par Toto2 » lun. 28 oct. 2019, 22:12
Ça n'a strictement rien à voir avec ce dont nous parlons. Le pape ne souhaite pas que les prêtres n'aient pas d'influence dans la société, ce serait débile. Le pape s'adresse aux laïcs : il souhaite que nous soyons des chrétiens intelligents et actifs, pas des gamins qui attendent que le prêtre décide tout à leur place.
Pourriez-vous nous citer le discours du Pape mentionnant cette définition SVP?
Je suppose que personne n'est contre avoir des chrétiens intelligents et actifs, même si l'on pourrait ajouter que l'activité n'est pas
nécessairement de faire des rondes autour de l'autel en se donnant la main, et que lire son nocturnal pour l'office des matines à 3h30* est
également une activité.
En revanche, le deuxième terme me paraît plus douteux. Saint Pie X dans son catéchisme posait clairement les choses : il y a l'église enseignante et l'église enseignée. Celui qui le premier a refusé d'obéir, c'est le diable. La deuxième, c'est Eve, le troisième, c'est Adam.
Il est donc normal et sain et juste que les chrétiens se réfèrent aux prêtres en cas de doute, de problème. L'homme doit avoir sa conscience formée (Saint Jean Paul II, Dominum et vivificantem, n°43), par l'enseignement de la Sainte Eglise, par la lecture des encycliques et des textes du Magistère, par l'étude de la Sainte Tradition et la méditation des Ecritures. Et les prêtres, qui sont les pasteurs, donc qui font paître le troupeau, qui pêchent les hommes, qui sont prêtres, prophètes et rois à l'image de notre Seigneur, imbibés de la grâce qu'ils ont reçue de l'ordination sacerdotale, doivent guider les âmes dont la charge leur a été confiée. Un curé (cura : soin, souci) est chargé d'une paroisse, d'un territoire et donc des habitants qui y vivent.
Si tu n'avertis pas le méchant de sa conduite mauvaise...
Alors certes certains laïcs pourraient préférer se débarrasser de l'avis du prêtre pour préférer suivre sa conscience déréglée ou son horoscope, mais pas sûr que l'on y gagne au change. Pourquoi Saint Paul inciterait-il alors:
« Proclame la Parole, insiste à temps et à contre-temps, reprends, menace, exhorte, toujours avec patience et souci d’enseigner »
?
En fait on pourrait même se demander si cette fausse liberté n'a pas été
aussi vantée par les prêtres qui comme cela ont moins de boulot à faire, après tout, et qui règlent comme cela la charge d'avoir à enseigner des choses qui ne vont pas dans le sens du vent...
Bien sûr là aussi il y a des limites et j'ose espérer que personne ne va déranger le prêtre pour savoir s'il a le droit de mettre un soupçon de confiture sur sa tartine et si c'est mieux que d'y mettre du miel, et de quel pied on doit rentrer dans l'église, certes.
Mais j'ai quand même l'impression que le problème, aujourd'hui, est plus dans un manque de suivi de l'enseignement des prêtres plutôt qu'une excessive sollicitation de l'Eglise sur des problèmes insignifiants. Ou pour parler plus clairement, en regardant l'état de la France : vous avez 4% de gens qui vont à la messe chaque dimanche, et parmi eux ce ne sont pas tous des saints ni des gens qui se préoccupent tous de ce que pense l'Eglise, et les 96% autres se préoccupent encore moins de ce que peut bien penser le curé dont ils se moquent d'une Eglise qui les indiffèrent proclamant une religion à laquelle ils ne croient pas.
Donc il s'agit d'un faux problème et pourfendre à tout va le cléricalisme alors qu'il y a de plus en plus d'athées, que le sens de la doctrine morale s'effondre, que les gens ignorent de plus en plus les rudiments les plus basiques de la foi, qu'il n'y a plus de vocation, c'est pour moi se tromper de priorité.
Je dirais même plus : cela peut aggraver certains problèmes. Je m'explique : si on répète au prêtre que c'est un vague animateur paroissial, délégué par la communauté, et que cela s'arrête là, voyant l'état plus ou moins catastrophique des rares fidèles qui l'entourent, cela ne va pas le porter très haut et il risque de se comporter comme eux. Si au contraire on lui rappelle incessamment que ses mains sont consacrées, qu'ils est configuré au Christ, qu'il agit in persona Christi, l'agneau sans tache ayant éprouvé toutes les infirmités humaines excepté le péché, et qui est resté vierge de corps et d'esprit, peut-être cherchera-t-il avec un plus de zèle à tenter de se conformer à son modèle ; je n'ai pas la naïveté de croire que cela suffira, mais ce qui est certain c'est que ce n'est pas ce genre de discours qui aggravera la situation, au contraire peut-être du premier.
* Au cas où quelqu'un pourrait croire que je chercherais incidemment à me vanter de mes prières, je me hâte de préciser qu'à 3h30 je suis évidemment dans mon lit en train de dormir.
(edit : ortho)
[quote]
Ça n'a strictement rien à voir avec ce dont nous parlons. Le pape ne souhaite pas que les prêtres n'aient pas d'influence dans la société, ce serait débile. Le pape s'adresse aux laïcs : il souhaite que nous soyons des chrétiens intelligents et actifs, pas des gamins qui attendent que le prêtre décide tout à leur place.
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Pourriez-vous nous citer le discours du Pape mentionnant cette définition SVP?
Je suppose que personne n'est contre avoir des chrétiens intelligents et actifs, même si l'on pourrait ajouter que l'activité n'est pas [i]nécessairement [/i]de faire des rondes autour de l'autel en se donnant la main, et que lire son nocturnal pour l'office des matines à 3h30* est [i]également [/i]une activité.
En revanche, le deuxième terme me paraît plus douteux. Saint Pie X dans son catéchisme posait clairement les choses : il y a l'église enseignante et l'église enseignée. Celui qui le premier a refusé d'obéir, c'est le diable. La deuxième, c'est Eve, le troisième, c'est Adam.
Il est donc normal et sain et juste que les chrétiens se réfèrent aux prêtres en cas de doute, de problème. L'homme doit avoir sa conscience formée (Saint Jean Paul II, Dominum et vivificantem, n°43), par l'enseignement de la Sainte Eglise, par la lecture des encycliques et des textes du Magistère, par l'étude de la Sainte Tradition et la méditation des Ecritures. Et les prêtres, qui sont les pasteurs, donc qui font paître le troupeau, qui pêchent les hommes, qui sont prêtres, prophètes et rois à l'image de notre Seigneur, imbibés de la grâce qu'ils ont reçue de l'ordination sacerdotale, doivent guider les âmes dont la charge leur a été confiée. Un curé (cura : soin, souci) est chargé d'une paroisse, d'un territoire et donc des habitants qui y vivent.
[quote]Si tu n'avertis pas le méchant de sa conduite mauvaise...[/quote]
Alors certes certains laïcs pourraient préférer se débarrasser de l'avis du prêtre pour préférer suivre sa conscience déréglée ou son horoscope, mais pas sûr que l'on y gagne au change. Pourquoi Saint Paul inciterait-il alors: [quote]« Proclame la Parole, insiste à temps et à contre-temps, reprends, menace, exhorte, toujours avec patience et souci d’enseigner »[/quote]?
En fait on pourrait même se demander si cette fausse liberté n'a pas été [i]aussi [/i]vantée par les prêtres qui comme cela ont moins de boulot à faire, après tout, et qui règlent comme cela la charge d'avoir à enseigner des choses qui ne vont pas dans le sens du vent...
Bien sûr là aussi il y a des limites et j'ose espérer que personne ne va déranger le prêtre pour savoir s'il a le droit de mettre un soupçon de confiture sur sa tartine et si c'est mieux que d'y mettre du miel, et de quel pied on doit rentrer dans l'église, certes.
Mais j'ai quand même l'impression que le problème, aujourd'hui, est plus dans un manque de suivi de l'enseignement des prêtres plutôt qu'une excessive sollicitation de l'Eglise sur des problèmes insignifiants. Ou pour parler plus clairement, en regardant l'état de la France : vous avez 4% de gens qui vont à la messe chaque dimanche, et parmi eux ce ne sont pas tous des saints ni des gens qui se préoccupent tous de ce que pense l'Eglise, et les 96% autres se préoccupent encore moins de ce que peut bien penser le curé dont ils se moquent d'une Eglise qui les indiffèrent proclamant une religion à laquelle ils ne croient pas.
Donc il s'agit d'un faux problème et pourfendre à tout va le cléricalisme alors qu'il y a de plus en plus d'athées, que le sens de la doctrine morale s'effondre, que les gens ignorent de plus en plus les rudiments les plus basiques de la foi, qu'il n'y a plus de vocation, c'est pour moi se tromper de priorité.
Je dirais même plus : cela peut aggraver certains problèmes. Je m'explique : si on répète au prêtre que c'est un vague animateur paroissial, délégué par la communauté, et que cela s'arrête là, voyant l'état plus ou moins catastrophique des rares fidèles qui l'entourent, cela ne va pas le porter très haut et il risque de se comporter comme eux. Si au contraire on lui rappelle incessamment que ses mains sont consacrées, qu'ils est configuré au Christ, qu'il agit in persona Christi, l'agneau sans tache ayant éprouvé toutes les infirmités humaines excepté le péché, et qui est resté vierge de corps et d'esprit, peut-être cherchera-t-il avec un plus de zèle à tenter de se conformer à son modèle ; je n'ai pas la naïveté de croire que cela suffira, mais ce qui est certain c'est que ce n'est pas ce genre de discours qui aggravera la situation, au contraire peut-être du premier.
[size=85]* Au cas où quelqu'un pourrait croire que je chercherais incidemment à me vanter de mes prières, je me hâte de préciser qu'à 3h30 je suis évidemment dans mon lit en train de dormir.[/size]
(edit : ortho)