par VexillumRegis » dim. 02 mars 2008, 12:56
Dominica III in Quadragesima
Troisième dimanche de Carême (A)
Les oraisons
La collecte d’entrée (1) (
*) qui ouvre ce troisième dimanche de Carême trouve son origine dans le sacramentaire gélasien, où elle est employée au samedi après le quatrième dimanche de Carême (
Feria VII Ebdomada IIII). C’est une prière d’une belle plénitude qui met bien en valeur les trois piliers sans lesquels il ne peut y avoir de Carême sanctifiant : le jeûne (
ieiunium), la prière (
oratio) et l’aumône (
eleemosyna).
(1) Deus, ómnium misericordiárum et totíus bonitátis auctor, qui peccatórum remédia in ieiúniis, oratiónibus et eleemósynis demonstrásti, hanc humilitátis nostræ confessiónem propítius intuére, ut, qui inclinámur consciéntia nostra, tua semper misericórdia sublevémur. | Dieu, auteur de toute miséricorde et de toute bonté, qui dans les jeûnes, les prières et les aumônes nous avez indiqué les remèdes à nos péchés, jetez un regard bienveillant sur ce témoignage de notre humilité, afin que nous qui sommes accablés par notre conscience, nous puissions toujours être consolés par votre miséricorde.
Cf. oraison 249 du Sacramentarium Gelasium Vetus ici.
L’oraison sur les offrandes (2) (
**) est présente dans l’édition 1962 du
Missale Romanum, où elle est utilisée au samedi de la deuxième semaine de la Quadragésime. La fin a cependant été modifiée (3), de manière assez heureuse, nous semble-t-il, puisqu’elle met désormais bien en lumière l’un des trois piliers du Carême énoncés dans la collecte : l’aumône, et plus particulièrement l’aumône spirituelle la plus importante du Carême : le pardon des offenses (4).
(2) His sacrifíciis, Dómine, concéde placátus, ut, qui própriis orámus absólvi delíctis, fratérna dimíttere studeámus. | Apaisé par ces sacrifices, accordez, Seigneur, à ceux qui vous prient d’être absous de leurs fautes personnelles, et de savoir aussi pardonner à leurs frères.
(3) Voici la secrète du MR1962 :
His sacrificiis, Domine, concede placatus : ut, qui propriis oramus absolvi delictis, non gravemur externis. | [Traduction Dom LEFEBVRE] Que ce sacrifice, Seigneur, vous apaise et nous obtienne qu’en priant pour être délivrés de nos propres fautes, nous ne soyons pas accablés du poids de celles d’autrui.
(4) “L’aumône spirituelle sur laquelle l’Eglise revient avec le plus d’insistance, au cours du Carême, c’est sûrement le pardon des injures. Cette aumône-là est très coûteuse, car remettre une dette exige plus de générosité que faire un don. Puisque le Seigneur a prescrit tout à la fois de donner et de remettre, il faut, dit saint Augustin dans un de ses sermons de Carême, que le chrétien pratique deux sortes d’aumônes : donner et pardonner (Serm. 206, 2). Saint Léon, lui aussi, fait une très large part à la rémission des offenses parmi les opera pietatis. (...) Oublier les injures, les oublier du fond du coeur, c’est peut-être le point de l’observance sur lequel les Pères insistent avec le plus de force. La raison en est fort simple. Le Carême nous prépare à la célébration du mystère de la Croix. Or nul ne peut obtenir la plénitude du pardon divin, fruit propre de ce mystère, s’il ne remplit la condition posée par le Christ lui-même : ‘Remettez et il vous sera remis’, Dimitte et dimittetur vobis. Ajoutons que le Carême nous invite très spécialement à suivre l’exemple que le Sauveur donne sur la croix en pardonnant de manière si complète les multiples et cruelles injures que ses ennemis, Juifs et Gentils, lui infligèrent au cours de sa passion.” - Dom E. FLICOTEAUX, Le sens du Carême, Editions du Cerf, Paris, 1956, pp. 105-106.
La postcommunion (5) (
***) est quant à elle une nouvelle composition, si l’on peut dire ; car en réalité, elle très étroitement inspirée d’une oraison du sacramentaire de Vérone. Nous y demandons, chose assez fréquente dans les prières de postcommunion, que se manifeste dans nos actes extérieurs ce que le mystère sacramentel accomplit intérieurement (principalement l’unité du corps mystique de l’Eglise).
(5) Suméntes pignus cæléstis arcáni, et in terra pósiti iam supérno pane satiáti, te, Dómine, súpplices deprecámur, ut, quod in nobis mystério géritur, ópere impleátur. | Ayant pris le gage des mystères célestes en nous rassasiant dès maintenant, sur cette terre, du pain d’en haut, nous vous supplions humblement, Seigneur : faites que se manifeste dans nos actes ce que ce mystère accomplit en nous.
Cf. l’oraison 23 du Sacramentarium Veronense ici.
Les lectures
En ce troisième dimanche de Carême a lieu le premier des trois grands scrutins qui préparent les catéchumènes à la Vigile pascale, durant laquelle ils seront illuminés dans les eaux du Baptême (6). La liturgie prévoie à cet effet trois grands évangiles spécialement adaptés à la catéchèse baptismale (7), dont le premier est l’évangile de la Samaritaine (
L3 ;
Jn IV, 5-42), déjà employé dans l’antiquité pour l’enseignement des catéchumènes (8). Très vite, les Pères ont vu dans “
l’eau vive” un symbole du Baptême, dont le Christ est la Source (9). Si Jésus demande à boire à la Samaritaine, ce n’est pas seulement en raison d’une soif physique, mais aussi en raison d’une soif spirituelle : la soif d’amener à la foi et à la vie éternelle cette païenne qui se présente devant Lui (10) : “
Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dit : 'Donne-moi à boire', c'est toi qui lui aurais demandé, et il t'aurait donné de l'eau vive (...)
Tout homme qui boit de cette eau aura encore soif ; mais celui qui boira de l'eau que moi je lui donnerai n'aura plus jamais soif ; et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui source jaillissante pour la vie éternelle.” C’est ce qu’exprime de belle manière la préface propre de la messe (11). La Samaritaine est une image du catéchumène, encore soumis à tous les artifices du démon - symbolisés par les cinq maris que la femme a quittés, et le sixième homme avec lequel elle vit -, et le puits de Jacob représente les noces que l’âme purifiée par les eaux du Baptême célèbre avec son Seigneur (12), qu’elle confesse désormais aux yeux du monde, comme la Samaritaine est allée annoncer le Christ dans son village : “
Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus, à cause des paroles de la femme qui avait rendu ce témoignage : Il m'a dit tout ce que j'ai fait” (13).
(6) Je renvoie mon lecteur à mon article sur les dimanches de scrutin ici.
(7) Proposées en l’année A, ces lectures peuvent aussi être reprises les autres années.
(8) “L’entretien de Jésus avec la Samaritaine a fait partie des textes utilisés pour la catéchèse baptismale dans l’Eglise ancienne, probablement dès le IIIème siècle à Rome ; que la péricope ait été une lecture du Carême, temps de l’instruction des catéchumènes, est attesté pour l’Italie, l’Espagne, Constantinople et l’Afrique.” - Martine DULAEY, Symboles des Evangiles (Ier-VIè siècles). Le Christ médecin et thaumaturge, Le Livre de Poche, Paris, 2007, p. 200. Ce remarquable petit ouvrage, tout tissé de références patristiques, est grandement à conseiller, tout comme le volume du même auteur qui le précède : L’Initiation chrétienne et la Bible (Ier-VIè siècles). Des forêts de symboles, Le Livre de Poche, Paris, 2001.
Dans le MR1962, la péricope de la Samaritaine est lue au vendredi de la 3ème semaine de Carême.
(9) “Jésus était au puits pour que tu le cherches. La source, pour toi, c’est le Christ. Il est source, pour que l’eau coule en abondance pour qui la cherche, afin que soient lavées toutes les fautes de la chair, afin que soient éteints tous ses incendie.” - Saint Ambroise, Sur le Psaume 45, 5.
“Qui est la source scellée, que désigne la source du puits des eaux vives ? C’est le Sauveur lui-même, dont il est écrit : ‘Auprès de toi est la source de vie’ (Ps 35, 9)”. - Saint Cyrille de Jérusalem, Catéchèses 14, 5.
Citations prises dans Martine DULAEY, Symboles des Evangiles (Ier-VIè siècles). Le Christ médecin et thaumaturge, Le Livre de Poche, Paris, 2007, p. 202.
(10) “Notre Seigneur a incliné sa soif au bord du puits ; il pêche l’assoiffée par l’eau qu’il lui réclame. De la fontaine, il a pêché une seule âme. Mais par elle, il a repêché toute une ville”. - Saint Ephrem, Hymne 4 sur la Nativité, 43-44.
“J’ai feint d’être tourmenté par la soif pour t’assoiffer, fait dire à Jésus Romanos le Mélode, qui commente : Ces paroles firent brûler de soif la Samaritaine.” - M. DULAEY, op. cit., p. 209.
“Mais une question se présente : Pourquoi a-t-il demandé a boire à cette Samaritaine qui était venue pour remplir sa cruche, lui qui affirme bientôt après qu'il peut donner en abondance, à ceux qui l'en prient, les eaux de la fontaine spirituelle ? C'est qu'il avait soif de la foi de cette femme parce qu'elle était Samaritaine, et que Samarie représentait l'idolâtrie.” - Saint Augustin, Quatre-vingt-trois diverses questions, 64, 4.
(11) Vere dignum et iustum est, æquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus : per Christum Dóminum nostrum.
Qui, dum aquæ sibi pétiit potum a Samaritána præbéri, iam in ea fídei donum ipse creáverat, et ita eius fidem sitíre dignátus est, ut ignem in illa divíni amóris accénderet.
Unde et nos tibi grátias ágimus, et tuas virtútes cum Angelis prædicámus, dicéntes : Sanctus, Sanctus, Sanctus Dóminus Deus Sábaoth...
Il est vraiment juste et digne, c’est notre devoir et notre salut, de vous rendre grâces toujours et en tout lieu, Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant : par Jésus-Christ notre Seigneur.
Lui qui, alors même qu’il demandait à la Samaritaine de Lui offrir de l’eau à boire, Il lui accorda le don de la foi ; ainsi a-t-Il daigné faire naître en elle le désir [de se désaltérer à la Source] de la foi, afin de pouvoir l’embraser du feu de l’amour divin.
C’est pourquoi, nous vous rendons grâce et proclamons avec les anges vos pouvoirs en disant : Saint, Saint, Saint...
(12) “Au milieu du IIIème siècle, Origène explique dans une homélie que c’est au puits que, dans l’Ancien Testament, sont scellées les noces des patriarches, qui sont le signe de l’alliance de Dieu avec son peuple et de l’union mystique de l’âme avec Dieu.” - M. DULAEY, op. cit., p. 201.
(13) “Le mari véritable est le Christ, selon Origène (Sur Jean 13, 181), Jérôme (Lettre 108, 13) et aussi Augustin (Sur Jean 15, 18). Une fois que la femme l’a trouvé, elle court évangéliser la cité : depuis Origène, la Samaritaine est une figure du chrétien confessant sa foi.” - Ibid., p. 211.
Cette eau vive qui est pour nous une source jaillissante en vie éternelle, n’est-elle pas cette eau qui, mélangée à Son sang, est sortie du côté transpercé du Seigneur pendu sur le bois de la Croix ? N’est-ce pas les sacrements de l’Eglise - dont le Baptême - que représente mystiquement cette eau, pour signifier qu’ils ne tirent leur vertu que de la mort salvatrice du Sauveur ? En tout cas, les Pères voient volontiers dans l’épisode de l’eau jaillissant du rocher frappé par Moïse (
L1 ;
Ex XVII, 3-7) une figure de cette eau qui coule du côté du Sauveur crucifié (14). Dans le lectionnaire de 1962, cet épisode accompagne aussi la péricope de la Samaritaine, mais il est pris au livre des Nombres (
Nb XX, 1-3, 6-13). Comment expliquer ce changement ? Le passage des Nombres semble un peu plus développé : là où le texte de l’Exode se contente de dire : “
Et Moïse fit ainsi sous les yeux des anciens d'Israël”, celui des Nombres précise : “
Puis Moïse et Aaron convoquèrent l'assemblée en face du rocher, et Moïse leur dit : «Ecoutez-donc, rebelles ! Vous ferons-nous sortir de l'eau de ce rocher ?» Moïse leva la main et frappa deux fois le rocher de son bâton ; et il sortit de l'eau en abondance. L'assemblée but, ainsi que le bétail”. Cependant, la péricope de l’Exode, contrairement à celle des Nombres, apporte un détail de grande importance : “[C’est Dieu qui parle]
Moi, je serai là, devant toi, sur le rocher du mont Horeb”. Dieu est présent sur le rocher, de telle manière que l’eau qui jaillit du rocher jaillit en quelque sorte du sein même de Dieu : n’est-ce pas une figure de la grâce sortant du côté transpercé du Sauveur sur la Croix ?
La deuxième leçon (
L2 ;
Rm V, 1...8) parle de “
l’amour de Dieu”, cette eau vive qui, dans le baptême, “
a été répandu dans nos coeurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné”. La deuxième partie de la lecture annonce déjà la Passion : “
Alors que nous n'étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les coupables que nous étions. (...)
la preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs.”
(14) “De même, il est encore prophétisé et prédit que les Juifs, s'ils ont soif et cherchent le Christ, boiront chez nous, c'est-à-dire obtiendront la grâce du baptême. "S'ils ont soif, dit-il, dans le désert, il leur amènera de l'eau, il en fera jaillir du rocher, le rocher s'ouvrira, l'eau coulera, et mon peuple boira". (Is 48,21). C'est ce qui s'accomplit dans l'évangile ; quand le Christ, qui est le rocher, est ouvert par le coup de la lance durant sa Passion". - Saint Cyprien, Lettre 63.
“En Espagne, un sermon de Grégoire d’Elvire assimile le rocher frappé par Moïse, d’où ruisselle l’eau qui abreuve le peuple hébreu au désert, au corps du Christ frappé par la lance du soldat de la Passion : “De son côté a coulé le sang du martyre et l’eau jaillissant en vie éternelle du baptême” (Homélie 15, 11-13) - M. DULAEY, op. cit., p. 203.
Les chants grégoriens
Comme nous l’avons écrit dans notre article sur les dimanches de scrutin, l’introït
Oculi mei (15) accompagnait primitivement l’évangile de l’aveuglé-né, que nous lisons actuellement au quatrième dimanche de Carême, tout comme probablement le trait
Ad te levavi (16).
(15) [Ps 24, 15-16 V/ 1] Oculi mei semper ad Dóminum, quia ipse evéllet de láqueo pedes meos : réspice in me, et miserére mei, quóniam únicus et pauper sum ego. V/ Ad te, Dómine, levávi ánimam meam : Deus meus, in te confído, non erubéscam. | Mes yeux sont constamment tournés vers le Seigneur ; car c’est lui qui retirera mes pieds du filet : regardez-moi et ayez pitié de moi ; car je suis délaissé et pauvre. V/ Vers vous, Seigneur, j’ai élevé mon âme : mon Dieu, je mets ma confiance en vous ; que je n’aie pas à rougir.
(16) [Ps 122, 1-3] Ad te levávi óculos meos, qui hábitas in cælis. V/ Ecce, sicut óculi servórum in mánibus dominórum suórum. V/ Et sicut óculi ancíllæ in mánibus dóminæ suæ : ita óculi nostri ad Dóminum, Deum nostrum, donec misereátur nostri. V/ Miserére nobis, Dómine, miserére nobis. | J’ai levé les yeux vers vous, qui habitez dans les cieux. V/ Comme les yeux des serviteurs sont fixés sur les mains de leurs maîtres. V/ Et comme les yeux de la servante sont fixés sur les mains de sa maîtresse, ainsi nos yeux sont tournés vers le Seigneur, notre Dieu, jusqu’à ce qu’il ait pitié de nous. V/ Ayez pitié de nous, Seigneur, ayez pitié de nous.
Comme au dimanche précédent, l’offertoire (17) est “
une méditation aimante et contemplative sur la loi divine et le bonheur qu’il y a à l’observer” (
Y. GIRE). Selon
Dom BARON, il aurait été choisi en raison de l’évangile qui le précédait dans le lectionnaire de 1962 (18).
(17) [Ps 18, 9, 10, 11, 12] Iustítiæ Dómini rectæ, lætificántes corda, et iudícia eius dulci ora super mel et favum : nam et servus tuus custódit ea. | Les justices du Seigneur sont droites, elles réjouissent les cœurs et ses jugements sont plus doux que le miel, et qu’un rayon plein de miel ; aussi votre serviteur les observe.
(18) “Il n’y a pas de doute que ces versets n’aient été choisis à cause de l’épisode qui termine l’évangile : ‘Une femme cria de la foule : Bienheureux le sein qui t’a porté et les mamelles qui t’ont allaité. Et il dit : Bienheureux encore plus ceux qui écoutent la parole de Dieu et la gardent’.” - L’expression du chant grégorien, t. 1, p. 268.
Quant à la communion
Passer invénit (19), elle est particulièrement bien adaptée à l’action liturgique qu’elle accompagne (20).
(19) [Ps 83, 4-5] Passer invénit sibi domum, et turtur nidum, ubi repónat pullos suos : altária tua, Dómine virtútum, Rex meus, et Deus meus : beáti, qui hábitant in domo tua, in sǽculum sǽculi laudábunt te. | Le passereau se trouve une maison, et la tourterelle un nid pour y placer ses petits ; que je trouve vos autels, Seigneur des armées, mon roi et mon Dieu. Heureux ceux qui habitent dans votre maison ; ils vous loueront dans les siècles des siècles.
(20) “Ces deux versets se trouvent naturellement adaptés au moment de la communion. Altaria en effet ne désigne pas seulement l’autel matériel mais le sacrifice dont il est la table. Ce que l’âme chante, c’est son désir d’être unie dans l’Eucharistie au Christ, et de jouir de la protection aimante qu’elle trouvera en lui et, à travers lui, dans l’amour des divines personnes. C’est bien là, pour ce qui est de la terre, la béatitude d’habiter dans la maison du Seigneur : Si quelqu’un m’aime, nous viendrons en lui et ferons notre demeure en lui.” - Dom BARON, ibid., p. 270
[centrer][size=150][color=#0000BF][b][i]Dominica III in Quadragesima[/i][/b][/color][/size]
[b]Troisième dimanche de Carême (A)[/b][/centrer]
[color=#0000FF][b]Les oraisons[/b][/color]
La collecte d’entrée (1) ([url=http://wdtprs.com/blog/2006/03/3rd-sunday-of-lent-collect-2/][b]*[/b][/url]) qui ouvre ce troisième dimanche de Carême trouve son origine dans le sacramentaire gélasien, où elle est employée au samedi après le quatrième dimanche de Carême ([i]Feria VII Ebdomada IIII[/i]). C’est une prière d’une belle plénitude qui met bien en valeur les trois piliers sans lesquels il ne peut y avoir de Carême sanctifiant : le jeûne ([i]ieiunium[/i]), la prière ([i]oratio[/i]) et l’aumône ([i]eleemosyna[/i]).
[size=85](1) [i]Deus, ómnium misericordiárum et totíus bonitátis auctor, qui peccatórum remédia in ieiúniis, oratiónibus et eleemósynis demonstrásti, hanc humilitátis nostræ confessiónem propítius intuére, ut, qui inclinámur consciéntia nostra, tua semper misericórdia sublevémur[/i]. | Dieu, auteur de toute miséricorde et de toute bonté, qui dans les jeûnes, les prières et les aumônes nous avez indiqué les remèdes à nos péchés, jetez un regard bienveillant sur ce témoignage de notre humilité, afin que nous qui sommes accablés par notre conscience, nous puissions toujours être consolés par votre miséricorde.
Cf. oraison 249 du [i]Sacramentarium Gelasium Vetus[/i] [url=http://nocturnale.de/Liturgie/Fontes/Gelasianum.htm][b]ici[/b][/url].[/size]
L’oraison sur les offrandes (2) ([url=http://wdtprs.com/blog/2006/03/3rd-sunday-of-lent-super-oblata-2/][b]**[/b][/url]) est présente dans l’édition 1962 du [i]Missale Romanum[/i], où elle est utilisée au samedi de la deuxième semaine de la Quadragésime. La fin a cependant été modifiée (3), de manière assez heureuse, nous semble-t-il, puisqu’elle met désormais bien en lumière l’un des trois piliers du Carême énoncés dans la collecte : l’aumône, et plus particulièrement l’aumône spirituelle la plus importante du Carême : le pardon des offenses (4).
[size=85](2) [i]His sacrifíciis, Dómine, concéde placátus, ut, qui própriis orámus absólvi delíctis, fratérna dimíttere studeámus[/i]. | Apaisé par ces sacrifices, accordez, Seigneur, à ceux qui vous prient d’être absous de leurs fautes personnelles, et de savoir aussi pardonner à leurs frères.
(3) Voici la secrète du MR1962 :
[i]His sacrificiis, Domine, concede placatus : ut, qui propriis oramus absolvi delictis, [u]non gravemur externis[/u][/i]. | [Traduction [b]Dom LEFEBVRE[/b]] Que ce sacrifice, Seigneur, vous apaise et nous obtienne qu’en priant pour être délivrés de nos propres fautes, [u]nous ne soyons pas accablés du poids de celles d’autrui[/u].
(4) “[i]L’aumône spirituelle sur laquelle l’Eglise revient avec le plus d’insistance, au cours du Carême, c’est sûrement le pardon des injures. Cette aumône-là est très coûteuse, car remettre une dette exige plus de générosité que faire un don. Puisque le Seigneur a prescrit tout à la fois de donner et de remettre, il faut, dit saint Augustin dans un de ses sermons de Carême, que le chrétien pratique deux sortes d’aumônes : donner et pardonner (Serm. [b]206[/b], 2). Saint Léon, lui aussi, fait une très large part à la rémission des offenses parmi les[/i] opera pietatis[i]. (...) Oublier les injures, les oublier du fond du coeur, c’est peut-être le point de l’observance sur lequel les Pères insistent avec le plus de force. La raison en est fort simple. Le Carême nous prépare à la célébration du mystère de la Croix. Or nul ne peut obtenir la plénitude du pardon divin, fruit propre de ce mystère, s’il ne remplit la condition posée par le Christ lui-même : ‘Remettez et il vous sera remis’,[/i] Dimitte et dimittetur vobis. [i]Ajoutons que le Carême nous invite très spécialement à suivre l’exemple que le Sauveur donne sur la croix en pardonnant de manière si complète les multiples et cruelles injures que ses ennemis, Juifs et Gentils, lui infligèrent au cours de sa passion[/i].” - [b]Dom E. FLICOTEAUX[/b], [u]Le sens du Carême[/u], Editions du Cerf, Paris, 1956, pp. 105-106.[/size]
La postcommunion (5) ([url=http://wdtprs.com/blog/2006/03/3rd-sunday-of-lent-post-communionem/][b]***[/b][/url]) est quant à elle une nouvelle composition, si l’on peut dire ; car en réalité, elle très étroitement inspirée d’une oraison du sacramentaire de Vérone. Nous y demandons, chose assez fréquente dans les prières de postcommunion, que se manifeste dans nos actes extérieurs ce que le mystère sacramentel accomplit intérieurement (principalement l’unité du corps mystique de l’Eglise).
[size=85](5) [i]Suméntes pignus cæléstis arcáni, et in terra pósiti iam supérno pane satiáti, te, Dómine, súpplices deprecámur, ut, quod in nobis mystério géritur, ópere impleátur[/i]. | Ayant pris le gage des mystères célestes en nous rassasiant dès maintenant, sur cette terre, du pain d’en haut, nous vous supplions humblement, Seigneur : faites que se manifeste dans nos actes ce que ce mystère accomplit en nous.
Cf. l’oraison 23 du [i]Sacramentarium Veronense[/i] [url=http://nocturnale.de/Liturgie/Fontes/Veronense.htm][b]ici[/b][/url].[/size]
[color=#0000FF][b]Les lectures[/b][/color]
En ce troisième dimanche de Carême a lieu le premier des trois grands scrutins qui préparent les catéchumènes à la Vigile pascale, durant laquelle ils seront illuminés dans les eaux du Baptême (6). La liturgie prévoie à cet effet trois grands évangiles spécialement adaptés à la catéchèse baptismale (7), dont le premier est l’évangile de la Samaritaine ([color=#FF0000][b]L3[/b][/color] ; [b]Jn IV, 5-42[/b]), déjà employé dans l’antiquité pour l’enseignement des catéchumènes (8). Très vite, les Pères ont vu dans “[i]l’eau vive[/i]” un symbole du Baptême, dont le Christ est la Source (9). Si Jésus demande à boire à la Samaritaine, ce n’est pas seulement en raison d’une soif physique, mais aussi en raison d’une soif spirituelle : la soif d’amener à la foi et à la vie éternelle cette païenne qui se présente devant Lui (10) : “[i]Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dit : 'Donne-moi à boire', c'est toi qui lui aurais demandé, et il t'aurait donné de l'eau vive[/i] (...) [i]Tout homme qui boit de cette eau aura encore soif ; mais celui qui boira de l'eau que moi je lui donnerai n'aura plus jamais soif ; et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui source jaillissante pour la vie éternelle[/i].” C’est ce qu’exprime de belle manière la préface propre de la messe (11). La Samaritaine est une image du catéchumène, encore soumis à tous les artifices du démon - symbolisés par les cinq maris que la femme a quittés, et le sixième homme avec lequel elle vit -, et le puits de Jacob représente les noces que l’âme purifiée par les eaux du Baptême célèbre avec son Seigneur (12), qu’elle confesse désormais aux yeux du monde, comme la Samaritaine est allée annoncer le Christ dans son village : “[i]Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus, à cause des paroles de la femme qui avait rendu ce témoignage : Il m'a dit tout ce que j'ai fait[/i]” (13).
[size=85](6) Je renvoie mon lecteur à mon article sur les dimanches de scrutin [url=http://lanneeliturgique.over-blog.com/article-16865103.html][b]ici[/b][/url].
(7) Proposées en l’année A, ces lectures peuvent aussi être reprises les autres années.
(8) “[i]L’entretien de Jésus avec la Samaritaine a fait partie des textes utilisés pour la catéchèse baptismale dans l’Eglise ancienne, probablement dès le IIIème siècle à Rome ; que la péricope ait été une lecture du Carême, temps de l’instruction des catéchumènes, est attesté pour l’Italie, l’Espagne, Constantinople et l’Afrique[/i].” - [b]Martine DULAEY[/b], [u]Symboles des Evangiles (Ier-VIè siècles). Le Christ médecin et thaumaturge[/u], Le Livre de Poche, Paris, 2007, p. 200. Ce remarquable petit ouvrage, tout tissé de références patristiques, est grandement à conseiller, tout comme le volume du même auteur qui le précède : [u]L’Initiation chrétienne et la Bible (Ier-VIè siècles). Des forêts de symboles[/u], Le Livre de Poche, Paris, 2001.
Dans le MR1962, la péricope de la Samaritaine est lue au vendredi de la 3ème semaine de Carême.
(9) “[i]Jésus était au puits pour que tu le cherches. La source, pour toi, c’est le Christ. Il est source, pour que l’eau coule en abondance pour qui la cherche, afin que soient lavées toutes les fautes de la chair, afin que soient éteints tous ses incendie[/i].” - [b]Saint Ambroise[/b], [u]Sur le Psaume 45[/u], 5.
“[i]Qui est la source scellée, que désigne la source du puits des eaux vives ? C’est le Sauveur lui-même, dont il est écrit : ‘Auprès de toi est la source de vie’ (Ps 35, 9)[/i]”. - [b]Saint Cyrille de Jérusalem[/b], [u]Catéchèses 14[/u], 5.
Citations prises dans [b]Martine DULAEY[/b], [u]Symboles des Evangiles (Ier-VIè siècles). Le Christ médecin et thaumaturge[/u], Le Livre de Poche, Paris, 2007, p. 202.
(10) “[i]Notre Seigneur a incliné sa soif au bord du puits ; il pêche l’assoiffée par l’eau qu’il lui réclame. De la fontaine, il a pêché une seule âme. Mais par elle, il a repêché toute une ville[/i]”. - [b]Saint Ephrem[/b], [u]Hymne 4 sur la Nativité[/u], 43-44.
“[i]J’ai feint d’être tourmenté par la soif pour t’assoiffer, fait dire à Jésus [b]Romanos le Mélode[/b], qui commente : Ces paroles firent brûler de soif la Samaritaine[/i].” - [b]M. DULAEY[/b], op. cit., p. 209.
“[i]Mais une question se présente : Pourquoi a-t-il demandé a boire à cette Samaritaine qui était venue pour remplir sa cruche, lui qui affirme bientôt après qu'il peut donner en abondance, à ceux qui l'en prient, les eaux de la fontaine spirituelle ? C'est qu'il avait soif de la foi de cette femme parce qu'elle était Samaritaine, et que Samarie représentait l'idolâtrie[/i].” - [b]Saint Augustin[/b], [u]Quatre-vingt-trois diverses questions[/u], 64, 4.
(11) [i]Vere dignum et iustum est, æquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus : per Christum Dóminum nostrum.
Qui, dum aquæ sibi pétiit potum a Samaritána præbéri, iam in ea fídei donum ipse creáverat, et ita eius fidem sitíre dignátus est, ut ignem in illa divíni amóris accénderet.
Unde et nos tibi grátias ágimus, et tuas virtútes cum Angelis prædicámus, dicéntes : Sanctus, Sanctus, Sanctus Dóminus Deus Sábaoth...[/i]
Il est vraiment juste et digne, c’est notre devoir et notre salut, de vous rendre grâces toujours et en tout lieu, Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant : par Jésus-Christ notre Seigneur.
Lui qui, alors même qu’il demandait à la Samaritaine de Lui offrir de l’eau à boire, Il lui accorda le don de la foi ; ainsi a-t-Il daigné faire naître en elle le désir [de se désaltérer à la Source] de la foi, afin de pouvoir l’embraser du feu de l’amour divin.
C’est pourquoi, nous vous rendons grâce et proclamons avec les anges vos pouvoirs en disant : Saint, Saint, Saint...
(12) “[i]Au milieu du IIIème siècle, Origène explique dans une homélie que c’est au puits que, dans l’Ancien Testament, sont scellées les noces des patriarches, qui sont le signe de l’alliance de Dieu avec son peuple et de l’union mystique de l’âme avec Dieu[/i].” - [b]M. DULAEY[/b], op. cit., p. 201.
(13) “[i]Le mari véritable est le Christ, selon Origène (Sur Jean 13, 181), Jérôme (Lettre 108, 13) et aussi Augustin (Sur Jean 15, 18). Une fois que la femme l’a trouvé, elle court évangéliser la cité : depuis Origène, la Samaritaine est une figure du chrétien confessant sa foi[/i].” - Ibid., p. 211.[/size]
Cette eau vive qui est pour nous une source jaillissante en vie éternelle, n’est-elle pas cette eau qui, mélangée à Son sang, est sortie du côté transpercé du Seigneur pendu sur le bois de la Croix ? N’est-ce pas les sacrements de l’Eglise - dont le Baptême - que représente mystiquement cette eau, pour signifier qu’ils ne tirent leur vertu que de la mort salvatrice du Sauveur ? En tout cas, les Pères voient volontiers dans l’épisode de l’eau jaillissant du rocher frappé par Moïse ([color=#FF0000][b]L1[/b][/color] ; [b]Ex XVII, 3-7[/b]) une figure de cette eau qui coule du côté du Sauveur crucifié (14). Dans le lectionnaire de 1962, cet épisode accompagne aussi la péricope de la Samaritaine, mais il est pris au livre des Nombres ([b]Nb XX, 1-3, 6-13[/b]). Comment expliquer ce changement ? Le passage des Nombres semble un peu plus développé : là où le texte de l’Exode se contente de dire : “[i]Et Moïse fit ainsi sous les yeux des anciens d'Israël[/i]”, celui des Nombres précise : “[i]Puis Moïse et Aaron convoquèrent l'assemblée en face du rocher, et Moïse leur dit : «Ecoutez-donc, rebelles ! Vous ferons-nous sortir de l'eau de ce rocher ?» Moïse leva la main et frappa deux fois le rocher de son bâton ; et il sortit de l'eau en abondance. L'assemblée but, ainsi que le bétail[/i]”. Cependant, la péricope de l’Exode, contrairement à celle des Nombres, apporte un détail de grande importance : “[C’est Dieu qui parle] [i]Moi, je serai là, devant toi, sur le rocher du mont Horeb[/i]”. Dieu est présent sur le rocher, de telle manière que l’eau qui jaillit du rocher jaillit en quelque sorte du sein même de Dieu : n’est-ce pas une figure de la grâce sortant du côté transpercé du Sauveur sur la Croix ?
La deuxième leçon ([color=#FF0000][b]L2[/b][/color] ; [b]Rm V, 1...8[/b]) parle de “[i]l’amour de Dieu[/i]”, cette eau vive qui, dans le baptême, “[i]a été répandu dans nos coeurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné[/i]”. La deuxième partie de la lecture annonce déjà la Passion : “[i]Alors que nous n'étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les coupables que nous étions[/i]. (...) [i]la preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs[/i].”
[size=85](14) “[i]De même, il est encore prophétisé et prédit que les Juifs, s'ils ont soif et cherchent le Christ, boiront chez nous, c'est-à-dire obtiendront la grâce du baptême. "S'ils ont soif, dit-il, dans le désert, il leur amènera de l'eau, il en fera jaillir du rocher, le rocher s'ouvrira, l'eau coulera, et mon peuple boira". (Is 48,21). C'est ce qui s'accomplit dans l'évangile ; quand le Christ, qui est le rocher, est ouvert par le coup de la lance durant sa Passion[/i]". - [b]Saint Cyprien[/b], [u]Lettre 63[/u].
“[i]En Espagne, un sermon de [b]Grégoire d’Elvire[/b] assimile le rocher frappé par Moïse, d’où ruisselle l’eau qui abreuve le peuple hébreu au désert, au corps du Christ frappé par la lance du soldat de la Passion : “De son côté a coulé le sang du martyre et l’eau jaillissant en vie éternelle du baptême[/i]” (Homélie 15, 11-13) - [b]M. DULAEY[/b], op. cit., p. 203.[/size]
[color=#0000FF][b]Les chants grégoriens[/b][/color]
Comme nous l’avons écrit dans notre article sur les dimanches de scrutin, l’introït [i]Oculi mei[/i] (15) accompagnait primitivement l’évangile de l’aveuglé-né, que nous lisons actuellement au quatrième dimanche de Carême, tout comme probablement le trait [i]Ad te levavi[/i] (16).
[size=85](15) [[b]Ps 24, 15-16 [color=#FF0000]V/[/color] 1[/b]] [i]Oculi mei semper ad Dóminum, quia ipse evéllet de láqueo pedes meos : réspice in me, et miserére mei, quóniam únicus et pauper sum ego[/i]. [color=#FF0000]V/[/color] [i]Ad te, Dómine, levávi ánimam meam : Deus meus, in te confído, non erubéscam[/i]. | Mes yeux sont constamment tournés vers le Seigneur ; car c’est lui qui retirera mes pieds du filet : regardez-moi et ayez pitié de moi ; car je suis délaissé et pauvre. [color=#FF0000]V/[/color] Vers vous, Seigneur, j’ai élevé mon âme : mon Dieu, je mets ma confiance en vous ; que je n’aie pas à rougir.
(16) [[b]Ps 122, 1-3[/b]] [i]Ad te levávi óculos meos, qui hábitas in cælis[/i]. [color=#FF0000]V/[/color] [i]Ecce, sicut óculi servórum in mánibus dominórum suórum[/i]. [color=#FF0000]V/[/color] [i]Et sicut óculi ancíllæ in mánibus dóminæ suæ : ita óculi nostri ad Dóminum, Deum nostrum, donec misereátur nostri[/i]. [color=#FF0000]V/[/color] [i]Miserére nobis, Dómine, miserére nobis[/i]. | J’ai levé les yeux vers vous, qui habitez dans les cieux. [color=#FF0000]V/[/color] Comme les yeux des serviteurs sont fixés sur les mains de leurs maîtres. [color=#FF0000]V/[/color] Et comme les yeux de la servante sont fixés sur les mains de sa maîtresse, ainsi nos yeux sont tournés vers le Seigneur, notre Dieu, jusqu’à ce qu’il ait pitié de nous. [color=#FF0000]V/[/color] Ayez pitié de nous, Seigneur, ayez pitié de nous.[/size]
Comme au dimanche précédent, l’offertoire (17) est “[i]une méditation aimante et contemplative sur la loi divine et le bonheur qu’il y a à l’observer[/i]” ([b]Y. GIRE[/b]). Selon [b]Dom BARON[/b], il aurait été choisi en raison de l’évangile qui le précédait dans le lectionnaire de 1962 (18).
[size=85](17) [[b]Ps 18, 9, 10, 11, 12[/b]] [i]Iustítiæ Dómini rectæ, lætificántes corda, et iudícia eius dulci ora super mel et favum : nam et servus tuus custódit ea[/i]. | Les justices du Seigneur sont droites, elles réjouissent les cœurs et ses jugements sont plus doux que le miel, et qu’un rayon plein de miel ; aussi votre serviteur les observe.
(18) “[i]Il n’y a pas de doute que ces versets n’aient été choisis à cause de l’épisode qui termine l’évangile : ‘Une femme cria de la foule : Bienheureux le sein qui t’a porté et les mamelles qui t’ont allaité. Et il dit : Bienheureux encore plus ceux qui écoutent la parole de Dieu et la gardent’[/i].” - [u]L’expression du chant grégorien[/u], t. 1, p. 268.[/size]
Quant à la communion [i]Passer invénit[/i] (19), elle est particulièrement bien adaptée à l’action liturgique qu’elle accompagne (20).
[size=85](19) [[b]Ps 83, 4-5[/b]] [i]Passer invénit sibi domum, et turtur nidum, ubi repónat pullos suos : altária tua, Dómine virtútum, Rex meus, et Deus meus : beáti, qui hábitant in domo tua, in sǽculum sǽculi laudábunt te[/i]. | Le passereau se trouve une maison, et la tourterelle un nid pour y placer ses petits ; que je trouve vos autels, Seigneur des armées, mon roi et mon Dieu. Heureux ceux qui habitent dans votre maison ; ils vous loueront dans les siècles des siècles.
(20) “[i]Ces deux versets se trouvent naturellement adaptés au moment de la communion. [/i]Altaria [i]en effet ne désigne pas seulement l’autel matériel mais le sacrifice dont il est la table. Ce que l’âme chante, c’est son désir d’être unie dans l’Eucharistie au Christ, et de jouir de la protection aimante qu’elle trouvera en lui et, à travers lui, dans l’amour des divines personnes. C’est bien là, pour ce qui est de la terre, la béatitude d’habiter dans la maison du Seigneur : Si quelqu’un m’aime, nous viendrons en lui et ferons notre demeure en lui[/i].” - [b]Dom BARON[/b], ibid., p. 270[/size]