par zelie » mer. 18 déc. 2013, 16:32
Si je puis me permettre, votre souci est celui du positionnement. Pas celui de votre protégée, le vôtre.
Effectivement, vous avez besoin de temps pour apaiser et mûrir votre foi, et peut-être vous même.
La jeune femme adulte de 20 ans qui n'est plus petite et qui n'est pas votre enfant:
Elle est majeure, elle veut arrêter ses études, c'est une énorme bêtise, elle dépense tout son argent. Et alors? Et après? Ne savez-vous pas qu'on apprend qu'en expérimentant, et qu'expérimenter c'est d'abord tester ses limites et jeter par dessus bord l'image parentale (vous). Vous ne comprenez pas que quoi que vous disiez elle fera ce qu'elle a besoin de faire pour apprendre à vivre et qu'à harceler quelqu'un vous fixez son comportement?
Vous lui avez dit, et beaucoup trop dit, ce que vous aviez à lui dire. Maintenant que c'est fait, respectez sa liberté et lâchez-la. Elle a besoin d'apprendre par elle-même la valeur du travail, de l'argent, des études, et même si sa façon d'apprendre c'est d'abord de toucher le fond, laissez-la faire! Il n'y a pas meilleure stratégie pour bien remonter de toucher le fond d'abord! C'est sa liberté et sa dignité qui sont en jeu, et plus vous lui serez derrière, plus elle cristallisera l'agissement qui vous épuise, c'est sa façon à elle d'avoir sur vous le pouvoir qu'elle avait sur son père et qu'elle a perdu.
Comprenez-vous que carence ou pas, ça n'en fait pas un ange, et que décès ou pas, ça n'en fait pas une victime?
Comprenez-vous que tout le monde connaîtra un jour le deuil, la souffrance, le manque d'amour, le rejet, la faim, la fatigue du labeur, etc. et que tout ça ce n'est pas terrible, c'est juste normal, et c'est ce qui arrive à tout un chacun. Et que si chez une personne ça engendre un comportement anormal, c'est à elle de se remettre en question, pas aux autres autour de la prendre pour une victime, parce qu'elle n'en est pas une.
Vous n'avez pas à avoir peur pour une femme adulte à qui la vie va apprendre à vivre par les conséquences de ses actes. C'est pareil pour tout le monde. Lachez-la, oubliez-la un peu, soyez son amie/référente sociale, pas son jouet. Positionnez-vous en professionnelle sociale qui connait ses devoirs et ses limites, c'est le meilleur cadeau que vous puissiez lui faire! Et revoyez le décret qui fixe votre rôle, des fois, je vous assure que ça permet de reprendre un bol d'air et de se remettre droit dans ses bottes!
Pour vous:
Voyez Dieu en grand!
Ne laissez jamais une personne non qualifiée, ou d'une autre religion que la vôtre, vous imposez sa vision étroite de Dieu. La vision que vous aurez de Dieu, c'est à vous de la construire, car personne ne peut vous la dicter, et vous la construirez à travers tout ce que vous ferez pour partir à la conquête de la connaissance de Jésus, à travers votre foi et votre culture, (Lisez Mère Térésa, Saint Thomas D'Aquin, Saint Augustin, Sainte Thérèse, Sainte Bernadette, les pères du désert, etc.); lisez, priez, allez à la messe, aidez d'autres personnes qu'une seule.
Dieu ne vous demande pas des choses insensées ou irréalisables, jamais. Il vous demande juste, dans chaque situation qui se présente à vous, de vous exercer à l'humilité, au silence, à l'amour. A quitter votre orgueil ou votre amour-propre, même légitime, par exemple.
Et se placer en sauveuse obligée de qui que ce soit est un bel acte d'orgueil!
Il ne vous demande jamais de réussir. Combien de fois de grands saints ont mis l'énergie de toute une vie de sainteté et ont échoué sur le fil du rasoir parce que des tas de choses imprévues, des personnes encombrantes leur ont gâché leur groove? Et vous croyez que Dieu ne voit pas tout ça, tous ces renoncements cruels par lesquels il faut parfois passer? Les saints sont les champions de l'échec douloureux, de la vie qui a pris un tour inattendu, d'attentes de 60 ans et plus pour avoir une once de réussite à peine, de tout ce genre de choses!
Vous dites que vous êtes jeune dans la foi et on le sent. Apaisez votre position, ne cherchez pas à en faire trop avec précipitation. Prenez le temps de mûrir vos choix, priez, beaucoup, beaucoup, car il n'est meilleur maître que d'être proche de Dieu et de le laisser agir en vous, même si vous ne sentez rien, ne voyez rien. Abandonnez tout à Lui; le comment faire, le quand le faire, les moyens pour y arriver, le résultat de tous vos projets. Pour vous, tenez-vous en à votre devoir de chrétien : à chaque situation réagir selon votre devoir d'état, avec amour, patience et compassion. Mais un devoir d'état professionnel, c'est aussi savoir rester professionnelle... Sur le plan professionnel, pensez que vous n'êtes pas la première à voir des cas épineux, et que des personnes très bien formées ont pensé à définir un cadre professionnel; ce cadre est là pour fixer les espaces de liberté et les limites de vos actions; cela pour vous protéger d'un zèle qui pourrait vous dévorer et tout ficher par terre, cela aussi pour protéger vos "clients". Donc revoyez ce cadre et désormais accrochez-y-vous fermement. Et si vous voulez le voir évoluer, syndiquez-vous, faites les choses comme une adulte, mais n'allez jamais courir comme une mère poule derrière son petit canard, car à ce jeu on finit par marcher sur la tête, et personnellement je pense que vous en êtes pas loin... Pensez que la dépression au travail commence toujours par l'auto-dénigrement, et que si vous relisez votre post, vous y êtes un peu, dans l'auto-dépréciation et l'épuisement... C'est usant mentalement le travail social, ne l'oubliez jamais; les "j'ai fait tout ce que j'ai pu", "je suis dans une impasse", et autres tournures devraient vous interpeller...
Bon, je suis un peu dure, mais aimer c'est aussi savoir extirper et pas être complaisant.
Bises et bonne route,
Zélie
Que Dieu vous bénisse et vous garde sur son Coeur!
Si je puis me permettre, votre souci est celui du positionnement. Pas celui de votre protégée, le vôtre.
Effectivement, vous avez besoin de temps pour [b]apaiser et mûrir votre foi[/b], et peut-être vous même.
La jeune femme adulte de 20 ans qui n'est plus petite et qui n'est pas votre enfant:
Elle est majeure, elle veut arrêter ses études, c'est une énorme bêtise, elle dépense tout son argent. Et alors? Et après? Ne savez-vous pas qu'on apprend qu'en expérimentant, et qu'expérimenter c'est d'abord tester ses limites et jeter par dessus bord l'image parentale (vous). Vous ne comprenez pas que quoi que vous disiez elle fera ce qu'elle a besoin de faire pour apprendre à vivre et qu'à harceler quelqu'un vous fixez son comportement?
Vous lui avez dit, et beaucoup trop dit, ce que vous aviez à lui dire. Maintenant que c'est fait, respectez sa liberté et lâchez-la. Elle a besoin d'apprendre par elle-même la valeur du travail, de l'argent, des études, et même si sa façon d'apprendre c'est d'abord de toucher le fond, laissez-la faire! Il n'y a pas meilleure stratégie pour bien remonter de toucher le fond d'abord! C'est sa liberté et sa dignité qui sont en jeu, et plus vous lui serez derrière, plus elle cristallisera l'agissement qui vous épuise, c'est sa façon à elle d'avoir sur vous le pouvoir qu'elle avait sur son père et qu'elle a perdu.
Comprenez-vous que carence ou pas, ça n'en fait pas un ange, et que décès ou pas, ça n'en fait pas une victime?
Comprenez-vous que tout le monde connaîtra un jour le deuil, la souffrance, le manque d'amour, le rejet, la faim, la fatigue du labeur, etc. et que tout ça ce n'est pas terrible, c'est juste normal, et c'est ce qui arrive à tout un chacun. Et que si chez une personne ça engendre un comportement anormal, c'est à elle de se remettre en question, pas aux autres autour de la prendre pour une victime, parce qu'elle n'en est pas une.
Vous n'avez pas à avoir peur pour une femme adulte à qui la vie va apprendre à vivre par les conséquences de ses actes. C'est pareil pour tout le monde. Lachez-la, oubliez-la un peu, soyez son amie/référente sociale, pas son jouet. Positionnez-vous en professionnelle sociale qui connait ses devoirs et ses limites, c'est le meilleur cadeau que vous puissiez lui faire! Et revoyez le décret qui fixe votre rôle, des fois, je vous assure que ça permet de reprendre un bol d'air et de se remettre droit dans ses bottes!
Pour vous:
Voyez Dieu en grand!
Ne laissez jamais une personne non qualifiée, ou d'une autre religion que la vôtre, vous imposez sa vision étroite de Dieu. La vision que vous aurez de Dieu, c'est à vous de la construire, car personne ne peut vous la dicter, et vous la construirez à travers tout ce que vous ferez pour partir à la conquête de la connaissance de Jésus, à travers votre foi et votre culture, (Lisez Mère Térésa, Saint Thomas D'Aquin, Saint Augustin, Sainte Thérèse, Sainte Bernadette, les pères du désert, etc.); lisez, priez, allez à la messe, aidez d'autres personnes qu'une seule.
Dieu ne vous demande pas des choses insensées ou irréalisables, jamais. [b]Il vous demande juste, dans chaque situation qui se présente à vous, [u]de vous exercer[/u] à l'humilité, au silence, à l'amour[/b]. A quitter votre orgueil ou votre amour-propre, même légitime, par exemple.
Et se placer en sauveuse obligée de qui que ce soit est un bel acte d'orgueil!
Il ne vous demande jamais de réussir. Combien de fois de grands saints ont mis l'énergie de toute une vie de sainteté et ont échoué sur le fil du rasoir parce que des tas de choses imprévues, des personnes encombrantes leur ont gâché leur groove? Et vous croyez que Dieu ne voit pas tout ça, tous ces renoncements cruels par lesquels il faut parfois passer? Les saints sont les champions de l'échec douloureux, de la vie qui a pris un tour inattendu, d'attentes de 60 ans et plus pour avoir une once de réussite à peine, de tout ce genre de choses!
Vous dites que vous êtes jeune dans la foi et on le sent. Apaisez votre position, ne cherchez pas à en faire trop avec précipitation. Prenez le temps de mûrir vos choix, priez, beaucoup, beaucoup, car il n'est meilleur maître que d'être proche de Dieu et de le laisser agir en vous, même si vous ne sentez rien, ne voyez rien. Abandonnez tout à Lui; le comment faire, le quand le faire, les moyens pour y arriver, le résultat de tous vos projets. Pour vous, tenez-vous en à votre devoir de chrétien : [b]à chaque situation réagir selon votre devoir d'état[/b], avec amour, patience et compassion. Mais un devoir d'état professionnel, c'est aussi savoir rester professionnelle... Sur le plan professionnel, pensez que vous n'êtes pas la première à voir des cas épineux, et que des personnes très bien formées ont pensé à définir un cadre professionnel; ce cadre est là pour fixer les espaces de liberté et les limites de vos actions; cela pour vous protéger d'un zèle qui pourrait vous dévorer et tout ficher par terre, cela aussi pour protéger vos "clients". Donc revoyez ce cadre et désormais accrochez-y-vous fermement. Et si vous voulez le voir évoluer, syndiquez-vous, faites les choses comme une adulte, [u]mais n'allez jamais courir comme une mère poule derrière son petit canard, car à ce jeu on finit par marcher sur la tête[/u], et personnellement je pense que vous en êtes pas loin... Pensez que la dépression au travail commence toujours par l'auto-dénigrement, et que si vous relisez votre post, vous y êtes un peu, dans l'auto-dépréciation et l'épuisement... C'est usant mentalement le travail social, ne l'oubliez jamais; les "j'ai fait tout ce que j'ai pu", "je suis dans une impasse", et autres tournures devraient vous interpeller...
Bon, je suis un peu dure, mais aimer c'est aussi savoir extirper et pas être complaisant.
Bises et bonne route,
Zélie
Que Dieu vous bénisse et vous garde sur son Coeur!