par Zborg » jeu. 26 juil. 2012, 0:52
Merci à tous, je vais regarder cela ...
Et voici un extrait du mien pour la peine:
" Aucune vie de Jésus, fût-elle écrite par le plus grand écrivain de génie qui ait jamais existé, ne saurait être plus belle et plus parfaite que les Évangiles. La candide sobriété des quatre premiers historiens, toutes les merveilles du style et de la poésie ne pourront jamais la surpasser. Et nous pouvons ajouter bien peu de choses à ce que les Évangiles ont dit.
(...)
L'auteur de ce livre a eu l'impression (...) que parmi tous ces milliers de livres qui racontent Jésus il en manque un capable de satisfaire celui qui ne cherche pas des contre-preuves dogmatiques ou des ergoteries de savantasse, mais une nourriture appropriée pour l'âme, pour les besoins de l'époque et de tout un chacun.
Il veut dire un livre vivant, qui rende avec une amoureuse vivacité le Christ, le toujours vivant, plus vivant aux yeux des vivants. Qui le fasse sentir présent, d'une éternelle présence, aux présents. Qui le représente dans toute sa grandeur vivante et présente (...) à ceux qui l'ont bafoué et rejeté, à ceux qui ne l'aiment pas parce qu'ils n'ont jamais vu son véritable visage. Qui manifeste ce qu'il y a de surnaturel et de symbolique dans ses débuts obscurs et populaires, et l'humanité familière, la simplicité populaire qui transparaît même dans sa tâche de libérateur céleste, de supplicié et de ressuscité divin. Qui montre, enfin, dans cette épopée tragique à laquelle ont vraiment mis la main le ciel et la terre, combien d'enseignements adaptés à notre époque, à notre vie, on peut tirer de cette succession d'évènements qui va de l'étable de Bethléem au nuage de Béthanie.
(...)
L'auteur n'a pas voulu donner dans le guêpier de la haute critique érudite; il n'a pas non plus voulu s'attarder aux mystères de la théologie. Il s' est approché de Jésus avec la simplicité du désir et de l'amour, comme les pêcheurs de Capernaüm- encore plus ignorants, heureusement, que lui- s'approchaient de Jésus qui parlait.
Tout en demeurant fidèle aux paroles de la Révélation et aux dogmes de l’Église catholique, il s'est efforcé, parfois, de (re)présenter ces dogmes et ces paroles d'une manière différente de la manière habituelle, dans un style violent, fait d'oppositions et de raccourcis, ravivé par des termes crus et batailleurs, pour voir si les âmes d'aujourd'hui, accoutumées aux piments de l'erreur, pourraient se réveiller aux coups de la vérité.
Si ce livre a, en certaines pages, l'allure d'une prédication, ce ne sera pas un grand mal. De notre temps, aux prêches des églises, (...) ne vont plus guère que les femmes et quelques vieillards, et il faut penser aux autres. Aux je-sais-tout, aux "intellectuels", aux raffinés, à ceux qui n'entrent jamais dans une église mais qui entrent quelquefois dans une librairie. Ceux-là ne voudraient pour rien au monde écouter le sermon d'un moine, mais ils daignent le lire s'il est imprimé dans un livre. Et le présent livre, encore une fois, est écrit spécialement pour ceux qui sont hors de la Maison du Christ; les autres, ceux qui sont restés dedans, unis aux héritiers des apôtres, n'ont pas besoin de ses paroles.
Une histoire du Christ, aujourd'hui, est une réponse, une riposte nécessaire, une conclusion inévitable: le poids qu'on met dans le plateau vide de la balance, afin que de l'éternelle guerre entre la haine et l'amour résulte au moins l'équilibre de la justice.(...)Le christianisme n'est pas une antiquaille désormais assimilée, dans ce qu'elle avait de bon, par la prodigieuse et imperfectible conscience moderne mais il est, pour beaucoup, neuf au point de n'avoir pas même commencé. Le monde, aujourd'hui, cherche la paix plus que la liberté, et il n'est de paix sûre que sous le joug du Christ."
Giovanni Papini, Histoire du Christ [introduction] - 1921
Merci à tous, je vais regarder cela ...
Et voici un extrait du mien pour la peine:
" Aucune vie de Jésus, fût-elle écrite par le plus grand écrivain de génie qui ait jamais existé, ne saurait être plus belle et plus parfaite que les Évangiles. La candide sobriété des quatre premiers historiens, toutes les merveilles du style et de la poésie ne pourront jamais la surpasser. Et nous pouvons ajouter bien peu de choses à ce que les Évangiles ont dit.
(...)
L'auteur de ce livre a eu l'impression (...) que parmi tous ces milliers de livres qui racontent Jésus il en manque un capable de satisfaire celui qui ne cherche pas des contre-preuves dogmatiques ou des ergoteries de savantasse, mais une nourriture appropriée pour l'âme, pour les besoins de l'époque et de tout un chacun.
Il veut dire un livre vivant, qui rende avec une amoureuse vivacité le Christ, le toujours vivant, plus vivant aux yeux des vivants. Qui le fasse sentir présent, d'une éternelle présence, aux présents. Qui le représente dans toute sa grandeur vivante et présente (...) à ceux qui l'ont bafoué et rejeté, à ceux qui ne l'aiment pas parce qu'ils n'ont jamais vu son véritable visage. Qui manifeste ce qu'il y a de surnaturel et de symbolique dans ses débuts obscurs et populaires, et l'humanité familière, la simplicité populaire qui transparaît même dans sa tâche de libérateur céleste, de supplicié et de ressuscité divin. Qui montre, enfin, dans cette épopée tragique à laquelle ont vraiment mis la main le ciel et la terre, combien d'enseignements adaptés à notre époque, à notre vie, on peut tirer de cette succession d'évènements qui va de l'étable de Bethléem au nuage de Béthanie.
(...)
L'auteur n'a pas voulu donner dans le guêpier de la haute critique érudite; il n'a pas non plus voulu s'attarder aux mystères de la théologie. Il s' est approché de Jésus avec la simplicité du désir et de l'amour, comme les pêcheurs de Capernaüm- encore plus ignorants, heureusement, que lui- s'approchaient de Jésus qui parlait.
Tout en demeurant fidèle aux paroles de la Révélation et aux dogmes de l’Église catholique, il s'est efforcé, parfois, de (re)présenter ces dogmes et ces paroles d'une manière différente de la manière habituelle, dans un style violent, fait d'oppositions et de raccourcis, ravivé par des termes crus et batailleurs, pour voir si les âmes d'aujourd'hui, accoutumées aux piments de l'erreur, pourraient se réveiller aux coups de la vérité.
Si ce livre a, en certaines pages, l'allure d'une prédication, ce ne sera pas un grand mal. De notre temps, aux prêches des églises, (...) ne vont plus guère que les femmes et quelques vieillards, et il faut penser aux autres. Aux je-sais-tout, aux "intellectuels", aux raffinés, à ceux qui n'entrent jamais dans une église mais qui entrent quelquefois dans une librairie. Ceux-là ne voudraient pour rien au monde écouter le sermon d'un moine, mais ils daignent le lire s'il est imprimé dans un livre. Et le présent livre, encore une fois, est écrit spécialement pour ceux qui sont hors de la Maison du Christ; les autres, ceux qui sont restés dedans, unis aux héritiers des apôtres, n'ont pas besoin de ses paroles.
Une histoire du Christ, aujourd'hui, est une réponse, une riposte nécessaire, une conclusion inévitable: le poids qu'on met dans le plateau vide de la balance, afin que de l'éternelle guerre entre la haine et l'amour résulte au moins l'équilibre de la justice.(...)Le christianisme n'est pas une antiquaille désormais assimilée, dans ce qu'elle avait de bon, par la prodigieuse et imperfectible conscience moderne mais il est, pour beaucoup, neuf au point de n'avoir pas même commencé. Le monde, aujourd'hui, cherche la paix plus que la liberté, et il n'est de paix sûre que sous le joug du Christ."
Giovanni Papini, Histoire du Christ [introduction] - 1921