Le pape compromis pendant la dictature de Videla?

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Re: Le pape compromis pendant la dictature de Videla?

par etienne lorant » mer. 20 mars 2013, 18:39

Je cite ce texte en entier - il pourrait servir plusieurs fois:

Jorge Mario Bergoglio et la dictature argentine
Mis en ligne le 20/03/2013

Une opinion de Dom Armand Veilleux, père abbé de l’Abbaye N.-D. de Scourmont

Il y a eu pas moins de six coups d’Etat militaires en Argentine durant le vingtième siècle. Le dernier fut celui de 1976-1983. Le 24 mars 1976, les militaires renversent la présidente Maria Estela Martinez de Peron pour établir un processus qu’ils appellent : "Processus de réorganisation nationale" gouverné par une Junte militaire composée de trois généraux (représentant chacune des trois forces : air, terre et mer). Il y aura quatre juntes successives. La première (les généraux Videla, Massera et Agosti) exerça le pouvoir de 1976 à 1980. Videla était considéré comme le "Président".

On était durant la période de la Guerre froide. Les militaires prétendaient défendre le pays contre les dangers du communisme. Ils avaient l’appui des Etats-Unis (sous le président Carter) et au moins une tolérance tacite des pays européens. Comme dans toutes les situations semblables (Chili et, plus tard, Algérie), dans toutes les classes de la société, y compris dans l’Eglise, les uns voyaient cette intervention des militaires comme nécessaire pour "sauver" le pays, et les autres y voyaient une menace contre la démocratie. A l’époque, le nonce apostolique, Pio Laghi (qui sera plus tard nonce apostolique aux USA), jouait régulièrement au tennis avec l’amiral Emilio Eduardo Massera, l’un des trois membres de la junte militaire. Ces militaires au pouvoir commirent bien des crimes qui ne furent connus que plus tard (par exemple le vol des bébés nés en prison).

Pour juger des prises de position de n’importe quelle personne dans ce contexte, il faut tenir compte du caractère totalement confus de la situation. Au moment du début de cette dictature militaire, Jorge Mario Bergoglio ne faisait pas partie de la hiérarchie. Il était le supérieur provincial des jésuites d’Argentine, fonction qu’il avait reçue trois ans plus tôt, en juillet 1973, à l’âge de 36 ans. Alors que parmi les jésuites, certains, surtout ceux qui travaillaient auprès des pauvres, prenaient parti pour les révolutionnaires et d’autres étaient favorables aux militaires comme défenseurs de la nation, le jeune provincial lutta pour conserver l’unité de sa communauté en l’empêchant de se politiser. Dans une telle situation, où personne ne sait exactement quoi faire, chacun fait pour le mieux. Il est facile de juger 30 ou 40 ans plus tard de ce qu’ils auraient pu ou dû faire.

Bergoglio retira de leur mission dans un bidonville deux jeunes jésuites très engagés, un mois avant le coup d’Etat. C’était pour les protéger aussi bien que pour les empêcher de polariser le travail de leurs confrères et probablement pour d’autres raisons que nous ne connaissons pas. Plus tard, ils furent arrêtés par les militaires et torturés. Ils ont toujours prétendu que le fait de les avoir retirés de leur mission indiquait indirectement aux militaires qu’ils étaient des éléments dangereux et que c’est pour cela qu’ils furent arrêtés. D’autres ont prétendu que Bergoglio aurait donné aux militaires les noms de personnes "engagées"; une accusation qui n’a jamais été appuyée d’aucune preuve et qu’il a toujours niée.

J’ai fait personnellement quelques voyages en Argentine et au Chili à cette époque. Je sais comment, au cœur d’une situation confuse, des personnes aussi sincères et aussi intelligentes les unes que les autres perçoivent la même situation de façons très différentes. J’ai trouvé des situations confuses semblables en Bosnie, au début des années’90, et en Algérie puis au Congo à la fin des années’90 et encore jusqu’à aujourd’hui.

Ceux qui n’ont jamais eu à gérer des situations aussi tragiques et aussi confuses devraient avoir la décence de se taire, plutôt que de porter des jugements hautains, 40 ans plus tard.
[+] Texte masqué
http://www.lalibre.be/debats/opinions/a ... ntine.html

Re: Le pape compromis pendant la dictature de Videla?

par PaxetBonum » mar. 19 mars 2013, 17:56

Re: Le pape compromis pendant la dictature de Videla?

par Fée Violine » mar. 19 mars 2013, 16:12

Bon, c'est de plus en plus confirmé : le pape n'a rien fait de mal pendant la dictature. La rumeur qui l'accuse provient des Kirchner, qui essaient de le salir parce qu'il a osé leur résister:
http://www.lavie.fr/religion/lamatinale ... Q.facebook

Re: Le pape compromis pendant la dictature de Videla

par Fée Violine » lun. 18 mars 2013, 20:10

Un lien que j'ai posté sur un autre fil, mais qui a sa place ici:
http://www.aleteia.org/fr/politique/act ... ine-542001
Quelqu'un a déjà cité Adolfo Pérez Esquivel un peu plus haut, mais dans cet article il y a une autre personnalité qui témoigne en faveur de Mgr Bergoglio.

Re: Le pape compromis pendant la dictature de Videla

par levergero78 » dim. 17 mars 2013, 11:10

A juste titre ! C'est le même genre d'attaque calomnieuse et scandaleuse que celle contre Benoit XVI à son arrivée, quand on le traitait de "nazi" parce qu'il avait été enrôlé de force, dans sa jeunesse, dans l'armée allemande...

Il faut traiter ça par le mépris pour et simple...

Re: Le pape compromis pendant la dictature de Videla

par Isabelle47 » sam. 16 mars 2013, 10:45

Le Vatican a formellement rejeté les accusations mensongères dont fait l'objet le Pape François. (Voir informations sur zenith.org d'hier.)

Re: Le pape compromis pendant la dictature de Videla

par Romanus » ven. 15 mars 2013, 19:30

Trois documents :

1) http://www.alterinfos.org/spip.php?article5975
Dans une déclaration en date du 27 avril 1996, les évêques argentins avaient fait un premier pas pour exprimer leur repentir sur l’attitude adoptée par des « fils de l’Église » pendant les années de dictature (1976-1983) (cf. DIAL D 2073). Le 8 septembre 2000, à l’occasion de l’ouverture du Congrès eucharistique national, a été lu publiquement un texte de demande de pardon en huit points, approuvé par la Commission permanente de l’épiscopat. Nous publions ci-dessous intégralement les points IV, V, VII, VIII de cette déclaration. C’est le point V, qui traite particulièrement des fautes commises contre les droits humains au temps de la dictature, qui a particulièrement retenu l’attention. Certains ont vu dans ce texte un véritable virage opéré par l’épiscopat, d’autres, tout en reconnaissant l’aspect positif de la déclaration, sont beaucoup plus réservés. Il est certain que de tels propos ne peuvent être évalués que si on les réfère effectivement à la gravité de la complicité de l’immense majorité de l’épiscopat argentin. Selon Emilio F. Mignone, sur les quatre-vingts évêques composant alors le corps épiscopal argentin, seulement quatre ont eu « une attitude de franche opposition aux violations des droits de l’homme commises par le régime terroriste » [1].
(...)
V. Confession des péchés contre les droits humains
(...)
Nous te demandons pardon pour les silences dont nous sommes responsables et pour la participation effective de beaucoup de tes enfants à tant de désaccords politiques, à l’atteinte portée aux libertés, à la torture et à la délation, à la persécution politique et à l’intransigeance idéologique, aux luttes, aux guerres et à la mort absurde qui ont ensanglanté notre pays.


Dial – Diffusion de l’information sur l’Amérique latine – D 2271.
- Traduction Dial.
- Source (espagnol) : Congrès eucharistique national, septembre 2000.
En cas de reproduction, mentionner au moins les auteurs, la source française (Dial - http://www.dial-infos.org) et l’adresse internet de l’article.

[1] Les disparus d’Argentine, Cerf, Paris, 1990, p. 46. On pourra aussi se reporter au livre de l’ancien directeur de DIAL, Ch. Antoine, L’Église d’Amérique latine au temps de la guerre froide, Cerf, Paris, 1999 (NdT).

2) http://infocatho.cef.fr/fichiers_html/a ... rlatd.html
2005-08-06 - Argentine
ASSASSINÉS DURANT LA DICTATURE.

L’archevêque de Buenos Aires a autorisé l’ouverture du processus de canonisation de trois prêtres et de deux séminaristes assassinés en 1976 lors de la dictature qui a duré jusqu’en 1983.

La décision du cardinal Jorge Mario Bergoglio est qualifiée “d’historique” par le quotidien ‘Clarín’ . Ce journal parle de “tournant de l’épiscopat argentin”, qui le 22 juillet dernier avait déjà concédé une sépulture dans l’église à deux “Mères de Plaza de Mayo”, Esther Ballestrino Careaga et Maria Ponce de Bianco, dont les dépouilles avaient été identifiées au début du mois dernier, à 28 ans de leur disparition.
(...)
Les prêtres Pedro Duffau, Alfredo Leaden et Alfredo Kelly et les séminaristes Salvador Barbeito et Emilio Barletti ont été retrouvés morts le 4 juillet 1976 dans la salle commune de la paroisse de Saint Patrice, portant de nombreuses blessures faites par des armes à feu. La magistrature n’a jamais identifié les coupables, mais selon certaines dépositions recueillies par la police, il s’agirait d’agents de l’Esma, l’école de mécanique de la Marine, à l’époque centre de détention clandestin.

Également dans des circonstances non encore éclaircies, les évêques de La Rioja, Enrique Angelelli, et de San Nicolas, Carlos Ponce de Leon ont été tués; selon le Mouvement œcuménique pour les droits humains, presque un centaine de prêtres et religieux ont été tués ou ont disparu durant la dictature militaire. (source et information : Agence Misna)


3) http://www.alterinfos.org/spip.php?article854
Le Conférence épiscopale argentine a publié le 11 novembre 2005 une déclaration intitulée La doctrine sociale de l’Eglise. Une lumière pour reconstruire la nation. Dans deux paragraphes, elle s’exprime sur la façon dont certains font référence aujourd’hui au temps de la dictature, parlant à ce sujet de vision manichéenne et biaisée des faits. La vigueur de certaines réactions suffit à montrer à quel point la blessure reste profonde.
(...)
nous avons choisi de publier deux réactions : en premier lieu celle d’Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la Paix, ensuite celle d’Alvaro Pino Coviello, enseignant et journaliste.
(...)
La réplique d’Adolfo Pérez Esquivel
(...)
Les frères évêques argentins, jusqu’à aujourd’hui, ne veulent pas reconnaître comme martyr à Mgr Enrique Angelelli qui a donné sa vie et assumé la Croix du Christ en défendant le peuple et ses prêtres assassinés ; ils ont cherché de bien faibles justifications pour ne pas agir. Nous ne pouvons pas oublier les frères dans la foi et l’engagement, tels que Don Jaime de Nevares, évêque de Neuquén, Jorge Novak, évêque de Quilmes, Miguel Hesayne, évêque de Viedma, Alberto Devoto, évêque de Goya, Vicente Zaspe, archevêque de Santa Fé, Jerónimo Podestá, ancien évêque d’Avellaneda, Justo Oscar Laguna et d’autres qui, depuis le lieu où ils étaient, ont accompagné la lutté pour la vie et la liberté des détenus, hommes et femmes, ont fait connaître les disparus et dénoncé les atrocités commises par la dictature militaire, ont réclamé le droit à un procès équitable, ce qui a été systématiquement refusé par les dictateurs.
(...)
Nous avons un long chemin à parcourir avant de parvenir à l’unité de notre peuple et nous devons faire un grand effort pour y arriver. L’Eglise catholique et les évêques en particulier ont la grande responsabilité de porter le message de l’Evangile qui est vie et libération et d’assumer le défi de trouver les chemins du dialogue pour la paix. Ils doivent apprendre avec humilité à écouter la voix des sans-voix, qui chaque jour réclament le droit à l’égalité.

Buenos Aires, 15 novembre 2005

- Dial – Diffusion d’information sur l’Amérique latine – D 2848.
- Traduction Dial.

En cas de reproduction, mentionner la source francaise (Dial) et l’adresse internet de l’article.

Re: Le pape compromis pendant la dictature de Videla

par jeanbaptiste » ven. 15 mars 2013, 15:33

D'ailleurs, c'est l'autre remarque que m'inspire la photo de Jorge Rafael Videla recevant la communion : l'incapacité des médias à comprendre que oui, même Videla a le droit de la recevoir...
C'est d'autant plus cocasse que ces mêmes milieux se scandalisent de l'interdiction faite aux personnes en situation de péché de ne pas pouvoir recevoir la communion.

En fait on voudrait que l'Eglise se plie à ses propres normes morales. C'est pas nouveau cela dit ...

Re: Le pape compromis pendant la dictature de Videla

par Isabelle47 » ven. 15 mars 2013, 14:48

Kerniou a écrit :A cet égard l'émission C dans l'air d'hier soir était très intéressante.
Les photos ne seraient pas celles du pape et le rôle prépondérant de l'actuel pouvoir politique argentin dans la propagation de ces rumeurs ne serait plus à prouver.
Cette émission était très intéressante, avec des intervenants clairs et intelligents.
Je ne peux que conseiller de la visionner à ceux qui partent en vrille sur des rumeurs simplistes et malveillantes ! :mal:

Re: Le pape compromis pendant la dictature de Videla

par Scratchy » ven. 15 mars 2013, 12:28

Oui, les médias ne sont plus au fait de la culture chrétienne c'est évident, l'exemple de la traductrice de TF1 est confondant.
C'est comme le mensonge éhonté diffusé depuis mercredi au sujet de la demande du Pape François à la foule de le bénir (alors qu'il a demandé qu'elle prie le Seigneur de le bénir ce qui est différent)

Re: Le pape compromis pendant la dictature de Videla

par Ren' » ven. 15 mars 2013, 12:19

Scratchy a écrit :Quand bien même, les différentes allégations se révéleraient être vraies (ce qui est loin d'être le cas),le passé d'un homme doit il l'empêcher de parler au nom du Christ? Nul n'est parfait sur cette terre et enfermer un homme dans son passé , sans possibilité de rédemption, est vraiment révélateur de l'idéologie dominante d'aujourd'hui qui se veut un humanisme mais qui nie la profondeur de l'homme: sa capacité de pardon et sa vocation à la sainteté.
D'ailleurs, c'est l'autre remarque que m'inspire la photo de Jorge Rafael Videla recevant la communion : l'incapacité des médias à comprendre que oui, même Videla a le droit de la recevoir... Une incapacité à mettre sur le même plan que leur incapacité croissante à traduire les prières de base du christianisme : elle met en lumière leur ignorance totale en matière de religion (et de repenser aux si justes remarques de notre cher Benoît XVI sur le "concile des journalistes"... :coeur: )

Re: Le pape compromis pendant la dictature de Videla

par levergero78 » ven. 15 mars 2013, 12:17

C'est l'évidence même !

Les "bouffeurs de curés" francs-maçons essaient par tous les moyens de salir nos papes...

Re: Le pape compromis pendant la dictature de Videla

par Scratchy » ven. 15 mars 2013, 12:12

Il n'aura pas fallu attendre longtemps pour qu'on essaie de salir l'image de l'Eglise catholique à travers le Pape. Rappelez vous comment certains médias avaient tenté la déstabilisation avec la jeunesse du Pape Benoît XVI et sa participation aux Jeunesses hitlériennes (comme s'il avait eu le choix).

Regardons d'où viennent ces attaques, elles sont le fruit d'ennemis déclarés de l'Eglise ce qui ne doit pas nous tromper. En France, elles ont été relayées par Jean Luc Mélenchon (soit dit en passant, être critiqué par Mélenchon c'est plutôt bon signe) ou Edwy Plenel (qui aime bien remuer où ça sent mauvais).
Ces rumeurs sont donc à considérer comme telles et il est à parier que si un autre cardinal aurait été élu, on lui aurait cherché des poux pareils.

Quand bien même, les différentes allégations se révéleraient être vraies (ce qui est loin d'être le cas),le passé d'un homme doit il l'empêcher de parler au nom du Christ? Nul n'est parfait sur cette terre et enfermer un homme dans son passé , sans possibilité de rédemption, est vraiment révélateur de l'idéologie dominante d'aujourd'hui qui se veut un humanisme mais qui nie la profondeur de l'homme: sa capacité de pardon et sa vocation à la sainteté.

Re: Le pape compromis pendant la dictature de Videla

par Kerniou » ven. 15 mars 2013, 11:28

Merci de cette précision capitale.

Re: Le pape compromis pendant la dictature de Videla

par Ren' » ven. 15 mars 2013, 11:10

Kerniou a écrit :Les photos ne seraient pas celles du pape
Elles ne le SONT pas : c'est aujourd'hui vérifié.

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