par Nanimo » dim. 01 avr. 2007, 2:00
Bonjour Franck,
Il va par ailleurs de soi que cette approche de l'exil repose sur l'espérance de pouvoir un jour reconquérir la terre de ses ancêtres et donc sur la nécessité de ne pas diluer son identité. […] Toute ressemblance avec un peuple dont le pays disparut de la surface de notre planète pendant un peu moins de deux millénaires est bien évidemment fortuite.
Je ne crois pas que ce soit le destin des Français de vivre en diaspora comme le peuple juif. Les peuples sont comme les gens, ils ont leur destin propre. Par ailleurs, il y a une sorte de logique migratoire arrivée à terme dans la trajectoire du peuple juif; que pourrait-on y rajouter? En revanche, l’observer permet de mieux comprendre les mouvements migratoires quels qu’ils soient.
Nous avons souvent parlé de l'immigration sur ce forum, mais qu'en est-il de l'émigration? Je m'excuse auprès de ceux qui trouveront cette question provocatrice mais à l'heure où plusieurs centaines de milliers de Français tentent leur chance à l'étranger pour diverses raisons, il me semble important d'en discuter.
Et bien tentons de voir ce qui fait émigrer les Français aujourd’hui, en soulignant encore que le fait est tout à fait nouveau.
Perspective optimiste : Il y a la construction de l’Europe qui, pour la première fois dans l’histoire européenne, permet de migrer librement dans un espace commun. Il y a là une perspective d’enrichissement mutuel, d’autant plus facile qu’il y a un socle commun de civilisation. Comme je l’ai déjà dit ailleurs, ce type d’émigration n’est pas forcément définitif. Il est à noter à ce sujet que les Français n’ayant jamais été réellement un peuple de migrants, il aura fallu l’Europe pour les décider.
Fait intéressant et digression : La question de l’émigration a toujours été un problème chez les Français. Certains historiens américains affirment que c’est l’unique raison pour laquelle l’ancien royaume de France a perdu l’Amérique – et non pas les compétences stratégiques et militaires pour lesquelles on est encore plein d’admiration outre-atlantique – ni l’idéologie qui aujourd’hui encore vous en bouche un coin. La colonisation française, contrairement à ce qui se colporte aujourd’hui en France, n’en était pas une d’asservissement, bien qu’il y ait eu des dérapages sérieux qui pour autant furent limités en comparaison aux Anglais et, bien plus encore, aux Arabes, mais une de volonté de faire des peuples colonisés des Français à part entière. On peut discuter du bien-fondé d’une telle vision – et je la trouve personnellement tout à fait disputable avec mon regard contemporain – mais tout cela est un autre sujet.
Pour en revenir à l’émigration des Français aujourd’hui : ils ne sont pas les seuls Européens à émigrer; mais ce qui choque – et qui devrait choquer – est que le peuple français n’a jamais été réellement un peuple de migrants, ce qui nous invite à nous pencher longuement sur ce récent phénomène d’émigration chez les Français. Le prix de l’Union européenne aura été élevé pour l’Europe occidentale, mais pouvait-il en être autrement et est-ce l’une des raisons? Je ne le sais pas. En revanche, un réflexe devant l’invasion n’est pas à écarter, car en effet,
Perspective pessimiste : L’immigration massive est critiquée surtout pour le fait qu’elle n’est pas adaptée aux besoins des pays d’accueil. Toutefois, on la critique rarement sur un autre point pourtant tout aussi fondamental, là où elle menace la culture des populations de souche : L’immigration massive serait alors vécue comme une invasion, entraînant la fuite des populations de souche.
- C’est ce qui expliquerait notamment le cas des Pays-Bas où les populations émigrent non pas en Europe, mais carrément hors d’Europe, vers l’Amérique et l’Australie.
- C’est ce qui serait notamment l’une des raisons des chutes démographiques : l’instabilité de l’environnement – ne plus voir la continuité entre nos ancêtres et ce qui s’annonce – est un élément qui ne favorise pas les naissances (cela est lié au psychisme des femmes, mais je dis bien « une des raisons »). C’est éminemment paradoxal, évidemment, puisqu’ainsi on accélère vers le précipice.
- C’est ce qui expliquerait notamment le vote extrême-droite de l’électorat communiste, un électorat qui a senti directement les pressions en ce qui concerne le logement, l’emploi, mais surtout sa culture.
Pour exemple : les Français de souche ont quitté les cités des années 50 dès l’impact de l’immigration maghrébine de la fin des années 60. On a murmuré que ces populations étaient racistes (une idiotie au vu qu'elles étaient pour la plupart de souche rurale ou banlieusarde et ont vite rêvé d’un pavillon et d’un jardin). À l’époque, on a mis le couvercle sur tout ça sans la moindre analyse. Mais qu’on ne vienne pas disputer l’impact de l’immigration massive : si on est assez honnête, on sait que la banlieue et les quartiers populaires ont été complètement ravagés en raison de l’immigration et cela en un temps record et dans le silence.
Enfin, perspective autre et globale :
Il est certain qu’il y a des déclencheurs la plupart du temps, on ne peut le nier, mais même dans les meilleures conditions, il restera encore une bougeotte – plus sensible chez certains peuples que d’autres – à laquelle il faudrait trouver un exutoire qui n’aurait pas pour effet l’anarchie migratoire ambiante.
Déclencheurs : dans les pays pauvres, il est évident qu’il y a la famine et les conflits; il y a aussi une tradition de départ chez certains peuples; dans les pays riches, il y a l’insatisfaction professionnelle et sociale. Toutefois, éliminez tout cela et vous constaterez que le partir semble inscrit en nous – peut-être une séquelle des grandes migrations de l’aube des temps – allez savoir. C’est donc aussi pour cela qu’il faut absolument maîtriser les mouvements migratoires car ils peuvent avoir un effet moteur. Et
si le partir semble inscrit en nous, il n’est pas forcément nécessaire ou bénéfique. Il faut arrêter de se comporter comme n'importe quoi (pour les migrations et bien d’autres choses encore). Tant que l’on ne se penchera pas sérieusement sur ce qui motive les migrations, nous serons livrés à l’anarchie de ces mouvements que l’avènement des transports rapides a rendu excessivement compliqué à contrôler. L’époque moderne ne s’y prête plus. Dans l’ancien temps les gens se déplaçaient à pied. Les mouvements migratoires prenaient parfois des siècles. On ne peut continuer comme cela, c’est l’évidence. Il faut fixer les populations.
Nous savons déjà que l’émigration n’est pas une bonne idée pour certains peuples – car
à cette échelle (on parle de millions de personnes qui tous les ans tentent d’émigrer légalement ou non ) et
à cette vitesse, les pays d’accueil en sont réduits à les refouler, en ayant bien soin toutefois de retenir les gens ayant de l’instruction, une formation professionnelle et des chances d’intégration. Je schématise bien évidemment, mais ce qu’il faut dire et redire est que l’émigration est stérile pour les pays d’Afrique, les pays du Maghreb et tous les pays pauvres puisqu’ils font don de leurs classes moyennes aux pays riches.
:huh:
Pour résumer, certains pays ont commencé à comprendre que leurs populations étaient leur première richesse (Chine, Asie du Sud), mais la plupart des pays du Maghreb et les pays d’Afrique tardent. Je ne vais pas aborder la question du risque de conflits civils à l’échelle mondiale, car cela est évident. Je veux simplement souligner l’ineptie de ce laissez-faire face aux migrations. Il faut tenir compte de la rapidité et de l’ampleur de ces mouvements migratoires pour comprendre l’incapacité totale des pays d’accueil à les assimiler et l'instabilité de ces masses qui se trouvent livrées de ce fait à toutes les influences.
Par ailleurs, les pays occidentaux, eux aussi tardent, mais à comprendre l’impact de ces vagues migratoires, rapides, massives, sur les populations de souche. L’opposition est intimement liée à l’affectif, ce qui lie profondément à son pays, un aspect que j’ai décrit ailleurs dans ce forum, et au souci que l’on a des générations montantes. Il ne suffit pas de dire que les civilisations sont périssables; elles le sont, certes. Il ne suffit pas de crier au racisme, car à la limite cela ne veut rien dire, je crois l’avoir démontré dans ce forum.
Nous avons les moyens d’imposer notre rythme d’assimilation et d’évoluer avec le changement qui vient de l’étranger – il demeure tout à fait souhaitable de continuer à évoluer ou de s’affermir au contact de l’autre – sans pour autant se laisser déstabiliser. Il faut mettre fin à l’anarchie des mouvements migratoires, car nous avons franchi le point de rupture de toute évidence.
Surtout, il faut obliger les étrangers des pays pauvres ayant fini leurs études dans les pays occidentaux à rentrer dans leur pays. Plus encore – et c’est pratiquement révolutionnaire de le dire –il faut cesser de recruter à l’immigration les gens instruits, de métier, dans les pays pauvres. C’est plus qu’une question de bon sens, c’est une question de conscience.
Je vous livre ces réflexions pour ce qu’elles valent.
Bonjour Franck,
[quote]Il va par ailleurs de soi que cette approche de l'exil repose sur l'espérance de pouvoir un jour reconquérir la terre de ses ancêtres et donc sur la nécessité de ne pas diluer son identité. […] Toute ressemblance avec un peuple dont le pays disparut de la surface de notre planète pendant un peu moins de deux millénaires est bien évidemment fortuite. [/quote]
Je ne crois pas que ce soit le destin des Français de vivre en diaspora comme le peuple juif. Les peuples sont comme les gens, ils ont leur destin propre. Par ailleurs, il y a une sorte de logique migratoire arrivée à terme dans la trajectoire du peuple juif; que pourrait-on y rajouter? En revanche, l’observer permet de mieux comprendre les mouvements migratoires quels qu’ils soient.
[quote]Nous avons souvent parlé de l'immigration sur ce forum, mais qu'en est-il de l'émigration? Je m'excuse auprès de ceux qui trouveront cette question provocatrice mais à l'heure où plusieurs centaines de milliers de Français tentent leur chance à l'étranger pour diverses raisons, il me semble important d'en discuter.[/quote]
Et bien tentons de voir ce qui fait émigrer les Français aujourd’hui, en soulignant encore que le fait est tout à fait nouveau.
[b]Perspective optimiste [/b]: Il y a la construction de l’Europe qui, pour la première fois dans l’histoire européenne, permet de migrer librement dans un espace commun. Il y a là une perspective d’enrichissement mutuel, d’autant plus facile qu’il y a un socle commun de civilisation. Comme je l’ai déjà dit ailleurs, ce type d’émigration n’est pas forcément définitif. Il est à noter à ce sujet que les Français n’ayant jamais été réellement un peuple de migrants, il aura fallu l’Europe pour les décider.
[b]Fait intéressant et digression [/b]: La question de l’émigration a toujours été un problème chez les Français. Certains historiens américains affirment que c’est l’unique raison pour laquelle l’ancien royaume de France a perdu l’Amérique – et non pas les compétences stratégiques et militaires pour lesquelles on est encore plein d’admiration outre-atlantique – ni l’idéologie qui aujourd’hui encore vous en bouche un coin. La colonisation française, contrairement à ce qui se colporte aujourd’hui en France, n’en était pas une d’asservissement, bien qu’il y ait eu des dérapages sérieux qui pour autant furent limités en comparaison aux Anglais et, bien plus encore, aux Arabes, mais une de volonté de faire des peuples colonisés des Français à part entière. On peut discuter du bien-fondé d’une telle vision – et je la trouve personnellement tout à fait disputable avec mon regard contemporain – mais tout cela est un autre sujet.
[b]Pour en revenir à l’émigration des Français aujourd’hui : ils ne sont pas les seuls Européens à émigrer; mais ce qui choque – et qui devrait choquer – est que le peuple français n’a jamais été réellement un peuple de migrants, ce qui nous invite à nous pencher longuement sur ce récent phénomène d’émigration chez les Français[/b]. Le prix de l’Union européenne aura été élevé pour l’Europe occidentale, mais pouvait-il en être autrement et est-ce l’une des raisons? Je ne le sais pas. En revanche, un réflexe devant l’invasion n’est pas à écarter, car en effet,
[b]Perspective pessimiste [/b]: L’immigration massive est critiquée surtout pour le fait qu’elle n’est pas adaptée aux besoins des pays d’accueil. Toutefois, on la critique rarement sur un autre point pourtant tout aussi fondamental, là où elle menace la culture des populations de souche : L’immigration massive serait alors vécue comme une invasion, entraînant la fuite des populations de souche.
[b]- C’est ce qui expliquerait notamment le cas des Pays-Bas où les populations émigrent non pas en Europe, mais carrément hors d’Europe, vers l’Amérique et l’Australie.
- C’est ce qui serait notamment l’une des raisons des chutes démographiques : l’instabilité de l’environnement – ne plus voir la continuité entre nos ancêtres et ce qui s’annonce – est un élément qui ne favorise pas les naissances (cela est lié au psychisme des femmes, mais je dis bien « une des raisons »). C’est éminemment paradoxal, évidemment, puisqu’ainsi on accélère vers le précipice.
- C’est ce qui expliquerait notamment le vote extrême-droite de l’électorat communiste, un électorat qui a senti directement les pressions en ce qui concerne le logement, l’emploi, mais surtout sa culture.[/b]
Pour exemple : les Français de souche ont quitté les cités des années 50 dès l’impact de l’immigration maghrébine de la fin des années 60. On a murmuré que ces populations étaient racistes (une idiotie au vu qu'elles étaient pour la plupart de souche rurale ou banlieusarde et ont vite rêvé d’un pavillon et d’un jardin). À l’époque, on a mis le couvercle sur tout ça sans la moindre analyse. Mais qu’on ne vienne pas disputer l’impact de l’immigration massive : si on est assez honnête, on sait que la banlieue et les quartiers populaires ont été complètement ravagés en raison de l’immigration et cela en un temps record et dans le silence.
[b]Enfin, perspective autre et globale [/b]:
Il est certain qu’il y a des déclencheurs la plupart du temps, on ne peut le nier, mais même dans les meilleures conditions, il restera encore une bougeotte – plus sensible chez certains peuples que d’autres – à laquelle il faudrait trouver un exutoire qui n’aurait pas pour effet l’anarchie migratoire ambiante.
[b]Déclencheurs [/b]: dans les pays pauvres, il est évident qu’il y a la famine et les conflits; il y a aussi une tradition de départ chez certains peuples; dans les pays riches, il y a l’insatisfaction professionnelle et sociale. Toutefois, éliminez tout cela et vous constaterez que le partir semble inscrit en nous – peut-être une séquelle des grandes migrations de l’aube des temps – allez savoir. C’est donc aussi pour cela qu’il faut absolument maîtriser les mouvements migratoires car ils peuvent avoir un effet moteur. Et [b]si le partir semble inscrit en nous, il n’est pas forcément nécessaire ou bénéfique.[/b] Il faut arrêter de se comporter comme n'importe quoi (pour les migrations et bien d’autres choses encore). Tant que l’on ne se penchera pas sérieusement sur ce qui motive les migrations, nous serons livrés à l’anarchie de ces mouvements que l’avènement des transports rapides a rendu excessivement compliqué à contrôler. L’époque moderne ne s’y prête plus. Dans l’ancien temps les gens se déplaçaient à pied. Les mouvements migratoires prenaient parfois des siècles. On ne peut continuer comme cela, c’est l’évidence. Il faut fixer les populations.
Nous savons déjà que l’émigration n’est pas une bonne idée pour certains peuples – car [b]à cette échelle [/b](on parle de millions de personnes qui tous les ans tentent d’émigrer légalement ou non ) et [b]à cette vitesse[/b], les pays d’accueil en sont réduits à les refouler, en ayant bien soin toutefois de retenir les gens ayant de l’instruction, une formation professionnelle et des chances d’intégration. Je schématise bien évidemment, mais ce qu’il faut dire et redire est que l’émigration est stérile pour les pays d’Afrique, les pays du Maghreb et tous les pays pauvres puisqu’ils font don de leurs classes moyennes aux pays riches.
:huh:
Pour résumer, certains pays ont commencé à comprendre que leurs populations étaient leur première richesse (Chine, Asie du Sud), mais la plupart des pays du Maghreb et les pays d’Afrique tardent. Je ne vais pas aborder la question du risque de conflits civils à l’échelle mondiale, car cela est évident. Je veux simplement souligner l’ineptie de ce laissez-faire face aux migrations. Il faut tenir compte de la rapidité et de l’ampleur de ces mouvements migratoires pour comprendre l’incapacité totale des pays d’accueil à les assimiler et l'instabilité de ces masses qui se trouvent livrées de ce fait à toutes les influences.
Par ailleurs, les pays occidentaux, eux aussi tardent, mais à comprendre l’impact de ces vagues migratoires, rapides, massives, sur les populations de souche. L’opposition est intimement liée à l’affectif, ce qui lie profondément à son pays, un aspect que j’ai décrit ailleurs dans ce forum, et au souci que l’on a des générations montantes. Il ne suffit pas de dire que les civilisations sont périssables; elles le sont, certes. Il ne suffit pas de crier au racisme, car à la limite cela ne veut rien dire, je crois l’avoir démontré dans ce forum. [b]Nous avons les moyens d’imposer notre rythme d’assimilation et d’évoluer avec le changement qui vient de l’étranger [/b]– il demeure tout à fait souhaitable de continuer à évoluer ou de s’affermir au contact de l’autre – sans pour autant se laisser déstabiliser. Il faut mettre fin à l’anarchie des mouvements migratoires, car nous avons franchi le point de rupture de toute évidence.
Surtout, il faut obliger les étrangers des pays pauvres ayant fini leurs études dans les pays occidentaux à rentrer dans leur pays. Plus encore – et c’est pratiquement révolutionnaire de le dire –il faut cesser de recruter à l’immigration les gens instruits, de métier, dans les pays pauvres. C’est plus qu’une question de bon sens, c’est une question de conscience.
Je vous livre ces réflexions pour ce qu’elles valent.