par Ombiace » dim. 16 déc. 2018, 19:44
Carhaix a écrit :
Votre questionnement sur l'attitude politique de l'Église, puisqu'il s'agit bien de cela, se heurte peut-être à un mystère. D'abord, l'Église est faite d'humains, et donc de gens imparfaits. Les humains sont du monde, et sont traversés par les mêmes tourments : peur, lâcheté, recherche des honneurs, etc. Tout cela est dénoncé par le Christ bien à l'avance : qu'il n'en soit pas de même parmi vous. Ou encore : pais mes brebis. Il y a bien une Église spirituelle distincte d'une Église humaine et mondaine, mais les deux sont imbriquées l'une dans l'autre et passe par les mêmes personnes.
Aujourd'hui, l'Église a encore beaucoup à perdre sur le plan mondain : la paix relative (elle n'est pas persécutée, du moins en Occident), les biens matériels (paroisses, églises, cathédrales, couvents), le rôle politique (état du Vatican), et même sur le plan spirituel (elle a encore des fidèles). Tout cela pourrait lui être retiré. Donc à mon avis, cela lui fait une puissante raison pour ne pas se fâcher trop gravement avec les autorités en place.
D'où son attitude de reniement et d'enfouissement que le pouvoir attend d'elle (libéralisme, esprit Vatican Il).
Bonjour Carhaix,
Merci pour votre franc-parler.
Croyez-moi, je pense que le christianisme est aux antipodes de l'attitude du va-t-en guerre. Il y a toutefois une nuance de taille entre en être un (un va-t-enguerre) et ne pas porter sa croix de chrétien. Je me prénomme Pierre, et sans doute suis-je particulièrement sensible à la morale que le reniement de mon saint patron, bien que chef de l'Eglise, a du asséner à ses certitudes, lui qui, quelques heures auparavant, assurait encore Jésus de son indéfectible soutien. Je le soupçonne même d' avoir pris Jésus pour un "dérangé de l'esprit", lorsque ce dernier, en dépit de ces paroles, que Pierre voulaient rassurantes (sans doute une forme d'autosuggestion qui visaient à le rassurer, lui, Pierre, en premier lieu), lui a annoncé son reniement. Seul, contre tous les siens (car tous protestaient comme Pierre), Jésus défendait cette thèse du reniement. L'isolement de Jésus le plus total était officialisé, qui n'était auparavant perceptible que de Lui, depuis cette marche triomphale des rameaux, où personne n'avait, parmi ceux qui l'ovationnaient, la plus petite idée de cet isolement, puisque déjà au rameaux, tous sauf Lui croyaient que tous étaient là, soudés autour de leur mascotte, d' une manière inséparable.
Pour faire plus bref, il me semble que l'unique manière d'être chrétien, et pour notre propre salut (celui qui veut garder sa vie la perd, et inversement), est de ne pas se diviser pour des raisons de pseudo-sécurité. Ce que l'on assure matériellement (la paix mondaine), est pure perte spirituelle. Voyez le bon larron: N'ayant plus rien à perdre, il a assuré son salut. Pauvre mauvais larron, qui espérait sans doute quelquechose de crier, de se ranger, d'essayer de composer avec les loups! Combien cela était particulièrement ridicule dans sa situation..
[quote=Carhaix]
Votre questionnement sur l'attitude politique de l'Église, puisqu'il s'agit bien de cela, se heurte peut-être à un mystère. D'abord, l'Église est faite d'humains, et donc de gens imparfaits. Les humains sont du monde, et sont traversés par les mêmes tourments : peur, lâcheté, recherche des honneurs, etc. Tout cela est dénoncé par le Christ bien à l'avance : qu'il n'en soit pas de même parmi vous. Ou encore : pais mes brebis. Il y a bien une Église spirituelle distincte d'une Église humaine et mondaine, mais les deux sont imbriquées l'une dans l'autre et passe par les mêmes personnes.
Aujourd'hui, l'Église a encore beaucoup à perdre sur le plan mondain : la paix relative (elle n'est pas persécutée, du moins en Occident), les biens matériels (paroisses, églises, cathédrales, couvents), le rôle politique (état du Vatican), et même sur le plan spirituel (elle a encore des fidèles). Tout cela pourrait lui être retiré. Donc à mon avis, cela lui fait une puissante raison pour ne pas se fâcher trop gravement avec les autorités en place.
D'où son attitude de reniement et d'enfouissement que le pouvoir attend d'elle (libéralisme, esprit Vatican Il).
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Bonjour Carhaix,
Merci pour votre franc-parler.
Croyez-moi, je pense que le christianisme est aux antipodes de l'attitude du va-t-en guerre. Il y a toutefois une nuance de taille entre en être un (un va-t-enguerre) et ne pas porter sa croix de chrétien. Je me prénomme Pierre, et sans doute suis-je particulièrement sensible à la morale que le reniement de mon saint patron, bien que chef de l'Eglise, a du asséner à ses certitudes, lui qui, quelques heures auparavant, assurait encore Jésus de son indéfectible soutien. Je le soupçonne même d' avoir pris Jésus pour un "dérangé de l'esprit", lorsque ce dernier, en dépit de ces paroles, que Pierre voulaient rassurantes (sans doute une forme d'autosuggestion qui visaient à le rassurer, lui, Pierre, en premier lieu), lui a annoncé son reniement. Seul, contre tous les siens (car tous protestaient comme Pierre), Jésus défendait cette thèse du reniement. L'isolement de Jésus le plus total était officialisé, qui n'était auparavant perceptible que de Lui, depuis cette marche triomphale des rameaux, où personne n'avait, parmi ceux qui l'ovationnaient, la plus petite idée de cet isolement, puisque déjà au rameaux, tous sauf Lui croyaient que tous étaient là, soudés autour de leur mascotte, d' une manière inséparable.
Pour faire plus bref, il me semble que l'unique manière d'être chrétien, et pour notre propre salut (celui qui veut garder sa vie la perd, et inversement), est de ne pas se diviser pour des raisons de pseudo-sécurité. Ce que l'on assure matériellement (la paix mondaine), est pure perte spirituelle. Voyez le bon larron: N'ayant plus rien à perdre, il a assuré son salut. Pauvre mauvais larron, qui espérait sans doute quelquechose de crier, de se ranger, d'essayer de composer avec les loups! Combien cela était particulièrement ridicule dans sa situation..