par Peccator » mer. 26 févr. 2014, 15:35
Le cardinal Ricard a été interviewé sur Radio Vatican pour témoigner des échanges entre les cardinaux dans le cadre du consistoire... mais les questions de l'interview porte en fait surtout sur son opinion à lui.
Je vous en propose ci-dessous une transcription que j'espère fidèle, je me suis efforcer de prendre en "dictée", et ai laissé le style particulièrement oral et informel de l'expression.
http://www.news.va/fr/news/consistoire- ... c-le-cardi
Mgr Ricard : C'était soit sur un des points importants du mariage, des fois c'est un peu aussi pour pleurer sur les malheurs du temps, bon, mais la plupart du temps, c'est aussi pour apporter leur pierre à l'édifice, et soit en intervenant sur les questions de procès canonique, sur la nullité du mariage... un certain nombre de cardinaux sont des canonistes aussi, sont intervenus sur ces questions, et puis d'autres sur la question de l'accès possible ou pas des divorcés remariés au x sacrements. Là, on sent qu'il y a une diversité d'approches, y compris au sein des cardinaux.
RV : La conférence des évêques de France a publié une note à ce propos. Mgr Carré note un "décalage qui existe entre l'enseignement de l'Eglise et le choix des couples". C'est à dire, quel est ce décalage ? Comment vous l'avez perçue, vous, cette conclusion ?
Mgr Ricard : Ce que l'on peut percevoir sur le terrain, moi-même j'ai pris l'initiative, c'était donc au trimestre dernier, de faire une rencontre, une journée à la fois d'échange, de prière aussi, avec les personnes divorcées remariées. Et on a eu une journée aussi avec les personnes divorcées séparées, qui n'étaient pas remariées. Je crois que c'est deux situations quand même un peu différentes. Voilà.
Et ce qui m'a frappé, d'abord, c'est la grande souffrance de ces personnes. Et ces personnes là, aussi, se situaient différemment par rapport à l'enseignement de l'Eglise. Il y a ceux, quelques uns, qui sont fidèles à ce ce que l'Eglise demande, et qui s'abstiennent de s'approcher de l'Eucharistie. Et puis il y a ceux, c'est là qu'on peut parler d'un décalage avec l'enseignement de l'Eglise, qui se réfèrent surtout à leur conscience personnelle. Et donc, par rapport à un sacrement de pénitence ou au sacrement de l'Eucharistie, font une démarche en fonction de ce qu'ils pensent devoir faire.
Je pense qu'une des questions qui peut se poser, c'est, aujourd'hui, est-ce qu'on va simplement confier ça à la subjectivité de chacun, ou bien l'Eglise met en place une discipline pénitentielle pour permettre à certains, éventuellement, de réfléchir et de revoir ce que pourrait être pour eux, dans certaines conditions, et dans certaines circonstances aussi, l'accès à l'Eucharistie.
RV : Il y avait un autre point de décalage, notait Mgr Carré, qui était par exemple la préparation au mariage. Où est-ce qu'il est, ce décalage, selon vous ?
Je crois qu'aujourd'hui, les questions concernant la préparation au mariage ne se posent pas comme je les ai vues se poser quand j'ai commencé mon ministère. Quand j'ai commencé mon ministère, on avait affaire à des jeunes, pour la plupart, qui avaient été catéchisés, qui avaient tout laissé tomber à la fin de leur catéchèse, et puis qu'on revoyait pour le mariage. Mais on pouvait faire appel à ce qu'ils avaient entendu, ce qu'ils avaient connu, une certaine foi. De nos jours, on voit apparaître de plus en plus des fiancés qui n'ont eu aucune catéchèse. Qui n'ont même pas été évangélisés. Qui viennent parce que leur amour c'est important, parce qu'ils veulent demander quelque chose à Dieu ou parce qu'ils veulent mettre un peu de sacré dans cet amour. Et du coup, on se rend compte, qu'on ne peut pas aujourd'hui se contenter simplement de préparer la cérémonie, de réfléchir sur le sérieux de la démarche, mais on se dit "est-ce qu'il n'y a pas aussi une annonce de ce qui est leur coeur de la foi à faire, à ces jeunes qui viennent pour se marier ?" Et donc, introduire ce qu'on pourrait appeler un "mini-catéchuménat", pour que ces jeunes qui se marient à l'Eglise connaissent ce qu'est le coeur de la foi chrétienne. Je crois qu'il y a une responsabilité de l'Eglise de le leur partager.
Edit
la note de synthèse de la CEF dont il est question dans cette interview :
http://www.eglise.catholique.fr/eglise- ... 18038.html
Le cardinal Ricard a été interviewé sur Radio Vatican pour témoigner des échanges entre les cardinaux dans le cadre du consistoire... mais les questions de l'interview porte en fait surtout sur son opinion à lui.
Je vous en propose ci-dessous une transcription que j'espère fidèle, je me suis efforcer de prendre en "dictée", et ai laissé le style particulièrement oral et informel de l'expression.
http://www.news.va/fr/news/consistoire-sur-la-famille-entretien-avec-le-cardi
[i]Mgr Ricard :[/i] C'était soit sur un des points importants du mariage, des fois c'est un peu aussi pour pleurer sur les malheurs du temps, bon, mais la plupart du temps, c'est aussi pour apporter leur pierre à l'édifice, et soit en intervenant sur les questions de procès canonique, sur la nullité du mariage... un certain nombre de cardinaux sont des canonistes aussi, sont intervenus sur ces questions, et puis d'autres sur la question de l'accès possible ou pas des divorcés remariés au x sacrements. Là, on sent qu'il y a une diversité d'approches, y compris au sein des cardinaux.
[b]RV : La conférence des évêques de France a publié une note à ce propos. Mgr Carré note un "décalage qui existe entre l'enseignement de l'Eglise et le choix des couples". C'est à dire, quel est ce décalage ? Comment vous l'avez perçue, vous, cette conclusion ?[/b]
[i]Mgr Ricard : [/i]Ce que l'on peut percevoir sur le terrain, moi-même j'ai pris l'initiative, c'était donc au trimestre dernier, de faire une rencontre, une journée à la fois d'échange, de prière aussi, avec les personnes divorcées remariées. Et on a eu une journée aussi avec les personnes divorcées séparées, qui n'étaient pas remariées. Je crois que c'est deux situations quand même un peu différentes. Voilà.
Et ce qui m'a frappé, d'abord, c'est la grande souffrance de ces personnes. Et ces personnes là, aussi, se situaient différemment par rapport à l'enseignement de l'Eglise. Il y a ceux, quelques uns, qui sont fidèles à ce ce que l'Eglise demande, et qui s'abstiennent de s'approcher de l'Eucharistie. Et puis il y a ceux, c'est là qu'on peut parler d'un décalage avec l'enseignement de l'Eglise, qui se réfèrent surtout à leur conscience personnelle. Et donc, par rapport à un sacrement de pénitence ou au sacrement de l'Eucharistie, font une démarche en fonction de ce qu'ils pensent devoir faire.
Je pense qu'une des questions qui peut se poser, c'est, aujourd'hui, est-ce qu'on va simplement confier ça à la subjectivité de chacun, ou bien l'Eglise met en place une discipline pénitentielle pour permettre à certains, éventuellement, de réfléchir et de revoir ce que pourrait être pour eux, dans certaines conditions, et dans certaines circonstances aussi, l'accès à l'Eucharistie.
[b]RV : Il y avait un autre point de décalage, notait Mgr Carré, qui était par exemple la préparation au mariage. Où est-ce qu'il est, ce décalage, selon vous ?[/b]
Je crois qu'aujourd'hui, les questions concernant la préparation au mariage ne se posent pas comme je les ai vues se poser quand j'ai commencé mon ministère. Quand j'ai commencé mon ministère, on avait affaire à des jeunes, pour la plupart, qui avaient été catéchisés, qui avaient tout laissé tomber à la fin de leur catéchèse, et puis qu'on revoyait pour le mariage. Mais on pouvait faire appel à ce qu'ils avaient entendu, ce qu'ils avaient connu, une certaine foi. De nos jours, on voit apparaître de plus en plus des fiancés qui n'ont eu aucune catéchèse. Qui n'ont même pas été évangélisés. Qui viennent parce que leur amour c'est important, parce qu'ils veulent demander quelque chose à Dieu ou parce qu'ils veulent mettre un peu de sacré dans cet amour. Et du coup, on se rend compte, qu'on ne peut pas aujourd'hui se contenter simplement de préparer la cérémonie, de réfléchir sur le sérieux de la démarche, mais on se dit "est-ce qu'il n'y a pas aussi une annonce de ce qui est leur coeur de la foi à faire, à ces jeunes qui viennent pour se marier ?" Et donc, introduire ce qu'on pourrait appeler un "mini-catéchuménat", pour que ces jeunes qui se marient à l'Eglise connaissent ce qu'est le coeur de la foi chrétienne. Je crois qu'il y a une responsabilité de l'Eglise de le leur partager.
Edit
la note de synthèse de la CEF dont il est question dans cette interview :
http://www.eglise.catholique.fr/eglise-et-societe/famille/les-defis-pastoraux-de-la-famille-dans-le-contexte-de-l-evangelisation--18038.html