par etienne lorant » mar. 19 nov. 2013, 18:54
Réforme fiscale: Ayrault tente un coup de poker
Publié le 19 novembre 2013 à 17h47
Jean-Marc Ayrault a tenté un coup de poker face à la grogne anti-impôts en annonçant une "remise à plat" du système fiscal, qui rappelle les promesses de réforme du candidat Hollande et acte le renvoi à plus tard de l'écotaxe.
Pourfendue par l'opposition, la démarche a été plutôt bien accueillie par les syndicats, le patronat s'affichant pour sa part circonspect.
"Le système fiscal français est devenu très complexe, quasiment illisible, et les Français, trop souvent, ne comprennent plus sa logique ou ne sont pas convaincus que ce qu'ils paient est juste, que le système est efficace", a expliqué le Premier ministre dans un entretien au quotidien économique Les Echos paru mardi.
"Le temps est venu d'une remise à plat, en toute transparence", a-t-il ajouté, en soulignant que l'exercice devrait se faire "à prélèvements obligatoires constants", c'est-à-dire sans alourdir les impôts et taxes.
"L'objectif, c'est de parvenir à des règles plus justes, plus efficaces et plus lisibles", a assuré M. Ayrault, soucieux d'endiguer les frondes contre l'écotaxe ou la hausse de la TVA.
Le Premier ministre entend conduire cette réforme via un "dialogue approfondi" avec "l'ensemble des partenaires sociaux", qu'il recevra "dans les prochains jours".
La fusion de l'impôt sur le revenu et de la cotisation sociale généralisée (CSG), défendue en 2012 par le candidat Hollande puis renvoyée aux calendes grecques, "fera partie du débat", parmi un vaste éventail de sujets incluant "la politique de l'emploi, les investissements, la formation professionnelle et le pouvoir d'achat".
Au terme de cette "concertation", le gouvernement prendra "ses responsabilités comme il l'a fait pour les retraites et fera des propositions au Parlement", dans le cadre du projet de budget 2015, assure le Premier ministre.
L'écotaxe dans les cartons jusqu'à la réforme
Le Premier ministre a assuré aux Echos qu'il ne reculerait pas sur le relèvement de la TVA (de 19,6% à 20% pour le taux normal, et de 7 à 10% pour le taux intermédiaire) au 1er janvier.
La mesure, soutenue par le Medef, est destinée à financer la baisse du coût du travail mais elle suscite une opposition grandissante de plusieurs professions (artisans, agriculteurs, ambulanciers).
Le sujet devait être au coeur d'une réunion ce mardi à Bercy entre l'UPA, principale organisation professionnelle des artisans, la ministre chargé du secteur, Sylvia Pinel, et Bernard Cazeneuve.
Dimanche, le ministre du Budget a laissé présager un geste en faveur des artisans du bâtiment, qui réclament l'élargissement du taux réduit de 5,5% accordé aux travaux de rénovation énergétique.
L'écotaxe, qui a mis le feu aux poudres de la contestation des dernières semaines, apparaît de son côté rangée pour un bon moment dans les cartons.
Officiellement suspendue fin octobre sans délai précis, elle le restera tout le temps de la "remise à plat" générale. "Mieux vaut prendre le temps de l'explication plutôt que d'imposer et de le faire dans un moment où ce n'est pas possible", a concédé le ministre de l'Ecologie, Philippe Martin, sur RTL.
Sans surprise, l'UMP a pourfendu l'annonce de Jean-Marc Ayrault, l'ancienne ministre du Budget, Valérie Pécresse, jugeant le projet "surréaliste". "La priorité, ce n'est pas de savoir si on remélange encore les impôts dans un sens ou dans un autre, c'est comment on les baisse. Il faut rendre de l?argent aux gens", a martelé de son côté le président du parti, Jean-François Copé.
Parmi les syndicats, la CFDT a appelé à "redonner du sens et de l'équité au système fiscal", avec un impôt "plus progressif et plus redistributif". "C'est une bonne initiative que le Premier ministre reçoive dans les jours à venir les interlocuteurs sociaux", a jugé de son côté le numéro un de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, sur France Inter.
Côté patronal, le président du Medef, Pierre Gattaz, s'est montré circonspect, prévenant qu'il "ne restera pas (dans la concertation) si c'est juste pour faire un jeu de bonneteau sur la fiscalité".
© 2013 AFP.
[b][i]Réforme fiscale: Ayrault tente un coup de poker[/i][/b]
Publié le 19 novembre 2013 à 17h47
Jean-Marc Ayrault a tenté un coup de poker face à la grogne anti-impôts en annonçant une "remise à plat" du système fiscal, qui rappelle les promesses de réforme du candidat Hollande et acte le renvoi à plus tard de l'écotaxe.
Pourfendue par l'opposition, la démarche a été plutôt bien accueillie par les syndicats, le patronat s'affichant pour sa part circonspect.
"Le système fiscal français est devenu très complexe, quasiment illisible, et les Français, trop souvent, ne comprennent plus sa logique ou ne sont pas convaincus que ce qu'ils paient est juste, que le système est efficace", a expliqué le Premier ministre dans un entretien au quotidien économique Les Echos paru mardi.
"Le temps est venu d'une remise à plat, en toute transparence", a-t-il ajouté, en soulignant que l'exercice devrait se faire "à prélèvements obligatoires constants", c'est-à-dire sans alourdir les impôts et taxes.
"L'objectif, c'est de parvenir à des règles plus justes, plus efficaces et plus lisibles", a assuré M. Ayrault, soucieux d'endiguer les frondes contre l'écotaxe ou la hausse de la TVA.
Le Premier ministre entend conduire cette réforme via un "dialogue approfondi" avec "l'ensemble des partenaires sociaux", qu'il recevra "dans les prochains jours".
La fusion de l'impôt sur le revenu et de la cotisation sociale généralisée (CSG), défendue en 2012 par le candidat Hollande puis renvoyée aux calendes grecques, "fera partie du débat", parmi un vaste éventail de sujets incluant "la politique de l'emploi, les investissements, la formation professionnelle et le pouvoir d'achat".
Au terme de cette "concertation", le gouvernement prendra "ses responsabilités comme il l'a fait pour les retraites et fera des propositions au Parlement", dans le cadre du projet de budget 2015, assure le Premier ministre.
L'écotaxe dans les cartons jusqu'à la réforme
Le Premier ministre a assuré aux Echos qu'il ne reculerait pas sur le relèvement de la TVA (de 19,6% à 20% pour le taux normal, et de 7 à 10% pour le taux intermédiaire) au 1er janvier.
La mesure, soutenue par le Medef, est destinée à financer la baisse du coût du travail mais elle suscite une opposition grandissante de plusieurs professions (artisans, agriculteurs, ambulanciers).
Le sujet devait être au coeur d'une réunion ce mardi à Bercy entre l'UPA, principale organisation professionnelle des artisans, la ministre chargé du secteur, Sylvia Pinel, et Bernard Cazeneuve.
Dimanche, le ministre du Budget a laissé présager un geste en faveur des artisans du bâtiment, qui réclament l'élargissement du taux réduit de 5,5% accordé aux travaux de rénovation énergétique.
L'écotaxe, qui a mis le feu aux poudres de la contestation des dernières semaines, apparaît de son côté rangée pour un bon moment dans les cartons.
Officiellement suspendue fin octobre sans délai précis, elle le restera tout le temps de la "remise à plat" générale. "Mieux vaut prendre le temps de l'explication plutôt que d'imposer et de le faire dans un moment où ce n'est pas possible", a concédé le ministre de l'Ecologie, Philippe Martin, sur RTL.
Sans surprise, l'UMP a pourfendu l'annonce de Jean-Marc Ayrault, l'ancienne ministre du Budget, Valérie Pécresse, jugeant le projet "surréaliste". "La priorité, ce n'est pas de savoir si on remélange encore les impôts dans un sens ou dans un autre, c'est comment on les baisse. Il faut rendre de l?argent aux gens", a martelé de son côté le président du parti, Jean-François Copé.
Parmi les syndicats, la CFDT a appelé à "redonner du sens et de l'équité au système fiscal", avec un impôt "plus progressif et plus redistributif". "C'est une bonne initiative que le Premier ministre reçoive dans les jours à venir les interlocuteurs sociaux", a jugé de son côté le numéro un de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, sur France Inter.
Côté patronal, le président du Medef, Pierre Gattaz, s'est montré circonspect, prévenant qu'il "ne restera pas (dans la concertation) si c'est juste pour faire un jeu de bonneteau sur la fiscalité".
© 2013 AFP.