai évoquée plus haut pour parler de l'obligation du Vendredi Saint.
D'un point de vue chronologique, il est évident, qu'il y a eu développement que le triduum n’est pas né d’un coup, en conséquence de quoi chacune des célébrations du triduum a son ‘autonomie’ propre: Archi n'a jamais voulu dire que la somme de tout cela était comme la somme des éléments de la messe qui prend son temps, comme si on pouvait dire : « là le rite pénitentiel (prières au bas de l’autel) » ; « là liturgie de la Parole », « là Consécration », etc. Mais il est évident que ces différentes célébrations, des ténèbres du Jeudi à la Messe de Pâques, ont des liens évidents entres elles: c'est en fait le ... mystère pascal (hé oui) qui est célébré de manière déployée: il est question de s'associer à la détresse du Christ, à l'offrande qu'il fait de lui-même, etc. On vit « en temps réel » les événements du mystère pascal : voilà ce qui fait que la totalité des trois jours saints (qui dans certains pays sont fériés) est une seule célébration : la longueur des offices aide à se le représenter, il n’est pas impossible d’avoir l’impression de « passer sa journée à l’oratoire/ à l’église » on ne s’en retire que parce que la faiblesse humaine n’est capable ni de passer 72 heures non-stop à prier vocalement ni de suivre avec profit une liturgie continue : il faut le temps de la digestion, le temps du silence…
Les Heures royales du vendredi saint, chez les Byzantins, nous montrent Jésus aux différentes « heures » de sa Passion, on y lit une prophétie, une épître et un évangile…
Chaque office a donc sa cohérence et, pour les Messes (au sens strict) leur autonomie (puisque dans la Messe, tout le mystère du Salut est célébré (dans un temps record !)) mais le triduum n’est triduum que parce qu’il fait un tout… Notez que les offices ne s’introduisent pas (pas de Deus in adjutorium) et commencent de manière abrupte : cela ne me semble pas exclure la conception de célébration ininterrompue, même si le sens de cette non-introduction est sans doute prioritairement de marquer le bouleversement et le deuil de l’Eglise…
Quel débat intéressant!
Je n'ai pas plus d'arguments qu'Archi pour affirmer l'unité du Triduum, mais en le comparant à la "Messe qui prend son temps", vous dépassez, il me semble la pensée d'Archi qui est aussi la mienne et que j'ai évoquée plus haut pour parler de l'obligation du Vendredi Saint.
D'un point de vue chronologique, il est évident, qu'il y a eu développement que le triduum n’est pas né d’un coup, en conséquence de quoi chacune des célébrations du triduum a son ‘autonomie’ propre: Archi n'a jamais voulu dire que la somme de tout cela était comme la somme des éléments de la messe qui prend son temps, comme si on pouvait dire : « là le rite pénitentiel (prières au bas de l’autel) » ; « là liturgie de la Parole », « là Consécration », etc. Mais il est évident que ces différentes célébrations, des ténèbres du Jeudi à la Messe de Pâques, ont des liens évidents entres elles: c'est en fait le ... mystère pascal (hé oui) qui est célébré de manière déployée: il est question de s'associer à la détresse du Christ, à l'offrande qu'il fait de lui-même, etc. On vit « en temps réel » les événements du mystère pascal : voilà ce qui fait que la totalité des trois jours saints (qui dans certains pays sont fériés) est une seule célébration : la longueur des offices aide à se le représenter, il n’est pas impossible d’avoir l’impression de « passer sa journée à l’oratoire/ à l’église » on ne s’en retire que parce que la faiblesse humaine n’est capable ni de passer 72 heures non-stop à prier vocalement ni de suivre avec profit une liturgie continue : il faut le temps de la digestion, le temps du silence…
Les Heures royales du vendredi saint, chez les Byzantins, nous montrent Jésus aux différentes « heures » de sa Passion, on y lit une prophétie, une épître et un évangile…
Chaque office a donc sa cohérence et, pour les Messes (au sens strict) leur autonomie (puisque dans la Messe, tout le mystère du Salut est célébré (dans un temps record !)) mais le triduum n’est triduum que parce qu’il fait un tout… Notez que les offices ne s’introduisent pas (pas de Deus in adjutorium) et commencent de manière abrupte : cela ne me semble pas exclure la conception de célébration ininterrompue, même si le sens de cette non-introduction est sans doute prioritairement de marquer le bouleversement et le deuil de l’Eglise…