par Cgs » ven. 21 août 2015, 11:27
A prodigal :
Bonjour,
Permettez-moi de corriger quelques éléments inexacts dans vos deux dernières déclarations :
Je suis d'accord, ne serait-ce que par amour de la logique. En effet, c'est la première question si on prend les choses dans l'ordre : une fois qu'on saura, ou plutôt que l'Eglise aura reprécisé, à quelles conditions en général on peut communier, on pourra en tirer les conséquences quant au cas des divorcés-remariés. Il n'a pas dû vous échapper que je parle un peu plus haut de l'indignité, même si je ne dis rien d'original (mais je ne cherche pas à être original).
C'est pourquoi il serait souhaitable que l'enseignement de l'Eglise sur cette question soit rappelé avant tout changement de discipline. Mais ça, cette question de priorité, ce n'est que mon opinion, je ne prétends évidemment pas l'imposer à l'Eglise.
La règle de l'Eglise est très claire, c'est son ignorance par les fidèles qui pose problème aujourd'hui. Auparavant, les personnes étaient catéchisées, donc elles savaient ce que l'Eglise demandait en matière de sacrements. Maintenant, les personnes n'étant plus formées, elles perçoivent la communion comme un dû, un droit - remarquons que toute notre société est marqué par le syndrome du "j'ai droit à" au mépris du reste, l'Eglise ne fait que le subir. Ceci fausse les débats et attristent les personnes. Les ennemis intérieurs de l'Eglise en profitent d'ailleurs pour la faire vaciller sur les principes sacrés du mariage... Bref, un beau sac de noeuds !
Tout l'enjeu du prochain synode, des changements de pastorale en paroisse sur le mariage tient précisément dans le fait qu'il faut pouvoir accueillir les personnes sur ce sujet sensible tout en rappelant clairement la position de l'Eglise. La charité dans la vérité, comme dirait le pape émérite Benoît XVI.
Je la résume en deux points :

si le mariage est valide du point de vue de l'Eglise, il est indissoluble ("Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas").

l'Eglise accueille toute personne, quelle que soit sa situation. En l'espèce, une personne divorcée remariée civilement (rappelons que cette acception de divorcé-remarié n'a aucun sens dans le mariage catholique, puisque l'indissolubilité implique forcément la non-existence du divorce) peut participer à la vie ecclésiale. Elle peut assister à la messe, participer à la liturgie, demander la communion de désir (i.e. : s'avancer pour recevoir la bénédiction du prêtre au moment de la communion, les bras croisés sur la poitrine), etc.
La loi civile, comme vous le savez, est prise en compte au moment de se marier religieusement. Elle n'est donc pas méprisée. Ceci n'implique aucune confusion ni subordination de l'Eglise. (...)
Et donc, si ceux qui sont en couple veulent retrouver l'accès au sacrement, dans l'état actuel des choses, il leur faut soit abandonner leur nouvelle famille, y compris les enfants nés d'un deuxième lit, soit attendre la mort de leur premier conjoint. Tel est l'état des lieux.
Plus exactement, la loi civile est respectée par l'Eglise du fait que le Christ nous dit bien de distinguer les pouvoirs temporel et spirituel (Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu). Le chrétien doit donc se soumettre à la loi civile.
Toutefois, la loi civile ne fait pas ce qu'elle veut non plus. Elle est soumise à la loi naturelle (donc à la loi divine). Ceci est bien entendu théorique, car les hommes n'en font qu'à leur tête ! Il y a donc souvent un profond décalage entre la loi civile et la loi divine. En matière de mariage, c'est manifeste depuis les débuts de l'Eglise, plus encore depuis la Révolution française où la loi autorise le divorce.
Une même personne peut donc vivre une situation difficile : un état marital conforme à la loi civile, mais contraire à la loi divine. L'enjeu est crucial aujourd'hui pour l'Eglise, car beaucoup de personne sont dans ce cas.
Pour pouvoir communier à nouveau, une personne divorcée-remariée civilement doit :

renoncer à l'union illégitime, et revenir avec son époux légitime

si ce n'est pas possible du fait que l'union légitime n'est plus possible (conjoint fou, conjoint remarié, etc.), une séparation de corps peut être prononcée et un chemin de pardon et de guérison est à trouver.

si ce n'est pas possible, du fait de la présence d'enfants (le retour privant de fait les enfants d'un des conjoints), il est demandé aux époux illégitimes de vivre en "frères et soeurs" en étant abstinents.
Tout ceci est très clair, même si c'est très dur à vivre évidemment. Quand on accueille une personne dans cette situation, la première chose à lui demander est d'exprimer sa douleur à l'Eglise. On peut ainsi comprendre la situation et l'accompagner. Le rappel de la position de l'Eglise vis-à-vis des sacrements viendra ensuite, le plus délicatement possible.
Pour nous, fidèles catholiques en paroisse, les personnes dans cette situation doivent nous rappeler que nous devons retrouver le véritable sens de l'accueil des plus pauvres et de ceux qui souffrent, et arrêter d'en rester aux relations mondaines de paroisse. Et surtout, surtout, s'abstenir de juger la situation des gens. Si ça se trouver, Gertrude, divorcée-remariée 4 fois, me précèdera dans le Royaume !
Bien à vous,
A prodigal :
Bonjour,
Permettez-moi de corriger quelques éléments inexacts dans vos deux dernières déclarations :
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Je suis d'accord, ne serait-ce que par amour de la logique. En effet, c'est la première question si on prend les choses dans l'ordre : une fois qu'on saura, ou plutôt que l'Eglise aura reprécisé, à quelles conditions en général on peut communier, on pourra en tirer les conséquences quant au cas des divorcés-remariés. Il n'a pas dû vous échapper que je parle un peu plus haut de l'indignité, même si je ne dis rien d'original (mais je ne cherche pas à être original).
C'est pourquoi il serait souhaitable que l'enseignement de l'Eglise sur cette question soit rappelé avant tout changement de discipline. Mais ça, cette question de priorité, ce n'est que mon opinion, je ne prétends évidemment pas l'imposer à l'Eglise.
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La règle de l'Eglise est très claire, c'est son ignorance par les fidèles qui pose problème aujourd'hui. Auparavant, les personnes étaient catéchisées, donc elles savaient ce que l'Eglise demandait en matière de sacrements. Maintenant, les personnes n'étant plus formées, elles perçoivent la communion comme un dû, un droit - remarquons que toute notre société est marqué par le syndrome du "j'ai droit à" au mépris du reste, l'Eglise ne fait que le subir. Ceci fausse les débats et attristent les personnes. Les ennemis intérieurs de l'Eglise en profitent d'ailleurs pour la faire vaciller sur les principes sacrés du mariage... Bref, un beau sac de noeuds !
Tout l'enjeu du prochain synode, des changements de pastorale en paroisse sur le mariage tient précisément dans le fait qu'il faut pouvoir accueillir les personnes sur ce sujet sensible tout en rappelant clairement la position de l'Eglise. La charité dans la vérité, comme dirait le pape émérite Benoît XVI.
Je la résume en deux points :
:arrow: si le mariage est valide du point de vue de l'Eglise, il est indissoluble ("Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas").
:arrow: l'Eglise accueille toute personne, quelle que soit sa situation. En l'espèce, une personne divorcée remariée civilement (rappelons que cette acception de divorcé-remarié n'a aucun sens dans le mariage catholique, puisque l'indissolubilité implique forcément la non-existence du divorce) peut participer à la vie ecclésiale. Elle peut assister à la messe, participer à la liturgie, demander la communion de désir (i.e. : s'avancer pour recevoir la bénédiction du prêtre au moment de la communion, les bras croisés sur la poitrine), etc.
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La loi civile, comme vous le savez, est prise en compte au moment de se marier religieusement. Elle n'est donc pas méprisée. Ceci n'implique aucune confusion ni subordination de l'Eglise. (...)
Et donc, si ceux qui sont en couple veulent retrouver l'accès au sacrement, dans l'état actuel des choses, il leur faut soit abandonner leur nouvelle famille, y compris les enfants nés d'un deuxième lit, soit attendre la mort de leur premier conjoint. Tel est l'état des lieux.
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Plus exactement, la loi civile est respectée par l'Eglise du fait que le Christ nous dit bien de distinguer les pouvoirs temporel et spirituel (Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu). Le chrétien doit donc se soumettre à la loi civile.
Toutefois, la loi civile ne fait pas ce qu'elle veut non plus. Elle est soumise à la loi naturelle (donc à la loi divine). Ceci est bien entendu théorique, car les hommes n'en font qu'à leur tête ! Il y a donc souvent un profond décalage entre la loi civile et la loi divine. En matière de mariage, c'est manifeste depuis les débuts de l'Eglise, plus encore depuis la Révolution française où la loi autorise le divorce.
Une même personne peut donc vivre une situation difficile : un état marital conforme à la loi civile, mais contraire à la loi divine. L'enjeu est crucial aujourd'hui pour l'Eglise, car beaucoup de personne sont dans ce cas.
Pour pouvoir communier à nouveau, une personne divorcée-remariée civilement doit :
:arrow: renoncer à l'union illégitime, et revenir avec son époux légitime
:arrow: si ce n'est pas possible du fait que l'union légitime n'est plus possible (conjoint fou, conjoint remarié, etc.), une séparation de corps peut être prononcée et un chemin de pardon et de guérison est à trouver.
:arrow: si ce n'est pas possible, du fait de la présence d'enfants (le retour privant de fait les enfants d'un des conjoints), il est demandé aux époux illégitimes de vivre en "frères et soeurs" en étant abstinents.
Tout ceci est très clair, même si c'est très dur à vivre évidemment. Quand on accueille une personne dans cette situation, la première chose à lui demander est d'exprimer sa douleur à l'Eglise. On peut ainsi comprendre la situation et l'accompagner. Le rappel de la position de l'Eglise vis-à-vis des sacrements viendra ensuite, le plus délicatement possible.
Pour nous, fidèles catholiques en paroisse, les personnes dans cette situation doivent nous rappeler que nous devons retrouver le véritable sens de l'accueil des plus pauvres et de ceux qui souffrent, et arrêter d'en rester aux relations mondaines de paroisse. Et surtout, surtout, s'abstenir de juger la situation des gens. Si ça se trouver, Gertrude, divorcée-remariée 4 fois, me précèdera dans le Royaume ! :)
Bien à vous,