L'amour du prochain (agape) sans aimer Dieu est il vraiment de l'amour ?

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Re: L'amour du prochain (agape) sans aimer Dieu est il vraiment de l'amour ?

par fabrice16 » dim. 06 sept. 2026, 9:32

Il est sûr que cela demande une conversion profonde, une écoute attentive à la parole de Dieu. Pour un non-croyant, peut-être que cela sera de l'humanisme simplement.

Re: L'amour du prochain (agape) sans aimer Dieu est il vraiment de l'amour ?

par Ombiace » dim. 06 sept. 2026, 6:13

JustinMeyer a écrit : sam. 05 sept. 2026, 1:42
Ombiace a écrit : Bonjour Libremax. C'est noté, je vous rejoinsOui, c'est intéressant à considérer, et plutôt réjouissant. Merci Libremax
Oui, cette précision sur le sens biblique du “cœur” aide vraiment à déplacer un peu notre regard. On comprend mieux que la foi n’est pas seulement affaire d’élan affectif, mais aussi de mémoire habitée, travaillée, rendue disponible à Dieu.

Et cela rejoint bien le sujet de départ : l’amour du prochain n’est pas seulement une émotion généreuse, il suppose aussi une fidélité, une attention, une conversion intérieure. Même quand l’amour paraît naturel chez certains, le chrétien y voit volontiers une trace de l’Esprit à l’œuvre, parfois là où on ne l’attend pas.
Merci de votre participation, Justin. Oui, l'amour que Jésus, sacrifié volontaire, inspire va dans le sens d'
JustinMeyer a écrit : sam. 05 sept. 2026, 1:42 une fidélité, une attention, une conversion intérieure
. Le mot engagement me vient..

Re: L'amour du prochain (agape) sans aimer Dieu est il vraiment de l'amour ?

par JustinMeyer » sam. 05 sept. 2026, 1:42

Ombiace a écrit : Bonjour Libremax. C'est noté, je vous rejoinsOui, c'est intéressant à considérer, et plutôt réjouissant. Merci Libremax
Oui, cette précision sur le sens biblique du “cœur” aide vraiment à déplacer un peu notre regard. On comprend mieux que la foi n’est pas seulement affaire d’élan affectif, mais aussi de mémoire habitée, travaillée, rendue disponible à Dieu.

Et cela rejoint bien le sujet de départ : l’amour du prochain n’est pas seulement une émotion généreuse, il suppose aussi une fidélité, une attention, une conversion intérieure. Même quand l’amour paraît naturel chez certains, le chrétien y voit volontiers une trace de l’Esprit à l’œuvre, parfois là où on ne l’attend pas.

Re: L'amour du prochain (agape) sans aimer Dieu est il vraiment de l'amour ?

par Ombiace » ven. 04 sept. 2026, 1:28

Libremax a écrit : jeu. 03 sept. 2026, 13:49 Mais notez que le sens originel fonctionne parfaitement, même pour cette formulation : notre mémoire déborde de cette bonne nouvelle, et nous ne pouvons faire autrement, du coup, que de la transmettre.
Bonjour Libremax.
C'est noté, je vous rejoins
Libremax a écrit : jeu. 03 sept. 2026, 13:49 Cela dit, il est intéressant de voir qu'en araméen, les disciples disent avoir eu le "coeur pesant" pendant qu'il leur parlait : en fait, ils avaient le coeur lourd. Ils reconnaissent qu'eux aussi, avaient un coeur de pierre, qu'ils étaient aveuglés dans leur foi, et que Jésus, qui leur est clairement apparu, leur a fait tout comprendre. A vrai dire, ils vivent une petite Pentecôte.
Oui, c'est intéressant à considérer, et plutôt réjouissant. Merci Libremax

Re: L'amour du prochain (agape) sans aimer Dieu est il vraiment de l'amour ?

par Libremax » jeu. 03 sept. 2026, 13:49

Ombiace a écrit : mar. 01 sept. 2026, 4:23 On dirait qu'une nouvelle fois, mes lacunes linguistiques me jouent des tours.
Cependant, je peine à donner à ce mot le coté réducteur que vous lui donnez, car le mot de "dureté" y est associé, comme s'il s'agissait d'un manque de souplesse..
Dans l'optique hébraïque, le "coeur dur", c'est celui sur lequel on ne peut rien graver, ou bien rien effacer. C'est une mémoire morte, mal ou non utilisable. Il y a un manque de souplesse, c'est certain.
On ne peut pas trop imaginer que le "coeur" influencerait la mémoire, dans le texte, puisque pour les évangélistes, c'est la même chose.

Bien entendu, la transmission de la Bonne Nouvelle tient à coeur de celui qui veut la transmettre, et en premier lieu Jésus. Mais notez que le sens originel fonctionne parfaitement, même pour cette formulation : notre mémoire déborde de cette bonne nouvelle, et nous ne pouvons faire autrement, du coup, que de la transmettre.

Le coeur "brûlant" des disciples d'Emmaüs est à envisager, lui aussi, sous le même angle. Leur mémoire s'éclaire, se ravive, redevient vivante et efficace, et dès lors, c'est la joie qui inonde toute la personne.
Cela dit, il est intéressant de voir qu'en araméen, les disciples disent avoir eu le "coeur pesant" pendant qu'il leur parlait : en fait, ils avaient le coeur lourd. Ils reconnaissent qu'eux aussi, avaient un coeur de pierre, qu'ils étaient aveuglés dans leur foi, et que Jésus, qui leur est clairement apparu, leur a fait tout comprendre. A vrai dire, ils vivent une petite Pentecôte.

Re: L'amour du prochain (agape) sans aimer Dieu est il vraiment de l'amour ?

par Ombiace » mar. 01 sept. 2026, 4:23

Libremax a écrit : lun. 31 août 2026, 19:01 Je suis désolé, je vais être un peu direct, mais vous faites erreur.
Mais c'est compréhensible. Certains concepts hébraïques et donc, évangéliques, nous échappent parfois un peu, et c'est le cas ici :
Dans la culture hébraïque, le "coeur" n'a rien à voir avec l'amour. Dumoins, pas directement.
Pour les hébreux, le coeur est avant tout le lieu de de la mémoire.
Ce que Jésus leur reproche est donc davantage d'avoir une mémoire biaisée, insuffisante, asséchée. C'est à cause de cette déficience de mémoire qu'ils n'ont pas cru les premiers témoins de sa Résurrection : oubli des prophéties, oubli de ses avertissements.
Bonjour Libremax.
On dirait qu'une nouvelle fois, mes lacunes linguistiques me jouent des tours.
Cependant, je peine à donner à ce mot le coté réducteur que vous lui donnez, car le mot de "dureté" y est associé, comme s'il s'agissait d'un manque de souplesse..

Ce n'est donc plus le seul mot de "cœur" que je devrais reconsidérer, mais toute l'expression de "dureté de cœur", qui, alors conçu comme un déficit de mémoire, pourrait à la rigueur s' entendre comme une mémoire sélective.
Mais même comme cela, je ne suis pas certain qu'il n'y ait aucun lien entre "mémoire" et "cœur", en ce sens que le second pourrait influencer la première, même si l'interprétation de la dernière prévaut dans le texte hébraïque.

Pour emprunter à notre langage familier une expression à priori sans lien :
La Bonne Nouvelle de la résurrection ne constituait elle pas ce qui tenait à "cœur" à Jésus de transmettre, qui réchauffa d'ailleurs le "cœur" des disciples d'Emmaüs, alors que Jésus leur "remémorait" ce qui le concerne dans les Ecritures.
Voyez
Lc 24, qui présente leur réaction dans le verset :
32 Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? »

Re: L'amour du prochain (agape) sans aimer Dieu est il vraiment de l'amour ?

par Libremax » lun. 31 août 2026, 19:01

Ombiace a écrit : lun. 24 août 2026, 18:00 En fait je me demandais si l'humain qui puise dans l'amour de Dieu de quoi aimer son prochain n'aurait pas, davantage que celui qui ne le fait pas, les ressources pour aimer avec endurance, ceci, même dans l'épreuve la plus .. éprouvante. Tandis que celui qui ne croit pas en Dieu se prive de moyens naturels (ou surnaturels) d'aimer.
Oui. En théorie, encore une fois. C'est pourquoi j'écrivais que l'Esprit souffle où il veut, selon les mots de Notre Seigneur Lui-même. Nous trouvons en Dieu les ressources pour aimer, mais il nous faut reconnaître humblement que parfois, nous faillissons, et que parfois, nous pouvons admirer des athées dans leur amour du prochain.
Comment comprenez vous ce reproche que Jésus adresse à ceux qui n'ont pas cru, au verset 14 ?
Pour moi, ça découle de ce qu'ils n'auraient pas cru à la bonté et la Justice de Dieu.. Pour qui prenaient ils Celui qui est le Père du crucifié, eux qui avaient désigné Jésus comme le Fils de Dieu, avant la crucifixion (donc, avant la résurrection, à fortiori) ?
Je suis désolé, je vais être un peu direct, mais vous faites erreur.
Mais c'est compréhensible. Certains concepts hébraïques et donc, évangéliques, nous échappent parfois un peu, et c'est le cas ici :
Dans la culture hébraïque, le "coeur" n'a rien à voir avec l'amour. Dumoins, pas directement.
Pour les hébreux, le coeur est avant tout le lieu de de la mémoire.
Ce que Jésus leur reproche est donc davantage d'avoir une mémoire biaisée, insuffisante, asséchée. C'est à cause de cette déficience de mémoire qu'ils n'ont pas cru les premiers témoins de sa Résurrection : oubli des prophéties, oubli de ses avertissements.

Alors, pour autant, on pourrait dire en effet que les disciples n'ont pas eu suffisamment foi en Dieu, en Sa justice, Sa toute-puissance, qu'ils se sont laissés désespérer par les circonstances. Mais ceci n'a rien à voir avec le fait d' "aimer" Dieu. C'est autre chose.

Re: L'amour du prochain (agape) sans aimer Dieu est il vraiment de l'amour ?

par fabrice16 » sam. 29 août 2026, 11:08

Tout à fait; essayons de transmettre le plus d'amour possible dans l'esprit de Dieu.

Re: L'amour du prochain (agape) sans aimer Dieu est il vraiment de l'amour ?

par Altior » jeu. 27 août 2026, 20:28

fabrice16 a écrit : mer. 26 août 2026, 19:38 Il y a notre foi, mais aussi nos faiblesses humaines, aimer oui, mais aimer tout le monde, je ne sais pas.
Notons que le commandement n'est pas d'aimer tout le monde, mais d'aimer le prochain. Le prochain n'est ni une abstraction, ni une collectivité, mais une personne concrète. Puis, "prochain" c'est le contraire de "lointain". Notre prochain n'est pas celui dont nous apprenons par internet qu'il est à l'autre bout du monde, mais celui que nous rencontrons dans nos chemins. Peut-être cet affligé que je vois souvent à la boulangerie. Cet homme qui traverse tous les jours devant ma maison et qui traine une béquille de plus que l'année dernière. Celui qui habite juste derrière le coin et se querelle tous les jours avec sa femme.

Malheureusement, je ne connais rien de mes voisins, de leurs vies, de leurs soucis. Pas même leurs noms... Pourtant, je fais des dons pour la sauvegarde des calvaires, pour les chrétiens d'Orient pour les orphelins des policiers et pour les enfants d'Afrique. Est-ce que je peux prétendre avoir accompli ce que Jésus me demande et me donne pour exemple ?

Re: L'amour du prochain (agape) sans aimer Dieu est il vraiment de l'amour ?

par fabrice16 » mer. 26 août 2026, 19:38

Il y a notre foi, mais aussi nos faiblesses humaines, aimer oui, mais aimer tout le monde, je ne sais pas.

Re: L'amour du prochain (agape) sans aimer Dieu est il vraiment de l'amour ?

par Fée Violine » mar. 25 août 2026, 1:25

Pour compléter l'image d'Altior sur la roue de vélo avec Dieu au centre et nous sur les rayons : on ne peut pas se rapprocher de Dieu sans se rapprocher des autres.

Re: L'amour du prochain (agape) sans aimer Dieu est il vraiment de l'amour ?

par Ombiace » mar. 25 août 2026, 1:14

Libremax a écrit : lun. 24 août 2026, 20:56 Le reproche que Jésus fait à ses disciples n'est pas un reproche de manque d'amour de Dieu.
Libremax a écrit : lun. 24 août 2026, 20:56 Jésus leur a reproché leur manque de foi malgré tout parce que de fait, ils ont vacillé dans leur foi, mais aussi parce que, au moins à trois reprises, il les avait prévenus, et parce que de nombreux passages de l'Ecriture prophétisant sa mort et son relèvement auraient pu les soutenir.
Bonjour Libremax

Jésus leur a également reproché :
"la dureté de leurs cœurs".. ,
parce qu'ils n'avaient pas cru.

Aurait il fait ce reproche à la légère ?
Serait ce de sa part une manière approximative de s'exprimer ?

Re: L'amour du prochain (agape) sans aimer Dieu est il vraiment de l'amour ?

par Ombiace » mar. 25 août 2026, 1:04

Altior a écrit : lun. 24 août 2026, 20:46 Négatif. L'amour chrétien est un truc différent de l'amour en sens commun. D'ailleurs, c'est pourquoi je préfère le terme de "charité" (lat: caritas) qui me semble plus adéquat
Bonjour Altior, et merci.

Oui, cette conclusion est bien celle que je soupçonne, merci à vous
Altior a écrit : lun. 24 août 2026, 20:46 Comment savoir si vous et moi nous sommes bien alignés l'un par rapport à l'autre ? Pour cela, nous devons nous situer sur la circonférence. Dans le cercle où Dieu est le centre. Dans son plan.
Elle ne sont pas mal vos allégories, Altior.. Cela m'évoque un manège tournant de forain pour enfant
Altior a écrit : lun. 24 août 2026, 20:46 Sinon, nous réfléchissons ailleurs, mais ce n'est plus son amour, c'est le nôtre, dévié.
Là ce serait le manège des auto-tamponneuses.

"Heureux sont sans doute les enfants, grands ou petits, qui préfèrent une place sur les manèges tournants"

PS : Vous m'avez influencé, vous feriez un bon influenceur..

Re: L'amour du prochain (agape) sans aimer Dieu est il vraiment de l'amour ?

par Trinité » lun. 24 août 2026, 21:59

Libremax a écrit : lun. 24 août 2026, 20:56 Bonjour Ombiace,

oui, en théorie, croire en Dieu est censé nous aider à aimer.
Mais, force est de constater que "l'Esprit souffle où il veut, quand il veut" : certains athées développent des ressources inépuisables d'amour du prochain, même dans les épreuves, et certains croyants ont le coeur dur comme pierre, ou sont en fait bien fragiles.
L'âme humaine est chose complexe.

Cher libremax;

Mais alors là , je suis complètement de votre avis...

Re: L'amour du prochain (agape) sans aimer Dieu est il vraiment de l'amour ?

par Libremax » lun. 24 août 2026, 20:56

Bonjour Ombiace,

oui, en théorie, croire en Dieu est censé nous aider à aimer.
Mais, force est de constater que "l'Esprit souffle où il veut, quand il veut" : certains athées développent des ressources inépuisables d'amour du prochain, même dans les épreuves, et certains croyants ont le coeur dur comme pierre, ou sont en fait bien fragiles.
L'âme humaine est chose complexe.

Le reproche que Jésus fait à ses disciples n'est pas un reproche de manque d'amour de Dieu.
C'étaient des hommes visiblement pétris de foi, très probablement viscéralement convaincus de la bonté et de la justice absolues de Dieu.
Ils étaient même, à mon avis, convaincus aussi de la divinité de Jésus.
Mais ce à quoi ils ne s'attendaient pas du tout, c'était sa mort, son apparent échec écrasant et humiliant devant la justice scélérate des pouvoirs illégitimes et païens. Ça, ce n'était pas rentré dans leur schéma mental. L'idée de salut, de rachat des péchés par la souffrance, la mort et la résurrection, tout ça n'avait aucun précédent dans l'Histoire sainte, rien à quoi se référer. Ils se sont donc retrouvés incapables d'y croire, mais certainement pas d'aimer Dieu, qui devait très certainement, selon eux, protéger son Fils contre tout mal.

Jésus leur a reproché leur manque de foi malgré tout parce que de fait, ils ont vacillé dans leur foi, mais aussi parce que, au moins à trois reprises, il les avait prévenus, et parce que de nombreux passages de l'Ecriture prophétisant sa mort et son relèvement auraient pu les soutenir.

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