L'Incarnation

Règles du forum
Forum de discussions entre chrétiens sur les questions de théologie dogmatique

Répondre


Cette question vous permet de vous prémunir contre les soumissions automatisées et intensives effectuées par des robots indésirables.
Émoticônes
:?: :!: :arrow: :nule: :coeur: :) ;) :( :mal: :D :-D :oops: :cool: :/ :oui: :> :diable: <: :s :hypocrite: :p :amoureux: :clown: :rire: :-[ :sonne: :ciao: :zut: :siffle: :saint: :roule: :incertain: :clap: :fleur: :-@ :non: :cry: :bomb: :exclamation: :dormir: :wow: :boxe: :furieux: :toast: :dance: :flash:
Plus d’émoticônes

Le BBCode est activé
La balise [img] est activée
La balise [url] est activée
Les émoticônes sont activées

Relecture du sujet
   

Agrandir Relecture du sujet : L'Incarnation

Re: L'Incarnation

par Cinci » sam. 11 sept. 2021, 23:45

C'est impossible à concevoir au naturel un truc pareil. Ça c'est sûr. On va dire que ça ne fait pas partie de l'expérience commune de toute l'humanité.

:)

Re: L'Incarnation

par Invité » sam. 11 sept. 2021, 22:04

[...]
[Intervention de la Modération : Votre long plaidoyer contre la foi catholique n'a pas sa place dans ce forum et est écarté]


Il est vrai que ma raison a les plus grandes difficultés à concilier préexistence et incarnation, comme si les deux étaient contradictoires. Comment ce qui existait déjà peut naître dans ce qui n'existait pas, m'échappe totalement. Je suppose que je ne suis pas le seul à être confronté à cette difficulté.

Re: L'Incarnation

par ademimo » sam. 11 sept. 2021, 20:39

Héraclius a écrit : mar. 17 juin 2014, 16:12 J'ai du mal à expliquer ce dogme à un chrétien qui navigue entre un arianisme moderne et l'unitarisme.

Il me demande comment Dieu, qui est pur esprit, peut être homme.

Plus important, il me demande si je considère que la nature humaine de jésus comme faisant parti du Dieu Trine.

Or techniquement, Dieu ne change pas (il est éternel). Mais alors comment ça s'est passé quand le Verbe est revenu vers le Père ? Son corps de gloire (qui est de l'ordre du créé) s'est il ajouté à la nature de Dieu ?

C'est compliqué tout ca.

Si vous avez du matériel argumentaire contre la théologie unitarienne en général, je suis pour. ^^

Je vais moi même aller voir du côté des écrits de St Athanase.


Héraclius -
Ce qui est difficile à accepter, c'est que le Christ possède une double nature , une nature divine, coéternelle au Père, et une nature humaine, qu'il a assumée dans le temps historique, et qui n'est pas coéternelle au Père.

Re: L'Incarnation

par Cinci » sam. 11 sept. 2021, 14:31

Merci.



... et Re-bonjour !



Invité, vous disiez :
Invité :

Même Xavi, dans un autre sujet, admet que l'évangéliste n'avait pas une compréhension aussi avancée que Saint-Jean
versus
Xavi :

Il me semble pourtant que vous avez raison. St Luc est encore loin d’affirmer clairement la divinité de cet homme qu’avait été Jésus de Nazareth, comme le feront St Paul et St Jean
----------------------------------------------

Commentaire :

C'est que même si le texte de Luc ne serait pas aussi explicite que celui de Jean par comparaison, il n'en permet pas pour autant de conclure à une compréhension moindre ou moins avancée chez Luc que chez Jean. La qualité d'un texte (relative obscurité, ambiguïté, moins clair, etc.) et puis ce que pense vraiment son auteur restent deux choses différentes.

Xavi s'attarde à un aspect proprement littéraire du texte, non pas à trancher brutalement sur le fait que l'évangéliste Luc, dans la réalité, n'aurait pas été "au parfum" de ce que Jean était sensé savoir de son côté. Je veux dire : ce n'est pas comme si Luc aurait du croire Jésus n'être qu'un homme, une créature mais surtout pas Dieu, tandis que Jean serait venu enseigner précisément le contraire (!) Ce serait absurde.


La Commission théologique internationale s'est exprimé sur le sujet en 1985 (Doc. catholique, 19 octobre 1986, p. 916)

«La vie de Jésus témoigne de la conscience de sa relation filiale au Père. Son comportement et ses paroles, qui sont ceux du «serviteur parfait», impliquent une autorité qui dépasse celle des anciens prophètes et qui revient à Dieu seul. Jésus puisait cette autorité incomparable dans sa relation singulière à Dieu qu'il appelle «mon Père». Il avait conscience d'être le Fils unique de Dieu et, en ce sens, d'être lui-même Dieu.

L'invocation de Dieu comme «Père» implique par conséquent la conscience qu'avait Jésus de son autorité divine et de sa mission. Ce n'est pas sans raison que l'on retrouve dans ce contexte le terme "révéler". Conscient d'être Celui qui connaît Dieu parfaitement, Jésus sait donc qu'il est en même temps le messager de la révélation définitive de Dieu aux hommes. Il est et il a conscience d'être «le Fils» (cf. Mc 12,6; 13,22)

En raison de cette conscience, Jésus parle et agit avec une autorité qui revient proprement à Dieu seul. C'est l'attitude des hommes par rapport à lui, Jésus, qui décide de leur salut éternel (Lc 12, 8; cf. Mc 8,38; Mt 10,32) Dès maintenant, Jésus peut appeler à sa suite; pour le suivre il faut l'aimer plus que les parents (Mt 10,37), le mettre au-dessus de tous les biens terrestres (Mc 10,29), être prêt à perdre sa vie «à cause de moi» (Mc 8,35). Il parle en législateur souverain qui se place au-dessus des prophètes et des rois (Mt 12,41). Il n'y a pas d'autre maître que lui (Mt 23,8) ; tout passera, sauf sa parole (Mc 13,31)

L'Évangile de saint Jean dit plus explicitement d'ou Jésus tient cette autorité inouïe : «c'est parce que le Père est en moi et que moi je suis dans le Père» (10, 38); «moi et le Père nous sommes un» (10, 30). Le «Je» qui parle ici et qui légifère souverainement a la même dignité que le «Je» de Yavhé (cf. Ex 3.14)

Même d'un point de vue historique, il est bien fondé d'affirmer que la proclamation apostolique primitive de Jésus, comme Fils et comme Fils de Dieu, est fondée sur la conscience même de Jésus d'être le Fils et l'envoyé du Père.» (Commission théologique internationale, 1986)

-----

Maintenant, pourquoi serait-il fondé de penser raisonnablement que Luc n'est pas moins instruit que Jean au sujet des arcanes du mystère ?

Parce que :
L'hymne de la lettre aux Philippiens (2, 6-11) mérite une mention spéciale d'abord. La plupart des exégètes pensent que Paul y cite une hymne chrétienne déjà connue de ses lecteurs. Et, comme on estime aujourd'hui que cette lettre a été écrite vers l'an 56, cette hymne doit dater des années 50 ! Or elle affirme avec une clarté indiscutable que Jésus ressuscité a reçu le Nom qui est au-dessus de tout nom. Il s'agit du Nom imprononçable de Dieu Lui-même, «... afin qu'au Nom de Jésus tout genou fléchisse» : geste d'adoration et d'hommage dû à Dieu seul.

- Il préexistait avant sa venue sur terre

Un exégète protestant, Martin Hengel, pense que cette doctrine de la préexistence du Christ était déjà bien établie une quinzaine d'année après la résurrection. Avec la grande majorité des exégètes, il pense que les versets 6-7 de Philippiens 2 affirment la préexistence et la divinité de Jésus : «... lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. Mais il s'anéantit lui-même, prenant la condition d'esclave et devenant semblable aux hommes»

D'autres textes de Paul affirment cette préexistence. 1 Co 8,6 : «Pour nous, il n'y a qu'un seul Dieu, le Père de qui tout vient à l'existence et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui tout existe et par qui nous sommes». Ce texte ne se présente pas comme un enseignement nouveau. Paul devait donc, vers l'an 49, professer déjà cette doctrine en arrivant à Corinthe, à savoir que le Christ a collaboré à la création du monde !

On retrouve implicitement la même idée en Ga 4.4; Ro 8.3; Ro 8,32. Ce qui permet à R. Bultmann de conclure : «La doctrine selon laquelle Jésus-Christ est le fils de Dieu préexistant devenu homme est considéré par Paul comme certaine, et l'hymne de Ph 2, 6-11 antérieure à Paul prouve qu'il n'est pas le premier à l'avoir introduite dans la pensée chrétienne.

(Theology of the New Testament, 4 ed, 1965); cité dans Pierre Descouvemont, Guide des difficultés de la foi catholique, Paris, Éd, du Cerf, 1997, p. 370
et

Dans les faits, voyez-vous, mais Luc a connu Paul assez étroitement, et même collaboré avec lui dans sa mission évangélisatrice.

Jésus et les historiens

par

Philippe Rolland

«... deux volumes dédiés à Théophile. Tous les écrivains anciens attribuent les deux livres à Luc, celui que Paul appelle «le cher médecin» (Col 4,14) Aucun autre nom n'a jamais été mis en concurrence. On ne peut raisonnablement supposer qu'il s'agirait d'une invention, car Paul précise que Luc était d'origine païenne et n'avait donc pas été témoin oculaire des faits évangéliques. Si l'on avait imaginé une légende pour assurer l'autorité du troisième évangile, on l'aurait attribué à un disciple de Jésus.

Le plan d'ensemble de l'oeuvre a été conçu à partir du moment ou Luc est arrivé à Rome, en compagnie de Paul enchaîné (Ac 28, 14-16), c'est à dire à partir du printemps de l'an 61, même si les matériaux utilisés dans le récit ont pu être recueillis quelques années plus tôt.

Luc indique même le nom des témoins qu'il a pu interroger : «Philippe l'évangéliste, l'un des Sept» (Ac 21,8). «Mnason de Chypre, disciple des premiers jours» (21,16). Et surtout, Luc affirme à plusieurs reprises qu'il était au côté de Paul, notamment pour le voyage de Philippes à Jérusalem (20, 5; 21,17) et depuis son embarquement pour l'italie jusqu'à son arrivée à Rome (27, 1; 28.14). Pour ces périodes, son récit est d'une précision minutieuse : il va jusqu'à indiquer que le départ de Philippes a eu lieu après la fin de la fête des pains sans levain (octave de Pâque), que le voyage de Philippes à Troas a duré cinq jours et que le séjour de sept jours à Troas s'est achevé dans la nuit du samedi au dimanche (20, 6-11). Ceci permet de préciser que le départ de Philippes a eu lieu un mercredi matin, que la Pâque tombait cette année-là un mardi soir, ce qui correspond à l'an 58. Nous avons là le repère le plus sûr de toute la chronologie paulinienne. (chapitre III, «L'oeuvre de Luc», p. 34)
Luc a travaillé de près avec l'apôtre Paul, l'accompagnant dans son travail missionnaire. Il est matériellement impossible que Luc n'ait pas été au courant du contenu de l'enseignement apostolique. Et c'est Paul qui fait état de la condition divine de Jésus dans ses lettres. La chose est tellement centrale pour la foi chrétienne : c'est certain que Luc le sait.

Re: L'Incarnation

par Invité » ven. 10 sept. 2021, 20:37

Voici le propos exact de Xavi :
Il me semble pourtant que vous avez raison. St Luc est encore loin d’affirmer clairement la divinité de cet homme qu’avait été Jésus de Nazareth, comme le feront St Paul et St Jean.

Comme tous les textes de la Bible, ils sont écrits par des hommes, selon leurs pensées humaines dans le contexte qui était le leur, ce qui n’empêche pas de les croire inspirés et d’y comprendre, par une relecture de l'Église, un sens et une révélation bien au-delà de ce que l’auteur humain de chaque écrit biblique pouvait considérer.
https://www.cite-catholique.org/viewtop ... 9&start=60

Re: L'Incarnation

par Cinci » ven. 10 sept. 2021, 20:18

O.K.

Bien que ...
Même Xavi, dans un autre sujet, admet que l'évangéliste n'avait pas une compréhension aussi avancée que Saint-Jean. Et c'est exactement ce qui transparaît dans son Évangile et dans les Actes des Apôtres.
Là, vous me surprenez. Ce serait à voir. Je veux dire que Xavi ait pu faire valoir quelque chose de cet ordre.

Re: L'Incarnation

par Invité » jeu. 09 sept. 2021, 22:39

Mais Cinci votre démonstration n'a sens qu'à la lumière de Saint Jean, sur lequel vous appuyez votre argumentaire. Personne ne saurait contester tout en restant de bonne foi que le Jésus de Saint Jean est divin (vous voyez donc au passage que je ne suis pas musulman). Cependant, le Jésus présenté par Saint Luc est singulièrement différent. Même Xavi, dans un autre sujet, admet que l'évangéliste n'avait pas une compréhension aussi avancée que Saint Jean. Et c'est exactement ce qui transparaît dans son Évangile et dans les Actes des Apôtres.

Re: L'Incarnation

par Cinci » jeu. 09 sept. 2021, 17:49

Je pourrais même aller plus loin ...


Lorsque Jésus dit qu'il est «le chemin, la vérité et la vie» mais il ne suggère rien d'autre que le fait qu'il serait lui-même de condition divine. Il n'y a pas un seul être humain dans toute l'histoire de l'humanité qui peut dire une chose pareille excepté Jésus. Déclarer être «la vérité en personne» ou dire «Je suis la vie» (= Je suis) : il n'y a que Dieu pour pouvoir affirmer cela.


Alors prétendre que l'incarnation de Dieu (Jésus, le Verbe incarné) serait un grand obstacle est ni plus ni moins qu'une belle hérésie matérielle en vérité. Car loin d'être un obstacle : c'est le seul moyen d'atteindre Dieu. Le seul !
«Nul ne vient au Père sans passer par moi» (Jn 14,6)

Prétendre que l'incarnation de Jésus serait un "obstacle pour approcher le divin" à cause de difficultés intellectuelles que la chose soulève, mais c'est comme dire que les miracles seraient aussi des obstacles, que la mort sur la croix serait un obstacle, que l'existence du mal serait un obstacle, que l'imperfection des chrétiens ou du pape font un obstacle, que les textes de la Bible sont pareillement un obstacle, peut-être votre condition d'être humain limité serait-elle aussi un obstacle ... Mais vous n'avez pas fini de voir des obstacles.



La vérité serait plutôt que la théologie de l'Église catholique est riche et complexe. Puis c'est une joie qu'elle le soit ! Pas un problème funeste ou un empêchement. Il serait impossible d'espérer parler de Dieu sérieusement d'une manière primaire ou plus que rudimentaire. Si c'était le cas, c'est là qu'il s'en trouverait une vraie cause d'incroyance.

Re: L'Incarnation

par Cinci » jeu. 09 sept. 2021, 17:38

Invité :

Concernant L'arche d'alliance, elle est le réceptacle des tablettes de la Loi et donc de la parole de Dieu. Mais elle n'est pas une représentation de Dieu qui, de toute façon, était interdite. Une comparaison de Jésus avec l'arche d'alliance, chère à nombre de commentateurs, vaudrait à dire que Jésus est la parole de Dieu (ce que je partage). Non pas gravée sur la pierre mais vivante. Mais elle ne revient pas à dire que Jésus est Dieu, c'est un pas de trop.
Le commentateur cité par Gaudens évoque l'analogie entre la Vierge Marie et l'arche d'alliance. Et alors Jésus est assimilé à la parole de Dieu présente dans l'arche. Il en revient à élevé Jésus au rang du divin.

Projeter cavalièrement l'idée d'un «pas de trop» ne fait pas beaucoup de sens, - vous ne croyez pas? - , mais attendu que confesser la divinité de Jésus reste exactement ce que l'Église a toujours fait ? C'est à se demander si vous ne seriez pas musulman en fin de compte.

Regardez :

Vous commencer par dire que vous partager l'idée que "Jésus serait la parole de Dieu", mais croire ensuite qu'il serait excessif de lui prêter la condition divine qui est celle de Dieu. Vous n'avez pas l'air de vous rendre compte que la «parole de Dieu» ne correspond pas à un objet ou une créature recevant son être de Dieu mais bien à Dieu Lui-même.

La parole de Dieu est impossible à distinguer de ce «caractère sacré que l'on prête aux choses les plus saintes» et donc de ... de Dieu. Impossible d'élever un mur de séparation là-dedans, ou d'effectuer une ségrégation, voyez-vous. Et c'est bien pourquoi dans son prologue fameux saint Jean dit que le Verbe était Dieu. Au commencement, dit-il, le Verbe était auprès de Dieu, il était Dieu.

Croyez-vous qu'il nous serait possible de corriger saint Jean ou quoi ?

Re: L'Incarnation

par Invité » mer. 01 sept. 2021, 16:43

Gaudens a écrit : mar. 31 août 2021, 22:10 J'aimerais ajouter un point à ce que vous a écrit Perlim Pimpum.
Vous évoquez la "technique" divine ayant permis l'Incarnation.Le mot peut choquer mais pourquoi pas?
En fait dans le processus de la conception de Jésus,quelque chose d'inoui est venu se substituer au spermatozoide masculin fécondant et a permis cette conception.C'est ce qu'évoque l'Evangile de Luc :"l'Esprit-Saint viendra sur toi et la puissance du Très Haut te prendra sous son ombre".Je vous conseille de méditer le texte ci-dessous qui donne les clés de la signification de cette conception hors norme,en dépassant l'aspect "technique":
https://www.notredameduchene.fr/526-la_ ... e-_lc-135/
Bonne soirée.
Merci pour votre partage Gaudens mais, compte tenu de la teneur de l'Évangile de Saint-Luc (sujet que j'ai développé dans la rubrique Apologétique) cette interprétation de la nuée me paraît exagérée.

La nuée représente la manifestation visible de la présence de Dieu. Elle se manifeste à plusieurs reprises à des hommes particuliers : Moïse y pénètre pour parler avec Dieu (Ex 24,18) et c'est cette même nuée qui recouvre les Apôtres lors de la Transfiguration (Mt 17,5). Dans le cas de Marie, l'évangéliste signifie que Dieu la prend sous son ombre - en référence à la nuée - pour réaliser le miracle de la conception virginale. Il s'est penchée sur son humble servante, ainsi que le déclare Marie.

L'apparition de la nuée est toujours dans la Bible un phénomène temporaire et même sur la Tente de la rencontre, elle ne demeure pas de manière permanente. Oui, la conception miraculeuse de Jésus se produit parce que Dieu s'est penché sur Marie. Se pencher marque un évènement bref.

Concernant L'arche d'alliance, elle est le réceptacle des tablettes de la Loi et donc de la parole de Dieu. Mais elle n'est pas une représentation de Dieu qui, de toute façon, était interdite. Une comparaison de Jésus avec l'arche d'alliance, chère à nombre de commenteurs, vaudrait à dire que Jésus est la parole de Dieu (ce que je partage). Non pas gravée sur la pierre mais vivante. Mais elle ne revient pas à dire que Jésus est Dieu, c'est un pas de trop.

Il me reste maintenant à lire avec attention ce que Perlum Pimpum et Xavi ont écrit. C'est en tout cas un sujet passionnant mais très complexe !

Re: L'Incarnation

par Xavi » mer. 01 sept. 2021, 15:15

Invité a écrit : lun. 30 août 2021, 21:50 Le dogme de l'Incarnation est certainement pour moi l'obstacle majeur à l'affirmation de la divinité de Jésus de par les questions qu'il suscite :

Comment Dieu le Fils a-t-il techniquement pu devenir chair par l'action de l'Esprit-Saint en Marie ? Il s'agit de concilier la préexistence de Dieu le Fils avec la naissance de l'homme Jésus.

Dieu le Fils a-t-il cessé d'exister dans son essence spirituelle (Dieu est esprit) pour se matérialiser en Jésus à compter de sa naissance et jusqu'à aujourd'hui ?

Comment Dieu le Fils a-t-il pu rester Dieu à travers la figure humaine de Jésus qui ne possédait ni l'omnipotence, ni l'omniscience, deux attributs divins par excellence ? Ceci pose une question sous-jacente cruciale : qu'est-ce être Dieu s'il est possible de l'être sans posséder ces deux attributs centraux qui participent de la nature même de Dieu ?
Invité a écrit : mar. 31 août 2021, 18:54 Ce qui demeure assez mystérieux à mon sens, c'est que bien qu'étant vrai homme et vrai Dieu, et donc nécessairement doté de l'ensemble des attributs de l'un et de l'autre, Jésus n'exprime à mon sens pas pleinement sa divinité dans les Évangiles synoptiques.

Il ne connaît par exemple pas qui pourra siéger à ses côtés, ni même le jour où il viendra dans sa gloire. Il montre par ailleurs qu'il n'est pas décisionnaire. Or, étant Dieu lui-même et donc omniscient, il devrait nécessairement disposer de l'information. Ce qui, à travers son parler vrai, n'est pas le cas. Comment sa nature divine peut-elle s'effacer à ce point dans ces deux exemples pour ne plus exprimer que sa nature humaine ? Ces deux exemples ne sont-ils pas au contraire la démonstration d'un degré de subordination par rapport à Quelqu'un qui lui est supérieur ? Saint-Paul évoque son anéantissement volontaire mais dépouillé de ses attributs, Dieu peut à mon sens difficilement rester Lui-même.

De même, plusieurs autres événements constitutifs de la foi m'interpellent.

Par l'Ascension relatée par Saint-Marc et Saint-Luc, Jésus est monté au Ciel et s'est "assis à la droite de Dieu". Il s'agit d'une référence à un psaume que Jésus cite lui-même et qu'il s'applique : Dieu dit à son messie de s'assoir à sa droite. Dieu serait-il donc également le Christ ?

Nous sommes objectivement forcé de reconnaître que dans l'épisode de l'Ascension, les deux Évangélistes assurent que Jésus s'est assis à la droite de Dieu, établissant ainsi une distinction nette entre le Christ homme et Dieu. Ils ne suggèrent en aucun cas que Dieu (le Fils) s'assoit à côté de Dieu (le Père). C'est un Jésus totalement humain que Dieu fait assoir à sa droite après l'avoir ressuscité. Comment contournez-vous cette difficulté ?

Et dans la théologie du salut, doit-on croire que Dieu se sacrifie Lui-même pour nous réconcilier avec Lui ? Ne fallait-il pas au contraire que ce soit un homme dépourvu de tout caractère divin qui dut subir le supplice de la Croix ? Jésus-Christ, simplement homme, était parfait pour remplir ce rôle puisqu'il était dépourvu de tout péché de par sa conception virginale. Pourquoi eut-il fallu qu'il soit en plus Dieu ?

Vous l'aurez compris, à la lecture des Évangiles synoptiques, il est pour moi plus naturel de voir en Jésus un homme né d'une conception miraculeuse par la volonté et la puissance de Dieu et à qui Dieu partage sa puissance et délègue sa souveraineté. En faisant abstraction de Saint-Jean, n'adoptez-vous pas une lecture similaire ?
Bonjour Invité,

Vous posez de très bonnes questions.

Invité a écrit : lun. 30 août 2021, 21:50 Le dogme de l'Incarnation est certainement pour moi l'obstacle majeur à l'affirmation de la divinité de Jésus
Vous avez tout à fait raison. C’est bien l’obstacle majeur ou, ce qui revient au même, la clé essentielle pour la découverte de ce mystère central de la foi.

C’est bien un réel obstacle qui ne peut être franchi que par une profonde conversion de notre regard.

Cet obstacle rejoint deux autres fondements de notre foi : la résurrection du Christ et la création d’âmes immortelles capables de partager éternellement la vie de Dieu.

Nous ne pouvons approcher ces mystères que dans une profonde harmonie entre eux. Création, incarnation et résurrection : trois faits qui s’éclairent mutuellement.
Invité a écrit : lun. 30 août 2021, 21:50Comment Dieu le Fils a-t-il techniquement pu devenir chair par l'action de l'Esprit-Saint en Marie ?
La question technique est pertinente mais elle contient ainsi ses propres limites. La réponse attendue ne peut dépasser les connaissances techniques et cérébrales.

Cette question technique me semble en fait vouloir comprendre comment Dieu peut agir dans ce monde, ce qui pose d’abord la question de la création.

Tant la foi que la raison peuvent partager cette conviction que tout ce qui existe en ce monde, les choses visibles autant que invisibles, vient d’un au-delà de ce monde, d’une volonté personnelle de quelqu’un que nous nommons « Dieu ».

Il est d’abord et avant tout, pour nous les humains, le Créateur du Ciel et de la Terre. Comment celui qui a créé toutes choses et les règles qui régissent toutes choses pourrait-il, techniquement, cesser d’avoir toute possibilité d’action en ce monde ? Et, plus précisément, comment ne pas lui reconnaître des possibilités dépassant infiniment toute règle que nous pourrions découvrir. Il est Dieu. Il a tout pouvoir sur la matière.

Techniquement, on peut a priori tout imaginer pour l’Incarnation. Dieu a pu ajouter à sa création une créature supplémentaire habitée par Lui. Vous savez que cela me paraît profondément contraire à la foi. Le Christ n’est pas Dieu déguisé en homme, implanté dans le sein de la Vierge comme si celle-ci avait été une mère porteuse d’un bébé qui ne venait pas d’elle. C’est faux. Il est vraiment, biologiquement, un fils de Marie qui est vraiment la Mère de Dieu.

Le Christ n’est pas davantage demi-dieu (par l’Esprit Saint) et demi-homme (par Marie), comme si Dieu avait mélangé une semence créée spécialement (pour remplacer celle du père biologique) avec ce qui vient normalement d’une mère. Il ne serait pas en tout semblable à nous et, biologiquement, il ne serait pas un fils de David.

Nous savons tous que l’ADN d’une femme ne peut en aucun cas contenir le chromosome Y de la masculinité, mais, pour que Jésus soit fils de David, sans être le fils biologique direct d’un fils de David (le chromosome Y de la masculinité ne se transmet que de mâle en mâle), il me semble que nous pouvons penser que, miraculeusement et par une explication technique qui nous échappe, le chromosome Y de David a été transmis « autrement » par Marie, par une action miraculeuse lors de sa propre conception par son père Joachim.

Ce fut une immaculée conception miraculeuse sur le plan spirituel qui l’a préservée du péché originel. Ce fut aussi une conception miraculeuse sur le plan corporel la rendant capable de transmettre, en dehors de son propre ADN féminin, le chromosome de David. Nous savons que cette conception fut miraculeuse et extraordinaire. Pour que Jésus soit fils de David par Marie, il a fallu que Marie reçoive en elle le chromosome Y hérité de son père Joachim, fils de David, pour le transmettre. Il est vain de chercher à comprendre davantage le détail technique d’un miracle.

Mais, votre question est plus pointue : Comment Dieu infini et immortel peut-il se faire fini et mortel ?

Invité a écrit : lun. 30 août 2021, 21:50 Dieu le Fils a-t-il cessé d'exister dans son essence spirituelle (Dieu est esprit) pour se matérialiser en Jésus à compter de sa naissance et jusqu'à aujourd'hui ?
Non, bien sûr. En Jésus, c’est un seul et même être qui est pleinement Dieu et pleinement homme. Il est impossible de séparer la divinité et l’humanité du Christ, de même qu’il est impossible de séparer le corporel et le spirituel de notre unique nature humaine.

Cela ne signifie pas que, dans la réalité biologique, notre corps ne puisse pas mourir et le corps de Jésus est vraiment mort comme celui de n’importe quel humain. Le Christ aurait pu choisir de franchir directement la mort comme Marie le fera par son Assomption, mais il a choisi de se laisser mourir comme tout homme.

Cela nous indique que si notre corps est essentiel à notre nature, à la création et à la réalité de notre âme dont la nature est indivisiblement corporelle et spirituelle, il est vrai aussi qu’une fois créés, nous ne dépendons plus de la biologie précaire de notre corps. Ce corps essentiel peut être changé, renouvelé. Il peut ressusciter après sa mort physique.

Sur ce point, c’est la résurrection du Christ qui éclaire son incarnation.

La résurrection du Christ nous témoigne d’un passage du physique précaire à une autre réalité dans un état où l’être ressuscité peut continuer à se manifester à son gré dans l’univers physique précaire, comme les apparitions de Jésus entre sa résurrection et l'Ascension.

Le corps mort du Christ a été transformé et a disparu de l’univers visible, laissant son tombeau vide, sans plus aucune présence de ce corps mort mais sorti des linges dans lesquels il avait été mis.

Le linceul de Turin (le Saint Suaire) exprime à cet égard la foi de l’Église. À l’instant de la résurrection, un rayonnement physique a pu marquer dans le linge l’image du corps mort passant de l’univers visible à une réalité invisible d’où le Christ ressuscité apparaîtra encore à plusieurs reprises dans le monde visible. Le tombeau vide indique que la résurrection n’est pas seulement un événement spirituel mais aussi un événement physique concret dans l’histoire.
Invité a écrit : lun. 30 août 2021, 21:50Comment Dieu le Fils a-t-il pu rester Dieu à travers la figure humaine de Jésus qui ne possédait ni l'omnipotence, ni l'omniscience, deux attributs divins par excellence ?
Ceci pose une question sous-jacente cruciale : qu'est-ce être Dieu s'il est possible de l'être sans posséder ces deux attributs centraux qui participent de la nature même de Dieu ?
Invité a écrit : mar. 31 août 2021, 18:54 bien qu'étant vrai homme et vrai Dieu, et donc nécessairement doté de l'ensemble des attributs de l'un et de l'autre, Jésus n'exprime à mon sens pas pleinement sa divinité dans les Évangiles synoptiques.

Il ne connaît par exemple pas qui pourra siéger à ses côtés, ni même le jour où il viendra dans sa gloire. Il montre par ailleurs qu'il n'est pas décisionnaire. Or, étant Dieu lui-même et donc omniscient, il devrait nécessairement disposer de l'information. Ce qui, à travers son parler vrai, n'est pas le cas. Comment sa nature divine peut-elle s'effacer à ce point dans ces deux exemples pour ne plus exprimer que sa nature humaine ? Ces deux exemples ne sont-ils pas au contraire la démonstration d'un degré de subordination par rapport à Quelqu'un qui lui est supérieur ? Saint-Paul évoque son anéantissement volontaire mais dépouillé de ses attributs, Dieu peut à mon sens difficilement rester Lui-même.
Autrement dit, comment Jésus de Nazareth pouvait-il être Dieu sans « posséder » l’omnipotence et l’omniscience de Dieu qui participent en effet de la nature même de Dieu ?

Par choix volontaire.

Il me semble qu’une image simple peut déjà aider à le comprendre. Si vous choisissez de vous mettre dans une chambre et de fermer la porte, vous ne cessez en rien d’être vous-même. En se faisant homme, le Christ est venu habiter dans une chambre qu’est le monde créé exactement comme nous y habitons. Il n’y a rien perdu de sa divinité, mais tant qu’il était dans cette chambre, il ne percevait tout qu’avec les mêmes limites des murs de cette chambre que chacun de nous. Sans cesser d’être Dieu, d’être le Fils éternel.

Mais, il nous a révélé que cette « chambre » n’a pas l’étanchéité que nous pensons et qu’il y a entre cette chambre et Son Père, des liens qui dépassent ce que notre cerveau peut comprendre.

Comme tout humain, Jésus ne « possédait » pas l’omniscience et l’omnipotence, mais en communion avec le Père, tout lui était possible, comme c’était possible pour l’humain créé sans le péché originel.

Cela nous renvoie à notre propre création. Comment un être immortel, comme l’est chacun de nous, a-t-il pu advenir dans l’histoire du monde qui n’est qu’une réalité faite d’êtres précaires qui se succèdent dans le temps par d’innombrables combinaisons d’éléments minusculissimes que la physique quantique met en évidence ?

La résurrection du Christ nous témoigne d’un passage du physique précaire à une autre réalité dans un état où l’être ressuscité peut continuer à se manifester à son gré dans l’univers physique précaire.

Cela nous montre que le physique précaire que nous pouvons observer scientifiquement n’est pas le tout du réel. Il y a un au-delà du physique observable et ce qui est au-delà peut agir en ce monde physique. Il y a une interaction et une interpénétration possibles.

Notre monde est un monde créé par « quelqu’un » qui est au-delà de ce que notre seul cerveau peut explorer, au-delà de toute connaissance scientifique. Le Créateur a certes créé notre monde avec des règles propres autonomes, mais il n’a rien perdu de sa puissance créatrice. Ce qui lui a permis de créer ce monde continue de lui permettre d’y agir.

L’incarnation de Dieu, par laquelle Dieu devient une créature, n’est possible que parce que Dieu a créé cette créature avec tout ce qui était nécessaire pour son incarnation. Selon l’expression « à Son image et à Sa ressemblance ».

L’incarnation nous révèle ce que nous sommes : des êtres ayant reçu une vie issue de Dieu Lui-même, voulus semblables à Dieu Lui-même. Nous sommes, par création, créés capables d’être de véritables enfants du Créateur ayant reçu tout ce qui est nécessaire pour vivre de la vie même de Dieu ce qui nous rend capables de partager éternellement cette vie.

Nous sommes des enfants de Dieu qui est notre Père, mais il y a cependant une nuance qui nous fait être davantage de possibles enfants adoptifs que des enfants biologiques. Nous ne choisissons pas notre père biologique, mais il me semble, par contre, que la paternité divine ne peut être que choisie.

Car la vie divine ne se transmet pas sans une double caractéristique essentielle en Dieu Lui-même : la liberté et l’amour. Pour pouvoir partager la vie Dieu et être réellement ses enfants, encore faut-il le vouloir librement, vouloir librement vivre dans une communion éternelle d’amour.

Même si cela paraît un mystère physique, l’incarnation nous indique que Dieu tout puissant, éternel et infini peut, sans aucune perte, vivre pleinement en la forme d’une créature, parce que cette créature a elle-même été créée capable de partager pleinement la vie de Dieu.

C’est ici que l’incarnation est indissolublement liée à la création de l’humanité.

Adam et Ève sont des personnes aussi réelles et concrètes dans l’histoire du monde que Jésus de Nazareth.

La différence, c’est que Dieu vit de toute éternité alors qu’Adam et Ève sont des créatures qui n’existaient avant d’être créées dans le temps.

Créés avec un nature unique corporelle et spirituelle, devenus vivants par un souffle spirituel dans la réalité matérielle façonnée par Dieu.

Il est normal que notre seul cerveau, avec ses limites terrestres, ne puisse comprendre ce qui est au-delà de ce qu’il peut percevoir, mais il peut en comprendre assez pour en accepter le mystère.

Dieu a créé un être capable de partager éternellement sa vie d’amour. Il l’a créé dans un monde physique créé pour lui, pour qu’il puisse y vivre et le développer librement en harmonie d’amour avec Dieu.

Nous savons ce que nos premiers parents en ont fait, mais, avec la même nature que le péché a enfermé dans la mort, Dieu lui-même vient nous ouvrir un chemin nouveau par lequel tout est à nouveau possible.
Invité a écrit : mar. 31 août 2021, 18:54 Par l'Ascension relatée par Saint-Marc et Saint-Luc, Jésus est monté au Ciel et s'est "assis à la droite de Dieu". Il s'agit d'une référence à un psaume que Jésus cite lui-même et qu'il s'applique : Dieu dit à son messie de s'asseoir à sa droite. Dieu serait-il donc également le Christ ?

Nous sommes objectivement forcé de reconnaître que dans l'épisode de l'Ascension, les deux Évangélistes assurent que Jésus s'est assis à la droite de Dieu, établissant ainsi une distinction nette entre le Christ homme et Dieu. Ils ne suggèrent en aucun cas que Dieu (le Fils) s'assoit à côté de Dieu (le Père). C'est un Jésus totalement humain que Dieu fait asseoir à sa droite après l'avoir ressuscité. Comment contournez-vous cette difficulté ?
En revenant à l’image de la chambre, il me semble que la distinction nette n’existe pas réellement.

La notion de « droite » me semble manifestement une image qui ne peut être enfermée dans une réalité terrestre géométrique ou spatiale.

Le Christ Jésus est Dieu, mais il est aussi totalement humain. Pour nous sauver et nous ouvrir la vie éternelle, n’est-il pas essentiel, pour nous, de voir que c’est en tant qu’être totalement humain qu’il est dans la gloire de Dieu, même si cette gloire est aussi la sienne de toute éternité ?

Il me semble qu’ici c’est moins une difficulté à contourner qu’un chemin qui, pour un humain, est indispensable pour entrer dans la vie éternelle d’amour de Dieu.

Invité a écrit : mar. 31 août 2021, 18:54 Et dans la théologie du salut, doit-on croire que Dieu se sacrifie Lui-même pour nous réconcilier avec Lui ? Ne fallait-il pas au contraire que ce soit un homme dépourvu de tout caractère divin qui dut subir le supplice de la Croix ? Jésus-Christ, simplement homme, était parfait pour remplir ce rôle puisqu'il était dépourvu de tout péché de par sa conception virginale. Pourquoi eut-il fallu qu'il soit en plus Dieu ?
Vous creusez profond, profond !

Mais, vous savez qu’ici vous êtes dans une hypothèse théorique puisque le Christ est Dieu.

Il est vain de chercher le pourquoi du pourquoi des actions de Dieu que nous risquons de ne chercher que dans des réalités humaines limitées qui nous font oublier que Dieu est au-delà.

Vous vous demandez pourquoi il n’était pas possible de sauver l’humanité en suscitant uniquement, par une immaculée conception, un être humain délivré du péché originel ?

Peut-être parce qu’avec la liberté et la possibilité de choisir le mal, un être humain libre n’ayant pas encore choisi, n’est pas dans la réalité de Dieu qui est éternellement le Bien dans une harmonie d’amour.

N’oubliez pas qu’il s’agit d’introduire l’humain créé dans la vie divine incréée.

Seul Dieu peut le faire. Nous pouvons seulement l’accepter.

Invité a écrit : mar. 31 août 2021, 18:54 Vous l'aurez compris, à la lecture des Évangiles synoptiques, il est pour moi plus naturel de voir en Jésus un homme né d'une conception miraculeuse par la volonté et la puissance de Dieu et à qui Dieu partage sa puissance et délègue sa souveraineté. En faisant abstraction de Saint-Jean, n'adoptez-vous pas une lecture similaire ?
Plus « naturel », en effet. Mais, insuffisant.

L’homme ne pouvait être sauvé que par Dieu fait homme.

Re: L'Incarnation

par Perlum Pimpum » mar. 31 août 2021, 22:53

.

Re: L'Incarnation

par Gaudens » mar. 31 août 2021, 22:10

J'aimerais ajouter un point à ce que vous a écrit Perlim Pimpum.
Vous évoquez la "technique" divine ayant permis l'Incarnation.Le mot peut choquer mais pourquoi pas?
En fait dans le processus de la conception de Jésus,quelque chose d'inoui est venu se substituer au spermatozoide masculin fécondant et a permis cette conception.C'est ce qu'évoque l'Evangile de Luc :"l'Esprit-Saint viendra sur toi et la puissance du Très Haut te prendra sous son ombre".Je vous conseille de méditer le texte ci-dessous qui donne les clés de la signification de cette conception hors norme,en dépassant l'aspect "technique":
https://www.notredameduchene.fr/526-la_ ... e-_lc-135/
Bonne soirée.

Re: L'Incarnation

par Invité » mar. 31 août 2021, 18:54

Merci Perlum Pimpum pour vos explications, le sujet est complexe.

Ce qui demeure assez mystérieux à mon sens, c'est que bien qu'étant vrai homme et vrai Dieu, et donc nécessairement doté de l'ensemble des attributs de l'un et de l'autre, Jésus n'exprime à mon sens pas pleinement sa divinité dans les Évangiles synoptiques.

Il ne connaît par exemple pas qui pourra siéger à ses côtés, ni même le jour où il viendra dans sa gloire. Il montre par ailleurs qu'il n'est pas décisionnaire. Or, étant Dieu lui-même et donc omniscient, il devrait nécessairement disposer de l'information. Ce qui, à travers son parler vrai, n'est pas le cas. Comment sa nature divine peut-elle s'effacer à ce point dans ces deux exemples pour ne plus exprimer que sa nature humaine ? Ces deux exemples ne sont-ils pas au contraire la démonstration d'un degré de subordination par rapport à Quelqu'un qui lui est supérieur ? Saint-Paul évoque son anéantissement volontaire mais dépouillé de ses attributs, Dieu peut à mon sens difficilement rester Lui-même.

De même, plusieurs autres événements constitutifs de la foi m'interpellent.

Par l'Ascension relatée par Saint-Marc et Saint-Luc, Jésus est monté au Ciel et s'est "assis à la droite de Dieu". Il s'agit d'une référence à un psaume que Jésus cite lui-même et qu'il s'applique : Dieu dit à son messie de s'assoir à sa droite. Dieu serait-il donc également le Christ ?

Nous sommes objectivement forcé de reconnaître que dans l'épisode de l'Ascension, les deux Évangélistes assurent que Jésus s'est assis à la droite de Dieu, établissant ainsi une distinction nette entre le Christ homme et Dieu. Ils ne suggèrent en aucun cas que Dieu (le Fils) s'assoit à côté de Dieu (le Père). C'est un Jésus totalement humain que Dieu fait assoir à sa droite après l'avoir ressuscité. Comment contournez-vous cette difficulté ?

Et dans la théologie du salut, doit-on croire que Dieu se sacrifie Lui-même pour nous réconcilier avec Lui ? Ne fallait-il pas au contraire que ce soit un homme dépourvu de tout caractère divin qui dut subir le supplice de la Croix ? Jésus-Christ, simplement homme, était parfait pour remplir ce rôle puisqu'il était dépourvu de tout péché de par sa conception virginale. Pourquoi eut-il fallu qu'il soit en plus Dieu ?

Vous l'aurez compris, à la lecture des Évangiles synoptiques, il est pour moi plus naturel de voir en Jésus un homme né d'une conception miraculeuse par la volonté et la puissance de Dieu et à qui Dieu partage sa puissance et délègue sa souveraineté. En faisant abstraction de Saint-Jean, n'adoptez-vous pas une lecture similaire ?

Cordialement.

Re: L'Incarnation

par Perlum Pimpum » mar. 31 août 2021, 14:41

.

Haut