par Romanus » ven. 15 mars 2013, 19:30
Trois documents :
1)
http://www.alterinfos.org/spip.php?article5975
Dans une déclaration en date du 27 avril 1996, les évêques argentins avaient fait un premier pas pour exprimer leur repentir sur l’attitude adoptée par des « fils de l’Église » pendant les années de dictature (1976-1983) (cf. DIAL D 2073). Le 8 septembre 2000, à l’occasion de l’ouverture du Congrès eucharistique national, a été lu publiquement un texte de demande de pardon en huit points, approuvé par la Commission permanente de l’épiscopat. Nous publions ci-dessous intégralement les points IV, V, VII, VIII de cette déclaration. C’est le point V, qui traite particulièrement des fautes commises contre les droits humains au temps de la dictature, qui a particulièrement retenu l’attention. Certains ont vu dans ce texte un véritable virage opéré par l’épiscopat, d’autres, tout en reconnaissant l’aspect positif de la déclaration, sont beaucoup plus réservés. Il est certain que de tels propos ne peuvent être évalués que si on les réfère effectivement à la gravité de la complicité de l’immense majorité de l’épiscopat argentin. Selon Emilio F. Mignone, sur les quatre-vingts évêques composant alors le corps épiscopal argentin, seulement quatre ont eu « une attitude de franche opposition aux violations des droits de l’homme commises par le régime terroriste » [1].
(...)
V. Confession des péchés contre les droits humains
(...)
Nous te demandons pardon pour les silences dont nous sommes responsables et pour la participation effective de beaucoup de tes enfants à tant de désaccords politiques, à l’atteinte portée aux libertés, à la torture et à la délation, à la persécution politique et à l’intransigeance idéologique, aux luttes, aux guerres et à la mort absurde qui ont ensanglanté notre pays.
Dial – Diffusion de l’information sur l’Amérique latine – D 2271.
- Traduction Dial.
- Source (espagnol) : Congrès eucharistique national, septembre 2000.
En cas de reproduction, mentionner au moins les auteurs, la source française (Dial -
http://www.dial-infos.org) et l’adresse internet de l’article.
[1] Les disparus d’Argentine, Cerf, Paris, 1990, p. 46. On pourra aussi se reporter au livre de l’ancien directeur de DIAL, Ch. Antoine, L’Église d’Amérique latine au temps de la guerre froide, Cerf, Paris, 1999 (NdT).
2)
http://infocatho.cef.fr/fichiers_html/a ... rlatd.html
2005-08-06 - Argentine
ASSASSINÉS DURANT LA DICTATURE.
L’archevêque de Buenos Aires a autorisé l’ouverture du processus de canonisation de trois prêtres et de deux séminaristes assassinés en 1976 lors de la dictature qui a duré jusqu’en 1983.
La décision du cardinal Jorge Mario Bergoglio est qualifiée “d’historique” par le quotidien ‘Clarín’ . Ce journal parle de “tournant de l’épiscopat argentin”, qui le 22 juillet dernier avait déjà concédé une sépulture dans l’église à deux “Mères de Plaza de Mayo”, Esther Ballestrino Careaga et Maria Ponce de Bianco, dont les dépouilles avaient été identifiées au début du mois dernier, à 28 ans de leur disparition.
(...)
Les prêtres Pedro Duffau, Alfredo Leaden et Alfredo Kelly et les séminaristes Salvador Barbeito et Emilio Barletti ont été retrouvés morts le 4 juillet 1976 dans la salle commune de la paroisse de Saint Patrice, portant de nombreuses blessures faites par des armes à feu. La magistrature n’a jamais identifié les coupables, mais selon certaines dépositions recueillies par la police, il s’agirait d’agents de l’Esma, l’école de mécanique de la Marine, à l’époque centre de détention clandestin.
Également dans des circonstances non encore éclaircies, les évêques de La Rioja, Enrique Angelelli, et de San Nicolas, Carlos Ponce de Leon ont été tués; selon le Mouvement œcuménique pour les droits humains, presque un centaine de prêtres et religieux ont été tués ou ont disparu durant la dictature militaire. (source et information : Agence Misna)
3)
http://www.alterinfos.org/spip.php?article854
Le Conférence épiscopale argentine a publié le 11 novembre 2005 une déclaration intitulée La doctrine sociale de l’Eglise. Une lumière pour reconstruire la nation. Dans deux paragraphes, elle s’exprime sur la façon dont certains font référence aujourd’hui au temps de la dictature, parlant à ce sujet de vision manichéenne et biaisée des faits. La vigueur de certaines réactions suffit à montrer à quel point la blessure reste profonde.
(...)
nous avons choisi de publier deux réactions : en premier lieu celle d’Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la Paix, ensuite celle d’Alvaro Pino Coviello, enseignant et journaliste.
(...)
La réplique d’Adolfo Pérez Esquivel
(...)
Les frères évêques argentins, jusqu’à aujourd’hui, ne veulent pas reconnaître comme martyr à Mgr Enrique Angelelli qui a donné sa vie et assumé la Croix du Christ en défendant le peuple et ses prêtres assassinés ; ils ont cherché de bien faibles justifications pour ne pas agir. Nous ne pouvons pas oublier les frères dans la foi et l’engagement, tels que Don Jaime de Nevares, évêque de Neuquén, Jorge Novak, évêque de Quilmes, Miguel Hesayne, évêque de Viedma, Alberto Devoto, évêque de Goya, Vicente Zaspe, archevêque de Santa Fé, Jerónimo Podestá, ancien évêque d’Avellaneda, Justo Oscar Laguna et d’autres qui, depuis le lieu où ils étaient, ont accompagné la lutté pour la vie et la liberté des détenus, hommes et femmes, ont fait connaître les disparus et dénoncé les atrocités commises par la dictature militaire, ont réclamé le droit à un procès équitable, ce qui a été systématiquement refusé par les dictateurs.
(...)
Nous avons un long chemin à parcourir avant de parvenir à l’unité de notre peuple et nous devons faire un grand effort pour y arriver. L’Eglise catholique et les évêques en particulier ont la grande responsabilité de porter le message de l’Evangile qui est vie et libération et d’assumer le défi de trouver les chemins du dialogue pour la paix. Ils doivent apprendre avec humilité à écouter la voix des sans-voix, qui chaque jour réclament le droit à l’égalité.
Buenos Aires, 15 novembre 2005
- Dial – Diffusion d’information sur l’Amérique latine – D 2848.
- Traduction Dial.
En cas de reproduction, mentionner la source francaise (Dial) et l’adresse internet de l’article.
Trois documents :
1) http://www.alterinfos.org/spip.php?article5975
[quote]Dans une déclaration en date du 27 avril 1996, les évêques argentins avaient fait un premier pas pour exprimer leur repentir sur l’attitude adoptée par des « fils de l’Église » pendant les années de dictature (1976-1983) (cf. DIAL D 2073). Le 8 septembre 2000, à l’occasion de l’ouverture du Congrès eucharistique national, a été lu publiquement un texte de demande de pardon en huit points, approuvé par la Commission permanente de l’épiscopat. Nous publions ci-dessous intégralement les points IV, V, VII, VIII de cette déclaration. C’est le point V, qui traite particulièrement des fautes commises contre les droits humains au temps de la dictature, qui a particulièrement retenu l’attention. Certains ont vu dans ce texte un véritable virage opéré par l’épiscopat, d’autres, tout en reconnaissant l’aspect positif de la déclaration, sont beaucoup plus réservés. Il est certain que de tels propos ne peuvent être évalués que si on les réfère effectivement à la gravité de la complicité de l’immense majorité de l’épiscopat argentin. Selon Emilio F. Mignone, sur les quatre-vingts évêques composant alors le corps épiscopal argentin, seulement quatre ont eu « une attitude de franche opposition aux violations des droits de l’homme commises par le régime terroriste » [1].
(...)
V. Confession des péchés contre les droits humains
(...)
Nous te demandons pardon pour les silences dont nous sommes responsables et pour la participation effective de beaucoup de tes enfants à tant de désaccords politiques, à l’atteinte portée aux libertés, à la torture et à la délation, à la persécution politique et à l’intransigeance idéologique, aux luttes, aux guerres et à la mort absurde qui ont ensanglanté notre pays.
Dial – Diffusion de l’information sur l’Amérique latine – D 2271.
- Traduction Dial.
- Source (espagnol) : Congrès eucharistique national, septembre 2000.
En cas de reproduction, mentionner au moins les auteurs, la source française (Dial - http://www.dial-infos.org) et l’adresse internet de l’article.
[1] Les disparus d’Argentine, Cerf, Paris, 1990, p. 46. On pourra aussi se reporter au livre de l’ancien directeur de DIAL, Ch. Antoine, L’Église d’Amérique latine au temps de la guerre froide, Cerf, Paris, 1999 (NdT).
[/quote]
2) http://infocatho.cef.fr/fichiers_html/archives/deuxmilcinqsem/semaine31/25nx31amerlatd.html
[quote]2005-08-06 - Argentine
ASSASSINÉS DURANT LA DICTATURE.
L’archevêque de Buenos Aires a autorisé l’ouverture du processus de canonisation de trois prêtres et de deux séminaristes assassinés en 1976 lors de la dictature qui a duré jusqu’en 1983.
La décision du cardinal Jorge Mario Bergoglio est qualifiée “d’historique” par le quotidien ‘Clarín’ . Ce journal parle de “tournant de l’épiscopat argentin”, qui le 22 juillet dernier avait déjà concédé une sépulture dans l’église à deux “Mères de Plaza de Mayo”, Esther Ballestrino Careaga et Maria Ponce de Bianco, dont les dépouilles avaient été identifiées au début du mois dernier, à 28 ans de leur disparition.
(...)
Les prêtres Pedro Duffau, Alfredo Leaden et Alfredo Kelly et les séminaristes Salvador Barbeito et Emilio Barletti ont été retrouvés morts le 4 juillet 1976 dans la salle commune de la paroisse de Saint Patrice, portant de nombreuses blessures faites par des armes à feu. La magistrature n’a jamais identifié les coupables, mais selon certaines dépositions recueillies par la police, il s’agirait d’agents de l’Esma, l’école de mécanique de la Marine, à l’époque centre de détention clandestin.
Également dans des circonstances non encore éclaircies, les évêques de La Rioja, Enrique Angelelli, et de San Nicolas, Carlos Ponce de Leon ont été tués; selon le Mouvement œcuménique pour les droits humains, presque un centaine de prêtres et religieux ont été tués ou ont disparu durant la dictature militaire. (source et information : Agence Misna)
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3) http://www.alterinfos.org/spip.php?article854
[quote]Le Conférence épiscopale argentine a publié le 11 novembre 2005 une déclaration intitulée La doctrine sociale de l’Eglise. Une lumière pour reconstruire la nation. Dans deux paragraphes, elle s’exprime sur la façon dont certains font référence aujourd’hui au temps de la dictature, parlant à ce sujet de vision manichéenne et biaisée des faits. La vigueur de certaines réactions suffit à montrer à quel point la blessure reste profonde.
(...)
nous avons choisi de publier deux réactions : en premier lieu celle d’Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la Paix, ensuite celle d’Alvaro Pino Coviello, enseignant et journaliste.
(...)
[b]La réplique d’Adolfo Pérez Esquivel[/b]
(...)
Les frères évêques argentins, jusqu’à aujourd’hui, ne veulent pas reconnaître comme martyr à Mgr Enrique Angelelli qui a donné sa vie et assumé la Croix du Christ en défendant le peuple et ses prêtres assassinés ; ils ont cherché de bien faibles justifications pour ne pas agir. Nous ne pouvons pas oublier les frères dans la foi et l’engagement, tels que Don Jaime de Nevares, évêque de Neuquén, Jorge Novak, évêque de Quilmes, Miguel Hesayne, évêque de Viedma, Alberto Devoto, évêque de Goya, Vicente Zaspe, archevêque de Santa Fé, Jerónimo Podestá, ancien évêque d’Avellaneda, Justo Oscar Laguna et d’autres qui, depuis le lieu où ils étaient, ont accompagné la lutté pour la vie et la liberté des détenus, hommes et femmes, ont fait connaître les disparus et dénoncé les atrocités commises par la dictature militaire, ont réclamé le droit à un procès équitable, ce qui a été systématiquement refusé par les dictateurs.
(...)
Nous avons un long chemin à parcourir avant de parvenir à l’unité de notre peuple et nous devons faire un grand effort pour y arriver. L’Eglise catholique et les évêques en particulier ont la grande responsabilité de porter le message de l’Evangile qui est vie et libération et d’assumer le défi de trouver les chemins du dialogue pour la paix. Ils doivent apprendre avec humilité à écouter la voix des sans-voix, qui chaque jour réclament le droit à l’égalité.
Buenos Aires, 15 novembre 2005
- Dial – Diffusion d’information sur l’Amérique latine – D 2848.
- Traduction Dial.
En cas de reproduction, mentionner la source francaise (Dial) et l’adresse internet de l’article.
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