Encore ...
«.... «La terreur mise en place par les franquistes relève dès le début d'une volonté délibérée de détruire les fondements de la République espagnole. Dès avant le coup d'État des 17 et 18 juillet 1936, les officiers nationalistes prévoient de mettre en œuvre une purge politique radicale : dans son Instruction réservée n°1 datée du 25 mai 1936, le général Emilio Mola prévoit de «
tenir compte de ce que l'action doit revêtir une violence extrême pour réduire le plus vite possible un ennemi qui est fort et bien organisé », prévoyant de soumettre à «
des châtiments exemplaires » les dirigeants politiques et syndicaux et les notables qui ne soutiendraient pas le mouvement. Pour des raisons « relevant à la fois de la propagande et de l'autosuggestion », l'action est présentée comme préventive, afin d'empêcher une révolution communiste suscitée par les marxistes et les anarchistes : la politique d'extermination se présente d'emblée comme revêtue de la « légitimité » manichéenne d'un « combat du bien contre le mal » [...] »
Différentes estimations globales présentent des chiffres se montant à environ 150 000 victimes, certaines allant jusqu'à 400 000 morts, en fonction de la période considérée et de l'inclusion ou non des victimes des camps. Guy Hermet ne tranche pas entre les diverses estimations, mais souligne que les massacres « se sont prolongés plus longtemps dans l'État national pourtant moins menacé que son homologue républicain ». Parmi les centaines de milliers de prisonniers des camps franquistes, 192 000 auraient été fusillés, parfois plusieurs années
après la guerre civile, avec des pics de plusieurs centaines d'exécutions par jour durant certaines périodes de 1939 et 1940.»
http://fr.wikipedia.org/wiki/Terreur_bl ... Espagne%29
Et
«... en France, les événements d'Espagne contraignent les catholiques libéraux à un choix pénible entre leurs exigences de justice sociale et leur appartenance à une Église alliée à une dictature réactionnaire.
Face à ce défi, Paul Claudel opte pour la cause du général Franco et convie
la sainte Espagne à la représaille de l'amour. Au début, François Mauriac lui-même observe sans réagir la rebellion des militaires. Toutefois, la révélation des tueries commises par ceux-ci le conduit à condamner, dès le 18 août 1936, dans
Le Figaro, cette «extermination de l'adversaire». Un mois plus tard,
L'Aube lui emboîte le pas, suivie par
La Croix puis de la revue
Esprit qui expose le dilemme du choix dans toute sa dureté en novembre. Il faut pourtant attendre 1937 et les bombardements de Madrid (février) et Guernica (26 avril) par les aviations allemande et nationale pour que les catholiques démocrates se rapprochent de la gauche. C'est bientôt chose faite pour Jacques Maritain, Emmanuel Mounier, Marc Sangnier ou François Mauriac. En attendant que Georges Bernanos publie, en 1938,
Les Grands Cimetières sous la lune, implacable réquisitoire contre Franco.
[...]
le général Mola, coordinateur du complot, avait précisé qu'il faudra
tenir compte de ce que l'action doit revêtir une violence extrême pour réduire le plus vite possible un ennemi qui est fort et bien organisé. Il réitère cette injonction après le soulèvement, expliquant
qu'il est nécéssaire de propager un climat de terreur [...]
Toute personne oeuvrant ouvertement ou secrètement à la défense du Front populaire doit être fusillée. La consigne ne s'appliquera pas qu'aux seuls soutiens avérés de la gauche. Les tueurs en uniforme se trouveront débordés par la vindicte assassine de tous ceux qui rêvent depuis longtemps d'épouvanter les prolétaires et de régler leur compte aux intellectuels ou aux petits-bourgeois traîtres au milieu des «honnêtes gens».
La répression franquiste se poursuivra bien après la fin du conflit, avec la scandaleuse loi rétroactive sur la responsabilité politique de février 1939 : celle-ci permet de poursuivre ceux qui se sont opposés aux militaires depuis février 1936 et même depuis octobre 1934 ! Les suspects risquaient la mort, ou la prison, au mieux la privation de travail. Franco a ainsi pratiqué une véritable politique de vengeance, et ce, jusqu'en 1966 environ. Ce qui explique l'exil durable de milliers de républicains en France et ailleurs, jusqu'à la disparition du dictateur en 1975.»
Source : Guy Hermet,
La Guerre d'Espagne, Le Seuil-points-Histoire, 1996
Encore ...
«.... «La terreur mise en place par les franquistes relève dès le début d'une volonté délibérée de détruire les fondements de la République espagnole. Dès avant le coup d'État des 17 et 18 juillet 1936, les officiers nationalistes prévoient de mettre en œuvre une purge politique radicale : dans son Instruction réservée n°1 datée du 25 mai 1936, le général Emilio Mola prévoit de « [i]tenir compte de ce que l'action doit revêtir une violence extrême pour réduire le plus vite possible un ennemi qui est fort et bien organisé[/i] », prévoyant de soumettre à « [i]des châtiments exemplaires[/i] » les dirigeants politiques et syndicaux et les notables qui ne soutiendraient pas le mouvement. Pour des raisons « relevant à la fois de la propagande et de l'autosuggestion », l'action est présentée comme préventive, afin d'empêcher une révolution communiste suscitée par les marxistes et les anarchistes : la politique d'extermination se présente d'emblée comme revêtue de la « légitimité » manichéenne d'un « combat du bien contre le mal » [...] »
Différentes estimations globales présentent des chiffres se montant à environ 150 000 victimes, certaines allant jusqu'à 400 000 morts, en fonction de la période considérée et de l'inclusion ou non des victimes des camps. Guy Hermet ne tranche pas entre les diverses estimations, mais souligne que les massacres « se sont prolongés plus longtemps dans l'État national pourtant moins menacé que son homologue républicain ». Parmi les centaines de milliers de prisonniers des camps franquistes, 192 000 auraient été fusillés, parfois plusieurs années [u]après[/u] la guerre civile, avec des pics de plusieurs centaines d'exécutions par jour durant certaines périodes de 1939 et 1940.»
http://fr.wikipedia.org/wiki/Terreur_blanche_%28Espagne%29
Et
«... en France, les événements d'Espagne contraignent les catholiques libéraux à un choix pénible entre leurs exigences de justice sociale et leur appartenance à une Église alliée à une dictature réactionnaire.
Face à ce défi, Paul Claudel opte pour la cause du général Franco et convie [i]la sainte Espagne à la représaille de l'amour[/i]. Au début, François Mauriac lui-même observe sans réagir la rebellion des militaires. Toutefois, la révélation des tueries commises par ceux-ci le conduit à condamner, dès le 18 août 1936, dans [i]Le Figaro[/i], cette «extermination de l'adversaire». Un mois plus tard,[i] L'Aube[/i] lui emboîte le pas, suivie par [i]La Croix[/i] puis de la revue [i]Esprit[/i] qui expose le dilemme du choix dans toute sa dureté en novembre. Il faut pourtant attendre 1937 et les bombardements de Madrid (février) et Guernica (26 avril) par les aviations allemande et nationale pour que les catholiques démocrates se rapprochent de la gauche. C'est bientôt chose faite pour Jacques Maritain, Emmanuel Mounier, Marc Sangnier ou François Mauriac. En attendant que Georges Bernanos publie, en 1938, [u]Les Grands Cimetières sous la lune[/u], implacable réquisitoire contre Franco.
[...]
le général Mola, coordinateur du complot, avait précisé qu'il faudra [i]tenir compte de ce que l'action doit revêtir une violence extrême pour réduire le plus vite possible un ennemi qui est fort et bien organisé[/i]. Il réitère cette injonction après le soulèvement, expliquant [i]qu'il est nécéssaire de propager un climat de terreur[/i] [...] [i]Toute personne oeuvrant ouvertement ou secrètement à la défense du Front populaire doit être fusillée[/i]. La consigne ne s'appliquera pas qu'aux seuls soutiens avérés de la gauche. Les tueurs en uniforme se trouveront débordés par la vindicte assassine de tous ceux qui rêvent depuis longtemps d'épouvanter les prolétaires et de régler leur compte aux intellectuels ou aux petits-bourgeois traîtres au milieu des «honnêtes gens».
La répression franquiste se poursuivra bien après la fin du conflit, avec la scandaleuse loi rétroactive sur la responsabilité politique de février 1939 : celle-ci permet de poursuivre ceux qui se sont opposés aux militaires depuis février 1936 et même depuis octobre 1934 ! Les suspects risquaient la mort, ou la prison, au mieux la privation de travail. Franco a ainsi pratiqué une véritable politique de vengeance, et ce, jusqu'en 1966 environ. Ce qui explique l'exil durable de milliers de républicains en France et ailleurs, jusqu'à la disparition du dictateur en 1975.»
Source : Guy Hermet, [u]La Guerre d'Espagne[/u], Le Seuil-points-Histoire, 1996