par LumendeLumine » mer. 31 janv. 2007, 9:01
[align=left]Bonjour Spinoziste,
La modération a supprimé – avec raison – ma dernière réplique. Pour cause : votre vocabulaire philosophique est du genre qui me donne des ulcères, et je me mets à dire des choses sans y penser. Mais je vais essayer d’aimablement et objectivement exposer ce que je ne puis accepter dans ce que vous avancez.
Premièrement : à quoi bon mettre la Vérité avec un grand V entre guillemets? Parce que ce n’est pas Dieu, un être individuel, personnel, souverain? Mais si ce n’est pas un être individuel, qu’est-ce? Un idéal moral? Une force impersonnelle? Malheureusement pour Bergson, son jaillissement créateur est aux antipodes du Dieu personnel et absolu de la religion chrétienne.
Deuxièmement : pourquoi parler de « ressentir la Vérité »? Il y a chez l’homme connaissance intellectuelle et connaissance sensible. Or dire de la Vérité qu’elle est quelque chose de sensible, pouvant être ressentie, c’est soit la mettre sur un plan ou elle n’est pas, et ne saurait être (l’empirique), ou lui donner un attribut qui ne lui convient aucunement sur le plan ou elle est (l’intelligible), ou encore la mettre sur un plan autre, donc d’une connaissance ni intellectuelle ni sensible, donc dépassant la nature humaine. Ce qui m’amène à mon troisième point.
Troisièmement, votre « intuition » qui semble être une sorte de connaissance directe des choses ne passant ni par l’empirique ni par la raison, ne peut avoir sa source, comme vous le notez justement, en l’homme, puisqu’elle en dépasse la nature, mais en quelque chose qui le dépasse. Mais alors la valeur de vérité propre à l’intuition ne vient pas de l’intuition même, mais bien de sa source, si sa source est digne d’être crue. Nous chrétiens croyons par exemple que les prophètes ne parlent pas en leur nom, mais bien transmettent la parole de Dieu. C’est alors la foi qui, s’appuyant sur l’autorité de Dieu, reconnaît la valeur propre du message transmis.
D’où vous aurez peut-être compris que le risque principal et le plus grand d’une philosophie comme la vôtre, c’est de confondre l’ordre naturel et l’ordre surnaturel. En subordonnant les sciences positives, œuvres de la raison naturelle, à une intuition qui dépasse cet ordre, vous déclarez finalement l’homme incapable de connaître par lui-même, et le ramenez, en sa nature, à l’animal. Or l’homme, hors de l’ordre surnaturel, en lui-même, comme homme, est différent de l’animal par son intelligence, par laquelle il peut connaître les raisons intimes des choses; et ceci n'est pas une opinion, c'est un fait.[/align]
[align=left]Bonjour Spinoziste,
La modération a supprimé – avec raison – ma dernière réplique. Pour cause : votre vocabulaire philosophique est du genre qui me donne des ulcères, et je me mets à dire des choses sans y penser. Mais je vais essayer d’aimablement et objectivement exposer ce que je ne puis accepter dans ce que vous avancez.
Premièrement : à quoi bon mettre la Vérité avec un grand V entre guillemets? Parce que ce n’est pas Dieu, un être individuel, personnel, souverain? Mais si ce n’est pas un être individuel, qu’est-ce? Un idéal moral? Une force impersonnelle? Malheureusement pour Bergson, son jaillissement créateur est aux antipodes du Dieu personnel et absolu de la religion chrétienne.
Deuxièmement : pourquoi parler de « ressentir la Vérité »? Il y a chez l’homme connaissance intellectuelle et connaissance sensible. Or dire de la Vérité qu’elle est quelque chose de sensible, pouvant être ressentie, c’est soit la mettre sur un plan ou elle n’est pas, et ne saurait être (l’empirique), ou lui donner un attribut qui ne lui convient aucunement sur le plan ou elle est (l’intelligible), ou encore la mettre sur un plan autre, donc d’une connaissance ni intellectuelle ni sensible, donc dépassant la nature humaine. Ce qui m’amène à mon troisième point.
Troisièmement, votre « intuition » qui semble être une sorte de connaissance directe des choses ne passant ni par l’empirique ni par la raison, ne peut avoir sa source, comme vous le notez justement, en l’homme, puisqu’elle en dépasse la nature, mais en quelque chose qui le dépasse. Mais alors la valeur de vérité propre à l’intuition ne vient pas de l’intuition même, mais bien de sa source, si sa source est digne d’être crue. Nous chrétiens croyons par exemple que les prophètes ne parlent pas en leur nom, mais bien transmettent la parole de Dieu. C’est alors la foi qui, s’appuyant sur l’autorité de Dieu, reconnaît la valeur propre du message transmis.
D’où vous aurez peut-être compris que le risque principal et le plus grand d’une philosophie comme la vôtre, c’est de confondre l’ordre naturel et l’ordre surnaturel. En subordonnant les sciences positives, œuvres de la raison naturelle, à une intuition qui dépasse cet ordre, vous déclarez finalement l’homme incapable de connaître par lui-même, et le ramenez, en sa nature, à l’animal. Or l’homme, hors de l’ordre surnaturel, en lui-même, comme homme, est différent de l’animal par son intelligence, par laquelle il peut connaître les raisons intimes des choses; et ceci n'est pas une opinion, c'est un fait.[/align]