Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

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Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par patatedouce » Hier, 15:06

10 questions ont été posées aux prêtres de la FSSPX voici leurs réponses.

https://www.medias-presse.info/reponse- ... px/245187/

Je trouve qu'il est impossible de les suivre. Un exemple :
Question 7 — La réitération des confirmations
Les auteurs signalent que la FSSPX réitère des confirmations déjà reçues selon le rite réformé, y compris, récemment, une confirmation conférée par le cardinal Ricard selon le rite traditionnel. Ils demandent si la Fraternité met en doute la validité des évêques ou celle des saintes huiles.

La réponse doit distinguer deux cas, que les auteurs confondent délibérément.

La réitération d’une confirmation donnée selon le rite réformé de Paul VI repose sur le double motif exposé à la question 4 : doute sur la clarté du rite quant à l’expression sacramentelle, et doute possible sur l’intention du ministre. Ces deux motifs suffisent à justifier une confirmation conditionnelle, administrée sous la forme liturgique certaine.

La réitération d’une confirmation donnée selon le rite traditionnel par un évêque en pleine communion avec Rome mérite, elle, une explication plus précise. La FSSPX n’a jamais affirmé que tout évêque ordonné dans la lignée postconciliaire est nécessairement invalide. Ce qui peut faire doute, dans certains cas, c’est l’appartenance de la lignée de consécration de l’évêque consécrateur à une ligne épiscopale dont la validité n’est pas certaine — notamment lorsque cet évêque a lui-même été ordonné selon un rite réformé par des évêques dont l’ordination est incertaine. La question du chrême, des huiles consacrées selon le nouveau rite, peut également entrer en ligne de compte dans certains cas.

Ce n’est pas une politique systématique d’invalidation de tous les sacrements extérieurs à la Fraternité. C’est une prudence sacramentelle appliquée cas par cas, fondée sur les principes de la théologie sacramentaire traditionnelle.
Ils sont capables de dire que le pape n'est pas vraiment baptisé (ils ont un doute qui est justifié selon eux), mais ils ne sont pas sédévacantistes... Alors ça ne marche pas pour Leon 14 mais pour le prochain ?

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par patatedouce » jeu. 18 juin 2026, 13:59

Gaudens a écrit : jeu. 18 juin 2026, 13:51


J'ai cherché en vain dans La Porte latine une réaction à la déclaration , certes informelle, du pape Léon XIV ces derniers jours. Je trouve un peu maladroite la phrase finale prêtée au pape "malgré tout il faut que l'Eglise continue à avancer" qui risque d'être prise par la FSSPX comme l'annonce d'une continuation dans la fuite devant la Tradition.
Vous avez raison, je n'avais pas retenu cette phrase.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par Gaudens » jeu. 18 juin 2026, 13:51

Pour les Eglises de rite latin en Orient, c'est sûrement comme partout ailleurs dans l'Eglise latine.Dans le cas des Eglises orientales à proprement parler, les ordinations relèvent de leurs propres usages où le Saint Synode joue sans doute un rôle; il y a confirmation a posteriori de la part de Rome (et peut-être des contacts informels a priori, je ne sais).


J'ai cherché en vain dans La Porte latine une réaction à la déclaration , certes informelle, du pape Léon XIV ces derniers jours. Je trouve un peu maladroite la phrase finale prêtée au pape "malgré tout il faut que l'Eglise continue à avancer" qui risque d'être prise par la FSSPX comme l'annonce d'une continuation dans la fuite devant la Tradition.
Et nous attendons toujours une déclaration officielle rappelant les conditions d'une vraie et durable paix liturgique.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par patatedouce » jeu. 18 juin 2026, 13:30

Anna2003 a écrit : jeu. 18 juin 2026, 9:33
Par curiosité , pour les ordinations des évêques de rite orientaux, c'est pareil, l'autorisation papale est nécessaire ?
Je ne sais pas. Je suppose que oui, pour la partie latine.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par Foxy » jeu. 18 juin 2026, 10:11

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par Anna2003 » jeu. 18 juin 2026, 9:33

C'est impossible que le pape accepte les ordinations...
Sinon ca sera comme donner le feu vert à chaque évêque de faire ce qui veut ?

Par curiosité , pour les ordinations des évêques de rite orientaux, c'est pareil, l'autorisation papale est nécessaire ?

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par patatedouce » mer. 17 juin 2026, 17:18

Une évolution :

https://www.famillechretienne.fr/47314/ ... secrations

Une première réaction direct du pape : il souhaite que la FSSPX renonce a son projet. Il constate qu'elle « refusent d’accepter certains éléments fondamentaux de l’Église », dont « certains points du Concile Vatican II ».

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par patatedouce » ven. 12 juin 2026, 14:32

Anna2003 a écrit : ven. 12 juin 2026, 14:01 On a des nouvelles ?
Il n'y a pas d'évolution à ma connaissance.

La FSSPX a produit un documentaire en quatre parties sur la FSSPX, dévoilé progresssivement jusqu'à la date des sacres : https://laportelatine.org/medias/video ... re-de-foi

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par patatedouce » dim. 24 mai 2026, 22:18

Ce matin, dans ma paroisse FSSP, un responsable de la FSSP (celui en charge des séminaire il me semble) a prononcé l’homélie, les prêtres habituels étant au pèlerinage de Chartres. Il a été très critique vis-à-vis de la FSSPX. Son homélie a débuté par une évocation de l’unité de l’Église — une référence à peine voilée aux sacres de la FSSPX — pour finir sur la figure de Mgr Lefebvre.

Il a qualifié l'acte à venir de schismatique.

Il a expliqué que la vision de la FSSPX n’était pas la bonne car, au sein de l’Église, il existe une multitude de cultures ; selon lui, il ne faut pas exclure ou critiquer, mais intégrer. Il a souligné la nécessité de faire preuve d’équilibre sur la morale face à la sécularisation, et a insisté sur le fait que toute critique devait s’inscrire dans l’obéissance et l’unité au Pape. Il ne fallait pas une uniformité dans l'Eglise.
Il a aussi prononcé cette phrase forte : "L’unité ne se décrète pas, elle se vit dans l’obéissance au Saint-Père."

---

Il me semble que l’Évangile donne un principe très clair en cas de litige :
15 Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère.

16 S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins.

17 S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain.

Source : evangile de matthieu chapitre 18, Edition AELF

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par Gaudens » dim. 24 mai 2026, 20:07

Bonsoir Altior,
Content de vous revoir sur ce forum d'autant que votre prise de position m"étonne abgréablement d'après les souvenirs d'échanges antérieurs.
En gros,je suis bien d'accord vec vous.
La situation actuelle est à la fois semblable et dissembmable à celle de 1988.
Semblable car rien n'est réglé au fond; ni dans la licéité de la messe PieV (et sa capacité de tenir compte des modestes demandes du Concile V II) ni dans des sujets où la pastorale rejoint - ou pas) la doctrine, pour ne rien dire d'autres sujets de friction entre l'Eglise tenant compte des déclarations conciliaires et la FSSPX.
Dissemblabale car un large éventail de communautés tradis en communion avec Rome existent alors que la FSSPX était seule sur ce front en 1988. Dissembable également car la tradition liturgique (et la Tradition catholique en général) est maintenant attrayante pour de très nombreux néo-catholiques, pas forcément méfiant devant Vatican II, alors qu'elle semblait en 1988 circonscrite à un certain milieu sociologique.

Comme vous je regrette , tout en sachant que ce n'est pas simple, qu'aucun évêque ne soit encore sorti des communautés Ecclesia Dei (comme certains l'ont été de la communauté Saint-Martin par exemple).Mais il faudrait pour cela que le blocage de ces communautés vis à vis de la messe en rite paulin saute...
Plus globalement, j'espère qu'après le gros chantier de l'encyclique sur l'IA, le pape Léon XIV mette le cap sur un règlement d'ensemble concernant ces matières certes bien inflammables mais l'ambiguité ne pourrait durer sans dommage,je le crains.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par Altior » dim. 24 mai 2026, 17:31

Avec la consécration annoncée, j'ai l'impression que l'histoire se répète. 2026 et 1988 sont en miroir. Durante causa, durat effectus.... La situation des choses en 2026 est-elle la même qu'en 1988 ? Grosso modo, oui. À quelques différences notables près.
Oui, parce que la Messe en latin est de nouveau sous un quasi interdit. Le fidèle lambda a du mal à trouver une messe en latin à une distance raisonnable. Après Traditionis Custodes, nombreux lieux de Messe ont été fermés. Oui, parce que les Confirmations en rite traditionnel sont bannies (en dehors de la FSSPX, où justement les Confirmations posent le plus de problèmes de validité). Oui, parce qu'un jeune qui veut devenir prêtre en bénéficiant d'un enseignement traditionnel a du mal à trouver une place dans un séminaire diocésain. Oui encore, car les deux évêques FSSPX qui en restent des 5 sont maintenant âgés.

Et les différences ? Les différences on peut les voire aussi, bel et bien. Les deux parties, le Vatican (comprenant pas ça l'administration de l'Église de Rome, pape en tête) et la FSSPX se sont radicalisés. En 1988 il ne s'agissait pas de faire communier les divorcés remariés. Encore moins de bénir des couples homosexuels. La Messe en latin était interdite seulement de facto, de façon implicite. Maintenant, après Traditionis Custodes, elle est interdite de façon explicite, argument théologique (ou, en tout cas, disciplinaire) à l'appui, car les livres d'après Vatican-2 sont considérés la seule lex orandi du rite romain. La FSSPX aussi s'est radicalisé. Mons Lefèbvre n'a pas rejeté le dialogue avec Rome. Il eu un long échange avec Rome, il a accepté une visite apostolique. Lors des consecrations, il était mortellement malade, une impatience de sa part est humainement acceptable. L'argument de l'état de nécessité n'était pas farfelu, car la FSSPX était le seul endroit où la Messe traditionnelle était pratiquée. Jamais jusqu'à nos jours la FSSPX n'est pas allée tellement loin jusqu'à considérer la validité des sacrements en rite nouveau comme questionnable.

Cela dit, les nouvelles consécrations sont un bien ou un mal ? Malheureusement, un mal, et il faut le dire. Un acte tellement important contre la volonté du Pape est un acte de rébellion et la rébellion est un mal. Rome pourrait pas seulement excommunier les nouveaux consacrés (et excommunier de nouveau les anciens), mais aussi déclarer la FSSPX sous interdit, voire en schisme. Le Pape, garant de l'unité de l'Église, serait dans son rôle. Néanmoins, le bon Dieu (et Lui seul) peut transformer un mal dans un bien. Pour la FSSPX, être considérée officiellement en schisme porterait des avantages, car ses prêtres et ses fidèles aurait le même rang que nos "frères orthodoxes en communion incomplète". Pour l'Église aussi, car n'oublions pas que c'est justement après les premières excommunications que la situation des tradis s'est détendu. Le fait que l'Église aura perdu quelques 500 prêtres et un million de fidèles pourrait être un facteur pour qu'elle se pose les bonnes questions. Par exemple la question du comment se fait qu'AUCUN prêtre de la FSSP, IBP, ICPK, etc, etc, n'a pas été consacré évêque. Il y a sans doute un rapport entre le schisme de Luther et le Concile de Trente, qui a renforcé l'aile le plus traditionnelle de l'Église. D'un mal, Dieu a fait qu'un bien en sorte. Tout est dans Ses mains !

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par Fée Violine » ven. 22 mai 2026, 15:15

Bref, ils sont en-dehors de la réalité.
C'est gênant, quand même.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par patatedouce » ven. 22 mai 2026, 15:01

prodigal a écrit : ven. 22 mai 2026, 14:47
Ensuite, la FSSPX a fréquemment montré qu'elle ne souhaitait pas de dialogue. Ce beau mot de dialogue passe souvent même pour un gros mot chez eux. Le semblant de discussion qui existe consiste alors à asséner sans recul critique ce que l'on voudrait qui soit vrai, et qui conforterait la volonté d'indépendance. Est jugé alors négativement tout ce qui dit du bien de l'Eglise conciliaire, est donc jugé bon tout ce qui en dit du mal, et c'est avec cette mentalité que l'on crée des schismes. On l'aura compris, l'argument de la nécessité est justement celui qui ne se prête à aucun dialogue possible.
Leurs arguments fonctionnent avec leur propre paradigme. Ce paradigme est fragile car il ne peut pas être confronté à la réalité. Mai au fond, ils s'en moquent car leur objectif est de faire vivre leur paradigme qui fonctionne auprès de leurs fidèles.

Leur raisonnement est le monde va mal (la sécularisation du monde), le Vatican fait partie du monde, donc le Vatican va mal. Leur seul but n'est pas d'avoir un raisonnement crédible mais de répondre à ce paradigme le monde va mal.

A partir de ce moment-là, ils savent que ceux qui vont les suivre vont le faire contre vent et marré car ils sont persuadés du paradigme. En gros, ils disent ce que leurs fidèles veulent entendre, et ils conditionnent les fidèles à entendre ce qu'ils veulent dire... c'est un cercle vicieux.

Donc, ils émettent des arguments sans aucune épistémologie sérieuse. Ils en ont pas besoin car cela correspond à ce que les fidèles se font de ce qu'il en ait. Ainsi, l'état de nécessité est un fait non quelque chose de démontrable... Ce qu'ils exposent répond à l'attente des fidèles, et ils bricolent un semblant d'explication pour faire genre.

Ils entretiennent un certain rapport au réel, qu'ils nourrissent de tout ce qui traine et les arrange.

Ce qui va dans le sens de votre analyse, il me semble.

Et à mon sens, leur seule porte de sorti est de se soumettre à une autorité extérieure, au hasard celle du pape ? (c'est comme un malade qui veut guérir sans médecin) Le problèmes c'est que rien n'est dans la réalité à part eux-mêmes.

Il faut quand même que l'Eglise offre une ouverture à la pastorale tradi. On peut voir qu'à la FSSP quand on a la pastorale sans l'idéologie alors il y a de beaux fruits.
C'est la fameuse phrase hors de l'Eglise, point de salut ! :saint:

PS : je ne dis pas qu'ils ont faux sur tout, c'est impossible il y a bien un moment ou ils tombent justes, mais globalement ils sont dans l'erreur, et plus particulièrement sur les points que l'on a vus.

Re: Consécrations épiscopales du 1er juillet : inquiétudes et dilemmes de conscience

par prodigal » ven. 22 mai 2026, 14:47

patatedouce a écrit : ven. 22 mai 2026, 11:11 Je trouve qu'au final, ils n'ont pas vraiment d'argument.
Cher patatedouce,
je vais pinailler un peu, histoire de serrer la question au plus près.
Je trouve que la FSSPX ne manque pas d'arguments, loin de là, et quelle que soit l'entrée de la discussion, le droit canon, la liturgie, la doctrine, la pastorale, la morale, sur tous ces thèmes ils sont prêts à vous répondre.
Mais il y a une bien grande différence entre un argument concluant et un argument qui ne l'est pas. L'argument qui voudrait être concluant relativement aux consécrations épiscopales est donc l'argument de la nécessité, alors que tout le monde voit bien qu'en l'occurrence il ne s'agit pas de subir une nécessité invincible mais de faire un choix crucial.
Mais alors pourquoi avoir choisi cet argument puisqu'il y en avait mille autres?
Tout d'abord parce qu'il s'agit de justifier l'injustifiable, et pour cela il faut taper lourd et fort. Si on ne peut faire autrement, on fait. Effectivement. Le problème, je le répète, est qu'il est absurde de croire qu'on ne peut pas faire autrement.
Ensuite, la FSSPX a fréquemment montré qu'elle ne souhaitait pas de dialogue. Ce beau mot de dialogue passe souvent même pour un gros mot chez eux. Le semblant de discussion qui existe consiste alors à asséner sans recul critique ce que l'on voudrait qui soit vrai, et qui conforterait la volonté d'indépendance. Est jugé alors négativement tout ce qui dit du bien de l'Eglise conciliaire, est donc jugé bon tout ce qui en dit du mal, et c'est avec cette mentalité que l'on crée des schismes. On l'aura compris, l'argument de la nécessité est justement celui qui ne se prête à aucun dialogue possible.

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